Une mangeoire suspendue est un objet léger, accroché à hauteur d'homme, dans un espace où l'on vit. Elle attire les oiseaux vers un point fixe, souvent près d'une vitre, elle les rassemble sur quelques dizaines de centimètres carrés, et ce qui tombe du plateau ne s'arrête pas au plateau. Trois conséquences qui se prévoient avant l'accrochage, et qui se rattrapent mal après.
Rien de tout cela ne s'achète. Ce qui décide tient à l'écart entre le poste et la vitre, au point auquel on l'accroche, à la façon dont le toit se referme et à ce qui séjourne au fond du plateau.
La vitre, premier risque et le moins visible
Un poste de nourrissage attire les oiseaux, et un oiseau qui repart d'un plateau prend souvent la direction de l'obstacle qu'il n'a pas vu. Une équipe canadienne a suivi pendant un an cinquante-cinq fenêtres réparties dans quarante-trois maisons, en alternant un mois avec mangeoire et un mois sans. Bilan : 51 collisions signalées sans mangeoire, 94 avec, soit un rythme presque doublé par la seule présence du poste. La mangeoire n'est pourtant pas la variable la plus forte. La saison l'emporte, avec 1,08 collision par mois d'essai pendant la migration d'automne contre 0,11 en hiver. Sur les cinquante-cinq fenêtres suivies, vingt-six n'ont enregistré aucun choc : le risque dépend aussi du carreau, de sa taille et de la végétation qui l'entoure.
La distance entre le poste et la vitre, elle, se choisit. Des chercheurs ont comparé, avec des vitres isolées en lisière de forêt, des mangeoires posées à un, deux, cinq et dix mètres d'une paroi de verre. Collées à moins d'un mètre, elles attirent autant d'oiseaux, mais les chocs sont plus rares et presque jamais mortels, l'oiseau n'ayant pas la place de prendre de la vitesse avant l'impact. Entre deux et dix mètres, les collisions augmentent.
Nous conseillons volontiers d'accrocher la mangeoire face à une pièce où vous passez du temps, et c'est une bonne idée pour l'observation. C'est en revanche le pire éloignement si la baie vitrée se trouve à quatre ou cinq mètres de la branche. Deux positions tiennent : une potence qui amène le plateau tout contre le carreau, à moins d'un mètre, ou un point de suspension repoussé au-delà de dix mètres, en fond de jardin. Le conseil courant, reculer le poste de quelques mètres, tombe justement dans la bande la plus meurtrière. Entre les deux, la migration d'automne, d'août à octobre, est la période où il faut regarder la vitre plutôt que les oiseaux.

Choisir la branche, et regarder dessous
Tout le poids du silo passe par une boucle de fil métallique fine, fixée au sommet du toit. C'est la seule pièce qui travaille, et la seule qui se contrôle en quelques secondes : fil entier, boucle fermée, branche assez forte pour ne pas céder sous une rafale. Une branche souple fait balancer l'ensemble, et un plateau ouvert qui penche vide ses graines au sol. Les trous de drainage sont d'ailleurs là pour l'eau, pas pour retenir les graines quand la mangeoire penche.
Ce qui se trouve sous le point d'accrochage compte autant que ce qui le porte. Un plateau de table de terrasse, un bac à sable ou une place de stationnement reçoivent les coques, les fientes et, si l'accroche cède, la mangeoire entière. L'herbe est le bon réceptacle. Le point de suspension se choisit donc au-dessus d'une pelouse, à l'écart des endroits où l'on mange et où les enfants jouent à même le sol.
Reste le prédateur le plus efficace d'un jardin. Les chats en liberté prélèvent, selon les estimations publiées pour les États-Unis, entre 1,3 et 4,0 milliards d'oiseaux par an, les animaux sans propriétaire formant la majorité de cette mortalité. Un poste fixe leur épargne la recherche : il suffit d'attendre au pied de la mangeoire. La distance à un muret, à un rebord de fenêtre, à une palissade ou à un tas de bois décide donc d'une partie du risque. Ces appuis servent de tremplin, et la hauteur de la mangeoire ne protège plus quand l'oiseau qui la quitte passe à portée de patte. Un point de nourrissage installé dans un jardin fréquenté par un chat se place haut, loin des surfaces d'où l'animal peut bondir, ce qui rejoint les précautions habituelles contre les chats postés près des mangeoires.

