Aller au contenu principal

Retours sous 30 jours. Détails

Jarditips
Filtre à tamis vissé en sortie de cuve, bocal translucide visible sous le corps, tuyau souple raccordé sur un raccord cannelé
Le filtre de tête se pose sur la sortie de cuve, avant la pompe et avant tout le reste de la ligne.

Quel filtre avant une pompe d'arrosage, et que mettre ensuite : quatre montages comparés

8 min de lecture


L'équipe Jarditips150 000 jardiniers nous suivent sur Instagram, Facebook et TikTok

Choisir un filtre avant pompe d'arrosage ne se joue pas sur la finesse affichée dans le tableau de caractéristiques. Ce qui décide de son utilité, c'est l'endroit où il travaille et ce que l'eau a déjà déposé à cet endroit. En amont d'une pompe, sur un robinet, en bout de tuyau ou juste devant les goutteurs, quatre montages se répartissent le travail, et aucun ne fait celui des autres.

En bref

  • Sur une ligne de goutteurs, le repère courant est une filtration à 200 mesh, soit environ 75 microns, et des particules retenues sous le dixième du passage de l'émetteur.
  • Un tamis de 100 mesh, environ 150 microns, arrête le sable grossier et les débris : c'est un premier étage, pas une filtration de fin de ligne.
  • Un écran compact offre peu de surface d'ouverture, donc se colmate vite : la perte de charge le dit avant le bocal.
  • Ce qui mesure moins que l'ouverture traverse, algues comprises, si serrée soit la maille.

Deux repères de dimensionnement avant de comparer

Le numéro de maille désigne un nombre d'ouvertures par pouce linéaire, et une grille se classe avec un diamètre de fil normalisé pour chaque taille. La fiche technique consacrée par Kansas State University à la filtration des réseaux enterrés en donne la table. Un 40 mesh laisse une ouverture de 0,425 mm, un 100 mesh de 0,150 mm, un 200 mesh de 0,075 mm. Un fil plus gros dans la même maille, et l'ouverture se referme : c'est pourquoi deux filtres annoncés 100 mesh ne retiennent pas forcément la même chose.

Le dimensionnement, lui, se déduit du réseau et non de l'eau. Les deux documents d'extension consultés retiennent une même règle : arrêter les particules plus grosses qu'un dixième du plus petit passage de l'émetteur. Le document de l'université de Floride, l'IFAS, donne l'équivalence qui sert de repère sur un réseau de goutteurs : 75 microns, soit un tamis de 200 mesh. Plus le passage de l'émetteur est étroit, plus la filtration doit être serrée.

Reste une contrainte que personne n'affiche : la surface utile. La même publication de Kansas State indique qu'il faut environ 2,8 pieds carrés de toile en 200 mesh pour obtenir un pied carré d'ouverture réelle. Autrement dit, un petit corps de filtre à écran serré n'offre qu'une poignée de centimètres carrés de passage, et se charge d'autant plus vite.

En amont de la pompe : le tamis de 100 mesh

C'est le montage de la ligne de cuve. Le filtre à visser en 1/2 pouce se pose sur la sortie du récupérateur, bocal translucide vers le bas. Le colis contient de quoi raccorder un tuyau souple et deux joints de rechange. Son tamis inox de 100 mesh arrête les grains de 150 microns et plus : sable grossier, débris végétaux, éclats de rouille arrachés aux gouttières. C'est cette fraction qui menace la pompe, le programmateur et la crépine d'aspiration posés en aval. À la première mise en eau, ouvrez la sortie de cuve doucement : le bocal translucide laisse voir arriver l'eau et le tamis se charger, sans rien démonter.

Cette position impose une limite que la fiche du produit ne cache pas : elle arrête les particules, pas la matière organique dissoute ni les algues. L'extension de Floride est catégorique sur ce point, un filtre à écran n'élimine que de petites quantités de sable et de matières organiques avant de se colmater et de faire chuter le débit. Sur une cuve de toiture, où les feuilles et les algues de bocal sont la norme, mieux vaut donc prévoir une retenue en amont. Un filtre de gouttière garde les feuilles hors du volume stocké, un panier placé à l'entrée d'eau retient le reste.

Filtre à tamis en plastique noir et bocal transparent vissé sur la sortie basse d'une cuve de récupération, un tuyau souple vert raccordé vers une pompe de surface
Le bocal translucide laisse voir ce que le tamis a retenu, sans démontage.

Après la pompe, devant les goutteurs : la cartouche fine

Si le réseau se termine par des goutteurs ou un tuyau micro-perforé, l'étage de 100 mesh ne suffit pas à lui seul. La filtration attendue figure dans la documentation du goutteur, et la valeur usuelle tourne autour de 200 mesh. D'où les cartouches à maille serrée montées sur raccord rapide après la pompe.

Les deux étages ne font pas double emploi. Le premier encaisse le volume de saletés de la cuve et se rince à la main, le second protège les goutteurs d'un sable fin que le premier a laissé passer. La publication de Floride décrit même cette cascade pour les filtres à média : quand ces derniers sont utilisés, un filtre à écran de 200 mesh prend place en aval. Sa mission est de retenir le sable décroché au lavage. L'ordre compte plus que la finesse de chaque pièce prise isolément.

