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Bande collante jaune enroulée sur le tronc lisse d'un jeune pommier, mètre ruban et sécateur posés au pied de l'arbre dans l'herbe
Le ruban s'enroule face enduite vers l'extérieur, en gardant les bords horizontaux : c'est ce qui donne à la ceinture la même hauteur sur tout le tour.

Poser une bande de glu sur un tronc : la hauteur, le contact, la face collante

8 min de lecture


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Une ceinture de glu ne travaille que là où elle touche l'écorce. C'est cette condition, bien plus que le geste, qui sépare une barrière utile d'un simple ruban jaune enroulé autour d'un arbre. Poser une bande de glu sur un tronc prend un quart d'heure, et se joue sur trois décisions prises dans le bon ordre : la hauteur, la longueur à couper et le sens dans lequel la face enduite se présente. Voici comment poser une bande de glu, pas à pas, puis ce que le dispositif attrape réellement et ce qu'aucune pose ne lui fera attraper.

Le tronc se prépare avant que le ruban ne se coupe

Tout se joue sur quelques centimètres carrés de contact. La colle ne retient un insecte que si celui-ci doit marcher dessus, et une bande posée sur une écorce creusée, moussue ou poussiéreuse laisse sous elle des passages que rien ne signale de l'extérieur. Le ruban paraît en place, il tient, et les fourmis continuent de monter.

Le nettoyage se fait à sec, avec une brosse ou un chiffon, sur la portion de tronc qui va recevoir la ceinture. L'eau est à écarter à ce moment-là : elle laisse une pellicule entre le bois et la colle, et le ruban reste posé sans adhérer. Choisissez une matinée sèche, sans pluie annoncée dans les heures qui suivent, et profitez-en pour regarder l'écorce de près. Une zone lisse et continue vaut mieux qu'une zone large.

Le tour de l'arbre vient ensuite, du pied jusqu'aux premières branches. Une tige d'herbe couchée contre le tronc ou un tuteur resté au contact suffit à offrir un chemin gratuit par-dessus la ceinture. C'est pourquoi les herbes du pied d'arbre se coupent avant la pose et non après. Ce contrôle décide de l'endroit exact où la bande sera posée, et il se fait avant la coupe.

Bas d'un tronc de jeune fruitier brossé à sec, écorce lisse sur la zone de pose, mousse et terre retirées au pied, brosse de jardin posée contre le tronc
L'écorce se brosse à sec avant la pose : une mousse ou une poussière laissée sous le ruban ouvre un passage invisible depuis l'extérieur.

La hauteur se choisit avant la longueur

La fiche du produit place la ceinture à hauteur de main, juste sous le point de greffe, et ce n'est pas une commodité. Sur un jeune fruitier, c'est la portion de tronc qui reste lisse le plus longtemps, celle où le passage est obligé, et celle que vous atteignez sans outil pour la contrôler. Une bande posée plus haut, dans les premières branches, perd le contact sur les parties qui se divisent : chaque fourche devient un contournement.

Un essai conduit dans deux vergers d'agrumes sur une saison entière donne l'ordre de grandeur du dispositif de référence. La barrière collante y sert de point de comparaison, parce qu'elle compte parmi les méthodes d'exclusion des fourmis les plus employées dans les cultures pérennes. La bande peinte qui lui est opposée mesure 15 cm de large, posée autour des troncs, quand le ruban de ce format en fait 10. L'écart n'est pas un défaut, à une condition : que le contact reste continu sur tout le tour et sur toute la hauteur. Une ceinture étroite et bien collée arrête plus qu'une ceinture large qui reste en pont au-dessus des creux.

Cette hauteur n'est pas la même sur tous les arbres d'un jardin. Sur un tronc adulte, la partie basse se craquèle et se couvre de mousse, et la zone lisse commence plus haut. Sur un jeune sujet, le tronc entier est lisse et la bande se pose là où le sécateur et l'arrosoir ne la frottent pas.

