Un filet anti insecte 60 mailles se pose sur une structure, en tunnel au-dessus d'un rang ou à plat sur une culture basse. Vous plantez vos arceaux, vous déroulez la toile dans le sens du rang, puis vous fermez le pourtour au sol sur les deux longueurs et aux deux extrémités. Le rouleau est vendu seul, sans armature, et il ne protège rien tant qu'un passage reste ouvert quelque part.
Ce qui arrête un insecte, c'est le bord
La maille serrée retient le vol, mais elle ne fait pas le travail seule. Un insecte qui cherche à pondre sur vos poireaux arrive au ras du sol et cherche une entrée : un ourlet relevé par le vent, une extrémité laissée libre, un creux entre deux mottes. La barrière existe sur toute la longueur ou elle n'existe pas.
Le protocole est toujours le même et il demande dix minutes de plus que la pose elle-même. Vous poussez de la terre sur les deux bords, par petits tas, en avançant d'un pas à la fois. Vous plaquez les extrémités avec une planche, une brique, un morceau de bois, peu importe, du moment que le poids tient au sol et non sur la première arche. Puis vous refaites le tour en vous baissant, l'œil à hauteur de chaussure. Ce dernier passage est celui qui compte.
Les essais menés quatre saisons de suite sur poireau et oignon dans l'État de New York donnent la mesure de l'enjeu. Les parcelles protégées par un filet ou un voile posé en plus du paillage ont vu les populations de mouche mineuse des alliacés baisser de 76% par rapport aux parcelles sans barrière physique. Le niveau de protection atteint celui de deux traitements insecticides. Aucune toile ne donne ce résultat si un bord respire.

Tendre la toile sur les arceaux, dans l'ordre
Commencez par le rang lui-même. Passez la main sur le feuillage pour déloger limaces, chenilles et insectes déjà installés : une fois la toile posée, ce petit monde travaille à l'abri. Arrachez ce qui dépasse du futur tunnel, les adventices qui poussent contre la maille finissent par la soulever.
Les arceaux viennent ensuite, et ils ne sont pas dans le colis. Espacez-les régulièrement, sans économiser sur la solidité : ce sont eux qui tiennent la toile au-dessus des plants, et un arceau trop rare laisse la maille reposer sur le feuillage, où elle frotte et où les pucerons passent d'une feuille à l'autre par le dessus. Gardez de la hauteur, vos plants vont monter, et prévoyez le mou nécessaire.
Le déroulage se fait dans le sens du rang, en laissant la toile retomber de chaque côté. Ne la raidissez pas. Une toile tendue comme une peau de tambour transmet chaque rafale aux bords enterrés et finit par les dégager, alors qu'un peu de mou au sommet laisse la toile bouger sans ouvrir le pourtour.
Sur des salades ou des radis en bac, la hauteur d'arceaux peut tomber à quelques dizaines de centimètres et la toile posée à plat, bords lestés, suffit sans structure.
Reste le choix de la largeur, celui qui décide du nombre de tunnels à monter. Sur une planche double, une largeur de 3 m couvre les deux rangs sous une seule toile, là où deux rouleaux plus étroits imposent deux tunnels et deux fois plus de bords à lester.
Les surfaces vont de 15 m² pour le format le plus court à 40 m² pour le 2 x 20 m. Avant de commander, mesurez le développé du tunnel, d'un bord du sol à l'autre en passant par le sommet des arceaux, puis comparez avec la largeur du rouleau : c'est ce chiffre, et non la largeur du rang, qui dit si la toile retombe assez pour être enterrée des deux côtés.
Sur deux rangs courts, un rouleau de 2,5 m couvre la longueur sans laisser de chute.

