Une cabane crevette aquarium n'est jamais qu'un volume sombre posé au fond du bac, et ce volume, plusieurs objets le fournissent. La vraie question du budget arrive après : une cachette coûte d'abord la place qu'elle prend au sol, le nombre d'individus qu'elle doit desservir et l'entretien qu'elle réclame. Reste à trier ce qui se récupère sans risque, ce qui ne se récupère pas, et le moment où une pièce faite pour l'aquarium revient moins cher qu'un objet trouvé.
Ce qu'un objet doit remplir avant d'être une cachette
Quatre conditions, et elles sont les mêmes pour un tube de plomberie que pour une pièce moulée. La première est la couleur : les crevettes d'ornement vont vers les fonds sombres, et ce choix ne dépend pas de leur propre teinte. Une expérience de choix menée sur les trois morphes de Neocaridina davidi a montré une préférence pour les fonds sombres plutôt que clairs. La teinte de l'animal, et son accord avec celle du fond, n'y ont rien changé.
La deuxième condition est le moment. Un abri sert surtout quand la lumière est allumée. Chez un crabe d'élevage nocturne, le taux d'occupation des refuges reste faible la nuit et monte en journée. Les refuges préférés changent aussi avec le stade : les juvéniles se cachent dans l'herbe, les adultes dans les rochers. Un objet qui convient à des juvéniles n'est pas celui que choisira une femelle grainée, et un bac qui n'offre qu'une seule forme d'abri laisse une partie de ses occupants sans solution.
La troisième est l'ouverture. Un trou par lequel l'animal passe sans se frotter les antennes est un trou utile, un trou plus étroit ne sert à rien. La quatrième est la stabilité. Un objet qui bascule au moindre coup de nageoire ne sera pas habité, et une pièce posée sur un gravier meuble demande à être calée avant la mise à l'eau.
Un tronçon de tube, l'alternative la plus facile à trouver
C'est l'objet qui manque le moins dans un atelier ou une cave : un reste de tube d'évacuation, un morceau de gaine rigide, un tronçon de bambou coupé entre deux nœuds. La coupe est le seul geste délicat. Un tube scié garde une bavure tout autour de l'ouverture, et cette bavure frotte les antennes à chaque passage. Quelques coups de papier abrasif fin règlent la question avant la mise à l'eau, pas après.
Le bambou mérite une réserve, parce qu'il n'est pas un tube comme les autres. Sa paroi est végétale, elle se charge et se ramollit avec les mois, puis le morceau finit par s'ouvrir. Il dépanne une saison, il ne s'installe pas pour durer, et il fait partie des matières qui travaillent sur la chimie de l'eau tant qu'elles se dégradent.
Ce qui décide ensuite, c'est la longueur. Un tronçon court se traverse : l'animal y entre, le traverse et ressort, il ne s'y installe pas. Un tube utile laisse l'animal reculer et faire demi-tour dans le noir, ce qui demande au moins le double de la longueur de son corps. Un tube bouché à un bout n'a pas ce problème, mais il ferme un volume que vous ne verrez plus de l'extérieur, et un occupant mal en point y reste invisible. Le tube ouvert aux deux bouts laisse au moins voir qui s'y tient.
Un dernier point avant de le poser. Un tube de récupération traîne souvent dans un garage, avec la poussière et les projections d'huile qui vont avec, et sans étiquette, rien ne dit ce qu'il a contenu. Si vous ne pouvez pas remonter à son histoire, laissez-le au garage et prenez un morceau encore emballé.
Le pot de terre cuite et l'ardoise se posent sans se creuser
Le pot de terre cuite est le second objet évident, et il a un avantage sur le tube : couché sur le flanc, il ouvre une cavité large, à l'abri de la lumière directe de la rampe. Un pot rond posé sur un gravier meuble roule au premier remous. Calez son bord contre une pierre déjà en place, ou rentrez le pot dans un angle, sans l'enfoncer. Les ouvertures basses sont les premières à disparaître sous le substrat, et un pot enterré jusqu'aux deux tiers ne sert plus à rien. Un petit pot de jardin, cassé ou entier, tient dans la plupart des bacs de crevettes. S'il est cassé, poncez le bord de la cassure comme la bavure d'un tube scié : la terre cuite casse en arête vive, et cette arête frotte les antennes à chaque passage.
