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Deux flacons blancs à bouchon vissé posés debout près d'un bac de culture garni de jeunes plants, lumière de fin de matinée
Les deux flacons du format A et B, posés à côté du bac où la solution sera diluée.

Engrais hydroponique A et B : ce qu'il faut vérifier avant d'acheter une solution nutritive

8 min de lecture


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Un engrais hydroponique A et B ne se choisit pas comme un sac de granulés. Trois pièces décident de tout : deux sels séparés, un barème de dilution, et un consommable qu'il faudra racheter. Le reste, ce sont les étiquettes et la mesure de votre eau qui le donnent. Voici ce qui décide, et ce que la boîte ne vous dira pas.

En bref

  • Deux flacons de 100 ml, livrés en sels à dissoudre et non en solution prête à verser.
  • Chaque flacon demande environ 100 ml d'eau claire pour donner une solution mère.
  • Le barème est à parts égales, et il monte de cinq millilitres par litre d'eau, jusqu'à un bassin de cinq litres.
  • Ni doseur, ni conductimètre dans la boîte : prévoyez une seringue graduée, et un conductimètre si vous voulez lire la concentration plutôt que la deviner.
  • La boîte n'annonce pas le volume de solution qu'elle permet de préparer.

Pourquoi deux flacons plutôt qu'un seul

Chaque flacon porte des sels différents, et ce n'est pas une fantaisie de présentation. Le flacon A annonce du phosphore et du potassium, le flacon B du calcium. Séparés, ils restent stables. Réunis à l'état concentré, ils réagissent.

Une étude conduite sur la solution nutritive d'un système hors sol mesure exactement ce phénomène en faisant monter le pH. Le phosphore se lie alors au calcium pour donner des formes insolubles de phosphate de calcium, que les racines ne peuvent plus prélever. La part de phosphore réellement disponible diminue donc à mesure que le pH monte. Pour le système aquaponique qu'ils étudient, la conclusion des auteurs est une plage d'utilisation, entre 5,5 et 7,2, où cet élément reste accessible.

C'est ce que la consigne du produit écarte par avance. Les deux parties se versent séparément, chacune directement dans l'eau déjà en place, et les deux solutions mères ne se réunissent pas non plus dans un même récipient avant l'heure. Ce que vous achetez avec un format en deux flacons de 100 ml, c'est le droit de préparer chaque partie à sa concentration, et de laisser le volume d'eau faire le mélange.

Flacon blanc débouché posé sur un plan de travail clair, à côté d'un verre doseur gradué et d'un filet d'eau
La dissolution se fait flacon par flacon, dans environ 100 ml d'eau claire, avant toute dilution dans le bac.

Ce que les deux étiquettes annoncent

Le tableau des compositions est la première chose à lire avant de commander, parce qu'il dit si le produit est équilibré pour la culture que vous menez.

Élément annoncéFlacon AFlacon B
Azote total11,0 %12 %
Phosphore (P2O5 soluble)9,0 %non annoncé
Potassium (K2O)30,0 %non annoncé
Calcium (CaO)non annoncé15 %
Magnésium (MgO)2,0 %5 %

Le flacon A porte en plus cinq oligo-éléments sous forme chélatée : fer EDTA 0,3 %, manganèse EDTA 0,06 %, cuivre EDTA 0,005 %, zinc EDTA 0,01 %, et bore 0,1 %. Ces teneurs ne se devinent pas sur la photo du flacon : si vous comparez deux offres au même prix, c'est ce tableau qu'il faut exiger, parce que c'est lui qui distingue une solution complète d'un simple engrais azoté.

Ce que ni la page ni les étiquettes ne donnent, en revanche, c'est la contenance utile. Aucune mention du volume de solution qu'une boîte permet de préparer. Un acheteur a posé le sien : un jeu de deux flacons lui remplit à peu près un bac de cinquante litres à une conductivité de 1, et il trouve la quantité modeste. Un autre avis y voit l'avantage inverse : des portions petites, donc peu de solution préparée à l'avance. Ces deux repères n'engagent que leurs auteurs, mais ils valent mieux qu'aucun repère quand vous comparez deux offres. Les deux chiffres du barème, une solution mère d'environ 100 ml prélevée à 5 ml par litre, laissent de toute façon le calcul à votre charge, et c'est une bonne habitude à prendre avant de comparer des prix.

Liquide ou sels : la mention qui trompe

Un engrais A et B se vend sous deux formes, et l'écart entre les deux n'est pas cosmétique. En liquide, vous versez et c'est fini. En sels, vous dissolvez d'abord environ 100 ml d'eau claire dans chaque flacon, puis vous prélevez la solution mère ainsi obtenue. Le geste du départ change, l'encombrement aussi, et le prix se compare mieux au litre de solution préparée qu'au flacon.

