Une table de jardin et ses chaises se protègent de deux façons. Vous poussez les chaises sous le plateau et une seule toile descend sur l'ensemble, ou vous couvrez la table seule et les chaises passent la mauvaise saison empilées sous leur propre housse. La première solution ne tient qu'à une mesure, la hauteur du sol aux dossiers relevés. La seconde demande une toile de plus et se prépare en deux temps.
La cote qui tranche : du sol aux dossiers
Le format de la housse de table se lit en trois nombres, 180 x 120 x 74 cm, dans l'ordre longueur, largeur et hauteur. Les deux premiers décrivent le plateau. Le troisième se prend du sol jusqu'au plateau, et c'est lui qui autorise la retombée à descendre jusqu'aux dalles. Avec des chaises sous la table, la hauteur change de référence : elle se mesure du sol au point le plus haut de l'ensemble, c'est-à-dire au dossier relevé, et non plus au plateau.
Un dossier relevé passe souvent au-dessus du niveau du plateau, parfois de plusieurs dizaines de centimètres. Ce sont ces centimètres qui décident, et ils se relèvent au mètre ruban avant la commande, en même temps que la longueur et la largeur de l'ensemble chaises comprises. Les trois mesures du plateau ne suffisent plus dès que les chaises restent dessous.
Table en place et pieds compris, gardez ensuite une poignée de centimètres de marge. Une retombée qui touche tout juste les dalles laisse peu de cordon à nouer autour des pieds, et la cote haute doit rester sous les 74 cm pour que la toile descende jusqu'au sol.
Les retours de nos acheteurs vont dans ce sens. L'un d'eux signalait une toile « un peu juste en hauteur » et regrettait de ne pas pouvoir faire passer les pieds de sa table sous la housse. Le même écart se creuse davantage quand ce sont les dossiers qui dépassent.
Le point par point
| Critère | Une seule toile sur l'ensemble | La table d'un côté, les chaises de l'autre |
|---|---|---|
| Ce qui est couvert | Le plateau, les pieds et les chaises, jusqu'au sol | Le plateau et les pieds jusqu'au sol, la pile d'un seul tenant |
| La hauteur à relever | Du sol au dossier le plus haut | Du sol au plateau, puis la hauteur de la pile |
| La condition | Les trois cotes de l'ensemble tiennent dans le format | La table tient dans le format, quelle que soit la hauteur des dossiers |
| L'accès pendant l'hiver | La toile ferme la table jusqu'au printemps | Chaque meuble s'ouvre sans déranger l'autre |
| Le vent | Une prise unique, plus haute | Deux prises séparées, chacune plus basse |
| À ranger au printemps | Une toile | Deux toiles, séchées et pliées |
| Ce qu'il faut commander | Rien de plus, si le relevé passe | Une housse de chaises empilables |
Deux lignes pèsent plus que les autres. La hauteur, parce qu'elle est la seule cote qui écarte la première solution sans discussion possible. L'accès ensuite, parce qu'une table couverte de l'automne au printemps devient un meuble fermé : ce que vous laissez dessous reste dessous jusqu'aux beaux jours.
Ce que la première configuration change à l'automne
La toile ne reste pas en place douze mois : elle se pose aux premières pluies et se range aux beaux jours. Entre les deux, il reste des semaines où l'on mange encore dehors et où le ciel change d'avis en une heure. C'est là que la première configuration se distingue. Un seul geste couvre la table et les chaises avant de rentrer, un seul geste les découvre le lendemain midi. Avec deux housses, la seconde dort au rangement, et il faut choisir entre aller la chercher et laisser les chaises à l'averse. En plein été, la question ne se pose plus : la toile est pliée.
