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Utiliser sacs de semis non tissé demande quelques gestes que le godet plastique ne réclame pas. La paroi laisse passer l'eau et l'air, la base se déplie avant le remplissage, la manipulation d'un jeune plant se fait motte et sachet ensemble. Voici le mode d'emploi que nous suivons chez Jarditips, du sachet plié à la mise en terre.


Préparer les sachets avant le substrat

Les sacs arrivent à plat, empilés, avec une couture verticale sur le côté et une couture qui forme la base. Cette base est repliée à l'intérieur pour tenir peu de place au rangement. Elle doit être ouverte avant le remplissage.

Prenez un sachet, pincez les deux angles inférieurs entre pouce et index et poussez doucement vers l'intérieur pour ouvrir le fond. La base prend alors une forme rectangulaire, le sachet tient debout tout seul quand vous le posez. Alignez ensuite dix sachets par rangée dans un plateau de pépinière ou un contenant plat qui les soutient. Le plateau joue trois rôles : il empêche les sachets de basculer pendant l'arrosage, il récupère l'excès d'eau qui traverse la paroi, et il permet de déplacer toute la série d'un seul geste.

Ne remplissez pas les cent sachets à l'avance si vous ne les semez pas dans la foulée. Un sac rempli et laissé plusieurs semaines vide de graine se tasse et perd de la porosité.

Choisir le substrat de démarrage

Le substrat qui va dans le sachet n'est pas de la terre de jardin. La terre de plein champ est trop dense pour un petit volume, elle se compacte et prive les racines d'air. Prenez un terreau spécial semis ou fabriquez un mélange à parts égales de tourbe (ou fibre de coco), de compost tamisé et de perlite ou sable grossier. Le mélange doit couler entre les doigts sans se prendre en boule.

Humidifiez le substrat dans un seau avant de remplir les sachets. Ajoutez l'eau petit à petit, malaxez, arrêtez quand une poignée serrée forme un boudin qui s'effrite dès qu'on le pose. Verser un substrat sec dans le sachet puis arroser produit systématiquement des zones sèches en son cœur, où la racine ne descendra pas.

Remplissez chaque sachet jusqu'à un centimètre du bord. Tassez très légèrement avec les doigts, sans forcer. Une pression trop forte referme les pores du substrat et annule l'avantage de la paroi respirante.

Petite pelle inclinée versant du substrat noir dans un sachet de semis non tissé posé dans son plateau
Le substrat humidifié en amont se répartit sans laisser de zone sèche au cœur du sachet.

Semer, étiqueter, couvrir

Faites un trou au doigt ou à la pointe d'un crayon, à la profondeur indiquée sur le sachet de graines (souvent deux à trois fois le diamètre de la graine). Déposez une graine, deux si vous doutez de la germination, refermez avec un peu de substrat et tassez sans écraser.

L'étiquetage se fait avant la levée. Une petite étiquette plantée en biais, ou un ruban de masking tape sur le bord du sachet, portant le nom de la variété et la date de semis. Une série de tomates de six variétés différentes ressemble à une série de sachets identiques trois semaines plus tard : sans étiquette, vous ne saurez plus quelle plante donnera quoi.

Recouvrez le plateau d'une cloche transparente ou d'un film jusqu'à la levée pour maintenir l'atmosphère saturée. Retirez la couverture dès que les premières graines lèvent, sinon l'excès d'humidité favorise les fontes de semis.

Arroser au bon rythme

C'est ici que le sac en textile change vraiment le geste. Une paroi qui laisse passer l'eau signifie aussi que le sachet sèche plus vite en surface qu'un godet plastique. Deux règles se combinent.

D'abord, arrosez quand la surface du substrat est sèche au toucher mais que le fond reste légèrement humide. Le substrat doit être humide, jamais détrempé. Les fontes de semis documentées par l'Utah State University Extension sont provoquées par des champignons comme Pythium, Fusarium ou Rhizoctonia qui prospèrent en substrat saturé et à température fraîche. La prévention passe par un terreau propre, un semis peu profond et un arrosage retenu.

Ensuite, arrosez par le bas de préférence. Remplissez le plateau d'un centimètre d'eau, laissez les sachets pomper pendant dix à vingt minutes, puis videz. La motte s'humidifie par capillarité et la surface reste sèche, ce qui casse le cycle des champignons. En arrosage par le haut, préférez une pomme fine ou un pulvérisateur pour ne pas faire ricocher les particules infectieuses.

Une température ambiante entre 18 et 22 °C pour la levée, puis 15 à 18 °C pour la croissance des jeunes plants, limite aussi la pression des maladies. Un thermomètre hygromètre posé près du plateau suffit à vérifier ces plages sans y penser toute la journée.

