Une housse de salon de jardin se choisit dans un ordre précis. La taille d'abord : une toile trop juste ne se pose pas, une toile trop large prend le vent. La matière ensuite, parce que c'est elle qui décide de ce que la pluie et le soleil finissent par faire au tissu. La fixation enfin, parce que c'est elle qui garde la housse en place quand les rafales s'engouffrent sous l'ourlet. Ce guide reprend ces trois relevés un par un, avec ce qu'il faut mesurer.
En bref : ce qui décide la tenue
Mesurez le salon monté, dossier et accoudoirs en place, et gardez de la marge sur les trois dimensions : c'est la mesure qui écarte la majorité des erreurs. Lisez ensuite la matière comme une étiquette technique, une toile enduite se jugeant sur son enduction davantage que sur son épaisseur au toucher. Vérifiez enfin le bas de la toile : un cordon glissé dans l'ourlet et bloqué par un verrou décide seul si la housse reste en place au premier coup de vent.
Relever le salon monté, pas l'assise
L'erreur la plus courante se commet avant même d'ouvrir une page de produit : on mesure l'assise, et on oublie le dossier. Une housse recouvre un volume, pas une surface. Laissez donc le salon monté et prenez le mètre sans rien déplacer.
Sur un salon, trois cotes décident et une quatrième renseigne. La longueur, d'un accoudoir à l'autre. La profondeur, du dossier à l'avant de l'assise, inclinaison comprise. La hauteur, du sol au point le plus haut, presque toujours le sommet du dossier. L'emprise au sol, entre les pieds, dira si l'ourlet peut glisser dessous.
| Ce que vous relevez | Où passe le mètre | Ce qui est souvent oublié |
|---|---|---|
| Longueur | D'un accoudoir à l'autre, les deux en place | Un accoudoir rabattu, qui fausse le relevé de 10 cm |
| Profondeur | Du dossier à l'avant de l'assise | L'inclinaison du dossier, qui mange de la profondeur en bas |
| Hauteur | Du sol au point le plus haut | Le sommet du dossier, plus haut que l'assise |
| Emprise au sol | Entre les pieds, au plus large | Les patins et les pieds fins, sous lesquels l'ourlet peut glisser |
| Marge | Sur chacune des trois cotes | La tolérance de 1 à 3 cm annoncée sur la fabrication |

Ces relevés ne servent pas à choisir entre dix formats : le catalogue n'en propose qu'un pour un salon, 70 x 70 x 70 cm, en coloris noir. Ils servent à trancher, dans un sens ou dans l'autre. Un cube de 70 cm de côté fixe la limite haute du mobilier qu'il peut coiffer, et un salon trois places monté, accoudoirs et dossier en place, dépasse en général cette cote dans au moins deux directions. La tolérance annoncée de 1 à 3 cm, qui vient de la prise de mesure manuelle en fabrication, ne change pas ce verdict : elle compte comme du jeu, pas comme du rab.
La matière : lire une toile enduite
La housse Jarditips est taillée dans une toile Oxford 210D, un tissu de polyester tissé puis enduit de PVC. Cette description se lit dans l'ordre : un support textile, puis un enduit qui le rend imperméable. Le polyester apporte la tenue à la déchirure, l'enduit ferme la surface et empêche l'eau de traverser.
La résistance à l'eau d'un textile enduit se mesure par la pression hydrostatique, une mesure de référence dans l'évaluation des membranes textiles imperméables. Elle explique pourquoi deux toiles d'aspect voisin se comportent très différemment : ce n'est pas l'épaisseur qui décide, c'est la continuité de l'enduction.
Le même travail décrit les revêtements qui laissent respirer un textile : les microporeux, dont la surface percée de pores minuscules laisse passer la vapeur d'eau mais bloque les gouttes liquides, et les continus hydrophiles, qui transmettent l'humidité par la chimie de leur matière. Une enduction PVC n'appartient à aucune de ces deux familles : c'est un film plein, qui arrête la pluie et ne laisse pas passer la vapeur. C'est pourquoi la toile se pose sur un salon sec, jamais sur un mobilier qui vient de prendre l'averse.
Reste l'usure, celle qui ne se voit pas. Le rayonnement ultraviolet coupe les chaînes des polymères du textile, et aucun essai de tenue dans le temps n'a été mené par Jarditips sur cette toile : la housse ralentit le vieillissement de la structure qu'elle abrite, elle ne s'engage sur aucune durée de vie. La réserve vaut aussi pour l'épaisseur : « le tissu reste fin », note la fiche produit, et les acheteurs le confirment en le jugeant suffisant pour une saison, avec un doute au-delà. Ce n'est pas une toile de chantier.
La fixation : un cordon dans l'ourlet du bas
Sur une housse de salon, la tenue se joue entièrement au bas de la toile. Le cordon court dans un ourlet cousu sur tout le pourtour inférieur ; on le tire, la toile se plaque contre la base du mobilier, et un verrou à câble glissé sur le cordon fige le serrage. Cordon et verrou restent logés dans l'ourlet en permanence : la housse se manipule d'un seul tenant, sans pièce détachée à retrouver au printemps.
Ce serrage fait aussi office de réglage : un cordon qui se resserre tolère un salon un peu plus étroit que la housse, la toile se fronce légèrement au lieu de flotter. La tolérance de 1 à 3 cm annoncée sur les cotes ne remplace pas cette marge : elle absorbe la variation de la prise de mesure, elle ne s'ajoute pas à la place d'une dimension manquante.
Sur un balcon exposé, ce sont les pieds qui tiennent le mobilier : c'est donc l'endroit le plus solide où arrimer la toile, et le cordon d'ourlet ne le couvre pas à lui seul. Deux gestes remplacent des attaches supplémentaires : glisser l'ourlet sous les pieds avant de serrer le cordon, ou poser un objet plat et lourd sur le dessus de la toile.
Faut-il pour autant préférer une bâche à œillets, fixée en passant une corde dans les trous ? Les deux solutions ne jouent pas le même rôle, et le comparatif de la fiche produit le dit : la bâche et la housse ne couvrent pas les mêmes meubles. Une bâche se tend et s'arrime, une housse épouse et se ferme.

