Installer une lampe anti moustique extérieure ne demande ni perceuse ni prise. L'appareil se recharge, se pose ou se suspend, et change de place d'une soirée à l'autre. Deux choix décident pourtant de ce qu'il attrape : la hauteur à laquelle la grille travaille et l'endroit du jardin où vous la laissez. Voici comment les prendre, dans l'ordre.
Une lampe qui ne se fixe à rien
Aucun trou à percer, aucune prise à tirer, aucun piquet à enfoncer. Sur un modèle rechargeable, la mise en service tient dans une charge et un emplacement. L'appareil se pose sur une surface plane ou se suspend à un crochet, et la lampe rechargeable sans fil suit les repas d'une soirée à l'autre.
Les deux autres modèles de la famille demandent davantage. La lampe sur secteur se pose dans un espace couvert, avec une prise UE à portée et un câble à faire courir hors du passage. La lampe solaire sur piquet se plante en terre et se choisit surtout pour l'ensoleillement de son panneau. Ici, aucun de ces deux chantiers : le support porte tout, et il se change sans outil.
C'est cette liberté qui rend la suite utile. Puisqu'aucun trou n'est percé, une place qui déçoit se corrige le lendemain.
La hauteur de la grille décide de ce qu'elle rencontre
Les moustiques qui vous piquent ne volent pas dans tout le volume du jardin. Des pièges appâtés ont été posés à un mètre puis à six mètres du sol, pendant quatre mois, sur huit sites de Floride centrale. Sur les 45 640 moustiques pris, les moustiques tigre étaient significativement plus nombreux au mètre qu'à six mètres. Les auteurs concluent que la majorité de l'espèce cherche un hôte à un mètre ou moins. Elle monte donc haut, mais elle travaille bas.
Un essai de piégeage plus ancien va dans le même sens, sur un autre dispositif. En abaissant la hauteur de service d'un piège de 90 centimètres à 50 centimètres, les captures ont été nettement améliorées : la moyenne est passée de 25,6 à 62,1 moustiques par relevé. Quarante centimètres plus bas, le tableau était plus que doublé.
Ce que ces deux essais disent vaut pour le principe : sous un mètre, la grille travaille là où les femelles circulent. La bande de soixante centimètres à un mètre vingt, elle, ne sort pas de ces relevés. C'est un repère de terrain, calé sur la hauteur d'une table et d'un muret, qui place l'appareil dans la bonne zone sans rien à mesurer. Posée au sol, la lampe attire sous cette bande et reçoit les éclaboussures de l'arrosage. Hissée à deux mètres cinquante sous la charpente d'une pergola, elle éclaire une zone que les moustiques traversent peu.

Le sol, lui, cumule les inconvénients. Une lampe posée à même les dalles reçoit les éclaboussures de l'arrosage et les poussières projetées par la pluie, ce qui encrasse la grille plus vite. Elle se trouve aussi dans le passage : le pied de la table, le manche du balai et la tondeuse la frôlent. Un demi-mètre de hauteur suffit à l'écarter de tout cela.
La hauteur se règle d'ailleurs en une seconde quand la lampe est suspendue : un nœud refait sur le crochet, et la grille descend de vingt centimètres. C'est le premier réglage à essayer quand une soirée se passe mal, avant de soupçonner la batterie.
Écarter la lampe du feuillage, et la sortir du plein soleil
Le second réglage est un déplacement horizontal, et deux choses le commandent.
La première se lit dans les abris de jour des adultes : le feuillage dense sert de dortoir, si bien qu'une lampe pendue à l'intérieur d'une haie éclaire des feuilles. Posez-la sur la face ouverte du massif, à deux ou trois mètres de la table, entre la végétation et la zone où vous vous tenez.
La seconde surprend davantage. Dans trois jardins du New Jersey, des pièges appâtés ont été posés au même moment à trois endroits de chaque propriété. Les trois emplacements avaient été choisis à l'œil : pelouse en plein soleil, ombre partielle sous la végétation, ombre complète. Sept relevés ont été faits entre le 31 août et le 22 septembre. Chaque piège portait des sondes de température, d'humidité et de lumière. Résultat : les captures de moustiques tigre étaient plus de trois fois supérieures dans les deux emplacements ombragés, sans différence entre l'ombre partielle et l'ombre complète. Le plein soleil, lui, cumulait plus de lumière, plus de chaleur et moins d'humidité.
