La sécurité arroseur enterré se joue surtout pendant les heures où l'appareil ne fait rien. Le corps reste vissé à la ligne, la ligne reste raccordée au réseau de la maison, et un peu d'eau patiente dans le circuit entre deux cycles. Ce qui suit concerne cette eau-là, plus une chose qui ne lui doit rien : ce que la tondeuse rencontre en passant.
Une ligne enterrée reste raccordée au réseau d'eau potable
Un arroseur enterré se comporte comme un piquage permanent sur la conduite de la maison. Il reste en eau du printemps à l'automne, sous la pelouse, et rien ne le signale entre deux cycles. Ce montage porte un nom dans les réseaux d'eau potable, la liaison croisée, et il se surveille pour une raison simple : lorsque la pression chute dans la conduite de la rue, l'eau peut repartir à l'envers. Une rupture de conduite, une manœuvre de vanne ou un fort prélèvement simultané créent ce creux de pression, et c'est alors l'eau du jardin qui remonte dans la conduite de la maison.
Le service d'extension de l'université d'État du Colorado documente ces installations. Il rappelle qu'une chute de pression dans la conduite principale peut aspirer vers le réseau ce qui se trouve en aval du raccordement : engrais, produits de traitement, matières organiques. Le retour ne prend pas toujours cette forme. Il arrive aussi qu'une pompe pousse plus fort que le réseau et refoule dans l'autre sens. Les deux mécanismes ne se couvrent pas avec le même appareil. Le niveau de protection se choisit sur le risque de ce qui circule dans le tuyau : une ligne d'arrosage simple et une ligne dans laquelle on injecte un engrais soluble ne relèvent pas des mêmes précautions.
La place compte autant que le modèle. En tête de ligne, avant le premier raccord enterré. Et assez haut pour dominer tout ce qui se trouve en aval : une protection par mise à l'air cesse d'agir si elle se retrouve sous le niveau de l'eau qu'elle doit retenir. Posée dans le même trou que l'arroseur, au même niveau, elle ne protège rien.
L'appareil vendu ici arrive seul, avec son filetage femelle 1/2 pouce et rien d'autre. Aucun dispositif de protection n'est joint au colis, et cela se comprend : cette pièce dépend de l'installation, pas de l'arroseur. Sur un réseau existant, le contrôle prend deux minutes. Suivez la ligne depuis le robinet jusqu'au premier raccord enterré, et regardez ce qui se trouve entre les deux. S'il n'y a rien, il n'y a pas de protection, et le sujet reste entier.
La vanne de fin de saison sert alors deux fois. Elle met l'appareil à l'abri du gel, et elle coupe la liaison pour les mois où personne n'arrose. Le reste du temps, la protection repose sur un appareil monté en amont. Un clapet simple arrête le retour par aspiration, pas la poussée d'une pompe : le clapet anti-retour se choisit donc sur le même critère que le reste de la ligne.

Le secteur décide de ce que l'eau arrose
Une tête escamotable sort de quelques centimètres, au ras de l'herbe, et projette l'eau sur trois à cinq mètres selon la pression qu'elle reçoit. La trajectoire reste basse. Elle balaie donc l'espace où circulent les jambes, les enfants qui courent et les animaux, et elle atteint sans effort le mobilier de terrasse, le portail ou le mur mitoyen. Un secteur ouvert trop large n'arrose pas seulement plus loin que prévu : il arrose des choses et des personnes.
Le réglage du secteur est le premier geste de sécurité de cet appareil, et le seul qui se fasse à la main, sans outil, sur la buse. Il se juge à la mise en eau, jamais sur un plan : ouvrez l'eau, regardez où le bord du jet retombe, refermez d'un cran du côté concerné, recommencez. Pour contrôler le résultat, tenez-vous de côté plutôt que dans le jet.
Deux détails de terrain méritent d'être notés. La portée de trois à cinq mètres dépend de ce que le réseau envoie à l'appareil, pas de l'appareil seul : la même tête montée sur une ligne plus courte arrose plus loin. Et le bord du jet se déplace avec les saisons, la pression d'avril n'étant pas celle d'août. Une photo prise depuis un point fixe à la première mise en eau vous rendra le réglage au printemps suivant, sans tâtonner.
L'eau qui patiente dans le corps entre deux cycles
Un arrosage enterré ne se vide pas entre deux cycles. La ligne reste pleine, le corps aussi, et cette eau prend la température du sol. Le mécanisme général est décrit dans notre article sur la brume de terrasse. Il tient en une phrase : une eau qui séjourne dans un circuit finit par s'aérosoliser là où elle retombe, et c'est l'inhalation, pas la boisson, qui expose. Une campagne menée dans les Pouilles sur 177 puits utilisés pour l'irrigation a retrouvé les bactéries du genre Legionella dans 21 % des puits jugés aptes à l'arrosage, Leur présence suit la température de l'eau, faiblement mais de façon réelle.
Ce que le corps enterré change à cette histoire, c'est justement la température. Sous 100 à 150 mm de terre, il reste frais, loin d'un tuyau noir couché sur une dalle au soleil. C'est la configuration la moins exposée du jardin, et elle le reste tant que la ligne n'est pas laissée en eau des semaines durant en plein été. Coupez au robinet plutôt que de laisser un volume patienter dans le circuit. Au premier arrosage de la saison, laissez partir cette eau ailleurs que sur la pelouse, puis jugez le réglage sur celle qui suit.