La place au sol, quand la terrasse est étroite
Sur un balcon ou une petite terrasse, une seule toile occupe l'emprise du meuble. Deux toiles en occupent deux : celle de la table, et celle de la pile, posée là où les chaises ont été montées, avec la marge qu'il faut pour en faire le tour. Dans les deux cas, la place est déjà prise par les meubles, mais une pile couverte reste un volume qui grimpe, et il faut pouvoir tourner autour pour passer le cordon et resserrer l'ourlet. Si le passage est compté, l'ensemble couvert d'un seul tenant est la configuration qui laisse le moins de surface encombrée.
Ce que devient la toile quand les dossiers dépassent
Quand les dossiers montent plus haut que le format, la toile se pose en pont sur eux. Elle ne descend plus jusqu'au sol, la retombée flotte au-dessus des dalles, et le cordon qui se noue autour des pieds ne trouve plus sa prise. Les bas de côté restent ouverts, le vent s'engouffre sous le volume, et la pluie qui ruisselle le long du pont s'arrête entre la toile et les assises.

C'est la limite de la première configuration, et elle est nette : elle n'accepte aucune cote au-dessus du format, la hauteur en particulier. Un relevé du sol aux dossiers au-delà de 74 cm suffit à trancher contre, sans essayer de tirer sur la toile.
L'air et l'eau sous une toile
Sous une toile qui descend jusqu'au sol, l'air se renouvelle peu, et ce confinement a un effet mesurable. Des essais sur des pièces de bois fendillées, en suivant la teneur en eau piégée dans les fentes, donnent l'ordre de grandeur : sans vent, l'eau retenue y reste plus de 48 heures, alors qu'un courant d'air de 1 m/s ramène le bois à son état séché à l'air en moins de 24 heures.
Ce que l'humidité confinée finit par produire est documenté lui aussi. Une synthèse sur les seuils critiques d'humidité pour les matériaux situe le démarrage des moisissures entre 80 et 95 % d'humidité relative de l'air, et celui des champignons de pourriture au-delà de 95 %. Pour le bois lui-même, des essais sur la teneur en eau minimale qui autorise une pourriture la placent juste sous le point de saturation des fibres, avec du pin non traité épargné sous 29 % d'humidité.
Aucune des deux configurations ne ventile mieux que l'autre : une toile qui descend jusqu'au sol tient la pluie dehors et garde l'air immobile dedans. Le nombre de toiles n'y change rien. Ce qui décide, c'est ce que vous laissez dessous. Un plateau nu et des assises sèches traversent l'hiver sans dommage, alors que des coussins ou du linge de table oubliés retiennent l'humidité contre le bois jusqu'au printemps.
Une réserve, signalée par les acheteurs de ce type de toile : à contre-jour, la lumière passe par les coutures, et l'étanchéité n'est pas totale. La toile détourne l'essentiel de la pluie, elle ne met pas le meuble sous cloche.
Le vent ne travaille pas de la même façon sur une toile et sur deux
Un volume plus haut présente plus de surface au vent, et la toile en pont lui en offre encore davantage. Le mistral donne l'ordre de grandeur de ce qu'encaisse une terrasse du Sud : Météo-France le décrit comme un vent turbulent dont la vitesse moyenne atteint 50 km/h, avec des rafales de 80 à 100 km/h, parfois davantage. Sur une toile qui flotte, une rafale de ce calibre trouve les bas de côté ouverts et soulève.
Le point faible est connu. Dans les retours, le cordon tient la retombée au quotidien, mais la corde reste fine : un acheteur doute qu'elle résiste à des vents forts, quand un autre apprécie qu'elle garde la toile bien fixée. Le geste qui règle la question ne coûte rien : doubler le nœud quand des rafales sont annoncées, et ajouter un tour de sangle autour de la table, sous la toile.

Une seule toile à surveiller, ou deux à sortir
La différence la plus concrète se joue dans l'usage, pas dehors. La housse de table se pose à la fin des repas d'été et se retire au printemps, ce qui laisse la table fermée tout l'hiver. Si les chaises sont dessous, elles le restent aussi, avec la nappe, le parasol plié et tout ce qui dort sur le plateau. Une pile couverte à part s'ouvre quand vous en avez besoin, sans toucher à la table.