Autrement dit, l'endroit le plus dégagé du jardin n'est pas le plus productif. Une lampe posée au milieu d'une pelouse en plein soleil travaille dans de mauvaises conditions. Le même appareil, décalé de quelques mètres vers l'ombre d'un mur ou d'un auvent, retrouve une ambiance plus fraîche et plus humide.
Les deux règles se combinent sans se contredire : la lampe se pose du côté ombragé du jardin, mais sur la face dégagée du massif, jamais engluée dans les feuilles.
Le décor immédiat joue le même tour. Une lampe collée derrière un pot de géranium, un rideau de pergola ou le dossier d'un banc travaille dans l'ombre de son propre décor et n'éclaire plus l'air libre. Le remède est un pas de côté, pas un réglage.
Suspendre ou poser, ce que le support change
Trois supports reviennent dans un jardin : le crochet d'auvent ou de pergola, le dessus de muret, l'appui de fenêtre ou de balustrade. Le premier est le plus souple, puisqu'il permet de régler la hauteur et de décoller l'appareil du sol. Il impose en revanche de vérifier la prise du crochet et la stabilité de la suspension. Une lampe qui balance au vent déplace son point d'attraction à chaque rafale et peut venir frapper un mur.
Posée, la lampe tient sa hauteur mais dépend de la surface. Un muret large et abrité vaut mieux qu'une tablette de balcon exposée au vent et à la pluie. Dans les deux cas, cherchez le point où l'appareil reste visible depuis la zone d'assise. Une lampe posée au centre de la table éclaire les convives autant que les insectes.
Le point de suspension mérite le même examen que la place. Un crochet vissé dans un auvent, une poutre de pergola ou un support de jardinière tiennent un appareil léger sans difficulté, à condition d'être fixés solidement. Une branche d'arbre, un fil tendu entre deux poteaux ou le bord d'une gouttière n'offrent pas cette tenue : la lampe bouge, tourne, et finit par pendre de travers. Avant d'y accrocher l'appareil, tirez une fois dessus à la main : un support qui cède sous une traction légère ne tiendra pas une saison.

Vient la question du dépôt. Les insectes neutralisés tombent sous la grille, et sous la grille il y a la nappe quand la lampe est posée au milieu de la table. Décalez l'appareil vers un bout de table ou vers un muret proche : la chute se ramasse au sol ou sur la pierre, et un revers de brosse suffit le lendemain.
La portée commande le reste : quelques mètres, pas plus. Inutile donc de viser le fond du terrain, où la lampe n'atteint plus rien. Placez-la à portée de la zone où vous vous tenez, et prévoyez un second point si vous dînez tantôt près de la maison, tantôt au fond du jardin.
Abriter la lampe, sans l'enfermer
Ce qui abîme une lampe d'extérieur, ce n'est pas la rosée du matin mais l'eau qui tombe sur une grille sous tension. Un auvent, un débord de toit ou le dessous d'une pergola ouverte sur un côté coupent cette pluie directe, à condition que l'air circule et que la grille reste dégagée. Une lampe mouillée attend le lendemain : on la laisse sécher, câble débranché, avant de la remettre en charge.
La grille reste sous tension pendant tout l'usage. Le vrai risque, à ce moment-là, est la main qui se pose dessus, pas le ciel. Choisissez un point de pose en dehors du passage qui mène à la table, pour qu'on ne s'y appuie pas en se levant. Coupée et laissée à refroidir une poignée de minutes, elle se manipule sans risque. Le brossage de la grille se fait ensuite à sec, hors saison ou dès qu'elle est visiblement chargée.
Ce qui se vérifie la première soirée
Avant la première utilisation, prévoyez une charge complète : c'est la seule étape qui ne se rattrape pas le soir même. La conduite de la soirée, heure d'allumage et façon de charger, s'affine soir après soir ; ce qui se juge ici, c'est la place de l'appareil.
