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Voile d'ombrage beige tendue au-dessus d'une terrasse sous une averse, gouttes visibles sur la toile et ruissellement vers un coin bas
Sur une toile enduite, l'averse ne traverse pas : elle ruisselle vers le coin que vous avez laissé plus bas.

Voile d'ombrage enduite ou filet d'ombrage : ce que change la pluie

8 min de lecture


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Voile d'ombrage ou filet d'ombrage : sur la ligne d'un devis, les deux se tendent au-dessus d'une terrasse et projettent de l'ombre. La comparaison change le jour où le ciel se couvre. D'un côté une surface fermée, de l'autre une maille ouverte, et l'eau ne réagit pas pareil sur l'une et sur l'autre. Ce comparatif suit donc la pluie, de son arrivée sur le tissu jusqu'à ce qu'elle laisse derrière elle.

Une surface pleine, une maille ajourée

Une voile enduite part d'un tissage de polyester, puis une enduction de polyuréthane vient combler les jours du tissage. Le fil n'est plus nu : il est enrobé, et la surface devient continue. C'est cette continuité qui décide du reste, parce qu'une surface continue n'offre aucune ouverture à l'eau.

Un filet d'ombrage fonctionne à l'inverse. Il est fait de fils assemblés en maille, et c'est l'espace entre ces fils qui fait le travail. Plus la maille est serrée, plus l'ombre est dense. Mais ce passage n'est pas sélectif : l'air, la lumière et l'eau empruntent les mêmes trous. Le taux d'ombrage annoncé décrit la lumière reçue, et l'eau profite du même chemin.

Les deux existent parce qu'ils répondent à deux questions différentes, et aucune des deux manières de faire n'annule l'autre. La vôtre commence par une phrase simple : qu'est-ce qui doit rester au sec sous cette ombre ?

Ce que la pluie fait sur une toile enduite

Sur une surface enduite, la goutte ne s'étale pas. Le polyuréthane joue le rôle de joint. Un tissu de coton rendu imperméable par son enduction atteint un angle de contact de 110°, et le même coton sans traitement récolte le plus mauvais score de la série au test d'arrosage. Un tel angle signifie que l'eau ne mouille plus la surface : elle reste en goutte et roule au lieu de s'étaler. C'est ce qui se passe sur une voile enduite, où l'averse perle et glisse au lieu de s'imbiber.

Macro d'une toile de polyester enduite beige sous la pluie, gouttes d'eau formées en surface qui commencent à ruisseler
L'enduction ferme le tissage : la goutte reste en surface et roule, au lieu de traverser le fil.

Une enduction n'est pas une bâche pour autant. La colonne d'eau tenue par un textile imprégné de polyuréthane reste modeste : moins de 10 mm avant traitement, 90 mm au mieux après imprégnation. L'étude visait, elle, 1 300 mm pour une toile réellement imperméable. Traduisez en usage : la voile encaisse une averse et la fait ruisseler, mais elle reste un textile tendu, pas une toiture. Sous elle, une table et des chaises passent la saison sans dommage. Un appareil électrique ou un matelas, non.

L'eau qui ruisselle suit la pente. Sur une voile tendue à plat, elle s'arrête au milieu et forme une poche : le tissu se creuse, la poche grossit, et ce poids travaille les coutures bien plus que le vent. Le réglage se fait donc au montage : laissez l'un des quatre coins descendre sous les trois autres, pour que l'averse trouve sa sortie au lieu de s'installer. C'est le geste que demande une toile annoncée imperméable comme la voile rectangulaire 2 x 3 m : un côté haut, un coin bas, et l'eau part du côté que vous avez choisi.

Sous un filet, l'averse passe

Sous un filet d'ombrage, il pleut. La maille n'arrête pas plus la pluie qu'elle n'arrête l'air : l'eau traverse et arrive sur la terrasse, sur la table, sur les coussins. Rien ne l'arrête, exactement comme s'il n'y avait rien au-dessus. Le filet aura fait son travail sur la lumière et rien sur l'eau. En verger, les deux fonctions sont confiées à deux installations distinctes : la couverture anti-pluie tient la pluie loin de la canopée, et le filet du rang voisin ne s'occupe que des oiseaux.