Au robinet ou en bout de tuyau : les deux montages courts

Toutes les lignes ne partent pas d'une cuve, et les deux autres montages répondent à des situations plus simples. Sur une arrivée d'eau de ville, un préfiltre à bocal se visse en 3/4 entre le robinet et le réseau. Son corps moulé porte une flèche qui indique le sens de circulation, et sa fonction est de retenir les grains arrachés au réseau avant qu'ils n'entrent dans les gaines. Le montage ne demande aucun outil, et le bocal transparent se dévisse pour le rinçage.

En bout de ligne, la crépine à enfoncer joue un autre rôle. Elle se fiche sur l'extrémité d'un tuyau souple et empêche les gros débris, graviers ou limaces, d'être aspirés à l'entrée. C'est un filtre de protection mécanique, pas de finesse : sa cage se rince sous le robinet. Le choix entre ces deux montages se joue sur le diamètre de la sortie d'eau à équiper, et sur rien d'autre.

Préfiltre à bocal transparent monté sur un robinet extérieur en laiton, raccordé à un tuyau d'arrosage vert, mur de pierre et pied de tomates en arrière-plan
Sur une arrivée d'eau de ville, le bocal retient les grains arrachés au réseau.

Les quatre montages en un tableau

Les quatre lignes ci-dessous se lisent de la plus exposée à la plus légère. Aucune ne remplace les autres : chacune traite la fraction de saletés que l'eau lui apporte à son endroit de la ligne.

CritèreFiltre de cuve, 100 meshPréfiltre à bocal, 3/4 pouceCartouche fine, 200 meshCrépine de bout de ligne
EmplacementSortie de cuve, avant la pompeEntre le robinet et le réseauEn conduite, après la pompeÀ l'extrémité d'un tuyau souple
Ce qu'il arrêteSable grossier, rouille, débrisGrains arrachés au réseauSable fin, particules de 75 micronsGros débris, graviers
Ce qu'il laisse passerLimon, argile, algues finesCalcaire dissousLimon et argileTout ce qui passe le maillage
EntretienBocal dévissé, tamis rincéBocal dévissé, tamis rincéCartouche déposée sans outilCage rincée sous le robinet
Ce qu'il protègePompe, programmateur, réseauGoutteurs et gainesGoutteurs finsEntrée du tuyau

Ce que la perte de charge dit, et quand rincer

Un tamis ne se surveille pas à l'œil. Un écran chargé laisse encore passer l'eau, mais la pression en aval baisse, et c'est ce chiffre qui commande le rinçage. Le document de Kansas State donne un seuil de 3 à 5 psi d'écart entre l'amont et l'aval. Le bulletin consacré par l'université de Géorgie au goutte-à-goutte des vergers va plus loin et retient un nettoyage dès que l'écart dépasse 7 à 10 psi. Ces valeurs supposent deux prises de pression ou un manomètre différentiel, un équipement qu'aucun filtre de cuve ne fournit dans son colis.

Le rinçage des gaines, lui, ne suit pas le calendrier : il se déclenche quand le débit baisse. Le dépôt brun qui sort des rampes au printemps dit assez bien ce que le tamis a laissé passer. Une méta-analyse publiée dans le Journal of the Science of Food and Agriculture sur l'eau usée traitée montre que le fer, le manganèse et les matières en suspension pèsent davantage que la seule granulométrie. Aucun tamis ne corrige cela.

Ce qu'aucun de ces filtres ne réglera

La table de Kansas State donne la taille des particules qui traversent : le limon entre 0,002 et 0,05 mm, l'argile sous 0,002 mm, les bactéries entre 0,0004 et 0,002 mm. Aucun tamis d'arrosage ne descend à ces échelles, et c'est heureux pour le débit. Ces fractions se déposent dans les gaines et forment le film gluant qui finit par boucher un goutteur, et le remède est le rinçage, pas une maille plus fine.

L'eau de cuve ajoute sa propre variabilité. Une étude sur les premiers écoulements d'une toiture ne trouve pas de distribution de tailles nette d'une toiture à l'autre. Plusieurs facteurs s'en mêlent, et aucune maille ne peut être calibrée une fois pour toutes. Le nettoyage de fin de saison du collecteur compte donc autant que le filtre lui-même : une cuve vidée de ses feuilles en septembre filtrera mieux toute l'année suivante.

Bocal transparent de filtre d'arrosage dévissé au-dessus d'un seau, tamis inox visible à l'intérieur du corps en plastique, sur un établi de jardin
Le tamis se rince à l'eau claire, sans outil, en dévissant le bocal.

La place dans la ligne compte plus que la maille la plus serrée du catalogue. Sur une cuve, commencez par la sortie, avec un tamis qui encaisse le gros et se rince à la main. Si des goutteurs suivent, prévoyez une cartouche plus fine et le rinçage des rampes. Feuilles, algues et limon se traitent dans le volume stocké et à l'entretien, pas dans le corps du filtre.

Sources