Relever les dimensions d'une fenêtre pour une moustiquaire sur mesure demande dix minutes, un mètre ruban et de quoi noter. Le principe tient en une phrase : on mesure le bâti fixe, jamais le vantail qui pivote, et on retient la plus grande valeur de chaque sens. Ce guide reprend le geste point par point, puis ce qui décide vraiment de la protection une fois le panneau en place.
En bref
- Le relevé se fait sur le bâti, poignée et crémone comprises dans le tour de la fenêtre.
- Largeur et hauteur se mesurent en trois points chacune ; la plus grande valeur de chaque sens l'emporte.
- La gamme couvre de 50 x 50 cm à 150 x 180 cm, en vingt-trois tailles et trois coloris de filet.
- Un jour d'un centimètre sur un bord suffit à annuler le travail : la fermeture compte autant que la mesure.
- Le panneau se soulève pour laver la vitre, se déplaque en fin de saison et se range au sec.
Pourquoi le relevé décide de presque tout
Une moustiquaire n'agit pas sur les moustiques du quartier. Elle ferme un passage, et c'est tout ce qu'on lui demande. Ce que ce passage représente en pratique a été mesuré. Dans un essai randomisé portant sur 462 maisons en Gambie, la fermeture des fenêtres, des portes et des avant-toits a fait passer les captures d'anophèles de 37,5 à 15,2 par piège et par nuit. La fréquence de l'anémie chez les enfants est tombée de 19 % à 12 %. La protection n'avait rien de chimique : uniquement des mailles et des portes qui ferment.
Le même principe a été éprouvé sur des ouvertures d'habitation ordinaires. Dans un village gambien, des portes grillagées ont réduit de 59 % à 77 % le nombre de moustiques qui entraient dans les maisons. Le climat intérieur, lui, n'a pas bougé. Les perforations du modèle le plus efficace mesuraient 1,61 mm de diamètre : assez large pour laisser respirer la pièce, assez serré pour arrêter un moustique. Un tulle maillé va chercher la même finesse, en plus souple et sans perçage.
La conséquence pour votre fenêtre est directe. Le nombre d'insectes dehors ne change rien à l'affaire : tout se joue sur le plus grand interstice que vous laissez chez vous. Et cet interstice se décide au moment du relevé, pas à la réception du colis.
Mesurer le bâti, pas l'ouvrant

Le bâti est la partie fixe du dormant, celle qui reste en place quand vous ouvrez. L'ouvrant, vous le laissez de côté : il bouge, et sa mesure ne dit rien de l'ouverture à couvrir. C'est l'erreur qui revient le plus souvent, et elle se paie d'un panneau trop court.
Déroulez le mètre bien à plat contre le bâti, sans le laisser flotter au-dessus du vide. Relevez la largeur en trois endroits : en haut, au milieu, en bas. Faites de même pour la hauteur, à gauche, au centre, à droite. Six valeurs, notées en centimètres, sans arrondir.
Si elles diffèrent, ce qui arrive sur un bâti ancien ou sur un mur qui a travaillé, retenez la plus grande dans chaque sens. Une taille choisie sur la plus petite valeur laissera un jour sur le côté le plus large, et un moustique trouve ce jour.
Faites le tour de la fenêtre avant de ranger le mètre. Une poignée, une crémone, un rail de volet roulant dépassent souvent du nu du mur. Le panneau se plaque sur le pourtour du bâti : ce qui dépasse doit entrer dans votre mesure, sinon le cadre sera de travers d'un côté et décollé de l'autre.
Restez devant la fenêtre une minute de plus pour noter deux choses. La couleur de la menuiserie, d'abord : un filet noir presque invisible sur un cadre anthracite se remarque davantage sur du blanc, où une bordure blanche se fond mieux. La profondeur du tableau, ensuite : sur une fenêtre très encastrée, un panneau posé en applique peut gêner la fermeture d'un volet intérieur.