Un volume fermé garde son eau
Une housse descendue crée un volume clos. Le soir, la toile se refroidit plus vite que le mobilier qu'elle abrite, et la vapeur d'eau présente dessous se condense sur sa face interne. Ce régime de condensation en gouttes, étudié sur des surfaces refroidies, laisse des gouttelettes qui naissent, grossissent et coalescent : l'eau revient sur le mobilier au lieu de s'en aller.
Trois gestes limitent la casse. Couvrez un salon sec, jamais après une averse. Soulevez l'ourlet de temps en temps pour aérer, surtout après une pluie continue. Pliez la housse sèche avant de la ranger à l'abri.

Un format, un coloris, une décision
Le format unique de la housse de protection pour salon de jardin a un mérite : il rend la décision binaire. Si vos relevés tiennent dans le cube, la housse convient. Sinon, aucune astuce de pose ne rattrapera un dossier qui dépasse.
Ce qui est livré, c'est la housse seule : le salon n'est pas compris. La pose est annoncée à une dizaine de minutes, dépliage et serrage compris, sans outil.
Les conditions sont simples : retour possible sous 30 jours, garantie de 2 ans. Une garantie de deux ans sur une toile dont la tenue dans le temps n'a pas été testée par Jarditips reste une garantie de conformité, pas une promesse de durée. Et la housse ne remplace pas la visite d'automne : protéger un salon de jardin en fin de saison commence par un nettoyage et un rangement, la toile n'arrivant qu'après.
Une housse taillée pour un meuble ne couvre pas un autre meuble. Les chaises empilables ont la leur, avec sa propre forme, comme l'explique le guide pour choisir une housse de chaises empilables, et une table demande une découpe encore différente.
Conclusion
Choisir une housse de protection pour un salon de jardin se joue sur trois vérifications, dans cet ordre : le salon monté tient-il dans le format proposé, marge comprise ? La toile enduite convient-elle à l'usage attendu, une saison dehors, sans essai de durabilité garanti ? Le bas peut-il se serrer sur la base du mobilier, avec un cordon et son verrou ?
Si les trois réponses sont oui, la housse tiendra la pluie et la poussière à distance et laissera le salon prêt au retour des beaux jours. Si l'une est non, mieux vaut revoir le format avant de commander : le mètre coûte moins cher que la housse.
Questions frequentes
Faut-il retirer les coussins avant de couvrir le salon ?
Oui, dans la mesure du possible. Un coussin qui passe l'hiver sous une toile garde l'humidité qu'il contenait déjà, et cette humidité reste au contact du tissu pendant des semaines. Sortez les coussins, laissez-les sécher à l'air libre, puis rangez-les à l'abri, dans un coffre ou un local sec. La housse protège alors la structure, qui est la partie la plus difficile à remplacer.
Une housse noire fait-elle chauffer le mobilier en été ?
Le noir absorbe davantage de rayonnement qu'une toile claire, et une housse posée en plein soleil monte en température plus vite. Ce n'est pas un problème pour une structure en métal peint ou en résine tressée, qui encaisse la chaleur sans dommage. Cela en devient un pour tout ce qui reste dessous : coussins, textiles, et le bois massif s'il n'est pas traité. Retirez donc ce qui craint la chaleur avant de couvrir.
Que faire si de l'eau stagne sur le dessus de la toile ?
Une poche d'eau se forme quand la toile se creuse entre deux points hauts, souvent sur un salon aux accoudoirs séparés. Poussez l'eau du plat de la main vers le bord dès que vous la voyez, sans attendre qu'elle pèse. Sur un dessus resté plat, une cale glissée sous la toile, au milieu du salon, installe une pente et l'eau s'écoule d'elle-même. Vérifiez aussi le serrage du cordon : une toile plaquée retient moins d'eau qu'une toile qui flotte.
Faut-il démonter le salon pour le couvrir ?
Non. La housse est taillée pour un salon monté : elle se déploie par le haut, accoudoirs et dossier en place, et se serre sur le pourtour bas. Démonter n'apporterait rien, sinon le risque de perdre la visserie. Le démontage ne se justifie que si vous rentrez le mobilier à l'intérieur pour la mauvaise saison, et dans ce cas la housse reste pliée à l'abri.
Sources
- Chang Y., Liu F., 2023, Review of Waterproof Breathable Membranes: Preparation, Performance and Applications in the Textile Field, Materials.
- Leach R.N., Stevens F., Langford S.C., Dickinson J.T., 2006, Dropwise condensation: experiments and simulations of nucleation and growth of water drops in a cooling system, Langmuir.
- Yousif E., Haddad R., 2013, Photodegradation and photostabilization of polymers, especially polystyrene: review, SpringerPlus.

