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Voie libre d'un répartiteur laiton à deux manettes fixé sur un mur de jardin, filetage mâle nu au-dessus d'une terrasse
Une voie libre au bout d'un répartiteur : l'eau y arrive encore à chaque ouverture, même sans tuyau branché.

Comment boucher une sortie d'arrosage sans démonter le reste du réseau

8 min de lecture


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Une voie de répartiteur restée libre, un nez de robinet sans tuyau : l'eau continue d'y arriver à chaque ouverture, et rien ne la retient. Savoir comment boucher une sortie d'arrosage prend une dizaine de minutes, sans toucher au reste du réseau. Encore faut-il couper l'eau au bon endroit, reconnaître le filetage et engager la pièce à la main avant de serrer.

Pourquoi une sortie libre finit par coûter

Une sortie que personne n'utilise n'est pas une sortie sans effet. Trois choses s'y produisent en même temps.

La première est une perte d'eau. Une manette qui ne se referme plus complètement, et le goutte-à-goutte s'installe pour la saison. Un robinet qui goutte sur une journée représente une perte de près de 100 litres d'eau, d'après les Agences de l'Eau. Ces litres partent dans le sol ou sur le mur sans arroser quoi que ce soit. Le bouchon ne répare pas la vanne, mais il supprime cet écoulement visible.

La deuxième est un filetage qui se salit. Une sortie nue ramasse la poussière, le sable soulevé par le vent et les insectes qui y cherchent l'ombre. Ce dépôt se retrouve dans le joint au moment de rebrancher un tuyau, et provoque la fuite que l'on voulait éviter.

La troisième est l'ouverture accidentelle. Sur un répartiteur à deux voies, il suffit d'un geste sur la mauvaise manette pour envoyer l'eau contre la façade ou sur la terrasse, alors que le tuyau est branché ailleurs.

Reconnaître la sortie à condamner avant d'acheter

Avant de commander quoi que ce soit, regardez la sortie. Le pas de vis court-il sur le pourtour de la pièce, ou tapisse-t-il l'intérieur du trou ? Les sorties de répartiteur et les nez de robinet de jardin sont presque toujours mâles, le filetage étant visible de l'extérieur. C'est ce cas que traite un bouchon laiton à filetage femelle en 3/4 de pouce, vissé par-dessus la sortie.

Le pied à coulisse, ouvert sur la partie filetée, donne le diamètre extérieur : de l'ordre de 26,4 mm sur une sortie en 3/4 de pouce, que l'on écrit aussi G3/4 ou DN20. Un 1/2 pouce, plus fin, réclame un bouchon d'un autre format, et les deux se distinguent en mesurant le filetage.

Sur la pièce dont il est question ici, le filetage mesure 25 mm de long, la hauteur totale 14,1 mm, et 32,2 mm séparent deux plats opposés de la tête hexagonale. Ces cotes comptent quand la sortie dépasse d'un mur ou d'un regard : le bouchon doit pouvoir tourner sur toute sa course sans venir buter contre la maçonnerie avant d'être engagé. Le sachet livré contient la pièce seule, sans rondelle. Si la sortie présente une couronne plane, prévoyez le joint en même temps que la commande plutôt que de le chercher au moment du montage.

Le geste, dans l'ordre

Commencez par couper l'eau en amont, puis ouvrez la voie libre un instant. Ce dernier mouvement surprend, mais il évite la douche : même manette fermée, la ligne garde une pression résiduelle qui chasse l'eau du corps de la pièce dès que la clé attaque le filetage.

Passez ensuite un chiffon sec sur les filets et regardez le fond de la sortie, car deux configurations n'appellent pas la même étanchéité. Si une couronne plane ferme le fond du filetage, cette surface est un siège : c'est le joint plat intercalé qui fait l'étanchéité, et le ruban n'y sert à rien. Si le filetage descend sans épaulement plat, l'étanchéité se joue dans le jeu des filets : deux ou trois tours de ruban, bien tendus, enroulés dans le sens du vissage.

