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Les alevins passent à travers le pondoir : les points à vérifier

8 min de lecture


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Un alevin qui nage dans le bac alors qu'il devrait être dans la boîte, et un alevin que vous ne retrouvez nulle part, ce n'est pas le même incident. Le premier a franchi une ouverture. Le second a disparu dans le volume des adultes, et les gestes qui corrigent l'un ne corrigent rien de l'autre. Avant de boucher quoi que ce soit, il faut donc savoir par où les jeunes sortent, et si ce sont bien eux qui sortent.

En bref

  • Un jeune hors de la boîte n'a pas forcément fui : sur un poisson vivipare, une paroi en maille s'est montrée aussi peu protectrice qu'un bac ouvert.
  • L'espace central du plancher en V n'est pas la fuite à réparer : c'est le passage prévu vers la cuve du bas.
  • L'ouverture est annoncée à 1 mm, avec une tolérance de mesure de 1 à 2 mm : sur votre exemplaire, elle peut approcher 3 mm.
  • La taille des alevins n'est pas la même d'une souche à l'autre : chez le guppy de Trinidad, les nouveau-nés vont de 5,3 à 7,1 mm selon la population, donc la même ouverture trie autrement chez vous et chez un voisin.
  • La durée passée avec la femelle pèse plus lourd qu'un demi-millimètre gagné sur une fente.

Un alevin dehors n'est pas un alevin perdu

Les deux situations se ressemblent le matin, et elles n'ont pas la même cause. Vous retrouvez des jeunes dans le bac, autour de la boîte ou contre la vitre du fond : quelque chose est passé. Ou bien la ponte a diminué sans qu'aucune silhouette ne nage dans le bac et sans rien au fond : personne n'est passé nulle part, et le compte a baissé autrement.

Un essai conduit sur un poisson vivipare aide à trancher, et il vise exactement notre question. Son protocole oppose deux façons de protéger une portée. D'un côté un abri en maille, que les alevins devraient rejoindre d'eux-mêmes. De l'autre un montage où le courant les emporte hors de portée de la mère. Une paroi en maille n'apporte rien de plus qu'un bac sans abri ; le montage qui sépare par le courant, lui, garde ses effectifs.

Le résultat se lit ainsi : les alevins manquants n'étaient pas passés de l'autre côté d'une paroi. Ils ont été mangés là où ils se trouvaient. Un décompte fait le lendemain de la mise bas ne dit donc pas si la boîte fuit : il ne dit rien sur la cause.

Les trois passages de la boîte, et celui qui travaille pour vous

Trois endroits peuvent livrer passage, et il faut les regarder séparément.

Le plancher en V du compartiment haut d'abord. Deux plans inclinés descendent vers le centre du compartiment et n'y laissent qu'un passage étroit, dont la cote affichée est de 1 mm. C'est la porte de service de la boîte : les nouveau-nés glissent sur les pentes et tombent dans la cuve du bas, hors de portée de la femelle. Un plancher qui laisserait tout passer serait un défaut ; celui-ci exécute exactement ce qu'on lui demande, et c'est ce mouvement qui distingue un modèle à deux niveaux d'un simple bac d'élevage.

Le fond fendu de la cuve basse ensuite. Cette cuve porte une rangée de fentes qui laissent l'eau du bac traverser l'ensemble. Ces fentes sont dimensionnées pour la circulation, et rien ne garantit qu'un alevin ne s'y glisse. C'est le passage à examiner en premier, parce qu'il ouvre directement sur le volume où vivent les adultes.

Les ouvertures latérales enfin. Elles servent au même échange d'eau, sur les flancs, généralement plus haut que le fond. Un jeune qui nage près de la paroi les trouve aussi.

Boucher ce qui laisse passer revient donc souvent à traiter le mauvais endroit. Un espace central colmaté retient les jeunes avec la femelle, ce qui supprime la seule protection que la boîte apporte. Les deux autres passages, eux, méritent un contrôle avant chaque ponte.

La cote de 1 mm, et ce qu'elle trie vraiment

La cote affichée sur cette boîte est 1 mm. Elle vient d'un relevé pris à la main, et la fiche produit l'assortit elle-même d'une tolérance de mesure de 1 à 2 mm. La fente réelle d'un exemplaire donné peut donc approcher les 3 mm, et c'est la première chose à regarder quand des jeunes sortent par le bas. Pour un poisson dont le corps mesure quelques millimètres à la naissance, cet écart n'est pas un détail de fabrication.

La taille de départ, elle, n'est pas une constante d'espèce. Dans une même étude menée sur cinq populations de guppy de Trinidad, les nouveau-nés mesuraient de 5,3 à 7,1 mm de longueur standard. La maturité suivait le même écart : le squelette est déjà formé à 20 % chez les plus menus et à plus de 70 % chez les plus gros. Deux alevins de la même espèce ne se présentent donc pas de la même façon devant le même passage.

Les auteurs relèvent un second point, qui compte pour la suite. À trente jours, ces populations se rejoignent en taille. Une ouverture ne fait donc vraiment le tri que pendant les premières semaines : passé ce délai, ce qui passait ne passe plus.

Ce qui franchit un passage, par ailleurs, n'est pas la longueur du poisson mais son épaisseur au point le plus large. Cette distinction n'est pas un raisonnement de salon : elle est mesurée là où l'on choisit une ouverture pour laisser filer les jeunes. Sur un filet testé avec quatre mailles carrées, la maille est passée de 25 à 40 mm. La taille à laquelle la moitié des poissons sont retenus a suivi le mouvement, de 105,8 à 116,7 mm. Et les auteurs observent que même la plus large restait sous la taille minimale de débarquement. Une ouverture trie, mais elle trie toujours à la marge : les individus les plus fins passent, les autres restent, et le lot n'est jamais coupé en deux proprement.