Ce que la lame projette
Les tondeuses blessent aussi les personnes qui ne les poussent pas. Entre 1990 et 2014, la surveillance des urgences américaines a compté 212 258 enfants de moins de 18 ans traités après un accident de tondeuse, soit 11,9 pour 100 000 enfants chaque année. Chez ces blessés qui se trouvaient là sans tondre, près d'une fois sur deux la blessure venait d'un objet projeté. Et ces passants étaient hospitalisés plus souvent que les conducteurs, avec un risque multiplié par 3,8.
Rien de tout cela ne demande d'outil, seulement un tour de pelouse avant de démarrer. Une tête d'arroseur enterrée affleure au ras de l'herbe, et c'est la condition pour que la lame passe au-dessus : la motte se replace et se tasse à la pose pour obtenir ce niveau. Une tête qui dépasse d'un centimètre, un jouet, une pierre remontée par le gel : voilà ce qu'une lame attrape et envoie. Éloignez également ceux qui ne tondent pas, puisqu'ils paient la statistique plus lourd que les conducteurs, et n'oubliez pas que rien ne rattrape un objet déjà lancé.

Avant de travailler la pelouse, sachez où passe la ligne
La ligne reste sous pression pendant toute la saison, entre 2 et 4 bars selon ce que le réseau lui donne. Or les outils qui travaillent une pelouse descendent exactement là où le corps est enterré, sur les 100 à 150 mm qui le séparent de la surface. Un aérateur à dents, une grelinette, un carré de gazon ouvert pour planter un arbuste : chacun entre dans le sol à l'aplomb de quelque chose qui ne se voit pas.
Le réflexe utile se prend le jour de la pose, quand la terre est encore ouverte et que le tracé est sous vos yeux. Notez le passage de la ligne, par une photo prise depuis un point fixe, ou par deux repères plantés dans une clôture. C'est peu de chose, et c'est ce qui vous évitera de chercher à l'aveugle dans cinq ans.
Avant de scarifier, d'aérer ou de creuser un trou de plantation dans ce secteur, fermez la vanne et laissez la ligne se vider. Une ligne entaillée sous pression perd son eau dans le trou. Le circuit se vide, et le secteur n'est plus couvert comme avant. La fuite se répare, mais en rouvrant la pelouse, souvent au même endroit qu'un massif fraîchement planté.
Un arroseur enterré travaille sans témoin, ce qui déplace la surveillance vers l'installation plutôt que vers l'appareil lui-même. Protégez la ligne du retour d'eau en tête de réseau. Orientez le secteur de façon qu'il n'arrose ni la table ni le passage. Laissez partir l'eau qui a séjourné avant de juger un réglage, et faites le tour de la pelouse avant de tondre. Le montage, le gel et l'entretien de fin de saison ont leurs propres repères, traités ailleurs dans le pilier.
Questions frequentes
Le retour d'eau peut-il se produire quand l'arrosage ne tourne pas ?
Oui, et c'est le cas le plus fréquent, parce que la ligne reste pleine entre deux cycles. Le phénomène ne dépend pas de l'appareil mais de la conduite de la rue : il faut une chute de pression amont, rupture, manœuvre de vanne ou fort prélèvement, pour que l'eau reparte à l'envers. Autrement dit, le moment dangereux est celui où vous n'arrosez pas, et il ne s'annonce pas. La protection se place en tête de ligne, pas sur l'arroseur, et elle agit pendant que l'appareil se tait.
Que se passe-t-il si une bêche ou une fourche entaille la ligne enterrée ?
L'eau part dans le trou au lieu d'aller au bout de la ligne, et le symptôme arrive avant le dégât visible : la pression baisse, le secteur n'est plus couvert comme avant, et une zone reste humide alors que le cycle est terminé. Fermez la vanne avant de regarder, dégagez la terre autour de la coupure, puis reprenez la section abîmée. C'est la raison pour laquelle on note où passe la ligne avant de remettre une grelinette ou une bêche au même endroit.
Peut-on planter un arbuste juste au-dessus de la ligne d'arrosage ?
Mieux vaut garder le trou de plantation à distance de la ligne, pour deux raisons qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre. La première tient au geste : un trou d'arbuste se creuse plus profond que le logement du corps, et la bêche y descend sans voir ce qu'elle coupe. La seconde tient aux années qui suivent, avec des racines qui travaillent autour d'un raccord enterré. Une haie ou un massif au-dessus d'une ligne enterrée se plante en connaissance de cause.
Peut-on alimenter un arroseur enterré avec une pompe ou une réserve d'eau ?
La question n'est pas la pompe, mais ce qui se trouve entre elle et l'eau de la maison. Une pompe qui pousse plus fort que le réseau crée la seconde forme de retour d'eau, celle par contre-pression, que tous les dispositifs anti-retour ne traitent pas. Un circuit alimenté par une réserve se conçoit donc comme un réseau à part, avec sa propre protection côté eau potable, et le choix du dispositif se fait sur ce risque-là plutôt que sur celui de l'arrosage simple.
Sources
- Ren K.S., Chounthirath T., Yang J., Friedenberg L. et Smith G.A., 2017. Children treated for lawn mower-related injuries in US emergency departments, 1990-2014, The American Journal of Emergency Medicine, vol. 35, n° 6.
- De Giglio O., Napoli C., Apollonio F., Brigida S., Marzella A., Diella G., Calia C., Scrascia M., Pacifico C., Pazzani C., Uricchio V.F. et Montagna M.T., 2019. Occurrence of Legionella in groundwater used for sprinkler irrigation in Southern Italy, Environmental Research, vol. 170.
- Colorado State University Extension. Home Sprinkler Systems: Backflow Prevention Devices, Colorado State University.

