Une hauteur de paravent ne se lit pas sur la fiche produit : elle se calcule à partir de l'endroit où vous arrimez le bord haut du panneau sur votre appui. La longueur suit la même logique, en mètres linéaires à couvrir, et un panneau de quatre mètres en règle une bonne partie d'un coup. Reste à savoir jusqu'où monter quand le regard vient d'en haut, et combien de pièces aligner le long d'une rambarde.
En bref : trois repères avant de commander
Le bord haut est votre seule cote utile : 75 cm au ras du sol et un mètre sous la main courante d'un garde-corps ne ferment pas la même vue. Comptez ensuite en mètres linéaires, à raison de quatre mètres par panneau, soit trois mètres carrés de maille d'un seul tenant. Rapprochez enfin l'écran de l'endroit où vous vous asseyez : la même gêne se règle avec moins de hauteur à un mètre de votre chaise qu'à cinq.
Ces trois repères se vérifient en quelques minutes, avec un mètre et un coup d'œil à ce qui dépasse de votre rambarde.
La hauteur utile part du bord haut, jamais du sol
Un paravent ne monte pas plus haut que sa toile, mais cette toile se fixe où vous voulez sur l'appui. Le même panneau de 75 cm porte donc son bord haut à 75 cm du sol quand il est arrimé au bas d'un grillage, et au niveau de la main courante, environ un mètre, quand il est noué en haut du barreaudage d'un garde-corps d'un mètre. Entre les deux, la vue fermée n'a rien à voir.
À l'étage, ce garde-corps n'est pas un choix. Un balcon, une terrasse, une galerie ou une loggia doivent être entourés d'un garde-corps d'au moins un mètre de haut mesuré depuis le sol, cette hauteur tombant à 80 cm quand l'épaisseur du dispositif dépasse 50 cm, comme le fixe la hauteur réglementaire d'un garde-corps dans un logement. Vous partez donc d'un appui déjà haut, et la maille posée dessus coupe la vue qui passait par-dessus la rambarde, alors que la même maille posée en bas ne barre que ce qui se devinait entre les barreaux.
Un point se règle avant de nouer quoi que ce soit : la barre du haut reste libre sous la paume, puisque c'est elle qui sert d'appui quand on se penche. L'arrimage se fait juste en dessous, sur le dernier barreau ou sur un montant. Sur un grillage de clôture, le raisonnement ne change pas, mais l'appui monte plus haut qu'une rambarde : le bord haut suit, et la ligne fermée avec lui. Un mètre ruban posé sur le support vaut mieux qu'une estimation à l'œil, parce que dix centimètres de bord haut en plus ou en moins décident de ce qui dépasse encore.
| Où le bord haut est arrimé | Altitude du bord haut | Ce qui reste visible |
|---|---|---|
| Bas d'un garde-corps ou d'un grillage | 75 cm | la vue qui passe au-dessus de l'écran |
| Haut du barreaudage, sous la main courante d'un garde-corps d'un mètre | environ 1 m | la vue plongeante, depuis un étage ou un terrain en pente |
| Deux rangs superposés sur un support | environ 1,50 m | la vue rasante, si le support tient |

Un vis-à-vis qui domine depuis un étage ne se règle pas avec la même cote : un brise vue de balcon posé pour un regard plongeant demande un support, pas une toile plus longue.
La distance entre l'écran et vous pèse autant que sa cote
Un écran ferme la vue à l'endroit précis où il croise le regard, et cette ligne descend en pente douce depuis l'observateur jusqu'à vous. Plus la gêne vient de loin et de haut, plus l'intersection tombe bas sur le trajet, et plus l'écran doit monter pour l'intercepter. À l'inverse, un panneau posé à un mètre de votre fauteuil coupe le même regard très près de vous, donc bien plus bas.
C'est cette distance qui départage deux montages d'apparence opposée. Un rideau tendu entre votre coin repos et le reste de la terrasse demande peu de hauteur, parce qu'il travaille de près. Le même panneau planté au fond du terrain couvre une ligne plus longue et masque davantage de vue, mais il doit monter plus haut pour la même gêne, puisqu'il n'a que sa propre hauteur pour intercepter un regard qui vient de loin. Choisissez l'un des deux avant de mesurer, l'arithmétique de la longueur n'est pas la même.
Ces deux montages se départagent avec un peu de géométrie. Imaginez une fenêtre six mètres au-dessus du sol de votre terrasse, à douze mètres de votre fauteuil, votre buste à quatre-vingt-dix centimètres du sol. Le regard qui vous vise descend en ligne droite : à un mètre devant vous, il passe à 1,30 m du sol ; à quatre mètres, à 2,60 m. Un panneau arrimé en haut de la rambarde suffit dans le premier cas, alors que le second demanderait une ligne deux fois plus haute, donc un support. C'est aussi ce qui fait que deux terrasses de dimensions identiques n'ont pas besoin du même écran : tout dépend de la distance à laquelle se tient celui qui regarde.
Deux rangs superposés : la hauteur double, le support reste à trouver
Un second rang se prépare avant la commande. Deux panneaux posés l'un au-dessus de l'autre depuis le bas portent le bord haut à 1,50 m ; partis du haut du barreaudage d'un garde-corps d'un mètre, ils grimpent à 1,75 m. Dans les deux cas, le rang du haut doit être repris sur un support fixe : une rambarde ne retient pas une toile tendue dans le vide. Les deux rangs se lacent entre eux par leurs œillets, et la ligne de jonction reste visible de près. Ce montage ajoute du poids sur la même lisse et double le nombre d'attaches. Il devient intéressant quand la gêne vient d'en haut et que la terrasse n'offre aucun autre point d'accroche au-dessus du premier rang.
Compter la longueur en mètres linéaires
Un panneau couvre 400 cm, quatre mètres d'un seul tenant, et occupe trois mètres carrés une fois déployé. Votre besoin tient donc en une division : mesurez la ligne à fermer, puis divisez par quatre. Douze mètres de limite demandent trois panneaux, six mètres en demandent deux, un balcon de trois mètres se contente d'un seul.
Sur une rambarde, la mesure se prend d'un poteau à l'autre, en descendant jusqu'aux angles. Un retour d'angle qui rejoint la ligne principale demande une attache de plus à leur rencontre, et un poteau, une descente d'eau ou un montant en travers de la ligne n'offrent pas d'appui : ces mètres-là ne se ferment pas comme les autres, et mieux vaut les compter avant de diviser.
Une ligne tombe rarement sur un multiple exact de quatre mètres. Deux façons de finir proprement : aligner les pièces depuis un bout et ramener la dernière sur le montant de fin, ou faire courir le raccord sur un angle, où la jonction se voit moins qu'en plein plat. Dans les deux cas, une pièce entière de plus coûte souvent moins qu'un assemblage bricolé sur les derniers centimètres.
La même ligne se compte autrement selon le format. Un panneau de feuillage artificiel se répète tous les mètres et se superpose lui aussi : à longueur égale, il en faut quatre fois plus, et chacun réclame ses propres attaches.

