Thermomètre hygromètre à aiguille ou à écran : lequel choisir pour une serre ?
Un thermomètre hygromètre à aiguille et un modèle à écran à cristaux liquides affichent la même paire de valeurs : la température de l'air et son humidité relative. Ce qui les sépare tient au capteur, à l'affichage, et à l'énergie qu'il faut leur fournir. Sous une serre, ce partage décide entre un appareil que l'on oublie pendant des années et un appareil qui garde la trace des nuits froides.
La même mesure, deux façons de la produire
Sur un cadran mécanique, deux aiguilles avancent devant leurs graduations, mises en mouvement par l'air lui-même. Il n'y a ni circuit, ni pile, ni écran. Sur un boîtier à écran, un capteur traduit la vapeur d'eau contenue dans l'air en signal électrique, et l'électronique affiche des chiffres.
Aucune des deux familles n'est un gadget. Une revue des méthodes de mesure de l'humidité en serre présentée au symposium de l'ISHS consacré aux capteurs horticoles décrit cinq procédés. Elle revient sur les pièges du psychromètre, cet appareil à deux thermomètres dont on se sert encore, et retient la sonde capacitive comme la plus intéressante à la fin des années 1990. Le débat entre un cadran et un écran n'oppose donc pas un procédé ancien et un procédé moderne, mais deux façons de traiter la même information.
Le principe ne dit pas l'essentiel. Un appareil mesure l'air qui l'entoure, à l'endroit exact où il est posé. L'écart entre deux boîtiers voisins dépend donc plus de leur position que de leur technologie.
Ce qu'un cadran à aiguille apporte sous une serre
Le premier avantage tient en trois mots : rien à alimenter. Le cadran est mécanique, sans pile et sans électronique. Dans une serre froide, où l'air reste humide pendant des mois et où personne ne pense à changer une pile en janvier, cette absence simplifie tout. Le boîtier mesure environ 7,5 cm de diamètre et 9 cm de haut avec son socle, et il se suspend au mur par un trou prévu à l'arrière.
La lecture se fait de loin. L'arc d'humidité est divisé en trois bandes de couleur, bleue de 20 à 40 %, verte de 40 à 70 %, rouge de 70 à 100 %, et la température se lit sur le pourtour. Vous jugez l'air de l'abri en passant, sans vous arrêter ni appuyer sur quoi que ce soit.
Les limites sont réelles, et les acheteurs les écrivent noir sur blanc. Un cadran ne garde aucune mémoire : rien n'enregistre le minimum de la nuit. La petite aiguille de température se lit moins confortablement qu'une ligne de chiffres, et le socle de bureau, utile sur une étagère, reste léger dans un passage où l'on frôle le boîtier.

Ce qu'un écran à cristaux liquides apporte
L'écran donne des chiffres là où l'aiguille demande de viser une graduation. Il affiche aussi deux valeurs sur des lignes séparées, sans que l'œil ait à suivre deux aiguilles. Et surtout, il peut conserver les extrêmes : un boîtier garde le minimum et le maximum des dernières vingt-quatre heures, un autre conserve ces valeurs jusqu'à la remise à zéro. Dans une serre, c'est souvent l'argument décisif. Le gel qui abîme une floraison de printemps tombe à cinq heures du matin, à un moment où personne ne regarde le thermomètre.
Ces appareils apportent aussi des repères de confort. Sur le plus petit modèle de la famille, trois visages résument la combinaison mesurée, avec une plage agréable située entre 20 et 26 °C et 40 à 70 % d'humidité. Le grand bandeau translucide affiche l'heure et la date avec les mesures, ce qui convient mieux à une véranda ou à un bureau qu'à un abri de jardin.
Ce que l'écran coûte tient à sa pile bouton, fournie sur les modèles que nous proposons, et à son circuit électronique, qui peut faillir là où un ressort ne se casse pas. Il faut enfin accepter l'humidité ambiante : une comparaison entre une sonde capacitive et une sonde optique a relevé, sur une sonde capacitive pourtant professionnelle, des écarts systématiques dans les niveaux d'humidité élevés.
Un mot sur les plages de mesure, souvent mises en avant. Un boîtier à écran descend plus bas et monte plus haut qu'un cadran, dont la graduation s'arrête à -30 °C d'un côté et à 50 °C de l'autre. Dans une serre de jardin français, cet écart ne départage rien. Le thermomètre qui vit dehors depuis dix ans n'a jamais vu -30 °C, et vous ne choisirez pas là-dessus.

