Une lampe solaire suspendue se choisit à l'envers des autres. Ce n'est pas la façade qui commande, mais la pièce de charpente à laquelle vous l'accrochez. Avant de comparer les modèles, sachez ce que cette pièce peut reprendre, jusqu'où le câble devra courir pour trouver le soleil, et ce que le détecteur verra depuis cette hauteur.
En bref
Un abri de jardin, une grange, un gazebo ou un appentis n'offrent aucune cloison devant le passage : ils ont une panne, une traverse ou une ferme. Le modèle suspendu se distingue donc par son anneau, par la longueur de câble qui relie le panneau au bloc, et par une télécommande, puisque la lampe pend hors de portée. Aucun crochet n'est fourni : la fixation appartient au bâtiment.
Un portail, un mur de garage, une allée : les autres lampes solaires à détecteur se vissent sur une paroi, face au passage. Ici, le luminaire pend au-dessus du passage et peut changer de place au fil des saisons. Cette différence de pose déplace presque tous les critères de choix.
Une grange ou un gazebo n'a pas de mur qui reçoit le passage
Regardez le bâtiment comme un volume, pas comme une façade. Sous un abri de jardin, le passage longe la paroi du fond ; dans une grange ouverte, il traverse la travée ; sous un gazebo, il tourne autour de la table. Dans ces trois situations, le point à éclairer se trouve au-dessus du sol, et aucune cloison ne lui fait face.

L'anneau devient alors la pièce la plus importante du luminaire. Il doit être assez large pour glisser sur un crochet, assez solide pour tenir un bloc qui bouge au vent, et placé de façon à ce que la lampe pende d'aplomb plutôt que penchée. Un plateau de 21 cm de large sur 10 cm d'épaisseur offre aussi une prise au vent. Dans un abri ouvert sur deux côtés, les rafales font balancer la lampe, et avec elle la zone que le capteur surveille.
La question se tranche donc sur place, en regardant la charpente : quelle pièce reprend la charge, et à quel endroit exact du passage ce point d'accroche se situe-t-il ? Une pièce saine à l'aplomb de la zone à éclairer vaut mieux qu'un crochet neuf posé au milieu d'une travée, qui vous obligera à déplacer la lampe plus tard.
Le panneau doit sortir de l'ombre du bâtiment
Le panneau séparé rend ce format possible : le luminaire pend à l'ombre, le panneau reste au soleil, un câble relie les deux. La longueur se mesure le long du trajet réel, angles et détours compris. Jamais à vol d'oiseau : le guide du projecteur à panneau déporté détaille cette mesure mur par mur.
Attardez-vous ensuite sur ce qui peut ombrer le panneau. On pense au bâtiment voisin, à un arbre, rarement à un poteau ou à une simple traverse. Or, sur un module photovoltaïque, une ombre fine coûte beaucoup plus que sa surface. Un module conduit le courant de cellule en cellule, et la moins éclairée bride le débit de toute la rangée.

Un physicien de l'université de Californie à San Diego a chiffré cet effet sur sa propre installation. Les supports qui permettaient d'incliner ses modules projetaient, matin et soir, des ombres étroites sur les panneaux. Ces ombres n'occupaient qu'une petite part de la surface. En couchant les panneaux à plat pour les supprimer, il a relevé 18 % d'énergie en plus sur la journée, 3 540 Wh contre 2 990 Wh. Les courbes se superposaient en milieu de journée : l'écart se jouait aux deux extrémités.
La leçon vaut pour une grange ou un abri. Le pignon sud paraît idéal jusqu'à ce que vous regardiez ce qui le borde : une gouttière, une cheminée, un arbre taillé, un câble. Faites le tour du panneau à deux moments de la journée, tôt et tard, quand les ombres s'allongent. Un déplacement d'un mètre suffit souvent à sortir de la gêne. Ce réglage se fait avant de monter la lampe, pas après.
Le détecteur surveille l'arrivée, pas la zone couverte
Un détecteur infrarouge passif ne mesure pas une distance. Il lit le rayonnement que dégage un corps en mouvement dans son champ. Un corps humain a une température de peau de l'ordre de 34 °C et rayonne entre 9 et 10 µm, dans une bande située entre la lumière visible et les micro-ondes. D'où son nom : passif, parce que le capteur n'émet rien, il reçoit.
