Ce qu'un attrape-soleil envoie sur le mur décide de tout, du choix du modèle jusqu'au réglage de l'accroche. Un attrape-soleil mobile porte sept pierres sur une même suspension. Il ne se comporte pas comme un pendentif à une seule pièce : il découpe la lumière en sept éclats et les range sur la paroi d'en face, dans l'ordre de la chaîne. La distance entre la fenêtre et le mur règle ensuite la netteté de ce qui apparaît, et c'est elle qui départage les deux rendus possibles, sept taches distinctes ou une ligne continue.
En bref
En bref
- La chaîne mesure 34,5 cm, boule du bas comprise : sept pierres rondes serties, du violet foncé au rouge.
- Chaque pierre envoie sa propre tache, et les taches gardent l'écart des pierres parce que les rayons du soleil arrivent presque parallèles.
- Cet écart ne change pas avec la distance. La netteté des taches, si : comptez environ un centimètre d'étalement par mètre.
- Une pierre colorée se comporte en filtre, elle transmet sa couleur et absorbe le reste. Attendez une traînée colorée, pas un arc-en-ciel.
Une traînée plutôt qu'une tache
Tout part de la façon dont le soleil éclaire. Le soleil n'est pas un point dans le ciel : il a un diamètre apparent, et ses rayons n'arrivent donc pas tous exactement dans la même direction. C'est ce qui donne des bords flous aux ombres, et cette zone floue s'élargit à mesure que l'on s'éloigne de l'objet qui la projette, comme le rappelle une page de cours de l'université du Kentucky consacrée aux ombres.
Cet écart reste minuscule. Une mesure faite au Laser Teaching Center de Stony Brook University l'a chiffré à partir d'une tache de soleil projetée par un petit miroir : environ un centième de radian, soit un centimètre d'étalement à un mètre de distance. Sur les 34,5 cm qui séparent le haut de la chaîne de sa boule, le même écart ne déplace les choses que de quelques millimètres. La traînée posée sur le mur a donc la largeur de la suspension, et elle conserve la disposition des pierres, boule facettée comprise.
Chaque pierre sertie joue le rôle d'un petit miroir de ce genre. Elle reçoit la lumière directe, la renvoie et la laisse passer, et pose sa propre tache sur la paroi d'en face. Sept pierres, sept taches. Ce que vous accrochez découpe donc la lumière en sept morceaux et les range sur un mur, dans l'ordre de la chaîne.

Ce que la distance au mur change
Le mur proche et le mur du fond ne donnent pas la même chose, et c'est le point qui décide de la place de l'objet dans la pièce. Reprenez le chiffre du centimètre par mètre : chaque tache s'élargit d'environ un centimètre à chaque mètre qui la sépare de la suspension.
À un mètre de la suspension, chaque tache fait donc à peu près un centimètre de flou, quand deux pierres voisines sont séparées de quelques centimètres sur la chaîne. Les sept taches restent distinctes, rondes, et l'œil lit une guirlande de points colorés. C'est le rendu d'un mur proche, celui d'une petite pièce ou d'un carreau qui donne sur un retour de cloison.
À trois ou quatre mètres, l'étalement d'une tache rejoint l'écart qui la sépare de sa voisine. Les bords se touchent, les taches fusionnent, et la guirlande devient une ligne continue, une traînée colorée qui barre le mur. Les deux rendus se valent : vous passez de l'un à l'autre en décrochant la chaîne pour la rapprocher ou l'éloigner du mur.
Deux conséquences pratiques pour choisir la pièce. Une chambre où la fenêtre fait face à un mur à deux pas de là montrera des points, pas une traînée. Un séjour avec un mur du fond à quatre mètres est exactement le terrain de cette suspension. Si la lumière est rasante, sur un mur de côté, la traînée s'étire encore, sans que l'objet y soit pour quelque chose : c'est la lumière qui arrive de biais.


Sept pierres colorées ne font pas un arc-en-ciel
La tentation est de croire qu'une suspension de verre coloré disperse la lumière comme un prisme. Les deux choses existent, mais elles ne se remplacent pas. Un prisme écarte les unes des autres les couleurs que la lumière blanche contient, c'est sa raison d'être. Une pierre colorée travaille autrement : sa matière absorbe une partie des longueurs d'onde et laisse passer le reste, si bien que la couleur transmise est celle de la pierre.
Concrètement, la boule facettée du bas est transparente et ne donne aucune teinte à la lumière qu'elle laisse passer, tandis que chaque pierre transmet la sienne. Le mur reçoit donc du violet foncé, du bleu, du bleu clair, du vert, du jaune, de l'orange et du rouge, dans l'ordre de la chaîne, mais il ne reçoit pas de dégradé continu entre ces teintes. Autant le savoir avant de la choisir : l'arc-en-ciel sur le mur vient d'autres objets que celui-ci.
Reste la question que les avis reviennent le plus souvent à poser, celle de la taille. Dans les retours reçus sur cette forme, le reproche qui revient n'est pas la couleur mais l'échelle : plusieurs acheteurs s'attendent à plus grand. Une chaîne de 34,5 cm, dont une partie part dans la boule du bas, occupe une fenêtre sans la remplir, et se regarde de près. D'autres acheteurs ont douté de la matière : les uns attendaient du cristal, un autre a jugé les pierres en plastique. La fiche décrit des pierres et une boule en verre, avec une finition dorée sur les entourages et la chaîne. Un doute sur la taille se règle avant l'achat, en tenant une ficelle de 34,5 cm contre le carreau visé. Si l'objet vous paraît plus petit que prévu à la réception, ce sont le carreau et la hauteur d'accroche qu'il faut revoir.