| Critère | Cadran à aiguille | Écran à cristaux liquides |
|---|---|---|
| Principe | deux aiguilles mises en mouvement par l'air | capteur et affichage électroniques |
| Alimentation | aucune | pile bouton, à remplacer |
| Lecture | aiguille sur graduation, bandes de couleur | chiffres, deux valeurs sur deux lignes |
| Mémoire des extrêmes | aucune | haute et basse selon le modèle |
| Plage annoncée | -30 à 50 °C, 20 à 100 % | -50 à 70 °C, 10 à 99 % |
| Réglage | deux vis à l'arrière | aucun sur nos modèles à poser |
| Précision déclarée | environ 0,5 à 1,5 °C et 2 à 5 % selon les acheteurs | non déclarée par le fabricant |
| Pose | socle fourni, ou suspension murale | à poser, fond plat |
Pourquoi deux appareils identiques ne lisent pas la même serre
Avant de trancher entre les deux colonnes du tableau, sachez ce que vos mesures décriront. L'air d'une serre n'est pas un bloc. Vingt capteurs répartis sur deux plans horizontaux et à deux hauteurs dans une serre de tomates commerciale ont montré des écarts importants entre zones. Le confort y suit les saisons : l'indice de confort de l'humidité tombait à 0,36 en juin, contre 0,94 en janvier. Le chauffage d'hiver faisait son travail, le refroidissement d'été n'existait pas.
Une autre campagne, menée dans une serre peu équipée sous culture de tomate, a relevé que la culture restait hors de ses plages optimales de température, d'humidité et de déficit de pression de vapeur. C'était le cas plus de la moitié du temps, à tous les stades et dans tous les quartiers mesurés. Autrement dit, le débat aiguille contre écran se joue à la marge si le boîtier reste au même endroit depuis trois ans.
Le choix de cet endroit, lui, se règle ailleurs, en fonction des seuils d'humidité de la culture que vous suivez. Retenez seulement qu'aucune des deux technologies ne compense un mauvais emplacement.
Le froid et l'humidité agissent ensemble
Il reste une raison de lire les deux valeurs d'un même coup d'œil, et elle ne tient pas à l'instrument. Dans une serre, les maladies fongiques ne se déclarent pas sur un critère isolé. Une étude sur la pourriture grise, le mildiou et la tache noire du concombre construite sur un indice de convenance de l'infection montre que ces trois maladies progressent d'autant plus vite que température basse et humidité forte se combinent. L'indice est négativement corrélé à la durée d'incubation : plus les conditions se rapprochent du pire, plus la maladie se déclare tôt. Un abri à 8 °C et 90 % d'humidité ne décrit pas la même situation qu'un abri à 8 °C et 60 %.
Aucun des deux appareils ne vous préviendra. Ni l'aiguille ni le chiffre ne calculent ce croisement : c'est à vous de lire les deux valeurs ensemble, puis d'ouvrir une lucarne au bon moment. Un cadran qui place ses deux mesures sur la même face et un écran qui les empile sur deux lignes rendent simplement ce croisement plus rapide à faire.
La justesse, ce qu'on peut attendre des deux
Ni l'un ni l'autre n'est un instrument de laboratoire, et il vaut mieux le savoir avant d'acheter. Les acheteurs qui ont comparé le cadran à un appareil numérique rapportent des écarts de 0,5 °C à 1,5 °C sur la température, et de 2 à 5 % sur l'humidité. Ces valeurs suffisent pour décider d'aérer ou de rentrer un pot, pas pour piloter une culture sous serre chauffée avec consignes précises.
Du côté électronique, la grande majorité des appareils de cette gamme ne publient aucune précision de mesure, et c'est un aveu en soi. Le capteur capacitif de référence, lui, n'échappe pas à sa dérive en air saturé. La conséquence pratique est identique pour les deux : on vérifie l'appareil face à un repère que l'on croit juste, un second thermomètre ou le thermostat de la maison, et on note l'écart. Le cadran offre une correction, deux vis à l'arrière du boîtier permettent de reprendre chaque mesure séparément. Les modèles à écran que nous proposons n'offrent aucun réglage, il faut donc composer avec le décalage ou changer d'emplacement.
Alors, lequel pour votre serre ?