Le quart de tour, et ce qu'il retient
Le toit terracotta se verrouille d'un quart de tour : une languette plate pivote entre deux ergots et bloque la pièce en place, sous un large débord moulé d'un relief de tuiles. C'est ce qui empêche le couvercle de se soulever à la première bourrasque. Le détail du remplissage et la lecture du niveau se trouvent sur le mode d'emploi du silo hexagonal ; ce qui compte ici tient au geste de fermeture.
Plusieurs acheteurs ont relevé qu'il fallait un peu de force pour refermer. Le remplissage se fait donc sur une table, le corps tenu d'une main ou calé dans un seau, et l'accrochage ne vient qu'après : c'est pendant le transport qu'un silo plein se renverse. Portez la mangeoire par le plateau, jamais par le toit.
Ce verrou protège le contenu du vent. Il ne protège rien des becs. Une pie, un pic ou un écureuil se servent sans difficulté sur un plateau ouvert, et ce modèle n'oppose aucune grille à leur passage. Sa contenance d'environ 1,1 kilo de graines rend le pillage d'autant plus visible : ce qui disparaît représente plusieurs jours de nourrissage, parti en une visite.
L'averse de côté et le fond du plateau
Le toit déborde largement au-dessus du plateau et arrête la pluie qui tombe droit. Il n'arrête pas l'averse poussée de côté, qui mouille les graines et laisse l'eau s'installer sous elles. Un silo protégé par un simple débord reste donc un plateau exposé, et les graines mouillées sont le premier signe qu'il faut regarder en dessous.
Six trous de drainage percent le fond du plateau. Une enveloppe suffit à en boucher un, et l'eau stagne alors sous la couche de graines, à l'abri de l'air et du regard. Ce qui se dissout dans cette eau compte davantage que l'eau elle-même. En laboratoire, deux souches de Trichomonas gallinae, le parasite de la trichomonose, ont été maintenues dans de l'eau distillée et dans de l'eau chlorinée. Dans les deux cas, la survie a été la meilleure là où de la matière organique s'était déposée, et aucun prélèvement d'eau chlorinée sans débris n'a laissé de parasite vivant. C'est le dépôt qui macère au fond qui porte le risque, bien plus que la pluie elle-même.
Après une averse poussée de côté, videz le plateau sans trier, frottez-le et laissez-le sécher avant de regarnir : une graine collée aux autres garde l'humidité sous elle.
Un poste fixe rassemble, donc il concentre
Le rassemblement est le principe même d'une mangeoire, et c'est aussi ce qui la rend délicate sur le plan sanitaire. Le suivi britannique de la trichomonose chez les fringilles est net sur ce point. La maladie est apparue chez le verdier en 2005. En deux ans, la population nicheuse de la région la plus touchée a reculé de 35 pour cent chez le verdier et de 21 pour cent chez le chardonneret, soit plus d'un demi-million d'oiseaux. Les oiseaux malades ou morts ont été retrouvés tout près des postes de nourrissage, et les auteurs attribuent la diffusion aux rassemblements d'oiseaux granivores qui partagent nourriture et eau au même endroit. Cette mangeoire accueille justement plusieurs oiseaux de front, avec ses six tablettes d'angle : le moineau domestique et les mésanges s'y posent en groupe.
Le versant humain de la même question a été documenté en Angleterre et au pays de Galles. Sur 518 cas humains des trois types de salmonelle associés aux oiseaux de jardin recensés entre 1993 et 2012, 242 concernaient des nourrissons de moins de cinq ans, soit 47 pour cent. Les foyers de salmonellose des passereaux relevés se situaient presque tous aux postes de nourrissage. Le lavage des mains après la manipulation d'un oiseau malade figure parmi les précautions que les auteurs mettent en avant.
