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Jeune pommier ceinturé d'un ruban jaune, panneau collant suspendu dans les branches au-dessus, verger en fin de matinée
La ceinture travaille sur le tronc, le panneau dans les branches : deux étages, deux catégories d'insectes.

Glu pour arbre fruitier : la ceinture de tronc face au panneau, au carton et au filet

9 min de lecture


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Chercher une glu pour arbre fruitier mène souvent à un seul objet, la bande collante à enrouler autour du tronc. Elle n'est pourtant qu'une des quatre barrières qu'un jardinier peut opposer aux insectes d'un fruitier, et chacune travaille à un étage différent. La ceinture prend ce qui rampe sur l'écorce, le panneau jaune ce qui vole dans les branches, le carton ondulé la larve qui descend du fruit, la housse l'arbre entier. Voici ce que chacune arrête vraiment, ce qu'elle demande en travail, et le point précis où l'une ne remplace pas l'autre.

Ce que chaque barrière arrête

Le tri se fait d'abord sur la façon dont l'insecte se déplace, pas sur la taille de l'arbre. Un dispositif posé en travers d'un tronc n'intercepte que ce qui emprunte ce tronc ; un objet suspendu dans le feuillage n'intercepte que ce qui vole jusque-là.

DispositifOù il travailleCe qu'il arrêteCe qu'il laisse passerGeste et renouvellement
Ceinture de glu à enroulerLe tronc, sous le point de greffeLes insectes qui marchent sur l'écorceTout ce qui vole, et ce qui est déjà dans la ramureCouper à la longueur du tour, enrouler, presser le départ ; une bande par saison
Bande de carton onduléLe tronc, du pied vers le hautLes larves du carpocapse qui cherchent un abri pour tisser leur coconLes insectes de passage, qui ne s'y arrêtent pasPoser avant la mi-juin, retirer et détruire avant de remplacer en juillet, seconde série retirée en octobre
Panneau collant jauneLes branches, à hauteur de feuillageLes adultes volants attirés par le jauneLes rampants, qui passent dessousSuspendre, remplacer quand la surface est couverte
Housse-filetL'arbre entier, fermée en basCe qui vient de l'extérieur, insectes et oiseauxCe qui était déjà dans l'arbre à la poseEnvelopper, fermer le bas, ranger hors saison

Chaque dispositif occupe son étage. Un verger de quelques arbres peut n'en retenir qu'un, et ce choix se fait sur l'insecte qu'on voit le plus.

La ceinture de glu travaille sur ce qui marche

La fiche technique de référence sur la pose de glu autour des troncs est tenue par un collectif d'agronomes français. Elle énumère les cibles par production : les forficules qui montent sur l'abricotier, le cerisier et le pêcher, les charançons phyllophages du pêcher, le péritèle sur châtaignier, l'otiorhynque des jeunes plantations. Sur olivier, la même fiche décrit un usage différent : couper la route aux fourmis pour qu'elles cessent de protéger la cochenille noire, et laisser les auxiliaires travailler. Aucune de ces cibles ne vole : toutes marchent. La fiche rappelle aussi un point de terrain qu'on oublie en posant la bande. Sur abricotier, cerisier et pêcher, il faut couper les branches qui touchent le sol, sinon elles servent de pont et la ceinture ne sert plus à rien.

Le point est confirmé par un centre d'extension universitaire américain qui suit ce type de dispositif sur les arbres hôtes. Les bandes posées en travers des troncs y sont décrites comme très efficaces contre les nymphes, parce que ces insectes montent et descendent le long de l'arbre et entre les plants. Contre les adultes, l'efficacité retombe : ces insectes montent et descendent beaucoup moins le long de l'arbre, donc la bande les rencontre moins. C'est la limite de construction du dispositif, et elle est utile à connaître avant d'acheter : plus l'insecte visé se déplace dans le feuillage, moins la ceinture de tronc le verra passer.

Un détail de la fiche française vaut d'être retenu pour un jardin. La pose directe d'un anneau se fait au pinceau, mais la fiche préfère les bandes plastiques engluées quand l'arbre est jeune ou conduit en agriculture biologique. La raison est simple : la glu reste ainsi hors du contact direct de l'écorce, ce qui écarte les risques de brûlure et de phytotoxicité. Un ruban qu'on coupe aux ciseaux et qu'on enroule autour du tronc répond exactement à cette recommandation.

