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Cadres de ruche posés à plat sur une table de rucher en fin de saison, fils métalliques et feuilles de cire visibles sous une lumière d'automne
La tournée de fin de saison se fait à la table : les cadres qui sortent des hausses passent tous par le même contrôle.

Vérifier le câblage des cadres avant l'hivernage : la tournée de fin de saison

8 min de lecture


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La tournée de fin de saison ne se choisit pas : elle arrive avec le dernier retrait de hausses. Toute la série passe une fois entre vos mains et la colonie se resserre. L'année n'offre pas d'autre moment où les cadres passent tous à plat sur la même table. Le câblage se contrôle là, sur les pièces déjà sorties, parce que les deux décisions du jour se prennent sur les mêmes cadres : ce qui reste dans la ruche et ce qui part au stockage.

Ce que la fin de saison fait sortir des ruches

Les publications d'extension décrivent une mécanique simple. À la fin de la miellée d'automne ou après la première gelée, le miel de surplus et les hausses vides ou à demi remplies sont retirés des colonies, et le nid à couvain se concentre vers le bas de la ruche. Le rucher perd d'un coup la moitié de son bois, et ce bois se retrouve empilé dans l'atelier ou dans l'abri du fond.

Le même document pose une règle qui surprend souvent le débutant : une colonie ne doit jamais hiverner sur de la cire gaufrée nue ou sur des cadres à demi tirés. La grappe ne s'y forme pas correctement et les abeilles finissent par mourir de froid. La décision ne se prend donc pas seulement sur les réserves : l'état du rayon compte autant.

De cette règle découle le tri de la journée, et il tient en trois piles. Les cadres bâtis et complets qui restent dans le nid pour porter la grappe et les réserves. Les cadres bâtis qui sortent parce que la colonie est réduite, et qui passeront l'hiver au stockage. Et les cadres dont la cire est à refaire, un cas qui se traite à part et qui relève du renouvellement de la cire des cadres dans l'année du rucher.

En France, cette tournée tombe entre la fin de la récolte et les premières gelées, souvent sur un ou deux week-ends d'octobre. Passé ce créneau, les hausses sont empilées, et le contrôle se ferait dans de mauvaises conditions, devant des colonies en grappe qu'il vaut mieux ne pas déranger. Le câblage se juge sur les deux dernières piles, cadre en main.

Quatre regards par cadre, dans cet ordre

Trois piles de cadres de ruche séparées sur une table de rucher, feuilles de cire gaufrée et bois clair sous une lumière rasante
Le tri se fait avant le contrôle : le fil ne se juge pas de la même façon sur un cadre qui reste et sur un cadre qui part au stockage.

Le fil, au doigt et à l'oreille. Cadre à plat, le fil se pince entre deux doigts et se parcourt d'un montant à l'autre. Il se creuse sous la pression, il rend un son sourd, et c'est le repère. Le geste complet de reprise, fil pincé entre les molettes, se place juste après, sur les seuls cadres qui le demandent.

Les arrêts aux deux montants. C'est ce regard qui évite de travailler pour rien. Un fil encore libre coulisse à ses extrémités ; un fil arrêté net, cloué ou serti, ne rendra rien à la traction. C'est là que se décident un passage d'outil utile et une demi-heure perdue sur une série, et un fil détendu aux deux extrémités n'a pas toujours la cause qu'on lui prête.

Le bois. Les larves de fausse teigne creusent dans le bois des cadres une cavité en forme de barque où elles filent leur cocon, et la marque subsiste longtemps après la sortie du papillon. Un cadre marqué de ces tunnels ne se répare pas : il se juge sur son bois, pas sur sa tension. Les larves matures du grand papillon de la cire vont jusqu'à percer le bois de la ruche et des cadres, ce qui laisse des pièces trouées que le fil ne concerne plus.

Le sort de la feuille. Une feuille encore souple et solidaire de son fil se range avec le cadre. Une feuille déformée, ou qui a pris du jeu sur les fils, condamne la pièce à un remontage avant la saison suivante. Mieux vaut le constater en octobre, cadre en main, qu'en mars devant une ruche à équiper.