Du relevé à la taille commandée
La gamme compte vingt-trois tailles, de 50 x 50 cm à 150 x 180 cm. La bonne référence est la plus petite qui couvre votre relevé dans les deux sens. Un centimètre de plus en hauteur ne gêne pas la pose ; deux centimètres de moins laissent passer ce qu'on voulait arrêter.
Les vingt-trois tailles ne couvrent pas toutes les fenêtres, et c'est une limite à connaître avant de commander. Une ouverture très haute et étroite, comme on en trouve sur les immeubles anciens, tombe parfois entre deux références : la plus proche en largeur est alors trop courte en hauteur. Dans ce cas, il vaut mieux choisir une autre ligne de la gamme qu'un panneau posé de travers.
Le filet existe en noir, gris ou blanc, bordure dans le même coloris. C'est un choix d'esthétique, pas de performance : la finesse de la maille ne change pas d'une couleur à l'autre. Le noir reste le plus discret côté intérieur, le blanc se marie aux menuiseries claires.
Une porte-fenêtre ne se relève pas de la même façon : son battant s'ouvre sur le côté, et le geste change avec lui. Pour une fenêtre à un ou deux vantaux, le relevé décrit plus haut suffit.
Ce qui annule le relevé : un bord qui baille
Le bord est le point faible, même sur du matériel bien posé. Dans l'essai de portes grillagées cité plus haut, dix semaines après l'installation, 38 % des portes ne se refermaient pas complètement toutes seules. Un panneau magnétique se replaque plus vite qu'une porte à loqueteau, mais le contrôle des quatre côtés reste le geste qui décide du résultat.
Passez la main sur tout le pourtour, fenêtre ouverte derrière. Là où un ongle se glisse entre le filet et le bâti, un moustique passe. Une maille décollée sur dix centimètres ouvre plus large qu'une fenêtre restée fermée, et vous aurez l'impression que la moustiquaire ne sert à rien alors que c'est la pose qu'il faut reprendre.

Protéger une partie de l'ouverture ne suffit pas. Une expérimentation menée en cases villageoises du sud de la Tanzanie a chiffré cette limite : un grillage des avant-toits divisait par deux les captures de certains moustiques du genre Mansonia. Exclure les Culex, en revanche, demandait une maison fermée sur tous ses points d'entrée. Chaque centimètre laissé ouvert garde sa part d'insectes.
Un retour d'expérience à connaître : sur un bâti en aluminium, la fermeture magnétique peut ne pas accrocher correctement. Un acheteur a signalé ce cas sur une fenêtre à cadre aluminium et s'en est sorti avec un ruban de maintien. Si votre menuiserie est métallique sans être ferreuse, prévoyez cette solution de repli, ou testez l'accroche avant d'avoir tout assemblé.
Ce que la maille change pour la lumière et pour l'air
Le tulle de ce panneau est en fibre de polyester, à maille fine et tissage serré. Il laisse passer l'air, c'est sa raison d'être : la fenêtre reste ouverte la nuit sans que la pièce perde sa ventilation. En noir, la maille se fait discrète côté intérieur et vous gardez la vue sur le jardin.
L'intérêt dépasse la piqûre du soir. Le moustique tigre, vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika, était implanté dans 81 départements métropolitains en 2025. Une fenêtre de chambre fermée par une maille fine reste la réponse la plus simple, sans produit à pulvériser ni appareil à brancher.
Cette maille n'arrête pas tout, et il faut le dire. Un moustique qui a déjà trouvé son chemin jusqu'à la chambre relève d'un autre geste, celui d'une raquette maniée au bon moment.
La journée, la question se pose autrement : le moustique tigre pique surtout le matin et le soir, quand la fenêtre reste ouverte pour aérer. Dehors, une lampe anti-moustique ne prend que ce qui vole près de sa grille et laisse le reste du jardin tranquille.
Assembler, poser, ranger
Le montage se fait à plat sur une table, pas devant la fenêtre. Les profilés se joignent par leurs équerres d'angle, le tulle maillé se loge dans la gorge et se met en tension à la molette de serrage, la notice ouverte à côté de vous. Comptez une heure pour un premier montage, moins pour le suivant : c'est le temps qu'a rapporté un acheteur, et l'assemblage se garde en mémoire.