Ce détail a une conséquence très concrète sous une toiture. Le capteur réagit à ce qu'il voit, quelle que soit la surface éclairée par la lampe. Une lampe accrochée au fond d'un appentis, derrière une jambe de force, éclairera correctement le passage sans jamais se déclencher, parce que le premier obstacle masque l'arrivée. La zone éclairée n'est pas la zone surveillée, et cette confusion coûte cher sous un gazebo.
Cherchez donc un point de vue avant de chercher une hauteur. Depuis le dessous d'un gazebo, un capteur placé près du bord voit la terrasse et le dernier mètre du chemin : c'est là que vous apparaissez. Le même capteur au centre de la toiture ne verra que la table.
La hauteur se juge ensuite sur deux critères qui se contredisent. Plus la lampe pend haut, plus le capteur porte loin et plus le faisceau s'étale ; plus elle pend bas, plus la lumière est dense et plus la zone surveillée se réduit. Il n'existe pas de bonne hauteur universelle, seulement une hauteur qui place le cône du détecteur sur votre arrivée.
Gardez enfin en mémoire que l'éclairage continu coupe la détection. Sur la lampe présentée plus bas, le troisième mode maintient la lumière pendant quatre ou six heures, capteur désactivé. Si vous l'allumez pour dîner dehors, revenez sur un mode à détection avant de rentrer.
Une lampe hors de portée se pilote à distance
Une lampe accrochée à une panne se retrouve au-dessus de la hauteur d'atteinte depuis le sol. C'est ce qui justifie la télécommande fournie. C'est aussi pourquoi il faut regarder ce qu'elle commande vraiment : les commandes à distance d'une lampe solaire ne se valent pas d'un modèle à l'autre.
Sur le modèle suspendu, elle allume, éteint et fait défiler trois modes. Deux fonctionnent avec détection, le troisième éclaire en continu dans la limite de quatre ou six heures. Elle donne aussi accès aux trois teintes, blanc, naturel ou chaud. Trois réglages à poser une fois, puis à retrouver près de la porte plutôt que dans l'abri.
Deux points pratiques sont annoncés par la fiche et méritent d'être lus avant de commander. La pile de la télécommande n'est pas fournie. Sa couleur, noire ou blanche, n'est pas choisie au moment de la commande : elle arrive selon le lot. Rien d'anormal, mais deux surprises qu'il vaut mieux connaître avant de commander.
Ce que la lumière fait aux insectes sous un gazebo
Un gazebo éclairé tard attire du monde, et pas seulement vos invités. Sur ce terrain, une étude menée à l'université de Bristol a comparé l'attraction de plusieurs sources domestiques. Le résultat est net. Les deux lampes à diodes testées ont réuni environ 10 % et 12 % des insectes capturés, contre 24 % pour une lampe fluorescente compacte et 54 % pour une lampe à filament. Une lampe à diodes attire donc nettement moins que les sources plus anciennes.
Le second résultat est plus inattendu. Aucune différence significative n'a été trouvée entre une lumière blanche froide et une lumière blanche chaude. Choisir le blanc chaud pour limiter les insectes ne repose donc sur rien de solide. La teinte sert l'ambiance ; elle ne règle pas la question des insectes.
Ce qui agit vraiment, c'est la durée d'allumage. Un mode à détection qui s'éteint après votre passage attire beaucoup moins qu'un éclairage continu mené jusqu'au départ des derniers invités. Un faisceau dirigé vers le bas, qui éclaire la table sans partir vers les haies, réduit encore la surface exposée.
Les points à vérifier avant de commander
Le tableau ci-dessous rassemble ce que la fiche du modèle suspendu publie, et ce qu'elle laisse à votre appréciation.
| Donnée publiée | Ce qui reste à juger |
|---|---|
| 228 LED, batterie 3,7 V / 4 400 mAh | Aucun flux en lumens : impossible de promettre une surface éclairée |
| Panneau 6 V / 3 W, rotatif sur 180°, câble de 5 m | Le trajet réel du câble et les obstacles qu'il rencontre |
| Plateau de 21 cm de large sur 10 cm d'épaisseur | Le poids, non publié, et la pièce de charpente qui le reprend |
| Trois modes, dont un continu limité à quatre ou six heures | Le mode qui correspond à votre usage du soir |
| Indice IP65, pluie et projections | Rien de plus : ni immersion, ni nettoyage au jet |
Le format suspendu se compare mal au format applique, qui se visse sur une paroi et n'a besoin d'aucun support. Si votre bâtiment possède une paroi qui fait face au passage, l'applique reste plus simple à poser, et vous pouvez comparer les deux approches avant de trancher. Le suspendu se justifie quand ce mur manque, ou quand le point d'éclairage doit pouvoir se déplacer.