Une pièce unique ou une suspension à sept pierres
Ce qui départage les deux solutions, c'est la paroi qui reçoit la lumière et son éloignement de la fenêtre. Le tableau reprend ce que chacune donne, à lumière comparable.
| Ce que vous regardez | Une pièce unique | Une chaîne à sept pierres |
|---|---|---|
| Ce qui apparaît sur le mur | Une tache | Une traînée de sept taches alignées |
| Ce que la distance change | La tache grossit, elle reste seule | L'étalement rejoint l'écart entre pierres et la traînée se referme |
| Le carreau qu'il faut | Un carreau étroit suffit | La lumière directe doit traverser toute la hauteur de la chaîne |
| La pièce qui lui va | Un mur proche, une petite pièce | Un mur du fond dégagé, un séjour profond |
| Ce que l'on voit de près | La monture et la pierre | L'ordre des pierres sur la chaîne |
La dernière ligne compte pour un achat en ligne. De près, vous aurez sous les yeux la chaîne elle-même plutôt que la tache envoyée sur le mur. Sept pierres rondes, chacune cerclée de doré, dans des teintes qui vont du violet foncé au rouge, et la boule facettée transparente du bas, le tout livré déjà monté. La suspension à sept pierres serties se juge donc sur ce point avant tout le reste, et c'est un décor de fenêtre plutôt qu'une pièce de milieu de pièce.
À quelle hauteur accrocher la suspension
Rien à percer : elle se pose sur ce qui est déjà là. Le crochet d'une tringle, une patère vissée au mur, la tige d'un support de plante font l'affaire, sans outil ni trou à reboucher. Une pièce sans crochet au plafond n'empêche rien, et la tige d'un support de plante suffit à suspendre un attrape-soleil sans percer.
Le réglage qui compte est la hauteur, et il se fait avant l'accroche. Dans un passage, réglez la suspension assez haut pour que son bas descende à hauteur d'épaule au plus, sinon la chaîne se prend dans les vêtements. Une fois en place, regardez le mur et non l'objet : reculez de quelques pas et visez le mur d'en face, c'est là que la traînée se dessine. Trop haute ou trop basse, décrochez et déplacez. Un carreau qui ne donne rien peut être suivi d'un autre qui travaille : deux fenêtres d'une même pièce ne reçoivent pas la même lumière.
Un mot sur ce que la lumière impose et que l'objet ne corrige pas. Il faut du soleil direct : une pièce éclairée seulement en lumière diffuse ne donnera aucune tache, aussi bien placée soit la chaîne. Une fenêtre qui ne reçoit le soleil que deux heures par jour condamne la traînée à ces deux heures, et aucun réglage ne rattrape cela. Le reste est simple : un nettoyage mensuel suffit à garder le verre clair, la suspension est garantie deux ans, vous disposez de 30 jours pour la retourner, et elle arrive chez vous en 7 à 15 jours ouvrés.
Questions frequentes
Pourquoi les taches gardent-elles l'écart des pierres sur le mur ?
Parce que les rayons du soleil arrivent presque parallèles. Le soleil n'est pas un point dans le ciel, mais il est si loin que son écart de direction reste négligeable à l'échelle d'une chaîne de fenêtre. La traînée conserve donc la disposition des pierres, quelle que soit la distance du mur : ce sont les bords des taches qui s'adoucissent, pas leur place.
Que change la distance entre la suspension et le mur ?
Le rendu change de nature, sans que l'objet y soit pour quelque chose. Sur un mur proche de la fenêtre, les sept taches restent séparées et rondes, et l'œil les compte une à une. Sur un mur du fond, les bords de deux taches voisines se rejoignent et les sept points se lisent comme une seule ligne. C'est donc le mur que vous choisissez, plus que la suspension, qui décide de l'effet.
Faut-il un carreau large pour obtenir une traînée ?
Il faut que la lumière directe traverse la suspension sur sa hauteur. Derrière un carreau étroit, seule une partie des pierres reçoit le soleil, et vous n'aurez qu'une ou deux taches au lieu de sept. Un carreau large, ou une fenêtre dont le soleil traverse toute la hauteur, donne la traînée entière.
La traînée tombe trop haut ou trop bas : que faut-il déplacer ?
D'abord la suspension, d'un carreau à l'autre, avant de percer quoi que ce soit. Le crochet de tringle et la patère se descendent ou se remontent de quelques centimètres, ce qui suffit à poser la traînée au milieu du mur plutôt qu'au ras du plafond. Si un carreau ne donne rien, essayez le voisin : deux fenêtres de la même pièce ne reçoivent pas la même lumière.
Sources
- Straley J. P. et Kovash S. S., University of Kentucky, Department of Physics and Astronomy. The Physics of Light: Shadows. Cours de physique, 2002.
- Romano M., Laser Teaching Center, Stony Brook University. The Geometry of Sunlight. Rapport de projet, printemps 2012.
- Nave R., HyperPhysics, Georgia State University. Prisms. Département de physique et d'astronomie.
- Nave R., HyperPhysics, Georgia State University. Subtractive Color Mixing: Filters. Département de physique et d'astronomie.