Suivre la croissance et anticiper le repiquage

Les premiers jours après la levée, la plante consomme ses réserves de graine. Elle a besoin de lumière plus que d'eau. Un rebord de fenêtre orienté sud fonctionne en février-mars, mais l'inclinaison du soleil et la durée du jour restent courtes. En intérieur, une source de lumière horticole placée à trente centimètres au-dessus des plateaux prolonge la journée effective à douze ou quatorze heures et évite l'étiolement, cet allongement pâle des tiges qui trahit un manque de lumière.

Au bout de deux à trois semaines, observez les côtés du sachet. Vous voyez apparaître des racines fines qui pointent à travers le textile : c'est le signal recherché. Un essai en pépinière a mesuré que les contenants poreux en textile présentent peu ou pas de croissance racinaire le long des parois par rapport aux godets plastiques, la racine s'auto-arrêtant au contact de l'air. C'est ce qu'on appelle l'auto-cernage racinaire : la pointe de racine sèche, la ramification part en amont, et la motte finit fibreuse plutôt qu'en spirale. Un essai sur l'érable rouge nuance ce constat : l'effet du type de contenant sur l'architecture racinaire reste modeste comparé au cernage manuel au moment du rempotage. Autrement dit : le sachet aide, mais un repiquage bien conduit reste décisif.

Vient le moment de sortir la plante. Glissez la main sous le sachet, soulevez-le doucement du plateau. Retournez-le au-dessus de votre main libre en maintenant la base et l'ouverture. La motte tombe en un bloc si l'arrosage a été régulier. Si des racines ont traversé le textile, ne tirez pas dessus : sectionnez-les à ras du sachet avec des ciseaux propres. Les racines internes suffisent à reprendre.

Le repiquage se fait en pot plus grand pour prolonger l'élevage sous abri, ou directement au jardin quand la plante est assez robuste et que les gelées sont passées. Un jeune plant de tomate élevé jusqu'à 60 jours dans un contenant de 250 mL puis repiqué produit un rendement de l'ordre de 2 200 g par plant, avec un cycle raccourci après repiquage. Retenez le principe : plus le contenant intermédiaire est adapté, plus la reprise est franche.

Motte de terre extraite d'un sachet non tissé posée au-dessus d'un pot de terre, racines fibreuses visibles
La motte quitte le sachet d'un bloc, prête à rejoindre un contenant plus grand ou une place au jardin.

Ranger les sachets pour la saison suivante

Les sachets vides ne se jettent pas. Videz-les en les retournant au-dessus du composteur, secouez-les pour décrocher le substrat qui adhère aux coutures, puis rincez à l'eau claire. Un lavage à l'eau chaude savonneuse est utile pour les sachets qui ont vu de la moisissure ou une fonte de semis, suivi d'un rinçage soigneux.

Laissez sécher les sachets étalés sur un torchon avant de les remettre à plat dans leur pochette de rangement. Un stockage humide fait apparaître des taches sombres à la reprise. Les sachets tolèrent plusieurs saisons d'utilisation tant que les coutures tiennent et que le textile n'est pas troué.

Le rempotage vers un contenant plus grand en textile intervient dès que la motte remplit son sachet. Le seuil de volume propre à chaque légume décide du bon gabarit pour cette étape suivante.

Une série bien conduite tient dans un plateau, se surveille en dix minutes par jour, et vous rend un mois plus tard les plants dont dépend toute la saison. Prenez le temps du premier arrosage, le reste suit. Les autres guides de la rubrique semis et saisons suivent la saison, du semis au repiquage.

Questions frequentes

Faut-il ouvrir le fond du sachet avant de le remplir ?

Oui. À la livraison, le fond est plié et retient sa forme. Pincez délicatement les deux angles inférieurs pour ouvrir le pli, puis posez le sachet dans son plateau. Le substrat prend appui sur la base et donne au sachet son volume définitif. Un sachet rempli sur un fond mal déplié se déforme dès le premier arrosage.

Comment arroser sans faire pourrir les jeunes plants ?

Arrosez en pluie fine, jusqu'à voir l'excès d'eau perler à travers la paroi puis s'écouler dans le plateau. Videz le plateau après quelques minutes pour éviter que la base des sachets ne baigne. Un substrat maintenu détrempé favorise les fontes de semis, un problème classique lié aux pathogènes du sol comme Pythium.

Quand faut-il repiquer le jeune plant hors de son sachet ?

Le repère utile est visuel : quand vous voyez des racines fines percer la paroi et que la plante a formé trois à quatre vraies feuilles. Pour la plupart des légumes fruits, cela intervient trois à quatre semaines après la levée. Au-delà, le petit volume freine la croissance.

Peut-on réutiliser les sachets d'une saison à l'autre ?

Oui, à condition de les vider, secouer, rincer à l'eau claire et laisser sécher complètement avant stockage. Les sachets ayant vu apparaître des fontes de semis ou une moisissure sont mis à part et lavés à l'eau chaude savonneuse. L'hygiène des contenants est le premier levier de prévention des maladies de pépinière.

Sources