Petit récupérateur d'eau de pluie : les alternatives et ce que chacune coûte
Un petit récupérateur d'eau de pluie se bricole avec un bidon qui dort au garage, s'ajoute à une descente de gouttière, ou s'achète déjà équipé. Les trois routes n'ont pas le même prix, et aucune ne rembourse son achat sur la facture d'eau. Voici ce que chacune demande comme argent et comme travail, dans l'ordre où nous les conseillerions.
Ce que le budget achète, et ce qu'il n'achète pas
Avant de comparer les prix, il faut regarder ce qui peut remplir le contenant. Une modélisation de cinq jardins britanniques publiée dans le Journal of Environmental Management a comparé les besoins d'arrosage aux volumes récoltables sur ces sites. Le potentiel d'une récupération d'eau de pluie y dépend du rapport entre les besoins et la surface qui capte la pluie, et du climat local. Les jardins des régions les plus arrosées, avec peu de besoins pour beaucoup de surface de capture, pourraient presque vivre uniquement sur l'eau de pluie, même en année sèche. Ceux des régions plus sèches devraient, eux, capter sur des surfaces bien plus grandes et stocker davantage.
La conséquence est budgétaire. Un contenant de cent litres posé dans un coin ne récolte que la pluie tombée sur son emprise, tant qu'aucune descente ne l'alimente par au-dessus, et il peut rester à moitié vide une saison entière. Payer des litres que rien ne remplit est la première dépense inutile de ce dossier.
Le second enseignement est plus dur. Une étude menée sur un ensemble résidentiel de Bucaramanga, en Colombie, a chiffré le retour sur investissement de systèmes de récupération et de réutilisation conçus pour des foyers gros consommateurs d'eau. La configuration la plus viable économisait 44 % de l'eau du réseau, pour un retour sur investissement de 6,5 %. Le délai de rentabilité estimé atteignait vingt-trois ans, dans des foyers qui consommaient plus de deux cents litres par personne et par jour. Notre contenant de jardin, lui, ne sert qu'un arrosage d'appoint. Attendre de lui qu'il rembourse son prix par l'eau économisée est donc une erreur de raisonnement, et c'est vrai des trois routes. L'étude est publiée dans Environmental Science and Pollution Research.
Le contenant que vous possédez déjà : zéro euro
Une poubelle de jardin, un bidon de récupération, une lessiveuse : n'importe quel volume fermé qui tient debout fait un point de stockage. La dépense de départ est nulle, et c'est la seule des trois routes qui ne demande aucune commande.
Deux servitudes reviennent tout de suite. Le puisage d'abord : sans robinet, il faut soulever le contenant ou amorcer un siphon, et un bidon plein ne se soulève pas. La propreté ensuite : un dessus ouvert laisse tomber les feuilles, la lumière fait verdir l'eau, et la pluie y dépose ce qu'elle a lavé sur le toit et sur les murs.
Le puisage décide d'ailleurs souvent du budget réel. Sans robinet, le contenant détourné se vide au seau ou au siphon, ce qui suffit pour quelques arrosoirs et devient pénible dès qu'il faut remplir plusieurs fois dans la journée. Un robinet ajouté plus tard impose de percer la paroi et de refaire l'étanchéité autour du passage, ce qui est plus simple à faire avant la mise en eau, sur un contenant vide et accessible.
La troisième servitude est moins visible, et c'est celle qui coûte le plus cher en été. Une étude menée en zone rurale en Inde et publiée dans Biomedicines a identifié les contenants plastiques de stockage et de récupération d'eau parmi les principaux gîtes larvaires d'Aedes albopictus sur son terrain d'étude. La consigne de quartier qui en découle est simple : pas d'eau dormante à ciel ouvert.

Un couvercle qui ferme, un filtre sur l'entrée et une vidange en fin de saison suffisent à écarter le problème. Ce sont ces trois pièces qui manquent à un contenant détourné, et c'est ce que vous payez en prenant un contenant prévu pour ça.
Poser un collecteur sur la descente : la dépense la plus utile
Il existe un intermédiaire entre le bidon gratuit et le contenant équipé. Notre collecteur de descente coûte 25,90 €, se pose sur une descente de gouttière de 70 à 110 mm et détourne l'eau de toiture vers le contenant que vous possédez déjà. Il remplace la pluie directe par le toit entier comme surface de capture, et c'est là que se joue la différence de volume.
Pour qui part de zéro, ces 25,90 € ne suffisent pas : le collecteur détourne l'eau, il ne la stocke pas, et il faut y ajouter le bac ou le bidon qui ira dessous. Le budget réel d'une première installation, c'est donc le collecteur plus un contenant. Reste que si vous possédez déjà ce contenant, ces vingt-cinq euros font plus pour le volume récolté qu'un second récipient posé dans le même coin.
Deux choses à savoir avant de commander. Le perçage de la descente est nécessaire : deux vis autoperceuses sont fournies et le collier se referme par-dessus. Sur une descente que vous ne pouvez pas percer, cette solution ne s'applique pas. Et le contenant n'est pas fourni, ce que le prix affiché ne dit pas.
Le contenant souple de 100 litres : 111,90 €, et ce que ce prix achète
Notre contenant souple de 100 litres s'affiche à 111,90 €. Ce montant ne rémunère pas les litres stockés. À 4,34 € le mètre cube d'eau du robinet en 2021, prix moyen en France, cent litres représentent un peu plus de quarante centimes. Ce que vous payez, c'est le geste et le confort d'usage, pas l'eau économisée.
