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Rouleau de bande de glu jaune posé au pied d'un jeune pommier, film protecteur encore en place sur la face collante
Un rouleau de 10 cm de large se coupe à la longueur du tour d'écorce, et la colle reste tournée vers l'extérieur.

Glue arboricole : les erreurs à éviter, de l'écorce aux oiseaux

8 min de lecture


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Une ceinture collante ne manque pas sa cible parce qu'elle serait mal posée, mais parce qu'elle est parfois posée pour un travail qu'elle ne peut pas faire. Une glue arboricole pose deux dangers : ce qu'elle prend au passage et ce qu'elle laisse passer. Le rouleau court dont il est question ici arrête ce qui rampe le long d'un tronc de fruitier, et il s'en acquitte correctement tant que quatre erreurs sont évitées. Voici lesquelles, ce qu'elles coûtent sur une saison, et la correction de chacune.

Erreur 1 : enrouler la face collante contre l'écorce

Le ruban porte deux faces qui ne jouent pas le même rôle. La face enduite regarde l'extérieur, le dos lisse s'appuie contre le bois. Une fois enroulée, la bande n'adhère donc pas à l'arbre : elle se ferme sur elle-même, et seul le recouvrement du départ, pressé à la main, la maintient en place. Toute la mécanique tient dans ce sens de montage.

L'erreur consiste à retourner le ruban, et elle vient d'une intuition raisonnable : un ruban adhésif se colle à ce qu'il touche, donc il collera au tronc. Le résultat est doublement perdant. À l'extérieur, la surface présentée aux insectes devient lisse, et rien ne s'y arrête : la ceinture est posée, elle est visible, elle ne retient rien. Sur l'écorce, la colle travaille au contraire de sa fonction, et elle s'accroche au liège au lieu de tenir la bande sur elle-même.

Un second geste, commis quelques secondes plus tôt, produit le même gâchis. Le film qui couvre la face enduite n'est pas un emballage à retirer d'un coup : c'est lui qui garde la colle propre et vos doigts à l'abri pendant l'enroulement. Déroulé d'un seul geste, le ruban traîne sa face poisseuse dans la poussière et dans l'herbe du pied d'arbre, et chaque grain qu'il ramasse condamne la plage correspondante. On décolle donc les premiers centimètres, on enroule, puis on continue au rythme de l'avance.

Un détail surprend presque tous ceux qui découvrent ce format : la bande n'est pas collante des deux côtés, et certains acheteurs l'espéraient double face pour qu'elle tienne au tronc. Le produit est conçu autrement, et c'est heureux. Sur un jeune sujet à écorce fine, c'est le dos lisse qui touche le bois, sur toute la hauteur de la ceinture.

Bande de glu jaune à demi déroulée, film transparent décollé laissant voir la face collante tournée vers le haut
La face enduite regarde vers l'extérieur : c'est elle qui travaille, et le dos lisse qui touche l'écorce.

Erreur 2 : laisser la ceinture nue

Un tronc est un couloir, et une surface poisseuse n'y trie personne. Fourmis, pucerons, jeunes chenilles, mais aussi coccinelles et perce-oreilles qui redescendent de la ramure : tout ce qui marche passe par la ceinture, et rien ne distingue une cible d'un auxiliaire. La bande est un filtre, pas un piège sélectif.

C'est pourquoi les dispositifs recommandés en verger ne se posent jamais nus. Un centre d'extension universitaire américain décrit le montage de référence, une bande collante complétée d'un grillage de protection fixé autour du tronc. Le même conseil revient ailleurs, avec sa justification : suspendre une maille métallique ou un matériau équivalent par-dessus la surface collante, pour empêcher le reste de la faune d'entrer en contact avec elle. Le grillage n'est donc pas un accessoire de confort, c'est la partie du dispositif qui limite les prises involontaires.

L'erreur tient au colis, qui ne contient rien pour cela. Le rouleau arrive avec sa bande et son film, sans grille, sans pince et sans fixation. La protection se fabrique avec ce qui traîne au jardin, et une maille large fait l'affaire : le but est d'écarter ce qui vient de l'extérieur, pas d'enfermer la bande. Le panneau se taille à la circonférence du tronc, s'enroule par-dessus la ceinture et se referme sur lui-même à quelques tours de fil fin. Il doit rester à distance de la colle, un ou deux centimètres suffisent, car une maille plaquée contre le ruban recouvre à son tour une plage qui ne travaille plus.

Ce que la ceinture retient sans écran mêle les cibles et le reste. Une équipe a suivi pendant deux ans les mouvements du perce-oreille européen dans des vergers d'agrumes de Californie, avec des barrières collantes posées sur les troncs pour mesurer ce qui monte vers la canopée. Le dispositif a bien réduit la circulation verticale de deux arthropodes rampants, le perce-oreille et le charançon de la rose, et le premier est un omnivore qui consomme des proies comme des fruits. Rien dans une bande nue ne trie ce genre de profil.

Grillage fin enroulé autour d'un tronc par-dessus une ceinture de glu jaune, avec un débord de quelques centimètres
L'écran se pose par-dessus la bande, à distance de la colle : la maille empêche le contact direct avec la surface poisseuse.

Erreur 3 : oublier la bande après sa saison

Une ceinture de glu travaille sur une circulation qui a des dates. Sur un fruitier, la pose se fait au printemps, quand les premières fourmis cherchent à monter, et un jardinier qui utilise ce format retire la sienne fin juin, avant d'en reposer une en octobre pour quatre à six semaines, cette fois contre les chenilles. Le piégeage sur arbre hôte se pratique lui aussi au début de la saison. Il perd l'essentiel de son intérêt ensuite, parce que les adultes ne circulent plus en grimpant le long de l'écorce, et les recommandations universitaires le disent nettement moins efficace à ce moment-là.