L'ardoise et la tuile cassée jouent un autre rôle. Empilées en laissant un jour entre deux plaques, elles forment un toit sombre, et chaque interstice devient une entrée. Le disque plat livré avec la demi-sphère ajourée travaille de la même manière, à cette différence qu'il ne demande ni découpe ni calage.
Ce que ces objets partagent tient en une ligne : seul le pot non verni et l'ardoise brute partent à l'eau. Une terre cuite émaillée, un pot peint ou une planchette vernie gardent leur revêtement, et ce revêtement n'a rien à faire dans un bac fermé.

Ce qui ne se récupère pas, même gratuitement
Le bois ramassé dehors arrive en tête de liste, et c'est le piège classique. Ce qui pousse au bord d'une rivière n'a subi aucun contrôle, et une fois immergé, il libère dans un volume clos ce qu'il portait.
Viennent ensuite les métaux, même inoxydables à première vue, les objets peints ou vernis, et tous les plastiques souples qui remontent à la surface au lieu de couler. Un objet qui flotte se coince dans les plantes ou contre la vitre à la première occasion, et il faut alors le sortir du bac à la main, au milieu des occupants.
Reste la question du nettoyage, qui ne dépend pas de l'origine de l'objet. Un tronçon trouvé et une pièce sortie de son emballage se lavent pareil, et les règles ne changent pas selon que la pièce est neuve ou ancienne. Ni savon, ni détergent, ni eau du robinet dans un bac en service.
Un abri de plus change-t-il quelque chose ?
Les chiffres disponibles ne parlent pas d'un compte, ils parlent d'un seuil. Chez deux espèces de crevettes d'eau douce élevées en aquarium expérimental, une pression de compétition élevée a pesé sur la survie des deux. L'espèce dominante a repoussé l'autre des espaces et des substrats qu'elle occupait. Quand les places au sombre sont rares, ce sont les plus timides qui perdent leur coin.
La bonne nouvelle est qu'il n'y a pas de course à l'abri supplémentaire. Dans un élevage de crevettes d'eau douce conduit sur 75 jours, les bacs munis d'un abri végétal ont donné un poids total et une survie supérieurs au bac nu. Passer d'un abri couvrant un quart de la surface à la moitié ou aux trois quarts n'a rien changé à ces deux résultats. Le premier abri est donc celui qui travaille, et ce qui vient après achète du calme plutôt que de la croissance. Ces deux essais portent sur des animaux d'élevage, dans des volumes qui n'ont rien à voir avec un bac d'appartement. Il faut les lire comme un ordre de grandeur, pas comme une recette.
Ce qu'une pièce faite pour l'aquarium apporte en plus
Trois différences concrètes séparent une pièce moulée d'un objet détourné, et aucune ne tient à la matière. L'ouverture est dimensionnée pour de petits animaux, là où un tube d'évacuation l'est pour un tuyau. La forme est fermée sur elle-même, ce qui évite la découpe, le ponçage et le calage d'un bord coupé. Et la matière ne relâche rien, ce qui dispense de la période d'observation qu'on accorde à un objet dont on ne connaît pas l'histoire.
Le reste appartient au bac. Une demi-sphère ajourée posée dans un angle calme, à l'écart du rejet de la pompe, se couvre de mousse en quelques semaines si vous pincez deux ou trois brins dans les trous. Les ouvertures servent alors de support autant que de passage. C'est le seul point sur lequel un objet trouvé ne suit pas : une paroi lisse n'offre aucune prise à un brin de mousse.

L'entretien, le poste que personne ne compte
Un objet récupéré et une pièce moulée demandent le même geste, un brossage au pinceau doux dans l'eau du bac, sans produit. La différence est ailleurs. Une paroi de plastique lisse se nettoie en une minute et ne se remplace pas. Un pot en terre cuite se charge de dépôts dans ses rainures et sur sa tranche, et une pièce poreuse demande plus de passages de pinceau pour le même résultat. Un tube de récupération transparent se voile de vert et laisse voir l'intérieur, ce qui oblige à le ressortir plus souvent qu'un objet sombre.
