Hiverner un paravent se joue en trois temps : on le lave, on décide si on le laisse en place ou si on le rentre, puis on le roule et on le remise au sec dans le second cas. La maille PEHD ne craint pas le froid, elle craint le cumul de soleil des étés précédents et les rafales qui tirent sur les attaches. C'est ce calendrier, plus que le geste lui-même, qui décide combien de saisons verra votre écran.
Le gel n'abîme pas la maille, le vent travaille les attaches
Beaucoup de jardiniers décrochent leur écran « pour l'hiver » comme on rentre des coussins, par réflexe contre le gel. Le réflexe mérite d'être retourné : quand un écran cède en hiver, ce n'est presque jamais la maille cassée par le froid, c'est la chaîne de fixation entière, du lien à l'œillet, qui a pris les rafales de novembre à février sans que personne ne la vérifie. Le tissage, lui, traverse la mauvaise saison sans perdre sa souplesse.
La différence vient de la perméabilité. Des mesures menées derrière des barrières de porosité contrôlée, publiées en 1970 dans Agricultural Meteorology par deux agronomes du service de recherche américain, montrent que les barrières peu poreuses stimulent la turbulence et induisent un reflux d'air côté abrité, tandis qu'une porosité autour de quarante pour cent donne la zone protégée la plus large. Une maille tissée se comporte comme cette barrière ouverte : le vent la traverse, il ne la soulève pas d'un bloc.
Cette maille reste tout de même quatre mètres de tissage tendu, une voilure de trois mètres carrés quand la rafale arrive de biais. La perméabilité lui épargne le choc frontal, pas la traction permanente sur les points d'attache. Concrètement, deux consignes suffisent : gardez un lien par œillet plutôt qu'un sur deux pendant la saison, et décrochez le panneau entier quand la vigilance de Météo-France passe à l'orange pour le vent. Cinq minutes de démontage valent mieux qu'un panneau emporté sur trois étages.

Décrocher ou laisser en place : la décision se prend par écran
Tous les écrans d'une même terrasse ne se traitent pas pareil. La toile à œillets en PEHD se détache en quelques minutes et se range en un rouleau : la rentrer coûte peu, autant le faire. Le panneau de feuillage se dépoussière au balai et reste en place sans dommage, son hivernage se résume à un nettoyage de fin de saison. Un paravent rigide, lourd, posé au sol de la terrasse, ne bougera pas non plus. Le doute ne concerne donc que la toile tendue, et il se tranche sur deux critères.
Le premier est l'exposition. Une toile qui a pris les soleils de plusieurs étés, en surplomb d'un garde-corps métallique qui chauffe l'après-midi, a déjà entamé son capital : chaque saison de plus compte, et l'hiver passé dehors s'ajoute au cumul. Une toile à l'ombre, sous un avant-toit, vieillit lentement et peut rester. Le second critère est l'état du bord haut, la zone la plus exposée. Si le haut de la maille a grisé ou perdu de sa souplesse, rentrez le panneau : le mécanisme complet du vieillissement solaire et les réparations possibles sont détaillés dans notre article sur la maille qui blanchit et se déchire.
Reste le cas du locataire prudent. Si vous hésitez entre trois formats avant même de parler d'hiver, la question toile, feuillage ou paravent se règle d'abord à la pose, pas au rangement : le choix d'un brise vue de balcon détermine surtout combien de temps vous passerez chaque automne à démonter.
Le cas du grillage et du jardin de plein pied
Sur un balcon, tout se décroche : la rambarde offre un appui régulier et le panneau descend d'un bloc. Le long d'un grillage de jardin, la question change. Une clôture soupire avec le vent, prend le même mouvement que la maille, et le panneau fixé dessus suit sans contrainte : beaucoup d'écrans de jardin passent ainsi plusieurs hivers sans qu'on y touche, à condition d'avoir relâché d'un cran la tension des liens avant la mauvaise saison. Une maille légèrement détendue entre deux anneaux absorbe la rafale ; une maille tendue comme un tambour la transmet intégralement aux piquets.
Le démontage complet ne se justifie alors que dans deux cas : un écran déjà fragilisé par plusieurs étés, ou un grillage exposé aux champs ouverts, là où rien ne freine le vent avant la clôture. Dans les deux situations, le geste est le même qu'en balcon, à ceci près qu'un panneau de quatre mètres le long d'un grillage se décroche en deux moitiés, un côté après l'autre, pour ne pas vous retrouver à porter la toile entière d'un seul tenant dans un jardin boueux.
Le lavage de fin de saison, avant tout séchage
Un panneau qu'on remise se lave, même s'il a l'air propre. Le pollen et les poussières collés dans le tissage ne se voient pas, mais ils gardent l'humidité au contact du fil pendant des mois, dans un rouleau fermé, et c'est là que les auréoles naissent. Étendez la toile, passez un jet d'eau doux sur les deux faces, brossez les dépôts noirs avec une brosse souple et un peu de savon doux. Rien de plus : les produits décapants et l'eau de javel n'ont rien à faire sur un tissage, ils attaquent le fil et son traitement de surface.
L'étape qui échappe le plus souvent est le séchage. Une toile roulée encore humide reste humide des semaines, et l'humidité fermée laisse des traces qu'un second lavage ne repart pas toujours. Comptez une journée complète à l'air libre, toile étendue, retournée à mi-course, avant d'envisager le roulage. C'est aussi l'occasion de regarder la maille de près, œillet après œillet, et de repérer les fils coupés ou les anneaux desserrés avant qu'ils ne s'aggravent en stockage.

