Protéger des coussins de jardin de la pluie et du soleil tient en une règle : ce qui rentre sec et propre ressort utilisable. L'essentiel des dégâts se joue entre les saisons, quand le banc ne sert plus et que la galette reste dehors. Le soleil d'août coupe les chaînes du polymère du tissu, l'humidité d'octobre nourrit les moisissures dans la mousse, et avril découvre une galette grise et molle.
Ce que le soleil fait au tissu, même sans pluie
La dégradation du tissu par la lumière est une affaire de chimie, pas d'usure mécanique. Le rayonnement ultraviolet provoque une dégradation photooxydative : les chaînes du polymère se coupent, des radicaux libres apparaissent, le poids moléculaire du fil baisse. À l'œil, rien ne se voit pendant des mois. Puis la couleur passe, le tissu s'affine aux endroits tendus, et un jour la couture lâche sur un fil qui n'avait plus aucune résistance.
Ce vieillissement a été mesuré sur du tissu polyester tissé, la matière de la plupart des housses de coussins d'extérieur. Le protocole reproduisait l'alternance la plus courante dehors, la condensation nocturne suivie du plein soleil, et la lumière ressort seule coupable : les cycles d'eau sans ultraviolets laissaient la résistance des fils intacte. L'ordre de grandeur parle de lui-même, l'essai accéléré tient en quelques centaines d'heures ce que le tissu encaisse sur plusieurs étés.
D'où le paradoxe de la fin d'été. Un banc orienté plein sud, essuyé chaque semaine, paraît impeccable en septembre. Son coussin, lui, a engrangé trois mois de coupures de chaînes invisibles. La matière fait la différence dans la vitesse du processus : les fibres naturelles transmettent davantage d'ultraviolets que les fibres synthétiques, et un tissage lâche laisse passer plus d'ultraviolets qu'un tissage serré. Les teintes foncées absorbent plus de rayonnement que les teintes claires, un coussin marine chauffe donc davantage en surface qu'un coussin blanc cassé.

La leçon pratique n'est pas de rentrer le coussin dès que le soleil pointe. C'est de ne pas lui faire passer deux étés de suite sans interruption. Une pergola, un store banne, un arbre à feuillage tardif divisent la dose reçue, et c'est souvent là que se joue la frontière entre un tissu qui traverse les ans et un tissu qui s'effrite.
Pourquoi une averse passe et une galette mal séchée non
Une averse isolée n'est rien pour un coussin d'extérieur : la housse se sèche en quelques heures au vent. Le danger commence quand l'eau gagne la mousse et n'en sort plus. La croissance fongique devient possible dès que l'humidité relative dépasse 65 pour cent, dans une ambiance chaude et sans circulation d'air, et la mousse n'a la protection d'aucune fibre : c'est une éponge alvéolée, l'eau y entre par les coutures et y reste des semaines. Les différences entre matières et les seuils détaillés appartiennent à l'article consacré aux coussins atteints ; ici, seule la prévention compte.
C'est la raison pour laquelle une galette aplatie sous une bâche mouillée, ou rangée dans un sac fermé encore humide, revient tachée d'auréoles au printemps. Si cela vous arrive, le nettoyage d'un coussin atteint par les moisissures suit sa propre méthode, vinaigre et séchage long. Mais le vrai travail se fait en amont : la tache qui ne se forme pas n'a pas besoin de partir.