La maille est ouverte par construction, et c'est ce qui explique la suite. Aucune poche d'eau ne peut s'y former, et le filet sèche dans les minutes qui suivent l'averse. Pour garder du mobilier au sec, la protection adaptée est ailleurs, du côté des bâches et des housses, qui couvrent le meuble au lieu de tamiser la lumière au-dessus de lui.

Filet d'ombrage tissé au-dessus d'une terrasse après une averse, sol et mobilier mouillés sous la maille
Sous un filet, la pluie est passée : le sol et le mobilier ont reçu l'averse comme en plein air.

Dessous, ce n'est pas seulement l'eau qui change

Sous une voile enduite, la pluie n'est pas le seul élément à s'arrêter. Deux parcelles de cerisiers voisines, l'une sous couverture anti-pluie et l'autre sous filet, donnent l'écart. Le vent y souffle à 0,2 m/s de moyenne sous la couverture contre 0,9 m/s sous le filet, et le rayonnement solaire quotidien tombe à 12,9 MJ/m² contre 13,7 MJ/m². Les arbres couverts ont puisé trois fois moins d'eau dans le sol sur l'ensemble de la saison. Sous un filet, l'air continue de circuler ; sous une surface fermée, il s'arrête.

L'humidité suit le même chemin : au-delà de 60 % d'humidité relative, la consommation d'eau des arbres couverts chutait brutalement, alors que le seuil se situait à 20 % sous le filet. Autrement dit, sous une toile fermée, l'air se charge en humidité et le sol sèche plus lentement. Sur une terrasse, ce n'est pas un détail. C'est la différence entre des coussins qui sèchent et des coussins qui moisissent après la pluie, et elle se sent jusqu'au lendemain.

Un guide de vulgarisation agricole de l'université d'État du Kansas décrit le même effet : le manque de circulation d'air augmente l'humidité et favorise les maladies. Un espace trop fermé peut même se transformer en étuve. Le guide l'écrit pour le filet qu'il décrit, et la même prudence vaut pour une voile enduite : mieux vaut décrocher la protection que de la laisser tendue toute l'année.

L'ombre annoncée n'est pas l'ombre reçue

Un pourcentage d'ombrage se lit sur la lumière, et il ne dit rien de la température sous le filet. Dans une serre équipée de trois filets annoncés à 50 % d'ombrage, le plus lumineux d'entre eux transmettait 38 % puis 35 % du rayonnement solaire selon la période de mesure, et 34 % du rayonnement utile à la photosynthèse. La couleur du filet déplace encore le résultat : le filet beige ne transmettait que 27 % de ce même rayonnement utile en hiver. L'écart entre le chiffre du paquet et la lumière réellement reçue dessous existe donc, et il dépend de la couleur comme de la saison.

Reste à choisir la densité, et cette question ne se pose vraiment que pour un filet. Pour des cultures qui souffrent de la chaleur, le bon registre se situe entre 30 et 50 % d'ombrage, la gamme des filets vendus allant de 20 à 70 %. Sur une voile enduite, il n'y a pas de pourcentage à choisir : l'ombre est franche sous toute la toile, et le choix se réduit aux formats de voiles et de filets.

Le vent décide de la fixation

Un filet prend moins le vent qu'une toile fermée, mais il ne reste pas en place tout seul. Le même guide le dit sans détour : un filet d'ombrage a tendance à s'envoler dans le vent et les intempéries. Il faut donc le lester ou le fixer solidement, avec des briques ou des sacs de sable posés sur les agrafes qui plaquent le tissu au sol.

Une voile enduite, elle, présente une surface pleine. Chaque rafale la charge entièrement, et c'est la fixation qui encaisse, ce qui suppose quatre appuis qui tirent dans des directions différentes sur des supports prévus pour un effort continu. Si l'un des quatre manque, mieux vaut réduire le format que bricoler un cinquième point, et chaque appui se choisit selon la matière du support avant de percer quoi que ce soit.

