Protéger sa table de jardin pas cher ne commence pas par une comparaison de prix. Une table qui reste dehors subit deux choses différentes : l'eau qui s'installe dans ses assemblages, et le soleil qui grise sa surface. La première décide de sa durée de vie, le second de son allure, et les solutions vendues pour une terrasse ne traitent pas les deux au même tarif.
Les solutions possibles, et leur prix d'entrée
| Solution | Ce qu'elle couvre | Prix d'entrée | Ce qu'elle demande ensuite |
|---|---|---|---|
| Laisser la table nue | Rien | 0 € | Le nettoyage et la reprise du plateau, ou son remplacement |
| Tendre une toile plate | Le dessus du plateau uniquement | Le prix de la toile, plus les cordes et les lests | Le retendage après le vent, et une toile à changer quand les œillets lâchent |
| Poser une bâche carrée | Plateau et pieds d'une table qui entre dans 90 x 90 x 90 cm | 29,90 € | Rien de plus, si le relevé tient dans le format |
| Poser une housse taillée | Plateau et pieds d'une table haute de 74 cm au plus | 40,90 € en 180 x 120 cm | Le renouvellement de la toile, un jour ou l'autre |
| Rentrer la table | Tout, mais à l'intérieur | 0 € | La place qu'elle y prend, et les allers-retours de chaque saison |
Ce tableau se lit sur deux colonnes. Le prix d'entrée est ce que vous payez le jour de l'achat, et c'est le seul que les rayons affichent. La dernière colonne est celle qui revient : ce qu'il faudra racheter, reprendre ou refaire, et à quelle fréquence.
Ce qui abîme vraiment une table dehors
Un bois qui reste sec ne pourrit pas. Une note du service forestier américain consacrée aux bois non traités le dit sans détour. La durabilité est la règle dans une maison, meubles et instruments de musique compris, tant que l'eau reste à l'écart. Le même document énumère ce dont un champignon de pourriture a besoin pour s'installer : une température clémente, de l'eau, de l'air, et la matière du bois. Quatre conditions à réunir. La température d'une terrasse et l'air qui y circule ne se commandent pas, la matière du bois non plus. C'est du côté de l'eau que le geste est possible.
L'eau ne fait pas que mouiller. Elle lessive les produits de la photodégradation et emporte les fibres de cellulose libérées, ce qui rend la surface rugueuse et lui fait perdre de la matière. La lignine, elle, cède sous les ultraviolets, assez énergétiques pour défaire les liaisons de ses longues molécules. Les deux se combinent, et le gris d'un plateau est le résultat de ce travail à deux. Sur une surface exposée aux intempéries, l'érosion se compte en millimètres par siècle, six sur un résineux, trois sur un feuillu. Ce n'est donc pas le gris qui condamne une table, mais l'eau qui patiente dans ses assemblages jusqu'à ce que le bois cède.
Voilà pourquoi une toile plate, même tendue à la va-vite, rend déjà l'essentiel du service. Elle détourne la pluie du plateau, et c'est la part du travail qui compte. Le reste, la protection contre le soleil et la fermeture des côtés, se paie en supplément.
Le prix d'entrée n'est pas le prix de revient
Une protection ne s'arrête pas au ticket de caisse. Une toile plate demande des cordes et des lests, vendus à part, et un retendage à chaque coup de vent. Reste aussi ce que le rayon ne mentionne jamais : les chaises qui passent l'hiver dehors. Une housse de chaises empilables à 25,90 € et une housse de table à 40,90 € font deux achats séparés, 66,80 € au total. Vous remplacez l'un sans l'autre le jour où l'un des deux lâche.
Une seule toile pour l'ensemble coûte moins cher, à condition que les dossiers des chaises rentrent dans le format. Le relevé tient en trois mesures, prises chaises poussées sous la table, et c'est la hauteur des dossiers qui décide si une seule housse suffit. Si elle dépasse les 74 cm, deux toiles restent la seule issue.
Il faut le dire franchement : l'enduction qui rend la toile déperlante s'use. Elle s'use lentement, et c'est justement ce qui la rend difficile à voir venir. La toile jugée fine revient dans plusieurs avis, et certains acheteurs réservent leur jugement à la première saison de pluie.
Le bon calcul n'est donc pas le prix affiché, mais le prix divisé par le nombre de saisons. Une housse qui passe un hiver revient à quarante euros l'hiver. La même, pliée au printemps et ressortie à l'automne, tient deux ou trois hivers et divise la dépense d'autant. La toile la moins chère du rayon se paie en relevés refaits et en commandes recommencées.

Quand rien ne rentre dans le format
Il existe des tables qui ne se laissent pas couvrir : trop longues pour 180 cm, plus hautes que 74 cm, ovales, ou montées sur un piètement central au lieu de quatre pieds. Le format du commerce ne s'étire pas, et le forcer ne donne qu'une toile trop courte, qui laisse la pluie ruisseler sur ce qu'elle devait protéger. Trois sorties restent possibles, et aucune ne demande un gros budget.
La première consiste à couvrir le dessus et à accepter le reste. Une toile plate passée sur le plateau, deux lests pour la tenir, et les pieds restent dehors. C'est le choix le plus économe, à condition de comprendre ce qu'il fait. Le plateau ne reçoit plus la pluie et l'air circule autour du piètement, mais l'eau des dalles continue de remonter par capillarité les jours de flaque.