Le geste, du mètre à la dernière pression

Le mètre fait le tour de l'écorce à la hauteur retenue, on ajoute de quoi recouvrir le départ, et on coupe aux ciseaux. Le film se décolle ensuite, mais pas sur toute la longueur d'un coup : décollez les premiers centimètres, enroulez, puis continuez au fur et à mesure. Un ruban présenté face nue sur toute sa longueur ramasse la poussière du sol, une herbe, une manche. Chaque grain pris sur la colle est une zone qui ne retiendra plus rien.

L'enroulement se fait à plat, face enduite vers l'extérieur, en gardant les deux bords horizontaux. Ce qui rate une pose n'est presque jamais la vitesse : c'est la pente. Un ruban qui grimpe en spirale couvre dix centimètres d'un côté du tronc et beaucoup moins de l'autre. La ceinture posée de travers n'atteint donc sa largeur annoncée que sur la moitié de son pourtour, et c'est la partie la plus étroite qui décide de ce qui passe. La dernière pression, le plat de la main sur le recouvrement, ne sert qu'à faire tenir le ruban sur lui-même : sans elle, le départ se soulève à la première averse.

Bande collante jaune en cours d'enroulement autour d'un tronc, film transparent à demi décollé laissant voir la face enduite, bords du ruban bien horizontaux
Le film se décolle au fur et à mesure, jamais sur toute la longueur : ce qui reste protégé pendant l'enroulement ne prend ni poussière ni herbe.

Ce que la ceinture ne peut pas prendre

Un piège posé sur un tronc travaille sur ce qui rampe le long de l'écorce, et rien d'autre. Un centre d'extension universitaire américain suit ce type de dispositif sur les arbres hôtes, et décrit deux montages : la bande collante complétée d'un grillage de protection, et le piège circulaire fixé au tronc. Les deux sont donnés très efficaces contre les jeunes stades qui montent et descendent le long de l'écorce. Ils le sont beaucoup moins contre les adultes, qui ne circulent pas de cette façon. Retenez la conséquence pratique : un insecte qui vole d'un arbre à l'autre ne touchera jamais votre ceinture, quelle que soit la qualité de la pose. Une housse fermée sur la ramure vise cette population, pas la bande.

L'autre raison de compléter un dispositif tient en une phrase : une surface collante ne trie pas ses prises, et le tronc est un couloir où tout ce qui rampe finit par passer, coccinelles et perce-oreilles compris. Quand une catégorie doit continuer de passer, il faut lui ménager un passage, et ce passage se construit. Une équipe a procédé exactement ainsi pour mesurer le rôle d'une seule espèce : une bande de glu couplée à des tubes ne laissait monter qu'une fourmi, ce qui isolait son effet de celui des autres rampants. Posée dans un jardin, la même bande n'a pas de tubes : elle retient tout ce qui marche, ce qui est rarement ce que l'on veut.

Ce que la barrière change dans l'arbre

Ce que le dispositif fait à l'arbre dépasse la soustraction. Dans cette expérience où une seule espèce de fourmi atteignait la canopée, sa présence a suffi à faire baisser de deux à trois fois les populations de prédateurs généralistes. Elle a multiplié par trois celles des pucerons. Le dispositif redistribue donc le peuplement qui reste, et son effet se lit à l'échelle de la communauté, pas à celle du tronc.

La composition de cette communauté change avec le site, et l'essai mené dans les deux vergers d'agrumes en donne la preuve. Il a fallu deux sites parce que les fourmis n'y étaient pas les mêmes : l'un dominait avec une espèce locale, Lasius grandis, l'autre avec une fourmi envahissante, Linepithema humile. L'exclusion y a été suivie une saison entière, sur les deux. Avant de couper votre ruban, la question qui sert est donc simple : qui monte sur cet arbre, et à quelle période. La réponse se lit en quelques minutes d'observation au pied du tronc, et elle décide du calendrier de pose.