Trois signes le disent, le lendemain matin. Une grille qui reste claire par une soirée chaude et sans vent signale une lampe à côté du trafic, pas un appareil fatigué : reprenez la hauteur, puis la distance au feuillage. Une grille garnie alors que les piqûres ont continué dit l'inverse, une lampe trop près de vous ou trop près du massif, qui attire au mauvais endroit. Un appareil éteint en cours de soirée renvoie à la charge, pas à la place.
Une soirée ne juge pas un appareil. Une nuit fraîche, un peu de vent ou un orage en fin de journée vident une terrasse quel que soit le matériel. Comparez deux ou trois soirées de même température avant de conclure.

Ce qu'une bonne installation ne change pas
Elle attire puis neutralise sur place, et ne repousse rien. Une lampe parfaitement placée reste donc l'appareil qu'elle était : les moustiques déjà installés sous la table ne croiseront jamais la grille. Le bac se remplit de ce qui vole autour du point de pose, et de rien d'autre.
Aucune place, non plus, ne compense un jardin qui fabrique des moustiques. Ce qui se joue avant l'appareil ne se règle pas au moment de la pose : déplacer la lampe ne réduit pas le nombre d'insectes que le jardin produit.
La marge d'essai compte aussi, pour ce genre de réglage. Le matériel est garanti deux ans, et les trente jours de retour laissent le temps de déplacer la lampe deux ou trois fois avant de trancher.
Installer une lampe anti moustique extérieure tient donc en trois gestes. La suspendre ou la poser à hauteur de table, la dégager du feuillage et de la pluie, puis corriger sa place après deux soirées. Rien à percer, rien à enterrer, et un réglage qui reste à portée de main.
Questions frequentes
Faut-il percer un mur pour installer une lampe anti moustique extérieure ?
Non. Sur un modèle rechargeable, rien ne se visse et rien ne se branche : la lampe se pose sur une surface plane ou se suspend à un crochet, puis change de place d'une soirée à l'autre. C'est aussi ce qui permet de corriger la hauteur après une première soirée décevante, sans outil et sans trace sur la façade.
À quelle hauteur placer la grille ?
Aucun mètre n'est nécessaire. Visez la hauteur d'une table, d'un muret ou d'un appui de fenêtre. Le repère que donnent les essais est un ordre de grandeur, pas une cote : à un mètre du sol, un piège appâté prend nettement plus de moustiques tigre qu'à six mètres, et les auteurs concluent à un mètre ou moins. Sous le mètre, donc, et jamais par terre.
La lampe peut-elle rester dehors la nuit ?
Un emplacement se juge après une nuit de pluie. Si le dessous de la lampe et son support sont secs au matin, sous un débord de toit, un auvent ou une pergola couverte, l'appareil peut dormir dehors, ce qui évite de le rentrer chaque soir. Si l'eau a ruisselé jusque-là, la place ne tient pas : la lampe rentre les soirs d'annonce de pluie.
Combien de soirées faut-il avant de juger la lampe ?
Deux soirées par réglage, et un réglage à la fois. Commencez par la hauteur : une lampe suspendue se descend de vingt centimètres en refaisant un nœud, et vous saurez dès la soirée suivante si cela change quelque chose. L'éloignement du feuillage vient ensuite, pour deux nouvelles soirées. Tout changer d'un coup revient à ne plus savoir lequel des deux a produit l'effet.
Sources
- Obenauer, P. J., Kaufman, P. E., Allan, S. A., Kline, D. L. (2009). Host-Seeking Height Preferences of Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) in North Central Florida Suburban and Sylvatic Locales. Journal of Medical Entomology, 46(4), 900-908. DOI 10.1603/033.046.0424.
- Hoel, D. F. (2005). Response of Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) to traps, attractants, and adulticides in North Central Florida. Thèse de doctorat, University of Florida.
- Crepeau, T. N., Healy, S. P., Bartlett-Healy, K., Unlu, I., Farajollahi, A., Fonseca, D. M. (2013). Effects of Biogents Sentinel Trap Field Placement on Capture Rates of Adult Asian Tiger Mosquitoes, Aedes albopictus. PLoS ONE, 8(3), e60524. DOI 10.1371/journal.pone.0060524.

