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Attrape-soleil à fleur dorée suspendu devant un carreau ensoleillé, taches de couleur projetées haut sur le mur d'une pièce claire
L'objet en lui-même ne blesse pas : ce qui compte, c'est l'aplomb de la chaîne et ce qui se trouve sous elle.

Un attrape-soleil est-il dangereux ? Ce qui peut vraiment arriver sous une chaîne de verre

7 min de lecture


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Attrape-soleil dangereux : la formule circule, et elle ne dit pas grand-chose tant qu'on n'a pas regardé de quoi l'objet est fait. Ce qui pend devant le carreau, ce sont des perles, une fleur dorée et une chaîne fine, sans mécanisme ni alimentation. Les points de vigilance sont ailleurs : dans ce qui porte la chaîne, dans ce qui se trouve sous elle, et dehors, quand la vitre renvoie le ciel.

Ce qui blesse vraiment dans une maison vitrée

Quand on cherche ce que le verre fait aux gens chez eux, on ne tombe pas sur des suspensions de quarante centimètres. La littérature médicale s'intéresse aux grandes plaques, et d'abord aux plateaux de table basse, qui cèdent quand on s'appuie dessus. Un cas rapporté dans Medicine, Science and the Law décrit une chute au travers d'un plateau qui a provoqué une hémorragie mortelle. Les auteurs rappellent ensuite que ces tables sont une source d'accidents domestiques bien connue, que les blessures non mortelles sont beaucoup plus nombreuses que les mortelles, et qu'elles concernent souvent des enfants.

Deux choses en découlent. La première est que la pièce que vous accrochez demain n'appartient pas à cette catégorie. Ce qui pend au bout de la chaîne, ce sont deux colonnes de sept perles et une goutte taillée, pas une plaque sur laquelle on s'assoit. La seconde est que si vous avez un enfant en bas âge, la table basse du salon mérite plus votre attention que la décoration de la fenêtre. Le verre qui envoie quelqu'un aux urgences est une grande plaque horizontale, pas une pièce qui pend.

Reste le cas de la casse, qui est le vrai scénario d'un objet suspendu. Une pièce qui tombe sur du carrelage se fend, et les éclats fins glissent volontiers sous un meuble. Un débris de verre peut aussi rester logé dans une plaie sans qu'on le repère tout de suite. Les auteurs signalent que de longs éclats passent parfois inaperçus longtemps, ce qui justifie de regarder à deux fois plutôt qu'à une. La remarque vaut pour une goutte de quelques centimètres comme pour un plateau de table.

Attrape-soleil à perles de verre pendant au-dessus d'un carrelage clair et nu, dans un couloir éclairé par une fenêtre latérale
Au-dessus d'un sol dur, une chute se termine en éclats : au-dessus d'un tapis ou d'un parquet, elle pardonne beaucoup plus souvent.

L'endroit que l'objet ne doit pas occuper

La seule cote dont nous disposons vient d'une acheteuse : quarante centimètres de long, chaîne comprise. C'est peu, et cela rend la précaution facile : quelques dizaines de centimètres de verre et de métal qui pendent à hauteur de visage, il suffit de choisir sous quoi ils ne pendent pas.

Trois emplacements se retirent d'eux-mêmes. Au-dessus d'un lit, d'un berceau ou d'une table à langer, parce qu'un objet de verre qui oscille au-dessus d'un visage endormi n'apporte rien et qu'on peut l'éviter gratuitement. Au-dessus d'une table de repas, ou d'un canapé où l'on s'assoupit, pour la même raison. Et au-dessus d'un sol dur, carrelage, béton ou pierre, parce que c'est là que le verre casse au lieu de rebondir.

Vient ensuite la question de la lumière, qui est celle qu'on oublie. Les taches colorées se déplacent au fil des heures, et un carreau bien exposé les fait voyager d'un mur à l'autre de la pièce. Dans une cuisine, cela peut poser la chaîne dans l'axe d'un plan de travail, avec des éclats de couleur qui passent sur la planche au moment où vous coupez. Le même raisonnement vaut pour un écran : une tache qui balaie la dalle en fin d'après-midi se remarque vite. Accrochez de manière à ce que les taches tombent sur un mur ou sur un meuble bas, jamais sur une surface où vos mains travaillent.

Rien n'oblige non plus à sortir l'objet : le verre coloré et les pièces dorées n'ont pas été prévus pour la pluie et les nuits dehors. Gardez-le derrière la vitre, c'est là qu'il travaille, et c'est aussi là qu'il ne prend ni l'eau ni les coups de vent qui font battre une chaîne contre un mur.

Attrape-soleil suspendu devant une fenêtre de cuisine, taches de couleur projetées sur un mur dégagé, plan de travail laissé dans l'ombre
Les taches voyagent avec le soleil : un mur les reçoit bien, une planche à découper beaucoup moins.

Après une chute, ce que l'on regarde

Un acheteur français raconte l'avoir fait tomber en l'installant, et l'objet a tenu. Un autre a reçu une pièce cassée dans son colis, ce qui arrive et se règle par un échange. Entre les deux, il reste une question utile : quand la chaîne a touché le sol, qu'est-ce qu'on inspecte avant de la remonter ?

