Accrocher un pot de fleur suspendu sur un balcon se ramène à trois gestes très différents. Vous pouvez pendre le contenant à un point d'ancrage situé au-dessus de lui, le visser au mur sur une potence, ou le poser à cheval sur la main courante. Le choix se joue avant la commande. Il tient à trois choses : ce que vous avez le droit de percer, ce que votre balcon accepte de porter, les places dont vous disposez.
Pendre, visser, poser à cheval : trois gestes différents
Le mot accrocher met tout dans le même sac. Un crochet de plafond, une potence murale et un support de rambarde n'ont pourtant ni le même point d'appui, ni la même réversibilité.
Pendre suppose une structure au-dessus du pot : plafond de loggia, auvent, poutre. Le contenant descend alors dans une corde ou un macramé, et se regarde de tous les côtés. C'est la solution la plus rapide quand le point d'ancrage existe déjà. C'est aussi la plus pénible à corriger quand la hauteur est mal choisie : un panier descendu trop bas se prend dans les jambes, un panier trop haut ne s'arrose plus.
Visser déplace l'appui sur le mur. Une potence, ou un simple crochet, tient le contenant en porte-à-faux au-dessus du vide. Il faut percer, choisir une cheville adaptée à la matière du mur, et accepter de reboucher le trou le jour où vous partez.
Poser à cheval se passe de plafond et de perceuse. Un support en fil métallique passe par-dessus la main courante, deux crochets en J le retiennent par le poids, et le cerceau se retrouve côté vide. C'est la seule des trois solutions qui s'installe sans rien négocier, et la seule qui se retire en une seconde.
| Critère | Support posé à cheval | Suspension pendue au-dessus | Crochet ou potence vissé |
|---|---|---|---|
| Perçage | Aucun | Un trou au plafond ou dans un support | Un à deux trous dans le mur |
| Ce qu'il faut posséder | Vos pots, le support est vide | Un contenant à suspendre | Un contenant à suspendre |
| Où l'eau tombe | Dans le vide, sous la rambarde | Au sol, sous le point d'accroche | Le long du mur |
| Accès pour arroser | À hauteur de main courante | Au-dessus de la tête | À hauteur d'épaule, parfois plus haut |
| À vérifier avant l'achat | La forme et la largeur de la lisse | La hauteur libre sous le crochet | La matière du mur |
| Retrait sans trace | Immédiat | Un trou à reboucher | Un trou à reboucher |
| En hiver | Se soulève et se range à plat | Se décroche en entier | Se vide sur place |
Une quatrième voie reste ouverte à ceux dont la rambarde n'accepte rien : la jardinière posée au sol, sur roulettes si vous la déplacez souvent. Elle a un défaut évident, elle consomme la surface du balcon, et un avantage non moins évident, elle ne dépend d'aucune fixation.

Ce que le support décide du pot
Choisir un support revient à choisir le format de pot qu'il acceptera, donc la plante qui pourra y vivre. Le support à cheval du lot Jarditips mesure 18 cm de diamètre au fond, pour 18 cm de hauteur de panier, crochets non compris. Son ouverture, plus large que le fond, n'est pas chiffrée par le fabricant. Le pot descend par le cercle supérieur et vient buter dessus. Le diamètre de son rebord compte donc plus que sa hauteur, et il se mesure avant d'acheter.

Cette ouverture plafonne aussi le volume de substrat. Une méta-analyse portant sur 65 études du volume de substrat retient qu'en doublant la taille d'un pot, la production de biomasse augmente de 43 % en moyenne. Les auteurs ajoutent un repère utile : un pot est bien dimensionné tant que la plante reste sous un gramme par litre de terreau. Plus le pot est petit, plus la plante reste petite et plus la réserve d'eau se vide vite. Sur une rambarde, un pot large et bas tient mieux dans le cerceau qu'un pot étroit qui monte au-dessus du vide.