Tranchez sur ce que vous voulez faire de la mesure.
Vous voulez savoir, en passant, si l'air de l'abri est sain, et vous ne voulez penser ni aux piles ni à un écran qui vieillit : prenez le cadran à aiguille. Il vit des années dans un abri froid et humide sans qu'on s'occupe de lui.
Vous voulez connaître le minimum de la nuit, suivre une levée de semis ou surveiller une véranda où vous passez chaque jour : prenez un modèle à écran avec mémoire, du type boîtier miniature à deux lignes. Un appareil qui se souvient travaille pendant que vous dormez.
Rien n'empêche les deux. Un écran qui enregistre les extrêmes près du semis, un cadran suspendu près de la porte qu'on lit en passant : c'est la combinaison la plus utile. Sous un châssis, les repères d'une levée de semis ne sont pas ceux d'une véranda, et le format suit l'endroit plutôt que l'inverse.
Une dernière chose, qui vaut pour les deux technologies. Le chiffre lu n'a de sens que comparé à ce que vous avez observé la veille, dans la même serre, au même endroit. Un appareil modeste que vous regardez chaque matin vous en apprendra plus qu'un modèle précis que vous ne consultez jamais.
Questions frequentes
Peut-on laisser un thermomètre hygromètre à écran dans une serre non chauffée tout l'hiver ?
Vous prenez le risque d'une panne silencieuse au mauvais moment. La pile bouton, seule source d'énergie de ces boîtiers, travaille dans le froid et finit par faiblir sans prévenir. La mesure elle-même se décale en atmosphère saturée, une dérive documentée jusqu'en laboratoire. Le cadran mécanique échappe aux deux problèmes : il n'a ni pile à ménager ni électronique à protéger.
Lequel des deux permet de connaître la température la plus basse de la nuit ?
Celui qui travaille pendant votre sommeil, donc un boîtier à écran capable de conserver les extrêmes. Cette fonction n'est pas présente partout : cherchez la mention de mémoire haute et basse avant d'acheter. Avec un cadran à aiguille, la seule méthode consiste à regarder l'appareil avant que l'air de l'abri ne se réchauffe, c'est-à-dire avant le lever du jour en hiver.
Deux appareils posés côte à côte dans la même serre affichent-ils la même chose ?
Ils peuvent différer nettement, et la position pèse plus lourd que la technologie. Pour comparer deux appareils, posez-les au même endroit et à la même hauteur, puis lisez-les au même moment : c'est la seule façon de savoir lequel s'écarte. Si vous déplacez l'un des deux dans un autre coin de l'abri, vous ne mesurez plus l'appareil, vous mesurez l'endroit.
Un cadran mécanique perd-il sa justesse avec le temps ?
Une aiguille peut se décaler pendant le transport, et c'est le défaut que les acheteurs signalent le plus souvent à la réception. Le boîtier prévoit de quoi reprendre chaque mesure séparément, avec un tournevis fin et un geste léger. Sur les modèles à écran que nous proposons, aucun réglage n'existe : si une valeur vous paraît fausse, il reste à la confronter à un second appareil et à composer avec l'écart.
Sources
- Schurer, K. et Visscher, G. J. W. (1998). Humidity sensors in the greenhouse. Acta Horticulturae, 421, 155-164. Symposium international de l'ISHS sur les capteurs en horticulture.
- Rezvani, S. M., Abyaneh, H. Z., Shamshiri, R. R. et al. (2020). IoT-Based Sensor Data Fusion for Determining Optimality Degrees of Microclimate Parameters in Commercial Greenhouse Production of Tomato. Sensors, 20(22), 6474.
- Albuja-Illescas, L. M., Gómez-Cabezas, M., Jácome-Aguirre, G. et al. (2025). Microclimate Characterization of a Low-Tech Greenhouse During a Tomato Crop Production Cycle in Chaltura, Imbabura. Plants, 14(23), 3702.
- Li, Z., Lu, Y., Liu, C. et al. (2026). Comprehensive prediction of multiple low temperature and high humidity diseases in greenhouse cucumbers based on infection suitability index. Frontiers in Plant Science, 17, 1809965.
- Arrigo, M. S., Di Martino, R. M. R. et Liotta, M. (2026). Dynamic Performance Evaluation of Optical and Capacitive Sensors for Atmospheric Water Vapor Monitoring. Sensors, 26(13), 4064.

