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Monter un cordon conducteur sur une clôture électrique mobile

9 min de lecture


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Installer une clôture électrique mobile ne ressemble pas au montage d'une ligne de fond. Ce parc-ci se replie, se déplace et se replante, parfois plusieurs fois dans la saison, et chaque déplacement remet en jeu les mêmes gestes : dérouler, piquer, fixer, tendre. Ce va-et-vient use le matériel là où on ne l'attend pas, sur les plis du conducteur et sur les raccords, bien plus que sur le boîtier.

Un cordon conducteur vendu en bobine de 500 mètres fournit la réserve de tronçons courts d'un parc de ce genre, et de quoi refaire une ouverture en cours de saison. Reste l'ordre des gestes, et la valeur réelle des repères que l'on trouve un peu partout.

Un parc déplaçable tient sur trois pièces

Le matériel se réduit à trois familles d'objets : le conducteur, le piquet et la bobine qui sert à le ranger. Les pâturages mobiles se montent avec des brins de deux formes, le fil torsadé et le ruban plat. Le premier revient à peu près à la moitié du prix du second au mètre.

Les deux enferment des filaments métalliques fins tressés avec du plastique, et le métal choisi par le fabricant change le comportement du brin dans le temps. L'aluminium conduit mieux, l'acier inoxydable résiste mieux à un usage où la clôture bouge sans arrêt, et c'est cette seconde qualité qui pèse sur un parc mobile. Le ruban plat se repère de plus loin, mais il coûte davantage, se ramasse plus mal et souffre du poids de la neige et de la glace.

Aucune de ces deux formes ne dure indéfiniment : cinq à sept ans constituent la durée de vie courante d'un brin très manipulé. La question qui décide du choix n'est donc pas la tenue dans le temps, mais la manière dont le brin supporte d'être déroulé et enroulé.

Dérouler la bobine, jamais l'enrouler sur le bras

Le mauvais geste d'un parc mobile arrive toujours au même moment : le rangement. Rouler le brin autour de son bras ou sur un bidon de fortune fait un paquet de nœuds, plie le conducteur et casse les filaments métalliques fins qu'il enferme. Ces fils sont la partie qui transporte le courant, et un brin qui en a perdu plusieurs conduit moins bien, sans signe visible de l'extérieur.

Une bobine faite pour ce genre de conducteur coûte peu au regard d'un rouleau à remplacer, et elle transforme le repliage en une affaire de secondes. Le déroulage obéit à la même logique : on avance le long du tracé en laissant le brin se poser sans se croiser, retenu légèrement entre deux doigts. Un pli franc ne s'efface pas, et c'est par là que la tresse casse en premier.

Quatre familles de piquets pour un même geste

Le piquet d'un parc mobile se choisit sur deux critères pratiques, la facilité à l'enfoncer comme à le retirer. Le piquet de plastique se plante au pied, sur un filetage moulé dans la matière. Il entre mal dans un sol sec et durci, coûte un peu plus cher que les autres piquets légers et tient trois à cinq ans. Le piquet métallique se montre plus solide et plus durable, au prix d'un achat plus élevé et d'un travail plus long à la pose comme au retrait.

La fibre de verre coûte moins cher que le plastique, mais elle se déplace moins commodément. Elle garde pourtant deux avantages sur un parc exposé : sa souplesse encaisse une poussée venue de côté, et elle n'a pas d'isolateur en plastique à casser. Un capuchon de tête évite qu'elle éclate en s'enfonçant dans le sol.

Reste la barre d'acier courte, d'un mètre vingt environ et de neuf millimètres et demi de diamètre. C'est la plus économique des quatre, et elle dure plus longtemps que le plastique comme que la fibre de verre. Une faiblesse connue la suit : peu flexible, elle se tord si un engin la heurte. Un isolateur glissé sur son sommet suffit à y tenir le brin.

Espacer les piquets selon le terrain

Les repères de distance varient d'une publication à l'autre, et l'écart s'explique par la nature du parc. Sur un pâturage déplaçable, comptez un piquet tous les dix à quinze mètres, la fourchette que retient la publication du Wyoming pour les piquets à ergots. Sur un tracé régulier et plat, sans passage d'animaux, on peut descendre à un piquet tous les trente mètres.