Ruban collant jaune enroulé autour d'un tronc lisse sous le point de greffe, sécateur posé dans l'herbe au pied
Le ruban s'enroule face enduite vers l'extérieur, sur un tronc préparé : c'est le seul étage que la ceinture surveille.

Le carton ondulé, l'autre piège de tronc

Sur le carpocapse, il existe un second piège de tronc, et il ne ressemble pas à un ruban collant. Un guide de verger domestique d'une université américaine décrit des bandes de carton ondulé posées ondulations contre l'écorce, larges de quatre à six pouces, soit une dizaine à une quinzaine de centimètres. Le principe tient à la biologie de l'insecte. La larve qui quitte le fruit descend le long du tronc et cherche un interstice pour tisser son cocon. Le carton lui offre cet abri, et il ne reste plus qu'à le retirer avec ce qu'il contient.

Ce guide donne aussi le calendrier, qui compte autant que le matériau. La première série se pose avant la mi-juin, puis se retire et se détruit avant d'être remplacée en juillet. La seconde se retire en octobre. Deux réserves accompagnent la méthode. Elle ne capture qu'une partie des larves, celles qui choisissent le tronc plutôt que le sol, et elle doit donc être associée à d'autres moyens. Elle fonctionne aussi mieux sur les écorces déjà lisses. Elle reste enfin une option sur les grands arbres, là où un traitement mené à la maison est difficile.

Reste la différence de fond entre les deux pièges de tronc. La ceinture de glu intercepte ce qui descend du feuillage comme elle intercepte ce qui monte. Le carpocapse, lui, a son propre outil, et il ne colle pas.

Le panneau jaune prend aussi ce qu'on voulait garder

Le panneau collant se pose ailleurs, et c'est ce qui le rend complémentaire. Il se suspend dans les branches, à hauteur de feuillage, et il travaille sur la couleur : les adultes volants viennent s'y poser d'eux-mêmes. Le lot de vingt panneaux jaunes que nous proposons se présente en plaques de 10 cm sur 15, enduites sur les deux faces, avec une attache métallique fournie pour chaque. Il vise les moucherons du terreau, les mouches blanches et les thrips, ce qui n'est pas la population d'un tronc. Un point à savoir sur cette attache : un acheteur l'a trouvée trop courte pour suspendre la plaque autrement qu'au contact du feuillage, et l'a remplacée par un fil.

La sélection par la couleur mérite une mise en garde. Une étude menée dans un verger de poiriers, publiée dans Insects, a mesuré que les cartes collantes jaunes faisaient baisser le nombre de trichogrammes. Ces micro-guêpes parasitoïdes sont lâchées contre les foreurs des fruits. Le panneau ne distingue pas l'insecte nuisible du parasitoïde qui le contient. Un piège jaune posé pendant une période de lâcher retire donc des auxiliaires du verger. Le bon réflexe est de le suspendre hors de ces fenêtres de lâcher, pas de renoncer au panneau.

Panneau collant jaune suspendu par son attache métallique dans le feuillage d'un pommier, lumière douce de fin d'été
Les deux faces sont enduites : la plaque attrape aussi les doigts qui la posent, saisissez-la par les bords.

La housse, quand c'est l'arbre entier qu'il faut couvrir

Reste le cas où le problème ne se limite ni au tronc ni à quelques vols. Une housse se pose sur l'arbre entier et ferme en bas, ce qui met la récolte à l'abri de tout ce qui vient de l'extérieur, insectes comme oiseaux. Le geste n'a rien à voir avec une ceinture : il faut connaître les dimensions du sujet, prévoir la fermeture du bas et ranger la toile hors saison. La housse zippée pour fruitier se choisit sur ces cotes plutôt que sur un diamètre d'arbre, et les quatre formats à plat couvrent de l'arbuste en pot au sujet de trois mètres.