Ce qui se contrôle avant la ponte, jamais après

Trois gestes suffisent, et tous se font sur une boîte sèche, avant la première immersion.

Passez le bout du doigt sous l'espace central, puis le long de la rangée de fentes du fond. Vous cherchez deux défauts opposés. L'un élargit le passage : une rangée de fentes plus larges que la cote affichée, ce que des avis déposés sur cette référence signalent déjà. L'autre le rétrécit : un copeau de plastique resté d'usinage peut obstruer une partie d'une fente, et un acheteur raconte l'avoir trouvé là. Ce résidu part au doigt, sans forcer, ou sous un filet d'eau du bac.

Posez ensuite la boîte vide dans un récipient d'eau claire, à la hauteur où elle travaillera. Le niveau doit rester au-dessus du fond de la cuve basse : sinon la cuve ne se remplit pas, et les jeunes tombent dans une coque à sec. Vérifiez aussi que le caisson reste d'aplomb. Une boîte penchée sort l'espace central de l'eau, et les alevins glissent alors sur une pente sèche avant de redescendre.

Terminez par les deux ventouses, sur un verre net et à l'écart du passage des adultes. Une pastille qui lâche en pleine mise bas fait tomber la boîte dans le bac, ce qui pèse plus lourd qu'une fente trop large.

Un geste, en revanche, est à écarter. Élargir les fentes du fond, comme le raconte un acheteur, agrandit le passage des jeunes et abîme un bord qui ne se rattrape pas. Si le flux vous paraît faible, cherchez du côté du brassage du bac avant de toucher à la boîte.

Quand il faut changer de boîte plutôt que boucher les fentes

Si les jeunes sortent par le fond de la cuve basse, la réponse n'est pas de colmater. Une fente bouchée arrête la circulation entre les deux niveaux, et le volume du bas cesse de se renouveler : ce que vous gagnez en rétention, vous le perdez en eau.

L'alternative se joue sur l'ouverture elle-même. Un isoloir dont les parois sont un filet laisse passer l'eau sur toute sa surface au lieu de quelques fentes, et le tri se resserre d'autant. Le choix de la maille se fait alors sur le gabarit de votre souche, puisque c'est votre lot qui décide, pas l'espèce. Pour des pontes très fines, le panier en filet complète la boîte à deux niveaux sans la remplacer : la boîte garde la femelle au-dessus, le filet prend les jeunes.

Cette bascule a une limite qu'il vaut mieux connaître avant de commander. Une maille serrée ne retient que ce qui est trop large pour elle : elle travaille quand elle bloque un passage, pas quand elle attend du poisson qu'il vienne s'y mettre. L'essai cité plus haut est bâti sur cette distinction, et c'est la solution qui sépare sans rien demander au poisson qui avait gardé ses effectifs.

Le reste se lit dans la boîte, chaque matin. Une ponte qui diminue sans jeune dans le bac accuse la femelle et la durée qu'elle passe au-dessus d'eux. Des jeunes retrouvés autour de la boîte accusent le fond de la cuve basse. Et si rien ne bouge au-dessus d'un plancher en V, la prochaine fois, vous regarderez la cote de 1 mm et l'écart qu'elle autorise avant de fixer la boîte.

Questions frequentes

Pourquoi des alevins nagent-ils dans le bac alors que la boîte est en place ?

Pour arriver là, un jeune a franchi deux passages et non un seul. Il est d'abord descendu par l'espace central du plancher en V, ce qui est le trajet prévu, puis il a quitté la cuve basse par une fente de son fond ou par une ouverture latérale. Les jeunes encore dans le compartiment haut n'ont pas fait le premier pas. Compter les deux groupes séparément, ceux du bac et ceux qui restent au-dessus, désigne le passage à reprendre : s'il n'y a personne dans la cuve basse, c'est l'espace central qu'il faut regarder, et s'il y a du monde en bas et du monde dehors, ce sont les fentes du fond.

Peut-on coller un morceau de mousse fine sur les fentes du fond ?

Non, et le motif tient à la circulation plutôt qu'à la retenue. Ces fentes font passer l'eau du bac d'un niveau à l'autre, et un pansement posé dessus réduit d'autant la surface d'échange. La cuve basse se renouvelle alors moins bien, les débris s'y accumulent plus vite et il faut la nettoyer plus souvent. Le besoin d'une ouverture plus serrée se traite sur la boîte entière, avec un panier dont les parois sont déjà en filet, et non par une pièce ajoutée après coup.

La femelle peut-elle manger ses alevins dans la boîte ?

Oui, et c'est la première piste quand une portée fond sans qu'aucun jeune n'apparaisse dans le bac. Le cannibalisme parental est la raison même pour laquelle ces boîtes existent, et c'est lui qui explique le plus grand nombre de portées qui fondent sans laisser de trace. La boîte reproduit d'ailleurs la configuration qui favorise ce comportement : un volume étroit, une nourriture comptée, une mère et ses petits au même endroit. Sortez la femelle dès le dépôt terminé : les deux niveaux la séparent des jeunes, ils ne la mettent pas à distance.

Combien de temps garder la femelle au-dessus de sa portée ?

Les deux niveaux vous achètent des heures, pas des jours. Le temps que la femelle reste dans le compartiment haut après la mise bas, elle n'a plus accès aux jeunes, mais elle reste dans le même volume qu'eux et à portée de la cuve basse. Sortez-la dès que le dépôt est terminé, au gobelet, sans attendre un calendrier. Aucune durée fixe ne tient d'un bac à l'autre : la température de l'eau avance ou retarde la mise bas, et la lecture se fait sur la femelle, qui s'apaise et change de silhouette.

Sources