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Passage dans une clôture électrique : quel cordon pour une porte

8 min de lecture


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Ouverture, portail, portillon : un passage dans une clôture électrique est un tronçon court, quelques mètres tout au plus, que l'on décroche et que l'on raccroche. C'est là que le montage se joue, parce que le courant y change de conducteur, parfois deux fois par jour. La bobine qui alimente ce tronçon ne se choisit pourtant pas sur sa longueur : c'est la manière dont le conducteur se comporte sur une portée courte qui tranche, sous la main qui le manipule.

En bref

En bref

  • Un passage tient sur quelques mètres : la longueur de bobine n'est pas un critère, la souplesse et la tenue à l'usure le sont.
  • Un cordon tressé conduit mal sur une longue ligne, 9 700 ohms par mile en six torons et 16 000 en trois torons, et très bien sur une ouverture.
  • Une porte se câble pour être morte poignée décrochée, et le courant passe par la poignée.
  • Sous le portail, le fil de ligne ne descend pas : on pose un câble d'alimentation isolé, si possible en 12,5, dans un conduit non métallique.
  • À 6 kV, le fil d'acier et le cordon tressé se valent. La différence ne se voit qu'à tension basse, et celle-ci ne devrait pas passer sous 4 kV.

Un passage tient sur quelques mètres

Le calcul de résistance qui fixe la longueur d'une clôture électrique ne joue pas ici. Un cordon tressé enferme des conducteurs métalliques fins sous une enveloppe plastique : cette finesse se paie en résistance. Le service américain de conservation des ressources naturelles chiffre un cordon à six torons à 9 700 ohms par mile, près de 6 000 ohms par kilomètre, et un modèle à trois torons à 16 000 ohms par mile. On ne compte donc pas sur lui pour les longues portées, ce que le même document rappelle sans détour.

Sur les trois mètres d'une ouverture, ces mêmes chiffres ne veulent plus rien dire. La résistance d'un conducteur s'additionne avec sa longueur, et trois mètres de cordon tressé ajoutent une fraction négligeable à la résistance totale du parcours. Ce qui pèse, c'est ce qu'il endure : il se tend et se détend, frotte sur un piquet, se plie contre la main, et une bobine laissée dehors vieillit au soleil. Un fil plein conduit mieux, mais un fil plein se marque et casse là où un cordon tressé plie sans garder la pliure.

Le repère utile tient donc en une phrase : le cordon tressé est un bon conducteur de passage et un mauvais conducteur de ligne. Le monter sur une ouverture est juste, le prolonger sur le pourtour du jardin ne l'est jamais.

Le câble galvanisé, l'autre façon de traverser une ouverture

Le cordon tressé n'est pas le seul conducteur possible pour une porte. Le document de référence recommande, pour la porte elle-même, un câble galvanisé d'un seizième ou d'un huitième de pouce. Deux raisons, qui tiennent au geste plus qu'à l'électricité : ce câble est beaucoup plus souple qu'un fil de clôture à haute résistance mécanique, et il se raccorde avec des manchons à sertir de calibre 12,5 pour le premier, de calibre 9 pour le second. Le document ajoute trois avantages sur le cordon tressé : il coûte moins cher, il dure plus longtemps, et il contrôle mieux le passage des chevreuils.

L'arbitrage entre les deux se décide donc au toucher, pas sur la fiche technique. Un câble galvanisé pour une ouverture franche, large, que l'on ouvre en grand et que l'on referme d'un geste, sans le plier. Un cordon tressé pour un passage étroit, une ouverture que l'on enjambe, un parc que l'on déplace et dont on enroule le brin chaque semaine. Dans les deux cas, la règle qui reste est la même : les fils se tendent juste assez pour ôter le mou, jamais au point de travailler à la traction.