Présentez le bouchon d'aplomb et vissez à la main. Les deux premiers tours renseignent : si la pièce tourne librement, le pas est engagé droit ; si elle résiste dès le premier tour, elle est en travers, et il faut dévisser avant de reprendre. Le laiton est un métal tendre, et un filetage forcé garde une marque qui ne se rattrape pas.

Le serrage se termine à la clé, sur les plats de la tête, d'un quart de tour, jamais plus. Au-delà, la pièce ne descend plus d'un millimètre et le filetage se marque pour rien.

Rouvrez l'eau progressivement, manette par quart de tour, en laissant la pression se rétablir entre deux mouvements. Essuyez la jonction, puis repassez le doigt dessus après un premier arrosage complet. Un suintement qui apparaît à ce moment-là vient presque toujours d'une étanchéité mal posée, rarement de la pièce elle-même.

Quand la sortie se trouve au ras du mur

Un bouchon se serre d'un quart de tour, mais encore faut-il pouvoir le tenir. Deux situations compliquent le geste, et toutes deux se règlent avant de forcer.

La première est l'encombrement. Une sortie qui débouche à quelques centimètres d'une façade ou d'un regard laisse peu de place à la tête hexagonale. Le bouchon décrit ici ne mesure que 14,1 mm de haut, de quoi tourner sur place dans un espace réduit. Si la place manque malgré tout, une clé à pipe à paroi fine passe là où une clé plate ne rentre pas, à condition de la présenter bien d'aplomb sur les plats.

La seconde est l'effort transmis à la pièce voisine. Le répartiteur est vissé sur un piquage lui-même tenu par le mur. En serrant fort, on entraîne tout l'ensemble et l'on desserre le raccord situé en amont, ce qui crée une fuite à un endroit où l'on ne regardait pas. Une seconde clé, posée sur le corps du répartiteur pendant que la première agit sur le bouchon, règle ce problème. C'est le réflexe qui explique la règle du quart de tour : on ne cherche pas à écraser le joint, seulement à mettre les filets en contact.

Le contrôle à faire avant de visser

Aucun bouchon ne retient l'eau qui arrive. Si la manette en amont ferme mal, la pièce ne fait que cacher l'écoulement. L'eau reste alors prisonnière entre l'obturateur et la pièce vissée, dans une poche qui ne se renouvelle plus et qui gèlera sur place. Le contrôle tient en une heure. Sortie libre, manette fermée, essuyez le filetage, glissez un chiffon sec sous la sortie et ne branchez rien. Un chiffon humide désigne la manette, pas la sortie à condamner. Le démontage du corps, le rinçage du siège et le recentrage de la rondelle se font ensuite à la main. Les erreurs de montage au répartiteur viennent presque toujours de ce joint déplacé.

Autre cas, plus bénin : une sortie qui s'égoutte après l'arrosage, puis reste sèche une heure plus tard. Il n'y a alors rien à réparer, seulement une voie à condamner pour tenir la poussière à l'écart. Ce cas de sortie qui s'égoutte sans être utilisée demande un bouchon, posé de la même façon.

Ce que le bouchon laisse derrière lui : un bras mort

Une fois la pièce en place, la portion de conduite qui l'alimente ne voit plus passer d'eau. Les gestionnaires de réseaux appellent cela un bras mort, et le classent parmi les zones de stagnation. Ces zones sont surveillées de près sur les réseaux d'eau potable. Une revue de la littérature scientifique a relevé une association positive entre stagnation et colonisation accrue par les légionelles dans 22 des 24 études recensées. Les bras morts et les extrémités de conduite figurent parmi les cas cités.