Sur certaines annonces, le champ technique qui décrit l'état du produit indique un liquide, alors que la notice du même vendeur parle de sels à dissoudre et que l'étiquette imprimée porte la mention d'un engrais solide. Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps. Devant deux offres au même prix, fiez-vous à la présentation détaillée et aux visuels. Cherchez la phrase qui dit quoi faire à l'arrivée du colis : c'est elle qui vous apprend si la préparation prend deux minutes ou demande un verre doseur.

Le barème, et la règle qui passe avant les chiffres

Le barème part de cinq millilitres de chaque flacon pour un litre, et progresse de cinq millilitres à chaque palier, jusqu'à cinq litres. Retenez la règle plutôt que la liste des lignes : les deux volumes restent toujours égaux. Un bassin de dix litres se dose donc en prolongeant la suite du barème, pas en versant deux fois plus d'un flacon.

Deux gestes évitent la plupart des erreurs. Rincez le doseur entre les deux prélèvements : sans ce rinçage, une part du phosphore du flacon A rencontre le calcium du flacon B dans le verre, avant même le bassin. Versez ensuite chaque dose dans l'eau déjà en place, jamais l'inverse. Et si vous lancez une culture, rappelez-vous qu'un semis qui reçoit la solution dès la première graine n'a rien à en faire : la graine vit sur ses réserves jusqu'à la levée.

La conductivité décide de la dose, pas la fiche

Un conductimètre mesure la somme des sels dissous dans l'eau. C'est utile, et c'est insuffisant. Une caractérisation ion par ion menée sur une culture de tomate en circuit fermé a comparé l'évolution de la conductivité à celle de chaque élément. Les nitrates, les sulfates, le magnésium, le calcium et le potassium suivaient la même courbe, alors que les phosphates, le sodium, le chlore, le fer, le manganèse, le cuivre et le zinc ne la suivaient pas. Autrement dit, la conductivité dit si votre bassin se concentre, elle ne dit pas ce qu'il contient.

Ce qu'elle surveille vraiment, c'est le risque de surmédication. Sur de la jeune pousse de laitue et de chicorée conduite à 2,5 puis 3,5 dS/m, la solution la plus chargée fait baisser la teneur en nitrates tout en coûtant du rendement dans la plupart des cycles, sauf en culture d'hiver, où la chicorée s'est montrée plus tolérante au sel et où le rendement a tenu. À l'inverse, les températures élevées de la fin du printemps relancent l'absorption des nitrates et annulent l'effet de la charge. Le barème n'a donc pas de réglage unique : le résultat dépend de l'espèce et de la saison. C'est une raison de plus de lire le bassin plutôt que de reconduire la dose de la préparation précédente.

Dans les avis publiés sur ce produit, un acheteur raconte avoir ramené les 5 ml prescrits à 4 ml, sa mesure de conductivité grimpant plus haut que le barème ne le laissait attendre. Le geste est cohérent avec ce que disent ces travaux : le barème est un point de départ, la lecture du bassin décide de la suite. Sans conductimètre, gardez le palier du barème et surveillez le bout des feuilles : s'il marque, descendez d'un cran avant de changer de produit.

Bac de culture hydroponique vu de dessus, couvercle percé de six plants et surface d'eau claire où se reflète la lumière
La dose se lit sur le volume d'eau du bac, jamais sur le nombre de plants qu'il porte.

Ce que la boîte ne fait pas

Un engrais en deux parties nourrit, il ne corrige pas l'eau. Le pH décide lui aussi de la disponibilité du phosphore, et la plage de 5,5 à 7,2 que ces auteurs retiennent pour leur système se lit avec un pH-mètre, pas avec les deux flacons. Si votre eau part trop haut ou trop bas, aucun dosage ne rattrapera l'écart.

La boîte ne fournit pas non plus de quoi mesurer. Comptez une seringue graduée pour prélever les millilitres, et rangez-la avec les flacons : une cuillère de cuisine ne donne pas 5 ml, et l'écart se répète à chaque préparation.

Elle ne remplace pas le renouvellement de l'eau du bac. La solution s'appauvrit et se concentre au fil des semaines, et le jour où vous videz le bac reste le moment où la culture repart sur une base propre. Enfin, elle se range : les deux flacons se referment, se gardent debout et s'essuient au pas de vis, parce qu'un bouchon qui suinte pendant la conservation fait perdre de la solution et efface l'étiquette. Un acheteur a préféré transvaser le sien dans un flacon brun. Une acheteuse raconte que les sels qu'elle achetait auparavant en sachets arrivaient sans aucune instruction : ici, les proportions sont écrites.

Ce qui tranche, en une ligne

Le format convient si vous voulez garder la main sur la concentration de votre bac. Avant de commander, deux vérifications suffisent : un tableau des compositions complet, et un contenant gradué déjà dans vos placards, puisque la boîte ne le fournit pas. Le reste s'apprend sur le bassin.

Sources