C'est la seule des quatre barrières qui travaille sur les trois étages à la fois : tronc, branches et fruits. Elle demande en échange une pose complète, car une housse mal fermée en bas laisse passer autant qu'une toile absente. Sur un fruitier de plein vent, la ceinture reste plus rapide à poser et plus simple à surveiller. C'est vrai en particulier quand le problème de départ est la colonie de fourmis qui élève des pucerons. Sur un arbre qui concentre vos efforts, la housse prend le relais.

Ce que chaque dispositif laisse derrière lui

Les quatre barrières ne laissent pas le même rebut, et ce point pèse au moment de choisir. La ceinture de glu se retire en fin de saison, parce que sa surface saturée ne retient plus rien et qu'elle n'a aucune raison de passer l'hiver sur une écorce. Le repère qui aide à trancher est la couleur de la bande quand elle est chargée : une surface qui a pris des insectes change de teinte bien avant d'être pleine.

Le carton part avec ce qu'il contient. Le guide de verger cité plus haut range sa destruction dans les déchets de verger : brûlage, sac-poubelle, enfouissement profond ou immersion de deux à trois semaines dans de l'eau savonneuse. Une bande chargée de larves qu'on laisse au pied de l'arbre revient au point de départ. La housse, elle, se plie, se range au sec et ressort la saison suivante : c'est la seule des quatre qu'on réutilise d'une année sur l'autre.

Par quel bout commencer

Aucune de ces barrières n'agit au même endroit, donc le choix part du symptôme observé sur l'arbre.

  • Les fourmis montent le long du tronc et les pucerons suivent : la ceinture de glu, posée sous le point de greffe.
  • Des adultes volent autour du feuillage : le panneau jaune, suspendu à hauteur de branches et hors des lâchers d'auxiliaires.
  • Les fruits sont piqués alors que la ceinture est en place : le carton ondulé, qui vise la larve au moment où elle descend.
  • L'arbre entier est en jeu : la housse, la seule à fermer la porte aux trois étages.

Questions frequentes

Combien de bandes faut-il prévoir par arbre ?

Une seule bande suffit par arbre et par saison, posée sous le point de greffe. Le rouleau que nous proposons est annoncé à 2 mètres, mais cette longueur n'est pas garantie : un acheteur a mesuré 170 cm sur le sien. Sur un ou deux fruitiers, l'écart ne change rien, car il reste de quoi couper plusieurs tours de tronc. Il compte en revanche si vous comtiez ceinturer un alignement entier avec un seul rouleau.

Peut-on appliquer la glu directement sur l'écorce ?

C'est possible, mais la fiche technique française ne le recommande pas. Elle préfère la bande plastique engluée, qui garde la glu hors du contact de l'écorce et écarte les risques de brûlure et de phytotoxicité. La même fiche signale un second point, souvent oublié : sur olivier, cette barrière est longue à appliquer et doit être renouvelée souvent, si bien que les moyens préventifs restent plus efficaces. Une ceinture coupe une route, elle ne règle pas une installation déjà en place.

Le carton ondulé peut-il remplacer la ceinture de glu ?

Non, les deux ne visent pas le même moment du ravageur. La ceinture arrête ce qui marche sur l'écorce, alors que le carton offre un abri aux larves du carpocapse qui descendent du fruit pour tisser leur cocon. Le guide de verger consulté le présente comme un moyen de capture partielle, à employer avec d'autres méthodes, et cite la toile de jute comme autre matériau possible. Les deux se posent sur le même tronc sans se gêner, à des hauteurs différentes.

Un panneau collant peut-il servir deux saisons ?

Non. Une fois sa surface couverte, la plaque ne retient plus rien et se jette : notre fiche produit compte un panneau par saison, comme la ceinture compte une bande par arbre et par saison. Sur les quatre barrières comparées ici, la housse est la seule à resservir d'une année sur l'autre, à condition de la plier et de la ranger au sec.

La barrière suffit-elle sur un arbre déjà envahi ?

Non. Une ceinture posée aujourd'hui coupe la route des insectes qui montent, elle ne retire pas ceux qui sont déjà installés dans la ramure, ni les colonies de pucerons protégées par les fourmis. Sur un arbre très atteint, la barrière se pose quand même, mais elle vient après le nettoyage de ce qui est sur place, jamais à la place.

Sources