Mangeoire oiseaux pas chère : les alternatives au plateau suspendu et ce qu'elles coûtent vraiment
Une mangeoire oiseaux pas chère se trouve facilement, et une soucoupe de récupération fait même l'affaire pour commencer. Ce qui coûte, sur un hiver, c'est la nourriture et le temps d'entretien, bien plus que le support. Voici ce que valent les alternatives au plateau suspendu, et où part réellement l'argent.
Ce qu'un plateau doit faire, quel que soit son prix
Avant de comparer des prix, il faut savoir ce qu'on achète. Un plateau de nourrissage est une surface plane, en hauteur, où les oiseaux qui ne s'accrochent pas peuvent se poser : merles, tourterelles, rouges-gorges ou étourneaux. Le reste relève de la tenue dans le temps.
Une synthèse sur les risques sanitaires du nourrissage publiée dans les Philosophical Transactions of the Royal Society B résume ce qu'on attend d'un bon poste. La nourriture ne doit pas y prendre l'humidité, les restes ne doivent pas s'y souiller, et il doit se nettoyer facilement. Ces critères valent pour une mangeoire de boutique comme pour une assiette de récupération.
Notre plateau suspendu coûte 19,90 €. C'est un disque de 22 cm en plastique PP, profond de 3 cm, tenu par trois chaînes de 40 cm réunies en un point. Sa surface lisse se brosse sans outil. Ouvert, il ne protège pas les graines de la pluie. Et le plastique est léger : vide, il tourne et s'incline au vent, d'où l'habitude de poser deux cailloux plats au fond.
La soucoupe de récupération : zéro euro, mais pas sans conditions
C'est l'alternative la plus évidente. Une soucoupe de pot de fleurs, une assiette creuse, un couvercle de boîte : n'importe quelle surface plate avec un petit rebord fait un plateau. Pour tester si des oiseaux fréquentent votre jardin avant d'acheter quoi que ce soit, c'est même la bonne méthode.
Les limites apparaissent au bout de quelques semaines.
La terre cuite brute boit l'eau. Après une averse, elle reste humide sous les graines. Or la synthèse citée plus haut note que la contamination par les toxines de moisissure progresse par temps chaud et humide. Une soucoupe émaillée ou en plastique se comporte mieux, parce qu'elle sèche vite et se brosse sans retenir de dépôt.
Reste la pose. Sur un muret ou un rebord de fenêtre, la soucoupe est à portée de bond d'un chat. La suspendre demande un perçage et des ficelles qui finiront par pourrir. C'est ce que règlent, à peu de frais, les chaînes et le point d'accroche unique d'un plateau prévu pour être suspendu.

Si vous partez sur une soucoupe, prenez-la lisse et installez-la sur une table de jardin dégagée, loin des buissons et des murets où un chat se poste. Videz-la au même rythme qu'un vrai plateau.
Nourrir au sol : gratuit à l'achat, coûteux à l'usage
Pourquoi ne pas simplement jeter les graines sur la pelouse ? Les oiseaux qui se nourrissent à plat y sont à l'aise.
La vulgarisation de la Colorado State University Extension le rappelle sans détour : les graines tombées au sol attirent écureuils et campagnols, qui abîment les jeunes plants en les cherchant. Beaucoup de mélanges restent aussi capables de germer. Un poste au sol devient vite une pelouse piquée de tournesols et un passage de mulots. Le même phénomène explique les graines sous la mangeoire suspendue. Au sol, il n'y a plus de filtre du tout.
Il y a aussi l'hygiène. Au sol, les graines non consommées se mêlent à la terre, aux feuilles et aux fientes, et on ne peut pas les brosser. La seule parade est de servir des rations qui disparaissent dans la journée, ce qui revient à passer deux fois par jour.
Le sol reste utile en appoint, quelques poignées par grand froid là où les merles cherchent déjà.
Les autres mangeoires : payer pour moins de passages
Si le plateau vous paraît trop exigeant, les formats fermés ne coûtent pas beaucoup plus cher. Ils achètent surtout du temps, et ils changent les oiseaux que vous verrez.
| Format | Prix Jarditips | Remplissage | Oiseaux accueillis | Ce qu'il ne fait pas |
|---|---|---|---|---|
| Plateau ouvert à trois chaînes | 19,90 € | presque chaque jour en saison | toutes tailles, merles et tourterelles compris | protéger les graines de la pluie |
| Mangeoire de fenêtre à ventouses | 19,90 € | petit volume, souvent | petites espèces, près de la vitre | accueillir les gros oiseaux |
| Mangeoire suspendue toit pagode | 28,90 € | plusieurs jours de réserve | petites espèces sur perchoir | servir fruits, vers ou eau |
| Silo hexagonal toit tuiles | 29,90 € | plusieurs jours de réserve | petites espèces sur perchoir | servir fruits, vers ou eau |
| Lot de quatre porte-boules de graisse | 29,90 € | au rythme des boules | mésanges et oiseaux qui s'accrochent | nourrir merles et tourterelles |
L'écart de prix est de dix euros au plus. Le vrai arbitrage se fait ailleurs. Un silo à réserve abrite les graines sous son toit et tient plusieurs jours d'absence. Il ne sert que des graines sèches qui s'écoulent, et vise d'abord les petites espèces capables de se tenir sur un perchoir. La mangeoire de fenêtre montre les oiseaux au plus près, avec un petit volume à renouveler souvent. Les boules de graisse fidélisent les mésanges en plein hiver et ne demandent qu'un remplacement.