Une seule règle reste ferme, et c'est celle que la documentation du Wyoming place en tête des erreurs fréquentes : des piquets trop rapprochés. Chaque piquet ajouté allonge la pose et le repliage sans rien apporter à la tenue du parc. Serrez la distance dans les virages, dans les montées et là où les animaux se frottent.

Compter les hauteurs avant de tendre

Sur le nombre de brins, les sources ne donnent pas un chiffre unique, et l'écart tient à l'animal gardé plus qu'à l'électricité. Un document de l'université Purdue considère qu'un seul brin de fil torsadé rend déjà bon service pour la plupart des bovins et des chevaux. Le même document renvoie les petits ruminants vers les filets électrifiés, vendus par sections de vingt-trois à quarante-neuf mètres, qui servent aussi à dresser les veaux sur le fil.

Le document du Wyoming monte d'un cran. Deux brins suffisent pour des bovins adultes et des veaux déjà grands, trois valent mieux pour des chevaux ou des bovins accompagnés de petits. Le mouton, la chèvre et le jeune veau peuvent réclamer cinq à six hauteurs quand on veut les retenir pour de bon. Le document du Colorado retient, lui, une à trois hauteurs pour le bétail et les chevaux, deux ou trois pour le mouton.

Un parc de jardin tombe rarement dans les cas extrêmes. Deux brins bas pour des animaux adultes déjà habitués au fil, trois hauteurs pour tout le reste. Dans les deux cas, serrez les brins du bas plus près que ceux du haut : c'est le compromis qui laisse le moins de prise à un animal qui chercherait la faille.

Tendre au mou, jamais au trait

La seconde erreur que la documentation du Wyoming met en avant est un excès de tension. Le repère est simple à retenir : le brin se tend à la main, juste de quoi retirer le creux le plus visible entre deux piquets. La publication de Colorado State University Extension ajoute l'avertissement qui va avec : un brin trop étiré casse ses filaments métalliques.

Un parc mobile ne demande pas autre chose. Le conducteur garde du mou à chaque portée, ce qui lui permet d'absorber un choc, un animal qui se frotte ou une branche qui tombe. Un brin raidi travaille en permanence et lâche au milieu de la saison, en général un jour de vent.

Ce que le boîtier doit envoyer dans le brin

Un parc mobile reste une clôture électrique, et la tension qui arrive au bout du tracé décide de tout. Deux seuils sont couramment cités. Sept cents volts viennent à bout d'un animal à poil ras, bovin, porc ou cheval ; il en faut deux mille pour le bétail à poil long, le mouton et la chèvre. Un appareil courant en délivre quatre mille cinq cents à sept mille volts. Une autre publication place la barre plus haut, à quatre mille ou six mille volts pour les bovins et les chevaux. Pour les moutons et les chèvres, elle monte à six mille ou huit mille volts, en particulier pendant la période où ils apprennent le fil.

Ces chiffres disent si le choc passe, pas la force ressentie. Cette force se mesure en joules : doubler les joules revient à doubler la décharge reçue. Un appareil à basse impédance accompagne bien un parc mobile, parce qu'il chauffe peu et débite une impulsion très brève, de l'ordre de trois dix-millièmes de seconde.

L'alimentation suit l'endroit où vous montez le parc. Près d'une prise, un appareil sur secteur travaille sans entretien ; ailleurs, il faut une batterie, éventuellement rechargée par un panneau solaire. Une publication rappelle un point sans appel : le réseau domestique n'a pas sa place sur une clôture, son isolation étant prévue pour six cents volts alors que la ligne en porte plusieurs milliers.

La prise de terre voyage avec le parc

La mise à la terre est la partie que l'on bâcle en dernier, et c'est d'elle que dépend ce que l'animal ressentira. Un sol mal relié laisse passer un animal qui aurait dû reculer. Les piquets de terre se plantent dans un terrain qui garde un peu de fraîcheur, et le circuit se compose d'un fil isolé de gros calibre, tenu sur chaque piquet par un collier de raccordement.

Plusieurs principes reviennent dans les documents, à commencer par la matière : gardez le même métal sur toute la longueur du circuit de terre, cuivre avec cuivre, acier avec acier. Vient ensuite l'enfouissement : piquets, colliers et câbles se cachent sous la surface, hors de portée d'un pied ou d'une lame. Reste la direction : le circuit s'éloigne du boîtier vers le centre du parc, jamais vers l'extérieur.