Le prix achète autre chose, et c'est vérifiable pièce par pièce. La paroi est en PVC armé d'une maille et se plie à plat une fois vide. Quatre tubes rigides croisés lui donnent sa forme. Le couvercle se referme par un zip et une crépine protège l'entrée. Un robinet de puisage placé à mi-hauteur laisse remplir un arrosoir sans rien soulever, un spigot de vidange évacue ce qui reste en bas de paroi, et un trop-plein laisse partir le surplus. Tout cela arrive avec le contenant, alors qu'un bac détourné demande de réunir ces pièces une par une. Monté, le contenant occupe 0,4 m sur 0,78 m, et le colis tient dans un carton de 12 x 12 x 44 cm.

Les limites sont réelles, et elles se disent avant l'achat. Cent litres, c'est une réserve d'appoint : de quoi couvrir quelques arrosages, pas un potager tout l'été sans le réseau. Le contenant ne se raccorde pas à un tuyau, il remplit un arrosoir. Plein, il pèse cent kilos et ne se déplace plus, et l'hivernage du contenant souple commence par sa vidange.
Ce que coûte chaque route
| Route | Dépense de départ | Ce qu'elle demande | Ce qui peut la disqualifier |
|---|---|---|---|
| Contenant que vous possédez déjà | 0 €, plus les pièces achetées à part | Fermer le dessus, filtrer l'entrée, puiser à la main, vider avant les gelées | Un contenant sale, instable, ou trop lourd à déplacer une fois plein |
| Collecteur de descente seul | 25,90 €, plus le contenant qui va dessous | Percer la descente, caler un bac sous le collier | Une descente que vous ne pouvez pas percer |
| Contenant souple de 100 litres | 111,90 €, puisage et vidange compris | Monter quatre tubes, remplir à l'arrosoir, vider et sécher avant de plier | Devoir tenir un potager entier sur la réserve seule |
Le tableau se lit avec une nuance. Pour qui possède déjà un contenant propre, la première ligne reste la meilleure affaire. Pour qui part de zéro, la comparaison juste n'est pas 25,90 € contre 111,90 €, mais le prix du contenant souple équipé contre celui du collecteur augmenté du bac qu'il faudra trouver, puis équiper.
Ce que la dépense libère une fois la saison finie
Un contenant détourné et un collecteur restent en place toute l'année, qu'ils servent ou non. Le bidon occupe un coin de terrasse, le collier reste vissé sur la descente, et ni l'un ni l'autre ne se range. Le contenant souple est le seul des trois à libérer son emplacement. Une fois vidé et séché, il se plie à plat et se glisse sur une étagère de garage, dans le carton de 12 x 12 x 44 cm de son colis. Sur un balcon ou une petite terrasse, cette place regagnée fait partie de ce que vous achetez, même si elle ne se compte pas en euros.
Reste à savoir quelle taille viser avant de dépenser quoi que ce soit, et cela dépend de vos arrosages réels plutôt que du prix affiché. Le choix d'une contenance se fait après quelques semaines d'usage, quand vous savez combien de fois l'arrosoir s'est rempli.
Questions frequentes
Quel budget prévoir au total, et pas seulement pour la pièce principale ?
Comptez l'ensemble et non la pièce. Un collecteur de descente détourne l'eau mais ne la stocke pas : sans contenant dessous, la pluie repart au sol. Un contenant détourné réclame souvent l'achat séparé d'un robinet, d'un couvercle et d'une crépine, dont le montant dépend du modèle de départ. Pour un budget fermé, notre contenant souple de 100 litres arrive complet à 111,90 €.
Quelle surface de toiture faut-il pour remplir cent litres ?
Un millimètre de pluie dépose un litre par mètre carré de surface exposée. Cent litres demandent donc dix millimètres sur dix mètres carrés, ou vingt millimètres sur cinq mètres carrés, avant les pertes. C'est pourquoi une descente qui draine une toiture entière remplit plus vite qu'un contenant posé seul au sol.
Peut-on récupérer l'eau de pluie sans gouttière ni collecteur ?
Oui, si le contenant est posé à découvert. Il se remplit alors par son orifice de couvercle, avec la pluie qui tombe sur son emprise, ce qui reste modeste mais suffit pour quelques arrosages. Veillez à le caler droit et à fermer le dessus, sans quoi un contenant ouvert devient un gîte à moustiques.
L'eau d'un bidon laissé ouvert convient-elle au potager ?
Elle sert à l'arrosage, jamais à la consommation. Un dessus ouvert laisse tomber les feuilles et la lumière fait verdir l'eau, ce qui n'empêche pas de l'utiliser au pied des cultures. Videz et rincez le contenant avant l'hiver, puis laissez-le retourné : une eau dormante laisse un dépôt au fond et une odeur qui revient au printemps.
Sources
- Jacque H., Knox J. W., Gush M., Holman I. P., 2023. Modelling the potential of rainwater harvesting to improve the sustainability of landscape and public garden irrigation. Journal of Environmental Management.
- Oviedo-Ocaña E. R., Dominguez I., Ward S., Rivera-Sanchez M. L., Zaraza-Peña J. M., 2018. Financial feasibility of end-user designed rainwater harvesting and greywater reuse systems for high water use households. Environmental Science and Pollution Research.
- Biswas S., Rajkonwar J., Nirmolia T., Jena S. R., Sarkar U., Bhattacharyya D. R., Borkakoty B., Pandey A., Subbarao S. K., Majumder T., Pebam R., Gogoi P., Mahanta K., Narain K., Bhowmick I. P., 2023. First report of rubber collection bowls and plastic and bamboo water containers as the major breeding source of Aedes albopictus. Biomedicines.
- Office français de la biodiversité, 2023. Le prix de l'eau. Eaufrance.