Rouler quatre mètres, et les remiser debout
Le démontage suit l'ordre inverse de la pose. Détachez le bord bas d'abord, puis les petits côtés, et gardez le bord haut pour la fin : le panneau reste suspendu à la rambarde tant que les œillets du haut tiennent, et il ne s'effondre pas dans les pots. Coupez les attaches récalcitrantes plutôt que de forcer sur un œillet, l'anneau en aluminium tient mieux que le fil qui l'entoure.
Une fois sec, le panneau se roule dans le sens de son arrivée, celui du colis d'origine, œillets alignés les uns sur les autres. Un panneau de 75 cm de haut et 4 m de long forme un cylindre peu encombrant qui tient debout dans un angle de cave ou d'abri de jardin, serré par son lien. Deux interdits seulement : le pli, qui marque une ligne de faiblesse durable dans le tissage, et le sol nu en béton, qui remonte l'humidité par la base du rouleau pendant les mois froids. Une étagère, une palette, une caisse : n'importe quel support sec fait l'affaire.
Sans cave ni abri, le rouleau vit très bien en intérieur. Un cylindre de 75 cm de haut se tient debout derrière une armoire, au fond d'un placard ou sous un lit surélevé, et la maille propre ne craint rien d'un séjour à la température d'une pièce. Évitez seulement les pièces où la buée du quotidien finit dans les tissus, la salle de bains en tête, et le contact direct d'un radiateur : le PEHD supporte le froid sans broncher, mais un fil chauffé plusieurs mois en continu n'y gagne rien.
Ce qu'on vérifie avant la remise en place, au printemps
La reprise se prépare en avril, quand les tempêtes atlantiques se raréfient, et pas dès les premiers beaux jours : remettre le panneau trop tôt, c'est l'exposer aux dernières bourrasques d'équinoxe, celles qui tombent sur un écran tout neuf de liens. Sortez le rouleau quelques heures avant la pose, la maille reprend plus facilement sa forme à température douce.
L'inspection porte sur trois points, dans cet ordre. Les liens d'abord : ceux qui ont passé l'année dehors se remplacent pour peu qu'ils aient durci ou effiloché, ils coûtent moins cher que l'œillet qu'ils arrachent. Les œillets ensuite : l'aluminium ne rouille pas, mais vérifiez qu'aucun anneau n'a été tordu par une rafale. La maille enfin, et le signe à chercher est contre-intuitif. Les essais de vieillissement du PEHD montrent qu'au moment où la matière se fragilise, sa raideur et sa résistance apparente augmentent en même temps. La mesure, publiée dans Polymer Degradation and Stability, concerne des échantillons de laboratoire, mais elle éclaire un piège que connaissent les toiles de balcon. Une maille qui « tend bien », raide, qui semble avoir gagné en tenue, a souvent déjà entamé son fragilisation. La souplesse du bord haut entre deux doigts en dit plus long que son aspect.

La pose elle-même reprend depuis le milieu du bord haut, en s'éloignant vers les extrémités, puis en descendant sur les petits bords : c'est cette répartition qui tient un panneau de quatre mètres bien droit. Reculez de quelques pas avant de ranger l'échelle.
Questions frequentes
Un paravent en maille PEHD peut-il rester dehors tout l'hiver ?
Oui, dans la plupart des cas. La maille laisse passer le vent, ce qui la met moins en difficulté qu'un panneau plein, et le froid d'un hiver français ne casse pas le tissage. Deux réserves : décrochez le panneau dès qu'une vigilance orange pour vent violent est annoncée chez vous, et rentrez-le s'il a déjà passé plusieurs étés plein sud, car c'est le cumul de soleil qui use la matière, pas l'hiver.
Faut-il laver un écran de jardin avant de le ranger ?
Oui, ne serait-ce qu'à l'eau claire. Pollen et poussières collés dans la maille gardent l'humidité au contact du fil pendant des mois, dans un rouleau fermé. Un rinçage au jet doux suivi d'un séchage complet d'une journée, toile étendue, suffit. Ne rangez jamais un panneau encore humide.
Comment stocker un paravent de 4 mètres sans l'abîmer ?
Roulé, jamais plié. Un panneau de 75 cm de haut et 4 m de long forme un cylindre compact qui tient debout dans un angle d'abri ou de cave. Serrez-le avec son lien d'origine, posez-le sur une étagère ou une palette plutôt qu'à même un sol qui remonte l'humidité, et et gardez-le à l'abri de la pluie qui battrait le rouleau.
À quel moment remettre son écran de balcon au printemps ?
Quand les tempêtes atlantiques se raréfient, en général en avril, et pas dès les premiers beaux jours : les bourrasques d'équinoxe de mars sont le dernier risque sérieux pour un panneau fraîchement retendu. Avant la remise en place, passez les œillets en revue, remplacez les liens qui ont vieilli et contrôlez la souplesse de la maille sur le bord haut, la zone la plus exposée au soleil.
Sources
- Skidmore E. L., Hagen L. J., 1970, Evaporation in sheltered areas as influenced by windbreak porosity, Agricultural Meteorology 7, 363-374.
- Fairbrother A., Hsueh H.-C., Kim J. H. et al., 2019, Temperature and light intensity effects on photodegradation of high-density polyethylene, Polymer Degradation and Stability.
- Dangers météorologiques : le vent, Météo-France.