Ce que la maille 60 arrête, et ce qu'elle laisse passer
La mention 60 mailles décrit la densité du tissage et ne se convertit pas en millimètres. Ce que la recherche donne, en revanche, ce sont les seuils à ne pas dépasser selon la bête visée. Un essai comparant des filets d'ouvertures différentes a montré qu'une ouverture de 1,0 mm au maximum suffisait à bloquer la drosophile en laboratoire, et qu'une maille rectangulaire dont le petit côté ne dépasse pas 1,9 mm arrêtait la mouche de la pomme au verger comme en laboratoire. L'efficacité dépend autant de la forme de l'ouverture que de sa surface.
Retenez la conséquence pratique. Plus la maille est fine, plus elle trie large : une toile qui tient dehors les ravageurs les plus petits tient aussi dehors les auxiliaires qui les mangent. Sous un tunnel de 60 mailles, vous devenez le premier observateur de votre potager, et c'est en ouvrant la toile pour désherber que vous verrez ce qui s'y passe.
Couvrir du semis à la récolte, sans trouée
Une protection qui marche par intermittence protège mal. Dans les mêmes essais sur alliacés, les parcelles couvertes pendant toute la période d'activité des mouches tendaient à être moins touchées que celles protégées par séquences plus courtes. Autrement dit, la toile posée au bon moment et laissée en place vaut mieux que la même toile posée tôt puis ouverte souvent.
Le bon moment, pour un rang de poireaux ou de carottes, est le jour de la plantation ou de la levée. La mouche de la carotte et la teigne du poireau arrivent dès les premières chaleurs : une larve entrée dans le fût avant la pose ne se rattrape pas, alors que la toile posée dès la plantation couvre toute la période de culture. Ensuite, chaque ouverture reste une fenêtre, ouvrez donc d'un seul côté, toujours le même, travaillez vite et refermez.
Ce qui change sous la toile
Un tunnel fermé n'est pas un carré de potager comme les autres. La toile coupe le vent, et cette réduction de la circulation d'air change la demande en eau de la culture. Des mesures conduites sous serre-écran sur poivron ont relevé une transpiration inférieure de 25% à celle de la parcelle ouverte sous un filet anti-thrips peu ombrant, et de 45% sous les filets les plus ombrants. L'essentiel de l'écart est attribué à la baisse de la vitesse de l'air. Ces chiffres valent pour des serres-écrans et non pour un tunnel bas de potager, mais la cause est la même : sous la toile, l'air bouge moins. Chez nous, cela se voit au sol, qui sèche moins vite que le rang voisin.
Vous arrosez donc par-dessus, sans ouvrir, et vous regardez la terre plutôt que le calendrier. La pluie traverse la maille. Après un orage, contrôlez les bords, car l'eau qui ruisselle dégage facilement la terre poussée sur la longueur.
Côté lumière, la toile blanche tamise un peu. Côté température, elle ne fait rien : la maille reste ouverte, ce n'est pas un voile d'hivernage et le tunnel ne tiendra pas le froid dehors.
Ce que la toile ne peut pas faire
Le filet n'agit ni sur ce qui vit dans le sol, ni sur les limaces, ni sur les rongeurs. Il ne fait rien non plus contre un insecte enfermé sous la toile au moment de la pose. D'où l'inspection du feuillage avant de dérouler.
Il y a un second angle mort, moins connu : la pollinisation. Une toile fermée pendant la floraison tient les pollinisateurs dehors en même temps que les ravageurs. Sur un essai en framboisier, une barrière posée tôt dans le développement des fruits a réduit les captures de drosophile de 75% et le poids de fruits infestés de 48%. Le rendement commercialisable dépassait de 63% celui de la parcelle non protégée, mais le poids des fruits mal fécondés augmentait dans le même temps. Le compromis se règle par le calendrier : sur des ronces, des rangs couverts une fois la floraison terminée ont produit deux fois plus de mûres commercialisables que les rangs traités à l'insecticide biologique.
Sur une culture qui fleurit sous le tunnel, courgette, fraise ou framboise, il faut donc choisir son moment. Un cerisier ou un prunier se traite autrement : la housse se pose à la nouaison et se retire à la dernière cueillette, un geste sans rapport avec la pose d'un rouleau sur un rang.
Désherber, arroser, récolter sous le tunnel
Toutes les interventions suivent la même règle : un seul bord ouvert, jamais les deux. Vous relevez la même longueur à chaque fois, vous laissez l'autre enterrée, et vous gardez ainsi un côté déjà fermé à refermer. C'est aussi le meilleur moyen de ne pas perdre la terre que vous aviez poussée.
Désherbez jeune. Une adventice qui pousse contre la maille la soulève, et un plant de poireau qui appuie sur la toile finit par la déformer et par ouvrir un passage vers l'intérieur. Ce contrôle se fait en même temps que l'arrosage, vite, et le tunnel se referme dans la foulée.
Pour la récolte, soulevez l'extrémité ou la longueur, coupez ce qu'il faut et refermez. La tentation de laisser ouvert pour finir le lendemain est le vrai risque de la saison : une nuit de vol suffit à annuler plusieurs semaines de protection.

Ranger le rouleau à la fin de la saison
La toile se retire quand la récolte est finie ou quand les vols cessent. Laissez-la sécher étendue, à l'ombre, avant de la replier. Une toile pliée humide garde les plis et sent le renfermé au printemps suivant.
Le rangement se fait au sec, à l'abri de la lumière directe, sans poids posé dessus. C'est ce qui évite les plis marqués et le jaunissement, deux défauts qui ne se rattrapent pas au printemps suivant.
Questions frequentes
Quand poser la toile sur un rang de poireaux ?
Le jour de la plantation, sans attendre le premier dégât. Si vous arrivez après les premières piqûres, arrachez les plants déjà touchés avant de dérouler : une larve installée dans le fût continuera son travail sous la toile et donnera la génération suivante à l'intérieur du tunnel. Ensuite, la toile reste en place pendant toute la croissance et ne s'ouvre que pour le désherbage et la récolte.
Faut-il découvrir le tunnel de temps en temps ?
Sur une culture de racines ou de feuilles, non : la toile reste du semis à la récolte. Ce qui demande un passage régulier, c'est le pourtour. Après un coup de vent ou un gros arrosage, refaites le tour des bords, car une barrière interrompue sur un mètre équivaut à une parcelle sans barrière. Le raisonnement change pour une culture qui fleurit sous le tunnel : les pollinisateurs n'y accèdent plus et le calendrier de pose devient un compromis.
La pluie, l'air et la lumière passent-ils à travers la toile ?
Oui, la maille est ouverte. Une plante sous tunnel continue de recevoir l'eau du ciel et la lumière du jour, ce qui la distingue d'une culture sous bâche. La toile blanche tamise un peu sans assombrir, et elle n'emmagasine aucune chaleur : ce rouleau n'est pas un voile d'hivernage et ne protège pas du gel.
Que contient le colis du rouleau 60 mailles ?
Le rouleau de toile, et rien d'autre. Il se déroule à la main sur toute la longueur du rang, ce qui vous laisse libres la hauteur du tunnel et l'écartement des arceaux, à condition de prévoir les deux de votre côté. Sur une terre légère, enfoncez les arceaux plus profond qu'il ne semble nécessaire et posez un lest qui reste au sol.
Sources
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