Le vrai coût d'entretien se lit sur les ouvertures. Une cachette dont la moitié des trous est bouchée par de la mousse ou des débris ne renouvelle plus son eau, et le volume intérieur devient un coin stagnant. Un pinceau dans les ouvertures à chaque changement d'eau partiel suffit à éviter cela, et ce geste se glisse dans le brossage du décor déjà prévu à ce moment-là.

Le jour où vous retirerez la pièce
Récupérer une cachette engage sur la durée, et ce n'est pas la place qu'elle prend qui le rappelle, c'est le jour du départ. Le bac déménage, le décor change, une pièce change de bac : à ce moment-là, un objet sans étiquette ne part pas avec les autres. Il reste au garage, faute de savoir ce qu'il a contenu, et il faut lui trouver un remplaçant dans l'urgence. Une pièce faite pour l'aquarium se retire, se rince et se repose ailleurs des années plus tard, parce que sa matière est connue. C'est le seul poste du budget des cachettes qui ne se paie jamais en euros, et il ne se voit qu'au moment où il faut bouger.
Questions frequentes
Un pot de terre cuite de jardin peut-il aller dans un bac de crevettes ?
Oui, s'il est en terre cuite nue, sans peinture, sans vernis et sans traitement de surface. Ce qui reste du jardin demande plus d'attention que la terre cuite elle-même : brossez les rainures à sec pour sortir le terreau et les résidus d'engrais, puis rincez le pot hors du bac à l'eau claire, sans produit. Le dernier passage se fait à l'eau du bac, prélevée dans un verre.
Combien de temps un objet de récupération tient-il dans le bac ?
Cela dépend entièrement de sa matière. Un tube de plastique dur reste en place des années, sans se ramollir ni se fragmenter. Un pot de terre cuite se charge de dépôts dans ses rainures et sur sa tranche, ce qui se voit au brossage et ne l'empêche pas de servir. Un tronçon de bambou, lui, se ramollit de l'intérieur : sa paroi s'amincit et finit par s'ouvrir, souvent sans prévenir. Dans les trois cas, le signe extérieur qui doit vous alerter est le même, un voile épais qui bouche les ouvertures.
Un tube de récupération blanc est-il gênant ?
Il sert, mais il se voit. Les crevettes d'ornement choisissent les fonds sombres plutôt que les clairs, quelle que soit leur propre teinte, et un tube blanc au milieu du gravier reste une tache claire dans le décor. Un tronçon noir ou gris foncé se fond dans le substrat, et le même tube glissé derrière un massif de plantes passe inaperçu tout en restant accessible.
Peut-on ramasser du bois dehors pour en faire une cachette ?
Non. Un morceau ramassé en forêt arrive avec sa provenance, son écorce et sa faune, et rien dans un bac fermé ne rattrape ce qui s'en échappe. Si vous voulez du bois immergé, partez d'une souche vendue pour l'aquariophilie : au moins sait-on d'où elle vient et ce qu'elle a subi.
Sources
- Plichta, Z., Kobak, J., Maciaszek, R., Kakareko, T. (2021). All Shades of Shrimp: Preferences of Colour Morphs of a Freshwater Shrimp Neocaridina davidi (Decapoda, Atyidae) for Substrata of Different Colouration. Animals, 11(4), 1071.
- Li, C., Shen, C., Feng, G., Huang, X., Li, X. (2022). Preference for Shelters at Different Developmental Stages of Chinese Mitten Crab (Eriocheir sinensis). Animals, 12(7), 918.
- Scardamaglia, M. E., Colpo, K. D. (2025). Impacts of competition on juveniles of two sympatric freshwater prawn species from Pampean ecosystems: Palaemon argentinus and Macrobrachium borellii. Zoology, 170, 126268.
- Jongyotha, S., Doolgindachbaporn, S., Suraniranat, P. (2015). Effects of Artificial Shelter and Chitosan on Growth Performance of Freshwater Prawn (Macrobrachium lanchesteri de Man, 1911). Pakistan Journal of Biological Sciences, 18(4), 173-178.