Choisir selon ce qui est dessous

Pour trancher, regardez ce que vous voulez trouver sous l'ombre après une semaine de pluie. Le prix au mètre carré et la matière viennent après.

CritèreToile enduiteFilet d'ombrage
Quand il pleutL'averse perle sur l'enduction et ruisselle vers le point bas.L'eau traverse la maille et poursuit sa course jusqu'au sol.
Ce qui reste dessousUn mobilier qui n'a reçu que le ruissellement des bords.Un mobilier mouillé comme s'il n'y avait rien au-dessus.
L'air sous la protectionUn air plus calme et plus humide, qui sèche lentement.De l'air qui circule, et des surfaces qui sèchent vite.
La lumière reçueUne ombre franche et continue sur toute la surface.Une lumière tamisée, proportionnelle au taux annoncé.
Le ventUne surface pleine : les coutures et les appuis encaissent la charge.Une surface ouverte : l'air passe, la prise au vent reste faible.
La fin de saisonRinçage, séchage à plat, pliage, crochets laissés en place.Décrochage et rangement sec, la maille séchant en quelques minutes.

Une phrase pour trancher. Si vous cherchez un abri pour manger, une toile enduite est faite pour cela, à condition d'accepter le dévers et de la décrocher avant l'hiver. Si vous cherchez à tamiser le soleil sur des plantes ou sur une surface d'où l'eau doit repartir, un filet est plus juste, avec un pourcentage choisi selon ce qui pousse dessous.

L'erreur reste la même dans les deux cas : compter sur un filet pour arrêter la pluie, ou sur une toile enduite pour remplacer une bâche. Un tissu employé pour autre chose que ce qu'il fait s'use plus vite que prévu. Et si le format livré ne correspond pas à la portée mesurée, le retour reste ouvert trente jours.

Questions frequentes

Un filet d'ombrage protège-t-il de la pluie ?

Non, et ce n'est pas son rôle. Serrer la maille n'y change rien : un filet plus dense tamise davantage de lumière sans retenir l'eau pour autant, parce que les trous qui laissent passer l'air laissent aussi passer l'averse. Un filet fait de l'ombre, il ne fait pas d'abri. Pour garder du mobilier au sec, il faut une surface fermée posée sur le meuble ou tendue au-dessus de lui.

Une toile enduite peut-elle remplacer une bâche ?

Elle fait perler l'averse et ruisseler l'eau, ce qui suffit pour une table ou des chaises, mais elle ne se comporte pas comme une bâche. Les mesures publiées sur des tissus enduits au polyuréthane montrent une résistance à l'eau qui se compte en dizaines de millimètres de colonne d'eau, très loin des 1 300 mm que viserait une toile réellement imperméable. Ne comptez pas sur elle pour protéger un appareil électrique ou un matelas sur plusieurs jours de pluie.

Où part l'eau qui ruisselle de la voile ?

Elle suit la pente que vous avez donnée, et cette pente se décide au montage. Une toile plane ne renvoie l'eau nulle part : elle s'accumule au centre, appuie sur le tissu et fatigue les coutures bien plus que le vent. Un dévers, même faible, suffit à envoyer toute l'averse vers le point bas choisi. Côté mur, c'est la fixation la plus haute qui donne ce dévers, et elle se reprend au moment de la tension. Prévoyez sous ce coin un sol qui ne craint rien : dalle, graviers ou jardinière, plutôt qu'un tapis ou un parquet.

Faut-il décrocher la voile quand il pleut ?

Non. Une voile enduite est faite pour la belle saison, pluie comprise, et l'eau glisse dessus. Ce qui l'abîme, c'est de rester tendue et mouillée en fin de saison : aux premières gelées, décrochez-la, rincez-la, laissez-la sécher à plat avant de la plier. Les crochets, eux, peuvent rester en place d'une année sur l'autre.

Sources