Un récupérateur d'eau de pluie souple s'installe en une demi-heure, sans outil et sans percer quoi que ce soit : on monte quatre tubes, on pose la poche sur un sol de niveau, on raccorde le robinet, et on verse dix litres de contrôle avant la première averse. L'erreur la plus courante n'est pas dans le montage, elle est dans la précipitation : la place se choisit contenant vide, parce que plein, cent litres d'eau ne se déplacent plus. Voici le déroulé complet, du carton au premier arrosoir servi.
Le carton, et ce qu'il contient vraiment
Le colis arrive dans un carton étroit de 12 x 12 x 44 cm, facile à recevoir et à porter. À l'intérieur : le contenant plié à plat, les quatre tubes rigides qui lui donneront sa forme, le robinet de puisage avec sa vanne, un sachet de raccords et la notice illustrée. La notice tient sur une page de dessins, et c'est elle la référence : chaque pièce y est montrée à sa place, dans l'ordre.
Un point mérite d'être dit avant tout le reste, parce que les déconvenues viennent de là : ce colis contient un contenant, pas un système de collecte complet. L'eau entre par un orifice central du couvercle, protégé par une crépine. Si votre jardin ne dispose d'aucune descente pour l'alimenter, il recevra la pluie qui tombe sur lui, et nous verrons que ce n'est pas rien, mais ce n'est pas non plus un débit de gouttière.

Monter les quatre tubes
Dépliez la poche sur le sol, repérez les quatre fourreaux le long de la paroi, et croisez les tubes en X : la structure se tend, la poche se dresse, et le contenant prend ses dimensions montées de 0,4 m sur 0,78 m. Le geste ne demande aucune force ni aucun outil, juste de respecter l'ordre de la notice pour ne pas croiser deux tubes du même côté.
Ce montage se fait une fois par saison, pas une fois par semaine. Une fois les tubes en place et le robinet raccordé, le contenant reste monté jusqu'à l'automne : il se vide par ses ouvertures, jamais en le démontant. C'est aussi ce qui explique son intérêt par rapport à un bidon rigide, la saison finie, il se plie à plat et disparaît sur une étagère, un geste que nous avons décrit en détail pour la fin de saison dans notre guide d'hivernage du récupérateur souple.
Choisir la place avant le premier litre
C'est l'étape qui décide de tout le reste, et elle se joue contenant vide, à deux mains. La raison est un chiffre : un litre d'eau pèse environ un kilo, la masse volumique de l'eau frôle les 1 000 kilos par mètre cube, et cent litres en approchent donc les 100 kilos. Une poche qu'on porte d'une main à vide devient, une fois pleine, l'objet le plus lourd du jardin. Elle ne se déplace plus, elle ne se penche plus : elle se vide là où elle est.
Ce qui fait une bonne place tient en peu de choses. Un sol plat et stable d'abord, parce qu'une poche souple épouse ce qui la porte : sur un support de niveau, elle tient droite et le robinet reste à sa hauteur ; sur une terre meuble, deux dalles ou une planche répartissent le poids. Le robinet tourné vers votre passage habituel ensuite, à portée d'arrosoir de ce que vous arrosez : une vanne à moitié cachée derrière la poche décourage le puisage plus qu'elle ne l'organise. Et un emplacement dégagé des frondaisons, qui chargent la crépine en feuilles à chaque coup de vent.
La question du balcon ou de la terrasse sur plot se tranche avec le même chiffre. Plein, le contenant concentre une centaine de kilos sur environ un tiers de mètre carré : un plancher récent les encaisse sans discussion, un plancher ancien mérite une vérification avant, et une terrasse en pleine terre n'a jamais posé le problème.
Remplir : la pluie directe, la descente, ou les deux
Ici, un calcul honnête vaut mieux qu'une promesse. Un millimètre de pluie dépose un litre par mètre carré, c'est l'équivalence du suivi national des précipitations. Le dessus du contenant mesure environ 0,31 mètre carré : même en supposant que toute la pluie qui le touche atteigne l'orifice central, une averse correcte de dix millimètres n'y verse que trois litres. La pluie directe fait vivre une réserve d'appoint, elle ne remplit pas une cuve de 100 litres, et aucun discours de vendeur n'y change rien.
Pour remplir vraiment, il faut capter une toiture. Une descente dont l'écoulement arrive au-dessus de l'orifice alimente le contenant directement ; quand la descente continue vers le sol, un collecteur posé sur le tuyau en détourne une partie, et sa pose, qui elle exige de percer, est détaillée dans notre article sur l'installation d'un collecteur d'eau de pluie. L'échelle change du tout au tout : une équipe espagnole qui a suivi quatre toitures pendant deux ans mesure qu'une toiture pentue au revêtement lisse restitue plus de 90 pour cent de la pluie reçue, quand un toit plat recouvert de gravillon en laisse filer un peu plus du tiers. Le détail du calcul, toiture par toiture, est dans notre guide pour choisir la contenance d'un récupérateur ; retenez seulement qu'une averse sérieuse suffit à remplir les 100 litres et à solliciter le trop-plein.
Ce trop-plein, justement, mérite dix secondes au moment de l'installation. La sortie placée en haut de paroi évacue l'excédent : orientez-la vers une zone qui aime l'eau, un massif, un pied d'arbre, et non vers le pied du mur ou une planche de semis. Les incidents de débordement des premières semaines se traitent dans notre article sur le récupérateur qui déborde, et presque tous se règlent par l'orientation de cette sortie et un coup d'œil au niveau après chaque grosse averse.