En pratique, la cadence d'entretien de cette mangeoire reste celle de la famille. Plateau vidé et frotté toutes les une à deux semaines, mains lavées après chaque remplissage, sac de graines refermé et rangé à l'abri. Un enfant qui joue au sol sous la mangeoire ramasse ce qui tombe, et c'est précisément la terre du secteur que les travaux sur la salmonellose désignent comme le vecteur d'exposition des tout-petits.
Ce que ce modèle ne protège pas
Trois limites valent d'être connues avant l'achat. La première tient au plateau ouvert, sans aucune grille pour freiner un écureuil, ce qui est le cas de toutes les mangeoires de ce format. La deuxième tient au fil de suspension, dont nous n'avons ni durée de vie annoncée ni tenue au vent mesurée : le contrôle à l'œil, avant chaque saison, remplace la donnée qui manque. La troisième concerne l'installation elle-même : sans branche, sans potence et sans crochet, cette mangeoire ne se pose nulle part, là où un modèle à ventouse se contente d'un carreau.
Un dernier point relève de la réception du colis. Plusieurs avis signalent une boîte arrivée abîmée, avec un produit intact à l'intérieur. À l'ouverture, regardez en priorité les deux pièces qui travaillent : le toit et sa languette de verrouillage, puis la boucle de fil et son passage dans le sommet.
Questions frequentes
La mangeoire peut-elle tomber et blesser quelqu'un ?
Tout son poids repose sur une boucle de fil métallique fine passée au sommet du toit. Cette boucle se contrôle avant chaque saison, comme la branche qui la porte, et le point de suspension s'écarte des endroits où l'on s'installe : une table de terrasse, un bac à sable, une place de stationnement reçoivent le contenu d'un silo qui bascule. Au-dessus d'une pelouse, une chute ne salit que l'herbe.
Que faire si un oiseau heurte une vitre proche de la mangeoire ?
Laisser la zone au calme, le temps que l'oiseau sonné reprenne ses esprits. Dans le suivi mené sur 43 maisons canadiennes, 89 oiseaux sur 145 collisions signalées s'en sont sortis et 11 morts ont été relevés, le sort des autres n'ayant pas pu être établi. Si les chocs se répètent au même carreau, c'est la position du poste qu'il faut revoir : moins d'un mètre de la vitre, ou plus de dix.
Faut-il vider la mangeoire quand un oiseau malade est aperçu ?
On vide le plateau sans attendre et on le frotte avant de regarnir. C'est la nourriture et l'eau partagées au même endroit qui transmettent le parasite, et un oiseau au plumage gonflé, posé sans réaction sous la mangeoire, demande un nettoyage complet plutôt qu'un simple remplissage.
Le toit tiendra-t-il face au vent ?
Le verrou au quart de tour est prévu pour cela : la languette pivote entre deux ergots et vient bloquer le couvercle. Encore faut-il l'engager à fond, puis vérifier après chaque coup de vent fort qu'elle n'a pas travaillé. Ce contrôle reste visuel.
Sources
- Kummer J. A., Bayne E. M., 2015, Bird feeders and their effects on bird-window collisions at residential houses, Avian Conservation and Ecology, 10(2), article 6.
- Klem D. Jr., Keck D. C., Marty K. L., Miller Ball A. J., Niciu E. E., Platt C. T., 2004, Effects of Window Angling, Feeder Placement, and Scavengers on Avian Mortality at Plate Glass, The Wilson Bulletin, 116(1), 69-73.
- Loss S. R., Will T., Marra P. P., 2013, The impact of free-ranging domestic cats on wildlife of the United States, Nature Communications, 4, 1396.
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- Lawson B., de Pinna E., Horton R. A., Macgregor S. K., John S. K., Chantrey J., et al., 2014, Epidemiological Evidence That Garden Birds Are a Source of Human Salmonellosis in England and Wales, PLOS ONE, 9(2), e88968.
- Robinson R. A., Lawson B., Toms M. P., Peck K. M., Kirkwood J. K., Chantrey J., et al., 2010, Emerging infectious disease leads to rapid population declines of common British birds, PLOS ONE, 5(8), e12215.