Ces quatre regards se font dans cet ordre, et l'ordre compte. Le fil et les arrêts disent si la pièce peut encore rendre quelque chose, le bois dit si elle mérite qu'on s'en occupe, et la feuille dit ce qu'il faudra refaire avant la prochaine miellée. Un cadre dont le bois est troué passe donc avant celui dont le fil est simplement lâche, même si le second demande plus de temps.

Ce que l'hivernage fait à une série rangée

Sortir des cadres de la ruche, c'est les exposer. La publication de référence sur la fausse teigne le dit sans détour : quand le rayonnage bâti quitte les colonies pour le stockage, les occasions d'infestation augmentent. Plus la température du local est haute, plus il faut de vigilance.

La larve est le seul stade qui abîme, et elle a ses préférences : le sombre, le tiède et l'air immobile. Les œufs éclosent en cinq à huit jours, puis la larve se nourrit un à cinq mois selon la température. Elle ne digère pas la cire, elle vit des impuretés qu'elle contient, ce qui explique pourquoi les rayons anciens qui ont porté du couvain sont les plus recherchés, et pourquoi un cadre neuf n'attire presque personne.

Le reste du cycle suit la même logique de température. La nymphe met de quelques jours à deux mois à donner un papillon, selon la chaleur du local. L'adulte, qui vole surtout la nuit, passe ses journées immobile dans les coins sombres, et c'est cette habitude qui rend un local encombré plus risqué qu'un local vide : chaque recoin lui fait un abri.

Deux gestes couvrent la plupart des situations, et aucun n'est chimique. L'air et la lumière d'abord, avec des hausses empilées à angle droit sous un abri couvert et ouvert sur les côtés, une méthode qui protège les rayons clairs sans rien y appliquer. Le froid ensuite : une série douteuse passe trois jours au congélateur, et la cire gelée se manipule alors avec précaution, car elle casse.

Reste le choix du local, qui pèse plus lourd que la température extérieure. Une pièce sombre et tiède où l'on remise les hausses « en attendant » fait plus de dégâts qu'un hiver froid, et c'est la situation la plus banale dans un rucher de jardin.

Les cadres qui hivernent dans la ruche

Hausses de ruche empilées à angle droit sous un abri ouvert, lumière du jour traversant la pile de cadres
La pile à angle droit laisse passer l'air et la lumière : c'est la protection la plus simple contre la fausse teigne.

Tous les cadres ne partent pas au stockage, et ceux qui restent sur la colonie subissent une autre pression. Les souris sont un nuisible de saison froide. Pendant que les abeilles sont en grappe, elles s'installent dans la ruche tiède et creusent de larges trous dans quatre à cinq rayons voisins pour se faire de la place. Une grille à mailles serrées ou une planchette d'entrée posée à la fin de l'été ferme la porte sans gêner les abeilles.

Un point revient d'ailleurs dans la publication : ce n'est pas la teigne qui force la porte, c'est la colonie qui cesse de la contenir. Dans une ruche forte, les abeilles tiennent les pontes en respect. C'est dans les colonies affaiblies ou orphelines que les larves se multiplient, et ces cadres-là arrivent au stockage déjà chargés.

L'humidité travaille aussi, et c'est elle qui moisit les rayons en fin d'hiver. Une entrée haute, percée dans le corps du haut ou dégagée sous le couvercle, laisse la vapeur d'eau sortir et garde les rayons à l'abri des moisissures.

Le fil, sur ces cadres-là, ne se juge pas comme sur une série rangée. Un rayon bâti et chargé tient la longueur métallique : la cire immobilise l'ensemble, et une tension moyenne n'y change plus grand-chose. Ce qui compte avant l'hiver, c'est que le rayon ne descende pas vers la barre du bas et que le fil ne menace pas de sortir du cadre. Le reste se réglera à la première visite de printemps, quand les cadres ressortiront.

La place du tendeur dans la tournée

La pièce se range dans la caisse de visite : un corps en ABS jaune en forme de U allongé, une boutonnière, deux molettes crantées sur un axe et un ressort entre elles. Elle se manœuvre d'une main, sans rien monter. À 12,90 €, avec deux ans de garantie et un mois pour changer d'avis, elle rejoint le petit matériel qu'on garde à portée de main plutôt que l'outillage qu'on hésite à sortir.