La porte s'ouvre, donc le courant doit s'arrêter

Une porte de clôture électrique ne se contente pas de conduire : elle doit cesser de conduire quand on la décroche. Le principe est posé noir sur blanc. Les portes se câblent pour être mortes une fois décrochées, et le courant passe par la poignée, la porte recevant un isolateur. Vous décrochez la poignée : la porte passe hors tension, la ligne reste alimentée.

Ce montage déplace le point fragile sur la poignée, et la qualité s'y paie. Le même document le dit sans ménagement : trouver de bonnes poignées est un vrai problème, certains modèles à prix élevé ne tenant pas mieux que des modèles bon marché. Le critère qui reste vérifiable avant l'achat porte sur les pièces métalliques, qui doivent être en acier inoxydable ou recevoir une galvanisation de classe III. Un détail de conception pèse ensuite : une poignée montée sur ressort de compression se montre plus durable qu'une poignée à ressort tendu, pour un prix comparable.

Une poignée se choisit donc comme un isolateur se choisit : c'est du matériel que l'on touche à chaque passage, et le remplacer deux fois par saison coûte plus cher que le prendre bon du premier coup.

Sous le portail, le fil de ligne ne descend pas

Le tronçon le plus mal traité d'une clôture est celui que personne ne voit : le passage sous la porte. Le courant n'y descend pas par le fil de la ligne, mais par un câble d'alimentation isolé, celui qui sert aussi d'amenée entre le boîtier et la clôture. Le document de référence est précis : on y emploie un fil isolé, en double isolation et de calibre 12,5, le 16 étant déconseillé à cet endroit parce qu'il bride le passage du courant. Sous terre, ce câble se glisse dans un conduit non métallique, sinon une pierre finit par le percer. Les extrémités se scellent ou se retournent vers le sol, pour que l'humidité n'y stagne pas.

Le document de vulgarisation de Virginia Tech ajoute la raison électrique de ce choix. Le courant traverse le câble d'amenée en sortant du boîtier : c'est là qu'il peut perdre de la tension en premier. Ce composant doit donc être de gros diamètre, idéalement du 12,5. Le meilleur choix pour cet usage est un fil revêtu d'aluminium sous une gaine plastique épaisse, environ trois fois plus conducteur qu'un fil d'acier galvanisé. La recommandation tombe exactement sur notre cas : un câble d'amenée isolé, acier ou aluminium, s'emploie pour alimenter plusieurs fils ou pour faire passer le courant sous une porte.

Reste la solution de dépannage, pour une ouverture que l'on préfère ne pas creuser : faire passer le câble au-dessus, dans un conduit fixé en travers de l'ouverture. C'est moins discret, mais cela évite de condamner un passage sous une allée.

Le point faible est le raccord, pas le cordon

Une clôture perd rarement sa tension sur toute sa longueur d'un coup. Elle la perd par étapes, dans les raccords. Le document de référence donne l'ordre de grandeur qui explique la plupart des pannes : une seule connexion desserrée peut valoir 500 ohms, et quelques raccords dans cet état font chuter la tension. On assemble donc avec des manchons à sertir de bonne qualité, sans nœud et sans enroulement.

Le cordon tressé mérite une méthode à lui. Pour le raccorder, on torsade les conducteurs métalliques entre eux, séparément, plutôt que de nouer les brins plastiques avec eux : un nœud dans un cordon tressé ajoute de la résistance sans rien tenir de plus. Et pour relier un cordon à un fil de ligne, le document recommande un fil de liaison muni de pinces crocodiles en acier inoxydable, que l'on pose et que l'on retire sans outil.

Ce qui change quand la tension baisse

Un travail publié sur l'exclusion des blaireaux apporte le chiffre qui manque à ce raisonnement. Dans cet essai, un fil d'acier et un cordon tressé ont été comparés à tension égale, puis à tension croissante. À 6 kV, les deux conducteurs se valent presque : 90 % d'exclusion pour le fil d'acier, 89 % pour le cordon tressé. La comparaison change de camp dès que la tension faiblit. Sur la montée par paliers de 0 à 6 kV, le fil d'acier est passé de 4 % à 95 % d'exclusion, quand le cordon tressé plafonnait à 63 % au palier le plus haut.