Ce que ce guide ne peut pas promettre
Aucun chiffre de lumière n'est publié pour la lampe solaire suspendue Jarditips, ni en lumens, ni en surface couverte. Les 228 LED décrivent la construction du bloc. Elles ne disent rien de la quantité de lumière reçue au sol. Tant que ces données manquent, une promesse de surface serait une invention.
L'indice IP65 mérite lui aussi une lecture précise. Il couvre la pluie et les projections d'eau, ce qui convient à une lampe pendue sous une avancée de toit. Il ne dit rien d'une immersion ni d'un nettoyage au jet. Le panneau, lui, se salit : une poussière installée sur le verre fait baisser la charge bien avant que la batterie ne faiblisse.
Reste la saison. Après une journée grise, la recharge demande du temps, et une lampe très sollicitée la veille peut manquer d'énergie le soir suivant. Toutes les lampes solaires connaissent cette contrainte, et ce modèle n'y échappe pas. Prévoyez donc un mode à détection plutôt qu'un éclairage continu les journées sans soleil.
Ce qu'il faut retenir
Si votre bâtiment offre une paroi devant le passage, une applique murale reste la pose la plus simple et la moins chère. Le modèle suspendu prend l'avantage dès que cette paroi manque, ou que le point lumineux doit pouvoir se déplacer au fil des saisons.
La teinte, les modes et la télécommande se règlent une fois la lampe accrochée. Ce sont les vérifications faites avant la commande qui décident du reste.
Questions frequentes
Comment choisir entre une lampe solaire suspendue et une applique murale ?
Tout dépend de ce que votre bâtiment offre au-dessus du passage. Une applique se visse sur une paroi qui fait face à la zone à éclairer, et cette pose reste la plus simple. Une lampe suspendue se justifie quand cette paroi n'existe pas, ou quand le point d'éclairage doit pouvoir changer de place : elle se pend à la charpente, et aucun crochet n'est fourni avec le luminaire.
Quelle longueur de câble faut-il prévoir entre le panneau et la lampe ?
Comptez le cheminement réel, pas la distance directe entre les deux points : un câble qui contourne un angle de mur consomme plus de mètres qu'il n'y paraît. Sur le modèle présenté ici, il mesure 5 m, de quoi poser le panneau sur un pignon voisin ou sur le toit de l'abri. Prenez cette mesure avant de commander, et non une fois l'échelle sortie.
Le détecteur d'une lampe suspendue surveille-t-il la zone qu'elle éclaire ?
Pas forcément, et c'est le piège des bâtiments ouverts : un capteur ne déclenche que sur ce qu'il voit, et le premier obstacle rencontré suffit à le rendre aveugle. La conception du capteur compte aussi : les modèles les plus sensibles combinent plusieurs éléments et une lentille de Fresnel qui élargit le champ. La fiche du modèle présenté ici ne détaille pas ce point. Sous un gazebo, cherchez donc un capteur placé près du bord de toiture, là où vous apparaissez.
Une lumière blanche chaude attire-t-elle moins d'insectes sous un gazebo ?
Les mesures ne le confirment pas : dans l'étude comparant plusieurs sources domestiques, les deux lampes à diodes ont attiré nettement moins d'insectes que le filament ou le fluorescent compact, mais aucune différence significative n'a été trouvée entre le blanc froid et le blanc chaud. La teinte se choisit pour l'ambiance, et la durée d'allumage reste le levier le plus efficace.
Sources
- Wakefield, A., Broyles, M., Stone, E. L., Jones, G. et Harris, S. (2016). Experimentally comparing the attractiveness of domestic lights to insects: Do LEDs attract fewer insects than conventional light types? Ecology and Evolution, Université de Bristol.
- Murphy, T. Effect of Partial Shading. Département de physique, Université de Californie à San Diego.
- Miri, M. Infrared-Based Motion Sensors. Cours ECGR 2252, Département de génie électrique et informatique, Université de Caroline du Nord à Charlotte.