La mise en route : dix litres avant la première averse
Le montage est fait, la place est bonne, reste le contrôle. Versez dix litres à l'arrosoir dans l'orifice d'entrée, robinet fermé, et regardez la base des raccords et le corps du robinet : rien ne doit perler. Ce remplissage de contrôle rince aussi la poussière du transport. Ouvrez ensuite le robinet au-dessus d'un arrosoir, finissez par le spigot noir du bas pour vider l'eau restée sous le robinet, et l'installation est déclarée étanche. Un défaut repéré à dix litres se corrige à sec ; le même défaut repéré à cent litres se corrige mouillé, et souvent trop tard.
Si le contenant est alimenté par une descente, le calendrier de mise en service se règle en connaissance de cause. Le premier ruissellement d'une toiture après une période sèche est la fraction la plus chargée de l'eau récoltée, comme l'a mesuré une étude grecque sur la qualité des eaux de toiture : comptez la première pluie utile comme un rinçage, pas comme une réserve. Videz ce premier lot au pied des massifs, puis ouvrez la saison dès l'épisode suivant.
Deux habitudes accompagnent la mise en route. Refermer le zip du couvercle entre deux averses d'abord : l'eau stagnante à l'air libre attire les moustiques, et l'Anses classe les récipients d'eau de jardin parmi les gîtes de ponte du moustique tigre. Un couvercle fermé bloque les pontes et ralentit le verdissement. Se souvenir ensuite de la destination de l'eau : ni boisson ni cuisine, l'avis rendu sur les eaux de toiture par l'agence sanitaire française réserve leurs usages à des emplois strictement encadrés et proscrit la table. Au jardin, pour les massifs, les pots et les semis, c'est au contraire une des meilleures eaux possibles, sans calcaire et à la température de l'air.

Les erreurs qui coûtent la saison
La première est de déplacer le contenant plein. Sa paroi souple ne offre aucune prise, et le contrecoup d'une poignée mal placée travaille sur les soudures. Videz d'abord, le robinet et le spigot sont faits pour ça. La pose en pente fait des siennes différemment : la poche penche, le robinet se retrouve noyé sous le niveau de l'eau et le trop-plein fuit en continu au lieu de servir. Et l'installation sous un arbre transforme la crépine en corvée : elle retient les feuilles les plus grosses, mais elle demande alors un nettoyage hebdomadaire qu'aucun jardinier ne tient tout l'été. Un emplacement dégagé coûte dix pas de plus à l'installation et économise une corvée par semaine.
Une fois la saison lancée, le contenant souple de 100 litres ne demande que deux regards : le niveau après chaque grosse averse, la crépine une fois par mois. Le reste du temps, il travaille seul, et c'est bien le but.
Sources
- Eaufrance. Les volumes de précipitations. Service public d'information sur l'eau, données d'observation Météo-France.
- Farreny, R., Morales-Pinzón, T., Guisasola, A., Tayà, C., Rieradevall, J., & Gabarrell, X. (2011). Roof selection for rainwater harvesting: quantity and quality assessments in Spain. Water Research, 45(10), 3245-3254.
- Gikas, G. D., & Tsihrintzis, V. A. (2012). Assessment of water quality of first-flush roof runoff and harvested rainwater. Journal of Hydrology.
- Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (2011). Avis relatif à l'utilisation des eaux de pluie collectées en aval de toitures pour des usages à l'intérieur des bâtiments (saisine 2009-sa-0176).
- Anses. Le moustique tigre.
- Nave, R. Georgia State University. Density of water and ice, HyperPhysics.
Questions frequentes
Quel support faut-il sous un récupérateur souple de 100 litres ?
Un sol plat, stable et de niveau suffit : dalle de béton, pavés, terrasse ou terre ferme tassée. La poche souple épouse ce qui la porte, et c'est sur un support de niveau qu'elle tient droite, robinet accessible. Sur une terre meuble, deux dalles ou une planche épaisse répartissent le poids une fois les 100 litres dedans. Aucun support dédié n'est nécessaire, et rien ne se visse : le contenant se pose et reste au sol.
Combien de temps faut-il pour remplir les 100 litres ?
Tout dépend de ce qui l'alimente. Par la pluie directe sur son orifice d'entrée, le dessus ne mesure qu'environ 0,31 mètre carré : une averse de dix millimètres n'y verse au mieux que trois litres, il faut de la patience. Raccordé à une descente de gouttière, le calcul change d'échelle : vingt mètres carrés de toiture pentue qui reçoivent dix millimètres rendent environ cent quatre-vingts litres, de quoi remplir le contenant sur un seul épisode sérieux. Aucun débit de remplissage n'est documenté pour ce produit, et aucun ne peut être promis.
Peut-on installer le contenant sur un balcon ou une terrasse ?
Oui, à une condition : vérifier la résistance du plancher. Plein, le contenant approche les 100 kilos posés sur un tiers de mètre carré, une charge concentrée qui ne se répartit pas comme un meuble. Une terrasse sur plot ou un balcon récent les encaisse sans discussion, un plancher ancien ou douteux mérite un avis avant. Une fois cette vérification faite, la pose est la même qu'au sol : de niveau, robinet côté passage.
Faut-il rincer le contenant avant la première utilisation ?
Oui, et c'est une affaire de dix litres. Un premier remplissage de contrôle, versé à l'arrosoir dans l'orifice d'entrée, robinet fermé, rince la poussière du transport et donne l'occasion de serrer chaque raccord du sachet avant qu'ils ne travaillent sous charge. Videz par le robinet puis par le spigot, et le contenant est prêt pour la saison. Si un joint perle à ce stade, il se change à sec en cinq minutes, ce qui est toujours plus agréable qu'au milieu d'une averse.