Le plateau garde un avantage qu'aucun format fermé n'offre : le même disque reçoit graines, vers de farine séchés et quartiers de pomme. L'été, une fois les graines retirées, il accueille un fond d'eau claire.
Le second poste : une dépense à faire tard
Un suivi de long terme des jardins britanniques publié dans Nature Communications associe la hausse de la diversité des oiseaux aux mangeoires, depuis les années 1970, à la variété croissante des aliments et des postes proposés. Les espèces aux habitudes alimentaires particulières y trouvent plus facilement leur place.
Pour le budget, cela ne veut pas dire tout acheter d'un coup. Un second format se justifie quand vous savez qui vient déjà : des mésanges qui s'accrochent au plateau appellent des boules de graisse, un jardin désert en votre absence appelle un silo. Chaque poste ajouté se paie ensuite deux fois, en nourriture et en surfaces à laver.
Gardez-les à quelques mètres l'un de l'autre. La même synthèse sanitaire citée plus haut met en garde contre les stations qui regroupent tous les aliments sur un seul mât, parce qu'elles multiplient les contacts entre espèces.

Où passe réellement l'argent : la nourriture
Sur un hiver, un plateau de 19,90 € devient vite la plus petite ligne du budget. C'est la nourriture qui pèse, et c'est là que les fausses économies coûtent le plus aux oiseaux.
Le pain d'abord. Une étude menée à Amsterdam dans le Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition estime que le pain représentait environ 67 % de la nourriture distribuée aux oiseaux en ville, le plus souvent pour ne pas gâcher les restes. Pour les oiseaux des parcs observés, ses auteurs le jugent inadapté : à énergie égale, il manque de protéines, de matières grasses, de calcium et de plusieurs vitamines.
Vient ensuite le grand sac acheté pour tout l'hiver. Une étude pilote rapportée par la synthèse de la Royal Society a recherché des aflatoxines, des toxines de moisissure, dans des restes de nourriture prélevés sur des mangeoires suspendues. Elle en a trouvé dans les sept échantillons, dont deux très au-dessus de la limite fixée pour les cacahuètes destinées aux animaux. La synthèse demande de stocker la nourriture au sec, hors de portée des rongeurs. En pratique, achetez des quantités que vous finirez en quelques semaines et gardez-les dans une boîte fermée.
Reste la ration trop généreuse. Sur un plateau ouvert, ce qui n'est pas mangé dans la journée prend la pluie, et vous le jetez. Une couche fine renouvelée selon ce qui disparaît coûte moins cher qu'un tas qui finit à la poubelle.
Ce que nous conseillons selon votre situation
Vous ne savez pas encore si des oiseaux viendront ? Commencez avec une soucoupe lisse sur une table de jardin dégagée, et observez deux ou trois semaines.
Vous êtes à la maison et vous voyez le jardin depuis une fenêtre ? Le plateau suspendu est le format le moins cher qui accueille toutes les tailles d'oiseaux, à condition de le lester de deux pierres plates et de le vider après une longue pluie.
Vous partez souvent plusieurs jours ? Payez dix euros de plus pour un silo, qui abrite les graines sous son toit, et ajoutez le plateau plus tard si les merles vous manquent.
Questions frequentes
Le plateau peut-il remplacer un bain d'oiseaux pendant l'été ?
Oui, c'est une façon d'éviter un second achat. Videz d'abord les graines et brossez le plateau, puis versez un fond d'eau claire. Ne mélangez jamais eau et graines, elles gonflent en quelques heures, et renouvelez l'eau chaque jour.
Que faire d'un sac de graines entamé qui sent le moisi ?
Le jeter, même s'il est presque plein. Des graines agglomérées ou à l'odeur de moisi peuvent porter des toxines de moisissure invisibles à l'œil. Pour ne plus perdre de sac, achetez des quantités consommées en quelques semaines et stockez-les au sec, dans une boîte fermée.
Les restes de repas sont-ils une nourriture d'appoint économique ?
Rarement. Le pain et les restes rassasient sans apporter ce dont les oiseaux ont besoin, et ce qui est salé, sucré ou assaisonné n'a rien à faire sur un plateau. Un quartier de pomme bien mûre fait exception.
Une mangeoire bon marché est-elle moins sûre pour les oiseaux ?
Le prix compte moins que l'usage. Un poste sûr garde la nourriture au sec, ne laisse pas les restes se souiller et se nettoie facilement. Un plateau en plastique lisse remplit ce dernier point à petit prix, à condition d'être vidé après la pluie et placé hors de portée des chats.
Sources
- Lawson B., Robinson R. A., Toms M. P., Risely K., MacDonald S., Cunningham A. A., 2018. Health hazards to wild birds and risk factors associated with anthropogenic food provisioning. Philosophical Transactions of the Royal Society B.
- Plummer K. E., Risely K., Toms M. P., Siriwardena G. M., 2019. The composition of British bird communities is associated with long-term garden bird feeding. Nature Communications.
- Burt S. A., Vos C. J., Buijs J. A., Corbee R. J., 2021. Nutritional implications of feeding free-living birds in public urban areas. Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition.
- Governski B., Place Your Bird Feeders Carefully. Colorado State University Extension.