Ce que la première semaine doit vous apprendre

Une bande fraîche n'apprend rien le jour de la pose. C'est la première semaine qui renseigne, et le renseignement le plus précieux ne tient pas au nombre de prises. Une ceinture qui reste vide alors que la pression est là vous dit que le passage est ailleurs. Cherchez d'abord un tuteur resté au contact, puis une branche basse oubliée, et regardez enfin si la hauteur choisie n'est pas montée trop haut dans les fourches. Le piège devient alors un instrument de mesure, et le tour de l'arbre reprend là où il aurait dû commencer.

Le contrôle après la première pluie fait partie du même relevé. La pluie ne décroche pas une bande correctement recouverte, elle soulève celle dont le départ n'a pas été pressé. Repassez ensuite la main sur le recouvrement, puis faites le tour de la ceinture du bout des doigts : c'est là que le départ travaille, et que les bords se déforment.

Vous saurez alors si la ceinture est bien posée. Le reste de sa vie sur le tronc suit une autre logique que celle de la pose : la vitesse à laquelle elle se charge, le moment où il faut la retirer. Cela se lit sur l'état de la bande en place, pas sur le calendrier.

Bande collante jaune en place sur un tronc de fruitier, surface piquetée de fourmis et de petits insectes rampants, écorce lisse de part et d'autre de la ceinture
La première semaine dit si la bande est sur le passage : une ceinture encore vide sous pression indique un contournement, pas une absence d'insectes.

Ce que le rouleau couvre vraiment

Le rouleau court convient à un tronc de jeune fruitier : dix centimètres de large, deux mètres annoncés, à couper à la circonférence mesurée. Il laisse de quoi couvrir un second tronc grêle, à condition de passer le mètre avant la coupe et non après. Pour un verger de plusieurs arbres, ou pour un tronc adulte qui réclame une longueur plus importante à chaque pose, le métrage se calcule tronc par tronc, dans l'ordre où ils seront habillés.

La bande se pose au printemps, quand les premières fourmis apparaissent sur le tronc, et se retire en fin de saison. Une ceinture posée une fois pour toutes ne vaut pas mieux qu'une ceinture absente : elle finit saturée, et l'arbre reste couvert pour rien.

Rouleau de bande collante jaune déroulé sur une table de jardin, mètre ruban et ciseaux posés dessus, un bout de ruban coupé à côté sur un vieux journal
La longueur se coupe à la circonférence du tronc, recouvrement du départ compris : le métrage annoncé se traite comme un plafond.

Questions frequentes

Faut-il décoller tout le film avant de commencer à enrouler ?

Non, et c'est la première cause de pose ratée. Ce qui reste sous film pendant l'enroulement ne prend ni poussière ni herbe, alors qu'une face nue traînée au sol se charge en quelques mètres. Ouvrez le film sur quelques centimètres, au rythme de l'avance du ruban. Une portion touchée par les doigts reste en place, mais elle ne retiendra plus rien.

Peut-on poser la bande sur une écorce mouillée ?

C'est à éviter, et la vérification vient après. Sur une écorce humide, le ruban tient par plaquage sans adhérer, et il se soulève au premier coup de vent. Repoussez la pose d'une matinée, le temps que la surface sèche. Si vous n'avez pas le choix, contrôlez le recouvrement le lendemain, et remplacez la bande si elle s'est détachée par plaques.

Combien de tours de ruban faut-il faire autour du tronc ?

Un seul, à condition qu'il revienne sur son départ : comptez quelques centimètres de recouvrement, assez pour que le ruban se colle à lui-même plutôt qu'à l'écorce. Un second tour n'ajoute rien, sinon une surépaisseur qui se décolle plus vite. Ce qui décide de l'efficacité reste la hauteur réellement couverte sur tout le pourtour.

La bande arrête-t-elle aussi les insectes qui volent ?

Non. La ceinture travaille sur ce qui rampe le long de l'écorce, et les adultes d'un ravageur donné ne circulent pas tous sur le tronc : le dispositif les prend beaucoup moins que les jeunes stades. Un papillon qui vole d'un arbre à l'autre ne la touchera jamais. Contre les insectes volants, c'est la ramure qu'il faut fermer, avec un filet posé avant l'envol.

Sources