Une bande posée en août attrape donc les derniers rampants, sans plus. Le vrai problème est celui de la bande qu'on oublie. Elle se charge, brunit, et finit par former une croûte praticable que les insectes traversent sans s'arrêter. Elle ne protège plus rien, elle couvre l'écorce pendant des mois, et elle garde sur le tronc une cargaison d'insectes morts que personne ne relève. Une bande saturée qui laisse passer les fourmis ne se rattrape pas : elle se remplace.

Ce que la bande oubliée coûte se compte aussi en information perdue. Une ceinture en service dit ce qui circulait, à quelle date et dans quel sens, et c'est cette lecture qui permet de poser la suivante au bon moment. Recouverte d'une croûte, elle ne renseigne plus sur rien.

Le retrait lui-même se fait en un geste, sans outil : la bande se décolle du tronc, se replie sur elle-même et part avec les déchets ménagers, cargaison comprise. Ce qui se garde, c'est le rouleau non entamé, à plat, au sec, film en place sur la partie encore enroulée. Un jardinier qui note la date de ses premières montées pose la bande suivante plus juste, et c'est le seul repère qui vaille d'une année sur l'autre.

Erreur 4 : ajouter un lien pour faire tenir la bande

Dernière erreur, et la plus fréquente quand un départ commence à se soulever : ajouter un lien. Un fil de fer, un cordon, un collier de serrage, ou même un tour de ruban adhésif ordinaire. Le rouleau ne comporte ni œillet, ni pince, ni fixation, et ce dépouillement est voulu : la ceinture tient par le recouvrement de son propre départ. Il n'y a rien à serrer.

Ce que le lien ajouté coûte se voit en deux endroits. Sur la colle d'abord : tout ce qui repose dessus recouvre une plage qui ne travaille plus, et un cordon posé sur une bande de 10 cm de large mange une partie de la seule hauteur utile. Sur le passage ensuite, parce qu'un lien tendu autour d'un tronc devient lui-même un chemin : l'insecte qui rampe dessus franchit la ceinture sans toucher la glu.

La cause du décollement n'est pourtant pas l'absence de lien. Deux acheteurs de ce format ont retrouvé leur bande au sol, faute d'un recouvrement assez pressé au moment de la pose, et non faute d'attache. Le geste qui répare est le plat de la main sur le départ recouvert, puis un contrôle après chaque pluie et chaque coup de vent. Si le départ se soulève une deuxième fois, la bande se recoupe à la bonne longueur : la pression du recouvrement sur le tronc décide de la tenue d'une saison entière, bien plus que n'importe quel nœud.

Rien dans ces erreurs ne demande un achat supplémentaire. La bande de glu pour fruitier se pose après une mesure du tour d'écorce, face enduite vers l'extérieur, et les autres bandes et panneaux collants du rayon répondent à des circulations différentes : ce rouleau travaille sur ce qui rampe le long du tronc, quand un panneau jaune vise ce qui vole. Quand les fourmis reviennent malgré une bande posée dans les règles, la question se déplace vers ce qu'une ceinture retient et ce qu'elle laisse passer sur un jeune fruitier, et elle se règle au pied du tronc bien plus souvent qu'en changeant de format. Le rouleau de 10 cm couvre un tronc de jeune sujet, et se recoupe pour un second.

Sur un arbre que le piégeage vise depuis plusieurs années, ces corrections suffisent à rendre une saison utile. Elles ne remplacent pas le tour du pied de l'arbre, où se jouent les passages qu'on n'a pas vus.

Questions frequentes

La colle peut-elle abîmer l'écorce d'un jeune fruitier ?

Pas dans le montage prévu. Le ruban pose son dos lisse contre le tronc et garde la face enduite vers l'extérieur, si bien que le bois ne touche jamais la colle. Le problème apparaît quand la bande est retournée : collée à l'écorce, elle ne retient plus rien au passage et ne s'enlève plus sans emporter ce qu'elle agrippe. Une bande montée à l'envers ne se remet pas dans le bon sens après coup, sa face poisseuse ayant pris la poussière du tronc : elle se remplace.

Faut-il une protection pour les oiseaux autour de la bande ?

Dès que le tronc est emprunté par autre chose que des insectes, oui. Les recommandations universitaires qui encadrent ce piégeage demandent de suspendre une maille métallique ou un matériau équivalent devant la surface poisseuse, pour empêcher le reste de la faune de la toucher. Un grillage de récupération tenu à quelques centimètres de la colle suffit, sans avoir à fermer le passage aux insectes. Si un oiseau s'y prend malgré tout, il se décolle à l'huile végétale, jamais au solvant, et se relâche à l'ombre.

Combien de temps garder la bande sur le tronc ?

Le temps de la circulation visée, qui se lit chez vous et non sur une étiquette. Sur un fruitier, la pose se fait au printemps, quand les premières fourmis montent, et un jardinier qui utilise ce format retire la sienne fin juin, avant d'en reposer une en octobre pour quatre à six semaines, cette fois contre les chenilles. Une bande laissée en place tout l'été n'ajoute rien : après la montée des jeunes stades, elle ne retient plus les adultes, qui circulent en volant.

Peut-on ajouter un lien pour que la bande tienne mieux ?

Non. Le rouleau ne comporte ni œillet, ni pince, ni fixation : la ceinture tient par le recouvrement de son propre départ, pressé à la main. Un fil ou un cordon serré par-dessus recouvre une plage de colle qui ne travaille plus, et il offre un pont au-dessus de la ceinture. Une bande qui glisse le long du tronc a été coupée trop courte, ou son départ n'a pas été pressé. La longueur se reprend au mètre ruban, pas au nœud.

Sources