Le calendrier de l'entre-saison, geste par geste
La mise à l'abri d'un mobilier de jardin avant les pluies d'automne a ses règles, et les coussins ont les leurs, plus strictes encore. Le bois supporte une housse posée par-dessus, les galettes non : une toile tendue au-dessus d'une pile de coussins comprime la mousse et enferme l'humidité des coutures. Les galettes se rangent, elles ne se couvrent pas.
Fin août ou début septembre, avant les premières pluies durables : secouez la galette, brossez le dessous granuleux à plat pour déloger feuilles et pétales, et vérifiez les coutures. Un fil qui commence à s'effriter à l'angle de la galette, c'est le signe qu'elle a pris sa dose de soleil pour la saison. Rien à réparer, mais c'est le moment de la placer à l'ombre l'été suivant.
Début octobre, quand les averses deviennent la norme : lavez la housse seule, fermeture éclair ouverte et mousse sortie, en programme doux. Une tache de pollen ou de reste de repas laissée sur le tissu pendant six mois de stockage nourrit exactement ce qu'il ne faut pas. Pour les taches installées, le détachage d'un coussin avant lavage se fait toujours à froid et sans frotter en cercle. Puis séchage complet, housse à plat et mousse à l'air libre, jusqu'à ce que les coutures soient sèches au toucher.
Puis le rangement lui-même : la galette remontée se pose à plat dans un local sec et aéré, appentis, cellier, haut de placard, jamais dans un sac plastique fermé ni une caisse étanche. À plat plutôt que debout ou roulée : la mousse garde la mémoire de la position. Sur un banc de 120 cm habillé d'une galette d'assise de 40 cm de profondeur, la housse démontable se lave en machine, ce qui ramène tout ce calendrier à quatre lavages courts par an.
Une précision pour les banquettes d'angle : une seule galette couvre une seule longueur d'assise, il en faut une par côté. Les deux suivent le même circuit de lavage. Une tache laissée sur l'une contamine l'autre à la reprise, par simple voisinage dans le même local de rangement.
Au cœur de l'hiver, une vérification de deux minutes évite les mauvaises surprises d'avril. Touchez la galette à travers la housse : elle doit être sèche et neutre à l'odorat. Une odeur terreuse, même légère, signale une moisissure qui démarre, et il est encore temps de sauver la galette : sortie, séchage, housse lavée, et retour au sec dans une position mieux aérée. Une galette qui sent le renfermé au mois de janvier se lave en une matinée. La même galette découverte en avril, après trois mois de plus en chambre close, se jette souvent.
Au printemps, la sortie de stockage se joue sur une journée. La galette d'assise de 120 x 40 cm posée à plat sur le banc, housse fermée, reprend ses 3 cm d'épaisseur en vingt-quatre heures, deux jours si elle a passé l'hiver compressée sous d'autres choses. Attendez ce délai avant de juger l'épaisseur ou de rajouter une deuxième couche.
Ce que le dessous antidérapant ne pardonne pas
Le dessous granuleux qui retient la galette sur le bois a une ennemie discrète : la poussière humide. Sur une assise vernie propre et sèche, le grain accroche parfaitement. Sur un banc couvert de pluie avec quelques feuilles collées, la galette glisse au moindre mouvement, et la texture du dessous retient l'humidité du bois contre la mousse. Un coup de chiffon sec sur l'assise avant chaque pose, cinq secondes, fait durer ce grip des années.
Une limite à connaître : ce dessous n'est pas une étanchéité. La galette tient sur un banc humide, elle n'y est pas chez elle. Entre deux averses d'automne, mieux vaut la rentrer que de la laisser posée sur un bois qui sèche lentement.

Un coussin de banc bien traité réclame peu de choses, mais à dates fixes. Quelques gestes par an, placés aux bonnes semaines, et la galette traverse les saisons sans rien perdre ni de sa teinte ni de son épaisseur.
Questions frequentes
Peut-on laisser une galette de coussin de banc dehors tout l'hiver ?
Non. Le froid abîme peu la mousse, l'eau stagnante l'abîme beaucoup : elle entre par les coutures et reste au cœur, là où l'air ne circule plus. Les moisissures se développent quand l'humidité relative dépasse 65 pour cent. Une galette passée l'hiver dehors revient tachée d'auréoles, et elles ne partent pas toujours au lavage.
Faut-il laver la housse avant de la ranger pour la mauvaise saison ?
Oui, housse seule, en machine, puis séchage complet à plat avant remontage. Une tache organique, pollen ou reste de nourriture, laisse de quoi nourrir les moisissures pendant le stockage. Un acheteur du produit note que la housse s'est légèrement rétractée après un premier lavage : séchez-la à plat, jamais au sèche-linge, et remontez-la une fois bien sèche en tirant doucement sur les angles.
Comment rattraper une galette aplatie après plusieurs mois de rangement ?
Comme au déballage : posez-la à plat, housse fermée, sur le banc ou sur le sol, et laissez la mousse reprendre son volume. Comptez une journée, deux si la galette était compressée ou pliée. Les plis de transport ou de stockage s'effacent pendant ce temps. Si des marques persistent au-delà de deux jours, elles ne partiront plus seules.
Le soleil décolore-t-il un coussin sous une pergola ou un store ?
Oui, plus lentement, mais sûrement. Le rayonnement diffus passe sous une pergola ou un store, et c'est lui qui coupe les chaînes du polymère du tissu au fil des saisons. Une galette claire, blanc cassé par exemple, marque moins le changement de teinte qu'une galette foncée, mais le tissu vieillit pareil : c'est la résistance des fils qui se perd, pas seulement la couleur.
Sources
- Yousif E., Haddad R., 2013, Photodegradation and photostabilization of polymers, especially polystyrene: review, SpringerPlus.
- Asadi H., Uhlemann J., Stranghoener N., Ulbricht M., 2021, Artificial Weathering Mechanisms of Uncoated Structural Polyethylene Terephthalate Fabrics with Focus on Tensile Strength Degradation, Materials, 14(3), 618.
- Saha B., Saha A., Das P., Kakati A., Banerjee A., Chattopadhyay P., 2024, A comprehensive review of ultraviolet radiation and functionally modified textile fabric with special emphasis on UV protection, Heliyon.
- Hammad A., Beaugrand K., Ross J. A., Allan N., Berman M., 2025, Assessing mold growth severity on various textiles: comparative analysis of inoculum densities and fungal strains, Sustainable Microbiology.