Reste la charge. Elle ne se devine pas à l'œil. Un pot soulevé à moitié sec ne dit rien du poids qu'il atteindra une fois arrosé, et un contenant arrosé pèse nettement plus lourd que le même contenant au repos. Posez votre pot garni sur une balance de salle de bain, arrosé et égoutté, avant de le confier à une pièce posée au-dessus du vide.
L'eau, d'un système à l'autre
L'eau que vous versez ressort par le bas du pot, et chaque système lui donne une destination différente. Pendue, elle tombe au sol, sous le point d'accroche. Vissée, elle ruisselle le long du mur. Posée à cheval, elle traverse la platine ajourée du support et tombe sous la lisse, donc chez le voisin du dessous si vous en avez un.
Ce qui ne change pas d'un système à l'autre, c'est l'exigence de drainage : les trous au fond du contenant sont indispensables. Dans un substrat qui reste détrempé, la circulation de l'oxygène vers les tissus se coupe et une hypoxie s'installe, avec les dégâts racinaires qui l'accompagnent. Arroser jusqu'à ce que l'eau coule est la bonne méthode pour rincer le substrat, pas pour un pot perché au-dessus du vide.

Le vent prend les trois systèmes différemment
Ce qui change avec le vent n'est pas tant l'exposition que la façon dont le pot y répond. Une suspension oscille, et cette oscillation fatigue sa corde. Une potence tient fermement, mais elle expose le feuillage de plein fouet, sans rien pour le freiner. Un support à cheval ne bouge pas sur sa lisse, et la pièce se retire en quelques secondes si une tempête s'annonce.
Sur l'effet du vent sur la plante, le résultat surprend. Des mesures de transpiration sur des feuilles de Xanthium exposées à trois vitesses de vent montrent un basculement autour de 35 °C. En dessous, la feuille reste plus chaude que l'air ambiant et un vent plus fort diminue la transpiration. Au-dessus, elle devient plus fraîche que l'air et le vent augmente fortement la transpiration. Un balcon très exposé, en canicule, ne se comporte donc pas comme le même balcon à 25 °C.
Ce qui limite les dégâts tient au choix de la plante et à la forme du contenant. Un feuillage compact et un pot large et bas résistent mieux qu'une tige haute montée sur un pot étroit.
Trois balcons, trois réponses
Un balcon de deux mètres carrés en location, avec une lisse plate et rien au-dessus : le support à cheval s'impose. Il reste à régler l'écart entre les trois pièces sur ce que les plantes occuperont en juillet, pas sur leur taille du printemps.
Une loggia avec plafond, un mur mitoyen qu'on préfère laisser intact : la suspension pendue prend le relais. Mesurez la hauteur libre avant de couper la corde. Si le contenant reste dehors toute l'année, un pot suspendu en fibre tressée vieillit moins bien qu'une suspension en macramé gardée sous un débord de toit.
Une maison, un mur qui vous appartient, une terrasse à fleurir en hauteur : la potence vissée devient la bonne réponse. Reste à connaître la matière du mur et à choisir la cheville qui va avec. C'est le seul des trois systèmes qui laisse un trou derrière lui.
Trois mesures reviennent dans les trois cas, et elles se prennent avant de commander. La largeur et la forme de la main courante, la hauteur libre entre le point d'accroche et le sol, et le diamètre du rebord de votre pot. Un mètre ruban et deux minutes suffisent. Personne ne peut les prendre à votre place, et c'est là que se jouent les retours pour un support incompatible.
Le garde-corps qui ne convient pas
Tous les garde-corps ne se ressemblent pas, et le support à cheval n'est pas une pièce universelle. Il est fait pour une lisse plate ou un tube de section courante, et la courbe de ses crochets en J se compare à votre main courante avant la commande. Une lisse très large, ou de section carrée massive, ne laissera pas la pièce s'asseoir.