Deux enseignements se lisent dans ces chiffres. Le premier concerne le cordon tressé : à pleine tension, il ne pénalise pas un passage. Le second concerne la ligne : dès que la tension descend, un conducteur fin décroche plus vite qu'un fil plein. Le même travail recommande donc de ne pas laisser la tension passer sous 4 kV, surtout pendant le premier mois qui suit la pose.

Autrement dit, le débat entre le cordon et le câble sur une ouverture ne se tranche pas dans l'absolu. Il se tranche sur ce qui reste de tension au passage en fin de saison, quand l'herbe a poussé et que les raccords ont bougé.

Deux emplois, deux cordons

Pour une ouverture fixe que l'on ouvre en grand, un câble galvanisé souple se raccorde par sertissage et tient la saison sans se marquer. Pour les passages multiples et les parcs que l'on déplace, le cordon tressé reste le bon outil, à une condition de lecture : préférer les cordons d'au moins six torons. La version à trois torons oppose environ deux tiers de résistance de plus au passage du courant, et les six torons se laissent enrouler plus souplement.

Un piège ferme la liste, et il concerne les deux familles de conducteurs : on n'électrifie jamais un fil barbelé, quelle que soit l'ouverture à tenir.

Une bobine de cordon conducteur en 500 mètres ne s'évalue pas au périmètre qu'elle couvrirait : elle vaut comme réserve de tronçons courts, pour plusieurs ouvertures, un parc mobile, une porte refaite en cours de saison. Le boîtier qui l'alimente se choisit séparément, et l'électrificateur de clôture fixe la tension qui arrivera au passage, en bout de ligne.

Ce qu'il faut retenir

Tout se joue sur trois choix, à prendre dans l'ordre. La forme du conducteur d'abord, un câble galvanisé ou un cordon tressé d'au moins six torons, jamais le fil de la ligne. Le cheminement ensuite : le courant passe par la poignée, et sous le portail par un câble d'alimentation isolé, de gros calibre, protégé par un conduit. La tension enfin, tenue au-dessus de 4 kV, ce qui se surveille aux raccords autant qu'au boîtier.

La longueur de la bobine arrive en dernier, et elle ne décide de rien sur une ouverture.

Questions frequentes

Un cordon tressé suffit-il pour un passage de quelques mètres ?

Oui, et c'est sur une ouverture qu'il rend le meilleur service. Sa résistance est élevée, mais elle croît avec la longueur : quelques mètres n'y ajoutent presque rien. Ce que l'on paie à chaque manipulation, c'est sa souplesse, et un passage ne demande rien d'autre. Le piège serait de le prolonger ensuite sur le tour du jardin.

Peut-on passer le fil de la ligne sous le portail ?

Non, et cela tient à la durée du montage. Là où le fil traverse une ouverture, il faut un conducteur isolé de gros calibre, glissé dans un fourreau non métallique, les deux bouts tenus hors d'eau. Le fil nu de la ligne, lui, reste en hauteur sur ses piquets.

Comment savoir si la poignée de porte est de bonne qualité ?

Rien n'est plus inégal dans ce montage : le prix ne dit pas grand-chose, et des poignées coûteuses tiennent parfois moins bien que des modèles à petit prix. Deux repères restent vérifiables avant l'achat. Les pièces métalliques, d'abord, en acier inoxydable ou galvanisées classe III. Le ressort, ensuite, à compression plutôt qu'à tension.

Pourquoi la tension baisse-t-elle après quelques semaines ?

Avant d'accuser le boîtier, regardez les raccords. Une seule connexion desserrée vaut 500 ohms, et quelques-unes dans cet état font baisser la tension. On sertit donc les jonctions avec des manchons de bonne qualité, jamais un nœud ni un enroulement. Le plancher à ne pas franchir reste 4 kV, surtout au cours du premier mois.

Sources