Le panneau monté se présente ensuite devant l'ouverture et se plaque sur le bâti. La fermeture magnétique le tient sur le pourtour, la boucle de verrouillage pivote jusqu'au blocage. Le panneau se soulève quand vous lavez la vitre et reprend sa place après, sans être démonté.
En fin de saison, déverrouillez la boucle, déplaquez le panneau et rangez-le au sec, à plat si la place le permet. Il reprendra sa place au printemps suivant sans déformation, et la fenêtre retrouve son usage normal entre-temps.

Quand commander
Le délai est de 7 à 15 jours ouvrés en France métropolitaine, préparation comprise. Commandé en début de printemps, le panneau arrive avant les premières soirées chaudes. Commandé en juillet, il arrive au milieu de la saison, ce qui laisse encore septembre et une partie d'octobre.
Le retour reste ouvert pendant 30 jours et la garantie légale court deux ans. Si la taille reçue ne convient pas, la mesure est la première chose à revérifier : refaites les trois points de largeur et les trois points de hauteur avant de conclure. Le plus souvent, l'écart vient d'un ouvrant mesuré à la place du bâti, ou d'une poignée oubliée dans le tour de la fenêtre.
Questions frequentes
Faut-il mesurer le bâti ou l'ouvrant de la fenêtre ?
Le bâti, la partie fixe du dormant. L'ouvrant pivote et sa mesure ne décrit pas l'ouverture à couvrir. Un relevé pris sur l'ouvrant donne presque toujours une valeur trop courte, et le panneau laisse alors un jour sur un côté.
Que faire si mes trois mesures de largeur diffèrent ?
Retenez la plus grande. Un bâti ancien, un mur qui a travaillé ou une menuiserie reposée donnent souvent des écarts de quelques millimètres entre le haut, le milieu et le bas. Une taille choisie sur la plus petite valeur laisserait le côté large à découvert.
Une taille standard peut-elle suffire ?
Parfois, si votre ouverture tombe pile sur une dimension de la gamme. Le sur mesure désigne ici le choix parmi vingt-trois tailles de celle qui couvre votre relevé sans jour. Une fenêtre étroite et haute, fréquente en ville, ne rentre pas dans les grilles les plus courtes.
Que vérifier à la réception du panneau ?
Sortez le tulle du colis et comparez la référence inscrite sur l'emballage à votre relevé, avant d'assembler quoi que ce soit. Posez ensuite le cadre à blanc contre le bâti, sans le fixer : si un bord dépasse trop et que le panneau ne plaque pas, la taille n'est pas la bonne, et le retour sous 30 jours s'applique encore. Une erreur de commande se voit mieux à ce moment-là qu'après une heure de montage.
Sources
- Anses (2025). Le moustique tigre. Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.
- Jawara, M., Jatta, E., Bell, D., Burkot, T. R., Bradley, J., Hunt, V., Kandeh, B., Jones, C., Manjang, A. M., Pinder, M., Stone, S., D'Alessandro, U., Knudsen, J., Lindsay, S. W. (2018). New Prototype Screened Doors and Windows for Excluding Mosquitoes from Houses: A Pilot Study in Rural Gambia. The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 99(6), 1475-1484.
- Kirby, M. J., Ameh, D., Bottomley, C., Green, C., Jawara, M., Milligan, P. J., Snell, P. C., Conway, D. J., Lindsay, S. W. (2009). Effect of two different house screening interventions on exposure to malaria vectors and on anaemia in children in The Gambia: a randomised controlled trial. The Lancet, 374(9694), 998-1009.
- Ogoma, S. B., Lweitoijera, D. W., Ngonyani, H., Furer, B., Russell, T. L., Mukabana, W. R., Killeen, G. F., Moore, S. J. (2010). Screening Mosquito House Entry Points as a Potential Method for Integrated Control of Endophagic Filariasis, Arbovirus and Malaria Vectors. PLoS Neglected Tropical Diseases, 4, e773.

