Un bouquet solaire à planter ne s'accroche à aucun support : la tige entre en terre, et la place que vous lui donnez décide de la scène du soir comme de la charge du lendemain. Le même sujet produit trois décors très différents selon qu'il prend place devant un massif, dans une jardinière ou en bordure de pelouse. Voici ce qui change de l'un à l'autre, chiffres du produit en main.
Un point lumineux de 100 cm, dont une partie entre en terre
Commencez par la longueur, parce qu'elle se lit mal sur une photo. Le sujet mesure 100 cm de la pointe au sommet. Cette cote se répartit en trois morceaux : 42 cm entre la pointe et le boîtier solaire, 33 cm entre le boîtier et la corolle, puis les 25 cm de corolle. Ces 100 cm donnent la longueur de l'objet, pas la hauteur qu'il atteindra une fois planté. Chaque centimètre enfoncé rapproche la corolle du sol : enterrée sur 30 cm, elle culmine à 70 cm ; descendue jusqu'au boîtier, à 58 cm.
La suite est une affaire d'attente. Les 90 LED multicolores s'allument seules à la tombée du jour et tiennent six à huit heures selon ce que le panneau a reçu dans la journée. Le boîtier porte deux modes, le fixe et le clignotant, et rien de plus : ni minuterie, ni télécommande. Un bouquet de 90 LED éclaire donc un point du jardin, ce qui suffit à tenir une scène le soir ; pour éclairer une allée, il faut un autre luminaire. Comptez une vingtaine de minutes pour écarter les brins un par un et planter la tige.
Devant un massif, en première ligne
Un massif de vivaces monte vite à 60 ou 80 cm, et une corolle qui plafonne entre 58 et 70 cm disparaît dès qu'elle se trouve une rangée trop loin. Cherchez la première ligne, ou une trouée entre deux touffes, à l'endroit exact où votre regard tombe en sortant le soir. Le feuillage fait alors office de fond sombre, et les billes multicolores se détachent dessus.
Deux sujets dans un même massif se plantent à une bonne longueur de tige l'un de l'autre : plus près, les deux corolles se confondent en une seule tache ; plus loin, elles cessent de se répondre.
Ce qui vaut pour la vue vaut pour le panneau. Un sujet installé au milieu de plantes hautes passe une partie de la journée à l'ombre de ses voisines, et la charge du lendemain s'en ressent. Dégagez le côté par lequel le soleil arrive. Inutile de tailler pour autant : une trouée d'air du côté du sud suffit, et un massif se regarde autant qu'il éclaire.
Le fond, ensuite, ne se choisit pas au hasard. Une corolle multicolore se détache sur du feuillage sombre, alors qu'un mur clair ou une palissade peinte en blanc la délavent. Devant une maison à façade pâle, plantez le sujet de façon à ce que les vivaces du massif passent derrière lui. Le même bouquet gagne en netteté sans qu'on change quoi que ce soit au produit.
Reste la question du voisinage immédiat. Une étude publiée dans PNAS Nexus a croisé les relevés d'un réseau d'observateurs phénologiques avec les images nocturnes prises par satellite au-dessus des États-Unis continentaux. Sur les ligneux, le débourrement printanier avance en moyenne de 8,9 jours et la coloration d'automne retarde de 6,0 jours, avec de fortes variations d'un point à l'autre du territoire. Ces moyennes portent sur des quartiers entiers, et une corolle de 90 LED ne pèse rien à cette échelle. Ces relevés concernent en outre les ligneux, arbres et arbustes, pas les vivaces du massif. La portée pratique tient à la haie ou à l'arbuste voisin : écartez la corolle des branches au lieu de l'y nicher.

Dans une jardinière, la profondeur fait le reste
Le bac est un usage prévu pour ce format, et il règle un problème que la pleine terre ne règle pas : vous tournez le pot quand la course du soleil change. Une tige plantée dans la pelouse, elle, reste où elle est. Sur une terrasse ou un balcon, ce détail compte en septembre, quand le soleil descend et passe derrière le mur.