Le sol conduit plus ou moins bien, et l'écart est grand. Un appareil mobile qui suit les pâtures ne se comporte donc pas de la même façon d'un pré à l'autre. Sur un terrain sec, gelé ou couvert d'une neige poudreuse, un brin de retour accompagne le brin chaud. Posé au sol ou enterré, il laisse le circuit se fermer par le sol, comme il le ferait par la terre du boîtier.

Le nombre de piquets se lit sur la notice de l'appareil plus que dans un tableau. Le repère qui reste : si la notice annonce trois piquets, plantez-en trois. Le barème qui lie ce nombre à la puissance du boîtier appartient à l'installation d'une clôture électrique fixe, où le tracé ne se déplace plus.

Replier le parc sans laisser le boîtier sous l'orage

Le repliage se fait dans l'ordre inverse du montage, et il commence par le rassemblement du brin sur la bobine, avant de retirer le moindre piquet. Un parc que l'on enroule en dernier se retrouve avec des boucles croisées qu'il faut démêler à la pâture suivante.

L'orage mérite une place à part dans cette routine. Un boîtier de clôture reste exposé aux coups de foudre, qui l'endommagent facilement. La solution la plus simple consiste à le débrancher du secteur et à le détacher de la ligne quand l'orage approche. Un parasurtenseur, ou un interrupteur qui coupe le circuit, rend le geste plus rapide.

Reste l'outil qui tranche la plupart des doutes : le voltmètre de clôture. Un document de l'université de Californie le présente comme le meilleur moyen de savoir si une clôture fonctionne, et celui de l'université du Wyoming le juge indispensable pour poser un diagnostic. Mesurez sur le brin, en plusieurs points du tracé, plutôt que sur les bornes du boîtier : c'est la seule mesure qui vous dit ce que l'animal recevra.

Le dernier point à trancher

Un parc mobile ferme rarement son périmètre sur lui-même : il laisse une ouverture, celle par où l'on entre. Le brin y devient un cordon de passage, décroché et raccroché à chaque aller et venue, et c'est le seul endroit du montage où il doit rester souple sous la main.

Le reste du matériel se retrouve dans le rayon clôture électrique de jardin, depuis l'électrificateur sur batterie jusqu'aux piquets à ergots. La bobine y couvre les côtés courts et l'ouverture du parc ; un parcours long et immobile appelle un fil ou un ruban, tendu sur des piquets qui ne bougent pas.

Questions frequentes

Faut-il une bobine neuve pour un parc déplaçable ?

Non. Le dévidoir qui vous sert à ranger le brin resservira d'une pâture à l'autre, et il protège le conducteur au passage : enroulé à la main, un brin se croise et garde ses plis. Un fil torsadé livré sur bobine évite cet écueil dès l'achat, pour une dépense modeste.

Un seul brin suffit-il pour quelques moutons ?

Rarement. Deux hauteurs tiennent des bêtes déjà dressées au fil, trois valent mieux dès qu'il y a des agneaux. Un troupeau qui cherche la faille en demande jusqu'à cinq ou six, serrés en bas, et le filet électrifié rend alors plus de services sur une petite surface.

Le boîtier peut-il rester dehors sous la pluie ?

Mieux vaut l'abriter, à cause de la foudre plus que de la pluie. Deux parades simples : couper l'appareil du secteur et le détacher du fil avant l'orage, ou l'alimenter derrière un parasurtenseur. Un interrupteur sur le circuit évite d'avoir à défaire les raccords à chaque alerte.

Pourquoi la tension chute-t-elle après une averse ?

Regardez la prise de terre avant d'accuser le boîtier. Ce circuit travaille avec l'humidité du sol et sert d'antenne à l'appareil : trop d'eau ou pas assez changent la force du choc reçu. Contrôlez ensuite le brin lui-même, à plusieurs endroits du parcours.

Sources

  • Cook J., 2017, Temporary Fencing, Colorado State University Extension et Natural Resources Conservation Service, Small Acreage Management.
  • Heckman E., 2007, Management-Intensive Grazing in Indiana, Purdue Extension, publication AY-328.
  • University of Wyoming Extension, 2006, Portable fencing, Barnyards & Backyards, numéro de printemps 2006.
  • Stevens N., Koopmann Rivers C., 2019, Electric Fence, University of California Agriculture and Natural Resources, Livestock Protection Tools Fact Sheet numéro 4.