Si votre rambarde est de ce type, deux replis existent, et ils supposent l'un et l'autre une autorisation ou un mur à vous. Une potence vissée dans le mur de façade, si vous avez le droit d'y percer. Ou une suspension pendue au plafond de la loggia, quand il y en a un. Le troisième repli, la jardinière au sol, ne demande rien à personne.
Ce que chaque système change au quotidien
Une suspension pendue s'arrose au-dessus de la tête, ce qui suppose un arrosoir léger ou un décrochage du panier. En échange, rien n'occupe la rambarde, et le panier tourne sur sa corde quand un côté pâlit.
Une potence vissée garde le pot à hauteur de travail. Le feuillage s'y développe à l'ombre d'un côté, et le mur garde la trace des arrosages répétés.
Le support posé à cheval met le pot à hauteur de main courante. Il se soulève d'une seconde pour tailler, rempoter ou remplacer la plante, sans décrocher quoi que ce soit. Les trois pièces glissent le long de la lisse pour régler l'écart, à la main, et se retirent à l'automne en une seule fois. Le lot est noir, sans autre coloris, et il ne contient ni pot ni visserie.
Aucun de ces trois systèmes ne fournit le contenant. Vous achetez un point d'accroche, pas un pot, et c'est ce qui rend la comparaison nécessaire avant la commande.
Questions frequentes
Quel système choisir pour un balcon en location ?
Un support posé à cheval sur la main courante, ou une suspension pendue à un point d'ancrage déjà en place si votre loggia en possède un. Aucun des deux ne demande de percer, et les deux se démontent sans laisser de trace le jour du départ. La potence vissée reste réservée aux murs qui vous appartiennent.
Comment savoir si mon garde-corps acceptera un support à cheval ?
En regardant la courbe des crochets sur la photographie de détail et en la comparant à votre lisse. Une main courante plate ou un tube de section courante convient à ce type de crochet. Une lisse très large, ou de section carrée massive, ne laissera pas la pièce s'asseoir correctement : mieux vaut le vérifier avant de commander que de renvoyer un colis.
Peut-on accrocher un pot de fleur suspendu au plafond d'une loggia ?
Oui, à condition d'avoir un plafond ou un auvent au-dessus du pot, et de savoir dans quelle matière vous vissez. Un crochet dans un béton plein et le même crochet dans une plaque mince ne tiennent pas la même chose. Mesurez aussi la hauteur libre jusqu'au sol avant de couper la corde, et retenez que l'arrosage se fera ensuite au-dessus de votre tête.
Que faire si l'eau d'arrosage tombe sur le balcon du dessous ?
Deux gestes suffisent : arroser par petites quantités, sans attendre que l'eau ressorte par les trous, et glisser une soucoupe sous le pot pour recueillir le surplus. Videz cette soucoupe après chaque arrosage, sinon le fond du pot baigne dans l'eau qu'on voulait évacuer. Si votre voisin s'est déjà plaint, videz-la le jour même, sans attendre le lendemain.
Sources
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Hanging Baskets and Window Boxes
. Karen Russ et Robert F. Polomski, 1999, Clemson University Cooperative Extension, Home and Garden Information Center. -
Pot size matters: a meta-analysis of the effects of rooting volume on plant growth
. Hendrik Poorter, Jonas Bühler, Dagmar van Dusschoten, José Climent et Johannes A. Postma, 2012, Functional Plant Biology, 39(11), 839-850. -
Submergence and Waterlogging Stress in Plants: A Review Highlighting Research Opportunities and Understudied Aspects
. Takeshi Fukao, Blanca E. Barrera-Figueroa, Piyada Juntawong et Julián M. Peña-Castro, 2019, Frontiers in Plant Science, 10, 340. -
Temperature and transpiration resistances of Xanthium leaves as affected by air temperature, humidity, and wind speed
. Bert G. Drake, Klaus Raschke et Frank B. Salisbury, 1970, Plant Physiology, 46(2), 324-330.