La profondeur, ensuite, décide de tout. Les 30 cm reviennent comme repère de base pour une culture en pot : la page de l'Oregon State University Extension Service consacrée à la culture en bac donne au moins 30 cm de substrat et un contenant de 8 à 19 litres pour la plupart des légumes. Retenez le volume plutôt que la culture : c'est la masse de terre qui tient un piquet de 100 cm droit dans le vent. Un pot de 30 cm ne vous laisse pourtant enterrer que 30 cm de tige, et la corolle plafonne alors à 70 cm au-dessus du substrat. Elle se lit donc plus haut que dans une pelouse où la tige descend jusqu'au boîtier : un bac peu profond limite l'enfouissement, ce qui se sait avant de choisir le contenant.
Lestez le contenant, ou prenez-le large : une tige de 100 cm dans 30 cm de substrat forme un bras de levier qui bascule au premier coup de vent d'ouest. Vérifiez les trous de drainage : une terre détrempée abîme la pointe enterrée, et l'ensemble se range de toute façon au sec en fin de saison. Posez enfin le bac au bord extérieur de la terrasse, plutôt que contre le mur, sous peine de laisser le panneau dans l'ombre une partie de l'après-midi.
Un substrat nu, sans plante qui l'occupe, se tasse et se lave avec les pluies : quand le niveau baisse, la pointe se découvre et le sujet penche. Rebasculez un peu de terre au printemps, ce calage tient la tige mieux qu'un caillou posé au bord.

En bordure de pelouse, la scène la plus exposée
La bordure est la scène naturelle de ce format : une tige droite dans une terre souple, la corolle au-dessus d'une herbe tondue. Elle a un adversaire, le fil du coupe-bordure, qui sectionne un brin fin au moindre contact. Tondez autour du piquet en gardant la tête de coupe à distance, et réservez la finition du tracé à un passage à la main. Un massif ou un bac épargne cette manœuvre à qui ne veut plus y penser.
Le sol d'une bordure est souvent tassé par les passages, et parfois mêlé de cailloux. Si la terre résiste, arrosez la veille et enfoncez la tige en la faisant tourner doucement entre deux doigts : un piquet forcé au marteau se redresse mal ensuite. Dans une terre souple, les 42 cm du bas entrent d'eux-mêmes, et le sujet tient droit sans qu'il soit besoin d'insister.
Reste une question que personne ne pose avant l'achat : les insectes. La corolle multicolore contient du bleu et du vert, et une campagne de piégeage menée dans la région de Los Angeles a comparé des lampes blanches de même température de couleur. Les longueurs d'onde bleues et ultraviolettes attirent en général le plus d'arthropodes, et des LED réglées pour en émettre moins ont capté moins d'insectes que des modèles du commerce. Sur un bouquet, le spectre est fixé une fois pour toutes : il ne reste que la distance et l'interrupteur. Écartez la corolle de la porte et de la fenêtre ouvertes, et coupez le sujet en fin de soirée. Le mode fixe, plus calme, vaut mieux que le clignotant pendant un repas dehors.
La suite concerne le reste du jardin. La lumière artificielle nocturne agit sur le développement, les déplacements, la recherche de nourriture et la reproduction de nombreuses espèces d'insectes. La revue publiée dans Biological Conservation rappelle que c'est l'une des perturbations les plus faciles à réduire, puisqu'il suffit d'éteindre pour effacer son effet. Le boîtier du bouquet porte un interrupteur : servez-vous-en quand la soirée se termine, et laissez un coin du jardin dans le noir, une haie, un tas de bois, l'endroit où vous ne regardez jamais.