Trois points, dans l'ordre. La goutte du bas d'abord, parce que c'est elle qui touche en premier, et qu'une fêlure sur cette pièce taillée ne se voit pas de loin. Faites-la tourner entre deux doigts sous une lampe : une ligne blanche trahit le choc. Les pétales de la fleur ensuite, qui se déforment plus qu'ils ne se brisent, et qu'on redresse en les prenant par leur bord, jamais en serrant le motif entier. Les anneaux de liaison enfin, ces maillons qui tiennent les segments entre eux. Vérifiez qu'aucun ne s'est écarté : un anneau ouvert ne sépare pas la chaîne tout de suite, il la sépare dans quinze jours, quand le poids a fini de travailler.

Le contrôle une fois par an tient en une pression du doigt, comme pour n'importe quel objet suspendu : posez le doigt sur le point qui porte la chaîne, tirez doucement vers le bas. La barre de tringle, le crochet, la potence d'un support de plante font très bien l'affaire tant qu'ils ne bougent pas. Le jour où quelque chose cède, cherchez de ce côté, pas du côté de l'objet, qui n'a aucune raison de se décrocher seul.

Goutte de cristal facettée suspendue au bas d'une chaîne de perles colorées, tenue écartée d'un montant de fenêtre, sur fond de mur clair
La goutte ferme la chaîne et prend les chocs en premier : c'est la pièce qu'on regarde après une chute.

Un enfant dans la pièce

Un retour parle d'une fleur fine, et la conclusion se tire sans détour : on ne joue pas avec un attrape-soleil. Cet objet est une décoration, pas un jouet, et rien dans sa conception ne prévoit qu'un enfant le manipule, le tire ou le morde.

Aucun vissage ni collage n'intervient dans ce montage : les segments tiennent par leurs anneaux de liaison. La fleur, elle, est la partie la plus fragile. Quand vous manipulez la chaîne, tenez l'anneau du haut et laissez le motif tranquille : une fleur serrée dans une main se déforme avant de se casser. Tant qu'un enfant ne se tient pas debout, la pièce la plus basse se place hors de portée. Au-dessus d'un meuble ou d'un plan de travail plutôt qu'à hauteur de main, et jamais au-dessus du lit.

Il y a enfin un réflexe à garder, celui du déménagement ou du grand nettoyage : ne transportez pas l'ensemble monté au bout des doigts. Posez la chaîne à plat dans une boîte, chaque segment à côté du suivant, et remontez-la une fois sur place. C'est ce qui vous évitera de découvrir la fleur pliée au fond d'un carton.

La baie vitrée et les oiseaux

C'est la précaution qu'on croit avoir prise sans l'avoir prise. Une décoration colorée devant une grande vitre, pense-t-on, avertit les oiseaux et évite les chocs. Les mesures disent l'inverse, et c'est l'endroit de cet article où le chiffre compte le plus.

Une équipe américaine a testé deux films à poser sur des doubles vitrages, en mesurant l'évitement chez des oiseaux en vol contrôlé. Les résultats, publiés dans PeerJ, montrent un évitement amélioré de 47 pour cent avec l'un des deux produits et de 39 pour cent avec l'autre. Ce second effet reste plus marginal, et il tient à une condition stricte : les films étaient posés sur la face extérieure du carreau. Posés à l'intérieur, aucun des deux n'a produit d'effet mesurable. Autrement dit, un repère que l'oiseau ne voit pas depuis le jardin ne lui sert à rien, et une chaîne suspendue derrière la vitre ne fait pas mieux qu'un film collé à l'intérieur.

La deuxième mesure porte sur l'ampleur. Sur des abris vitrés d'arrêt de bus suivis avant et après traitement, les collisions ont nettement reculé, alors qu'elles augmentaient sur les abris laissés nus. L'étude parue dans Urban Ecosystems estime qu'en traitant la moitié des abris de la ville, le total annuel des collisions a baissé de 64 pour cent. Une grande baie vitrée qui renvoie le ciel se comporte comme ces abris : c'est la surface vitrée qu'il faut traiter, pas l'objet qu'on met devant.

Reste à savoir pourquoi si peu de fenêtres sont traitées. Une équipe canadienne a interrogé 422 habitants d'Ottawa : 58 pour cent d'entre eux avaient déjà vu un oiseau heurter une vitre et 87 pour cent se disaient prêts à traiter la leur. Les freins les plus cités ne tenaient pas au matériel. L'idée que les oiseaux ne se cognent pas vraiment chez soi vient en tête, devant le souci de l'esthétique et celui de garder une vue dégagée. Ces résultats sont publiés dans PLOS ONE. Si un carreau de votre logement reçoit des chocs à répétition, l'attrape-soleil n'y changera rien : c'est dehors que le repère doit se voir.

Ce qu'il faut retenir

Reste une limite que nous assumons : cet objet ne se répare pas. Une perle fendue ou une fleur pliée ne se remet pas d'aplomb. Tout se joue donc au moment de l'accroche, dans le choix du carreau et du point qui portera la chaîne.

Sources