Ce que trois mètres carrés demandent au vent
Trois mètres carrés de maille ne se tiennent pas avec quatre liens. Le tissage laisse passer l'air, mais il le ralentit, et ce ralentissement se paie en pression sur la surface. Une campagne d'essais en micro soufflerie, menée sur quatre filets plats en monofilaments de polyéthylène haute densité, a montré que la chute de pression à travers la maille varie avec le carré de la vitesse de l'air et avec la porosité du tissage, et qu'elle diminue quand le filet s'incline par rapport au flux. Ces mesures portent sur des échantillons de laboratoire : elles indiquent dans quel sens jouent la porosité et l'angle, elles ne disent pas ce qu'un panneau encaissera un jour de tempête.
Chercher une valeur chiffrée de résistance au vent serait vain, et pas seulement par discrétion commerciale. Les règles de calcul européennes ne donnent aucune méthode pour une paroi perméable, et les coefficients aérodynamiques d'une structure couverte de filets ont dû être calculés puis comparés à ceux de la même structure supposée imperméable. Aucune fiche produit ne peut donc annoncer une tenue au vent chiffrée pour un écran tissé : le nombre et la répartition des attaches font tout le travail.
La tension, elle, se règle comme sur une toile d'occultation à œillets : un peu de mou entre deux points, et un tour des attaches après chaque coup de vent.
Une maille colmatée ne laisse plus passer l'air. Givre, poussière, feuilles mortes collées par la pluie : quand le tissage se bouche, le panneau se comporte comme une surface pleine, et c'est souvent en janvier qu'il travaille le plus. Un rinçage à l'eau claire avant les premières gelées et un tour des œillets après chaque coup de vent suffisent à éviter la mauvaise surprise.

Ce qu'il reste à trancher
La longueur se commande, la hauteur se règle. Mesurez la ligne à fermer, divisez par quatre, et ajoutez un panneau si un retour d'angle ou une jonction recouverte vous oblige à doubler. Pour la hauteur, présentez le panneau à blanc sur la rambarde avant de nouer quoi que ce soit : vous verrez ce que laisse passer la ligne basse, et il sera toujours temps de la remonter d'un cran vers la barre. Ce réglage-là ne coûte rien, alors que le second rang, lui, se prépare.
Questions frequentes
Peut-on dépasser 75 cm de hauteur avec deux panneaux superposés ?
Oui, mais pas en empilant deux toiles sans point fixe : le rang du haut doit être repris sur une barre, une potence ou un montant. Le colis ne contient ni mât ni armature, et une rambarde seule ne retient rien au-dessus d'elle. Ce montage double aussi les attaches et le poids que la lisse encaisse.
Comment savoir combien de panneaux commander pour une terrasse ?
En mesurant la ligne à fermer, puis en la divisant par quatre mètres. Le compte se corrige aux deux extrémités : là où la ligne bute sur un mur, un poteau ou une descente d'eau, il reste souvent une longueur qui ne se ferme pas avec une pièce entière.
Un seul rang suffit-il face à un immeuble ?
Si les fenêtres d'en face dominent votre terrasse, un écran arrimé au ras du sol ne barre que le bas du champ de vision. Monter la ligne sur un support ferme la vue rasante, pas la vue plongeante : dans ce cas, c'est la hauteur de l'appui qui décide, pas la cote du panneau.
Le paravent peut-il tenir lieu de clôture le long d'une limite ?
Il s'y arrime sur un support existant, grillage ou clôture, mais il ne tient pas debout seul : sans poteaux, rien ne le tend. La ligne visible depuis la rue dépend alors autant de ce qui le porte que de sa propre hauteur, ce qui n'est pas la même question qu'une occultation de terrasse.
Sources
- Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), 2025, Quelle est la hauteur réglementaire d'un garde-corps ou d'une barre d'appui dans un logement ?, Service Public.
- Castellano S., Starace G., De Pascalis L., Lippolis M. et Scarascia Mugnozza G., 2017, Evaluation of plastic nets air flow performance in a micro wind tunnel, Acta Horticulturae 1170, ISHS.
- Mistriotis A. et Briassoulis D., 2008, Wind loads on net covered structures, Acta Horticulturae 801, ISHS.