Les trois décors en un tableau
| Le décor | Ce qu'il faut prévoir | Ce que l'on voit le soir | Le piège |
|---|---|---|---|
| Devant un massif | Une place en première ligne, dégagée côté soleil | Une corolle dressée sur un fond de feuillage sombre | Le sujet planté une rangée trop loin, caché par les vivaces |
| Dans une jardinière | Un bac de 30 cm de profondeur au minimum, large et lesté | La même corolle, un peu plus haute que dans la pelouse | Le vent sur un pot léger, et un substrat qui se tasse |
| En bordure de pelouse | Une terre souple, une finition de tonte à la main | Un point de couleur dans l'herbe, visible de la maison | La tondeuse et le fil du coupe-bordure |
Ce qui reste vrai partout
Le panneau est solidaire de la tige : déplacer la tige, c'est déplacer le capteur. La zone que vous choisissez doit donc recevoir le soleil jusqu'en fin d'après-midi, et cette contrainte passe avant l'effet visuel. Laissez ensuite une journée entière passer avant de juger, d'autant que le colis arrive souvent partiellement chargé et que la première charge se fait au soleil comme les suivantes.
Un bouquet se déplace sans dommage. Il n'a pas de racines à arracher : la tige ressort d'une terre souple et se replante ailleurs. Vous changez de décor quand la course du soleil tourne, ou vous passez de la pelouse au bac à l'automne.
Le reste dépend de ce que vous cherchez. Pour habiller un tronc ou une rambarde, un fil fin épouse mieux la forme qu'une tige droite.
La corolle marque un endroit du jardin, et aucune des trois scènes ne lui demande davantage. Une tige de 100 cm plantée à l'endroit juste suffit à tenir le décor.
Questions frequentes
Un bouquet solaire planté en jardinière monte-t-il aussi haut que dans la pelouse ?
Elle s'y lit plus haut, et l'écart vient de la profondeur : chaque centimètre enterré rapproche la corolle du sol. Dans 30 cm de substrat, elle culmine à 70 cm ; dans une pelouse où la tige descend jusqu'au boîtier, à 58 cm. Pour la rabaisser à hauteur d'assise, il faudrait un bac de 40 cm, plus lourd à déplacer quand la course du soleil tourne.
Peut-on mettre deux bouquets dans la même jardinière ?
Deux bacs valent mieux qu'un seul à deux tiges. Dans un pot de 30 cm, deux piquets de 42 cm se disputent le même volume de substrat, et le lest ne suit plus pour deux sujets de 100 cm. Deux contenants séparés se déplacent aussi l'un sans l'autre quand la course du soleil tourne.
Faut-il retirer le bouquet pour tondre ?
Il peut rester en place, la tonte passe autour sans l'abîmer. Le seul danger réel vient du fil du coupe-bordure, et un brin sectionné ne se répare pas : un passage à distance puis un finissage à la main suffisent. La tige ressort aussi d'une terre souple en quelques secondes, mais un sujet déplanté avant chaque tonte use son point d'ancrage et finit par pencher.
Le bouquet éclaire-t-il assez pour un massif entier ?
Il éclaire un point, et un massif occupe une surface. Ses 90 LED font ressortir la corolle sur un fond de feuillage, ce qui se repère de la maison sans éclairer les plantes elles-mêmes. Pour lire le soir près d'une table ou pour sécuriser une entrée, comptez sur un autre luminaire.
Sources
- Meng, L., Zhou, Y., Román, M. O., Stokes, E. C., Wang, Z., Asrar, G. R., Mao, J., Richardson, A. D., Gu, L., et Wang, Y. (2022). Artificial light at night: an underappreciated effect on phenology of deciduous woody plants. PNAS Nexus, 1(2), pgac046.
- Longcore, T., Aldern, H. L., Eggers, J. F., Flores, S., Franco, L., Hirshfield-Yamanishi, E., Petrinec, L. N., Yan, W. A., et Barroso, A. M. (2015). Tuning the white light spectrum of light emitting diode lamps to reduce attraction of nocturnal arthropods. Philosophical Transactions of the Royal Society B, 370(1667), 20140125.
- Owens, A. C. S., Cochard, P., Durrant, J., Farnworth, B., Perkin, E. K., et Seymoure, B. (2020). Light pollution is a driver of insect declines. Biological Conservation, 241, 108259.
- Oregon State University Extension Service (2021). Container gardening basics. OSU Extension Service, programme Food Hero.