Dans la tournée, son tour vient après le tri. Elle reprend une longueur qui peut encore coulisser, et ne rend rien sur un fil dont les extrémités sont figées dans le bois. C'est le tri qui tranche entre les deux cas, et c'est pourquoi il précède l'outil.

Le reste appartient à l'achat, et se règle avant la tournée. La prise des molettes, l'effort demandé par une longueur à tirer, la forme du corps : ce qui sépare deux pièces se compare entre elles, jamais sur une table de tri. Choisir un tendeur de cadre se décide donc en amont de la saison, quand la pièce est encore à commander.

Reste l'honnêteté de la mesure. Rien n'est chiffré sur cette pièce, et c'est cohérent : la boutonnière est large, l'outil prend les fils de cadre courants, et la tension se juge au son, d'un cadre à l'autre. Un couple ou un calibre au chiffre près serait une invention.

Une tournée, pas une saison de reprises

La tournée de fin de saison coûte un après-midi, une fois, sur des cadres qu'il fallait de toute façon sortir, trier et ranger. Elle évite la scène de mars : la ruche à équiper, la série à reprendre, la feuille à reposer, et des cadres qu'on croyait bons parce que personne ne les avait regardés depuis l'automne.

De la journée sortent un stock propre, un nid resserré sur des cadres bâtis et une série prête à recevoir une feuille neuve. Sur un fil déjà tendu, une feuille de cire gaufrée se pose en quelques minutes, là où une série entière est à remonter.

Le tendeur, lui, repart dans la caisse avec les gants, et son prochain passage sera pour la première visite de printemps.

La visite de printemps, elle, garde son rôle : elle juge la colonie, pas le matériel. Un cadre qui a passé l'hiver dans la ruche se contrôle à la sortie, quand la grappe s'ouvre et que les rayons se comptent. Ce jour-là, un fil qui a bougé se remarque tout de suite, parce qu'il n'a plus de cire neuve pour le cacher.

Sources

  1. Frazier, M. (2000). Fall management, MAAREC Publication 3.2, Mid-Atlantic Apiculture Research and Extension Consortium, University of Delaware.
  2. Caron, D. M. (2000). Wax moth, MAAREC Publication 4.5, Mid-Atlantic Apiculture Research and Extension Consortium, University of Delaware.
  3. Jack, C. J. et Ellis, J. D. (2021). Wax Moth Control, ENY-121/AA141, UF/IFAS Extension, University of Florida.

Questions frequentes

Faut-il un outil pour contrôler le câblage d'une série de cadres ?

Non. Le contrôle se fait au doigt et à l'oreille, sur toute une série, sans ouvrir la caisse à outils. Le tendeur n'intervient qu'après le tri, sur les cadres que le tri a désignés : tant que les piles ne sont pas faites, il n'a rien à faire sur la table, et le sortir trop tôt fait reprendre des fils qui n'avaient besoin de rien.

Peut-on juger le fil sans sortir les cadres de la ruche ?

Non. Cadre en place, la longueur métallique court sous le rayon et ses deux extrémités restent cachées dans l'épaisseur du bois : on ne voit que la barre supérieure. Le fil se parcourt d'un montant à l'autre, ce qui suppose le cadre sorti et posé à plat. C'est la raison pour laquelle le contrôle se glisse dans la tournée d'automne, quand les cadres passent de toute façon par la table.

Un sac fermé ou un rangement dehors suffisent-ils à protéger une série ?

Ni l'un ni l'autre, dans la plupart des cas. La publication du consortium Mid-Atlantic est explicite : enfermer les cadres dans des sacs en plastique ne suffit pas, parce que les œufs peuvent déjà être déposés sur le rayon au moment du rangement. Le stockage à l'air libre ne suffit pas non plus, sauf dans les régions dont l'hiver gèle franchement. Ce sont l'air, la lumière et le froid qui font le travail.

Où la femelle dépose-t-elle ses œufs ?

Dans les fentes, entre les pièces de la ruche, dans les recoins sombres et peu visités. Une femelle peut en pondre jusqu'à trois cents, et ils passent inaperçus : la larve qui en sort se creuse un tunnel de soie avant qu'on ne voie quoi que ce soit. Un local clair, jointif et sans recoin poussiéreux ferme donc beaucoup de portes.