Vient le printemps, et le rangement. Deux toiles, c'est deux séchages à plat avant de plier, sur deux jours ou sur deux pans de terrasse, et deux emplacements de stockage à trouver dans le garage ou sous l'escalier. Rien de compliqué, mais cela se prévoit avant de commander.
L'autre geste va dans le sens inverse : empiler les chaises demande de les sortir de table, de les monter proprement et de pousser la pile contre un mur. Quelques minutes une fois l'an, à condition de savoir où elle passera l'hiver. Si les chaises doivent de toute façon rester sous la table, la question ne se pose plus.
Comment trancher, relevé en main
Un seul relevé sépare les deux configurations : celui du sol au dossier le plus haut, chaises poussées sous la table comme elles se rangeront pour l'hiver. Sous la cote du format, une housse taillée en volume habille table et chaises d'un seul tenant, et le cordon se noue encore. Au-dessus, la table passe sous sa housse et les chaises forment une pile de chaises qui se mesure du sol au sommet, sous sa propre housse de chaises empilables.

Aucune des deux configurations n'est meilleure dans l'absolu : ce sont vos dossiers qui décident, et le mètre ruban le dit en deux minutes. Mesurez avant de commander, et l'hiver passera sans que vous y pensiez.
Questions frequentes
Combien de chaises peut-on laisser sous la housse de table ?
Le format ne compte pas les chaises, il donne un volume : 180 x 120 cm au sol et 74 cm de haut. Ce qui décide n'est donc pas le nombre, mais la hauteur du dossier le plus haut une fois les chaises poussées sous le plateau. Deux chaises à dossier haut peuvent suffire à faire pont là où une rangée de chaises basses passe sous la cote.
Quelle hauteur mesurer si les chaises restent sous la table ?
Du sol jusqu'au dossier le plus haut, pas jusqu'au plateau. Le format de 74 cm de haut a été taillé pour une table seule : c'est cette cote qui décide si la retombée tombe jusqu'aux dalles. Un dossier relevé dépasse presque toujours le niveau du plateau, et quelques centimètres suffisent à changer la configuration.
Que faire des chaises si les dossiers dépassent le format ?
Elles se rangent empilées sous une housse de chaises empilables, dont le volume en L se mesure du sol au sommet de la pile. Vous couvrez alors la table seule avec sa housse de table, et chaque meuble se découvre séparément pendant l'hiver. C'est aussi la seule configuration qui laisse l'accès à la table.
Le cordon se noue-t-il encore avec les chaises dessous ?
Seulement si la toile descend jusqu'au sol. Le cordon se noue autour des pieds de table après la pose : si la housse reste en pont sur les dossiers, elle s'arrête en hauteur, la retombée flotte et il ne reste rien à serrer. C'est le signe qu'il faut passer à deux housses.
Sources
- Osawa, T., Maeda, K. et Tsunetsugu, Y. (2023). Influence of check depth, redrying conditions of various ambient humidities, and the presence or absence of airflow on moisture trapping in surface checks of wood. European Journal of Wood and Wood Products, vol. 81, n° 2.
- Viitanen, H., Vinha, J., Salminen, K., Ojanen, T., Peuhkuri, R., Paajanen, L. et Lähdesmäki, K. (2010). Moisture and bio-deterioration risk of building materials and structures. Journal of Building Physics, vol. 33, n° 3.
- Meyer, L., Brischke, C., Treu, A. et Larsson-Brelid, P. (2016). Critical moisture conditions for fungal decay of modified wood by basidiomycetes as detected by pile tests. Holzforschung, vol. 70, n° 4.
- Météo-France. Le vent, les tempêtes, les tornades et les cyclones. Dossier météo, consulté le 23 septembre 2026.