Mettre ces travaux en face d'un répartiteur de jardin demande de la mesure. Les études portent sur des réseaux de bâtiment, avec des volumes, des températures et des durées sans rapport avec un piquage de 3/4 de pouce utilisé le temps d'une saison. La conséquence pratique tient en un geste : au début de la saison, ouvrez la voie et laissez-la couler quelques secondes avant d'y rebrancher un tuyau. C'est ce que font les exploitants sur leurs extrémités de conduite, et cela ne prend que quelques secondes.

Bouchon laiton posé près d'un pied à coulisse ouvert sur le filetage mâle d'une sortie de répartiteur, sur un établi
La cote se prend sur la partie filetée : autour de 26,4 mm pour une sortie en 3/4 de pouce.

Avant les gelées : dévisser, pas serrer

Un bouchon laiton laissé en place sur une sortie qui contient encore de l'eau devient un piège dès les premières gelées. Le gel ne fait pas que pousser sur la matière. Dans une eau enfermée, la rupture vient de la pression hydraulique qui s'installe dans la dernière eau à geler, quand l'expansion de la glace n'a plus où s'étendre. Les essais rapportés par l'Alaska Science Forum portaient sur des tuyaux dont seule une courte section était isolée. Cette pression atteint 8 000 livres par pouce carré vers -5 °C, et jusqu'à 28 000 à -21 °C. Aucun filetage de laiton ne résiste longtemps à cela, et le bouchon n'est pas la pièce à sacrifier pour autant : c'est l'eau qu'il faut sortir.

Le geste d'automne est donc l'exact inverse de celui du printemps. Fermez l'alimentation, retirez la pièce, laissez la sortie se vider jusqu'à la dernière goutte, puis rangez le bouchon au sec, avec le reste du matériel d'arrosage. Un coup de chiffon sur les filets au printemps, et la voilà prête à reprendre sa place.

Bouchon laiton vissé sur la voie libre d'un répartiteur mural, l'autre voie alimentant un tuyau vert au printemps
Vissage à la main jusqu'au contact, puis un quart de tour à la clé sur les plats de la tête.

La manœuvre tient en trois repères. Reconnaître la sortie mâle et son diamètre avant d'acheter la pièce, poser l'étanchéité qui correspond au fond du filetage, puis serrer à la main et d'un quart de tour. Le reste relève de la surveillance. Une manette qui ferme mal se répare avant que le bouchon ne soit posé, et une voie condamnée se rince au début de la saison, quand elle n'a pas été démontée pour l'hiver.

Questions frequentes

Comment savoir si la sortie à boucher est mâle ou femelle ?

Regardez où se trouve le pas de vis. S'il court sur le pourtour extérieur de la pièce, la sortie est mâle : elle reçoit un bouchon femelle. S'il tapisse l'intérieur du trou, elle est femelle et demande une pièce mâle. Les sorties de répartiteur et les nez de robinet de jardin sont presque toujours mâles en 3/4 de pouce.

Faut-il du ruban de téflon sur un bouchon laiton ?

Tout dépend de la forme du fond de la sortie. Si une couronne plane le ferme, le joint plat fait le travail à lui seul. Si le filetage descend à nu, deux ou trois tours de ruban tendus, posés dans le sens du vissage, rattrapent le jeu.

Peut-on laisser le bouchon en place tout l'hiver ?

Non, si la sortie retient de l'eau. La dernière eau à geler s'enferme entre deux bouchons de glace et la pression monte jusqu'à fendre le laiton. Coupez l'eau, dévissez la pièce, laissez la sortie s'égoutter et rangez le bouchon au sec.

Le bouchon remplace-t-il un clapet anti-retour ?

Non. Un bouchon ferme un accès, il n'empêche pas une eau déjà présente dans la ligne de remonter vers le réseau d'eau potable. La protection contre les retours d'eau relève d'un dispositif anti-retour placé sur l'alimentation, pas d'une pièce d'obturation.

Répartiteur laiton démonté posé sur une étagère de garage, à côté d'un bouchon laiton et d'un chiffon sec
Avant les gelées, la pièce se range au sec plutôt que de rester remplie d'eau sur le mur.

Sources