La deuxième consiste à changer de format plutôt que de table. Une petite table carrée se glisse sous la bâche de table, à 29,90 €, qui descend elle aussi jusqu'au sol. Pour une table ronde, un piètement central ou une longueur inhabituelle, il n'y a en revanche rien à adapter, et c'est cette absence qu'il faut constater avant de commander.
La troisième consiste à déplacer la table plutôt qu'à l'habiller. Poussée contre un mur sous un auvent, contre une porte de garage ou sous un débord de toiture, elle reçoit déjà beaucoup moins d'eau, et souvent assez pour passer l'hiver. L'abri rigide prend le problème dans l'autre sens : il coûte bien plus qu'une toile, reste en place toute l'année et change l'allure de la terrasse. Ce n'est plus le même budget, ni la même décision.
Dans tous ces cas, le relevé des trois mesures reste la première chose à faire, avant de comparer quoi que ce soit. Relevez les deux côtés du plateau, puis la distance entre le sol et son dessus : si une seule cote sort du format vendu, vous savez précisément à quoi vous renoncez.
Dans quel ordre dépenser
L'essentiel du bénéfice tient dans le premier euro. Écarter la pluie du plateau, même avec une toile imparfaite, protège ce qui pourrit en premier. Fermer le volume vient ensuite, et justifie l'écart entre une toile plate et une housse qui descend jusqu'aux pieds. C'est ce qui met les assemblages et le bas du piètement à l'abri des éclaboussures et de l'eau qui stagne au sol.
Vient enfin la question de l'aspect. Une table déjà grise ne redeviendra pas claire sous une toile, quel qu'en soit le prix. Si le plateau a perdu sa couleur, la finition se fait avant la pose, pas après.
Traiter le bois plutôt que le couvrir
Couvrir n'est pas la seule façon de protéger une table pour moins cher. Une finition appliquée sur le plateau écarte une partie de l'eau avant qu'elle ne s'installe dans le bois. Un guide technique consacré aux bois en extérieur décrit précisément ce que ce geste apporte. Une protection hydrofuge posée au pinceau ou par trempage pénètre peu la matière. Elle apporte tout de même une protection contre la pourriture en exposition aérienne, et améliore la tenue de la finition passée par-dessus.
Ce que la finition ne fait pas mérite d'être dit aussi nettement. Elle protège la surface et laisse les assemblages dans leur état : entre deux pièces qui se touchent, l'interstice reste ouvert. L'eau y séjourne, et le bois y travaille comme avant.
Le choix du produit compte autant que le fait d'en appliquer un. Les lasures pénétrantes semi-transparentes sont préférées aux peintures opaques sur les bois bruts et les bois à veinage large. Elles tiennent mieux sur une surface rugueuse que sur un bois neuf et lisse, et elles ne s'appliquent pas sur une surface déjà peinte. Une peinture, elle, dure plus longtemps sur une surface lisse et à veinage serré. En revanche, elle cloque et pèle souvent quand le bois dépasse 20 % d'humidité au moment de la pose.
Le moment du traitement compte donc autant que le produit. Un bois encore humide qui sèche en place se gauchit, se tord et se fend. Une table qui vient de recevoir une averse se laisse sécher avant le pinceau, exactement comme elle se laisse sécher avant la housse.
Reste la question du budget. Le calcul ne change pas de nature : ce qui compte, c'est le nombre de saisons que chaque dépense couvre. Une finition se reprend à un rythme que vous choisissez, alors qu'une housse pliée l'été se garde d'une saison à l'autre.
Conclusion
Le meilleur achat dépend de ce que vous êtes prêt à faire ensuite. Une toile pliée chaque printemps tient deux ou trois fois plus longtemps qu'une toile laissée dehors à l'année, et c'est ce geste-là qui fait baisser la note autant que le produit.
Questions frequentes
Faut-il traiter la table avant de la couvrir ?
Si le plateau est déjà gris, oui. Une toile n'efface pas un bois qui a perdu sa couleur : elle le garde dans l'état où elle l'a trouvé. Brossez, laissez sécher, appliquez une finition extérieure, puis attendez qu'elle soit sèche avant de poser la housse. Une table neuve ou en bon état se couvre directement.
Une table en résine ou en métal se couvre-t-elle de la même façon ?
Le principe ne change pas, puisque ce qui abîme un meuble dehors reste l'eau arrêtée dans ses assemblages. Un plateau en résine garde les traces de la saison, un piètement métallique garde l'eau dans ses pieds creux. Dans les deux cas, une toile fermée qui descend jusqu'au sol règle la question du dessus et du bas, et le relevé des trois mesures reste la seule étape à faire avant de commander.
Combien de saisons une housse tient-elle dehors ?
C'est l'exposition qui décide, plus que l'étiquette du produit. Une housse qui reste sur la table douze mois sur douze prend la pluie et la lumière sans répit. La même, pliée au printemps et rangée à l'abri, ne travaille qu'une partie de l'année et repart pour plusieurs hivers. Regardez donc l'endroit où elle ira avant de comparer deux toiles : plein sud et sans ombre, aucune ne fera de miracle.
Rentrer la table pour l'hiver, est-ce vraiment gratuit ?
En argent, oui, c'est la seule solution qui ne coûte rien à l'achat. Dans les faits, elle demande la place d'une table dans un garage, une cave ou une pièce, et le passage d'une porte, souvent à deux. Si la table ne ressort qu'en mai, rentrez-la. Si vous la ressortez dès les premières belles journées de février, la couvrir coûte moins cher que le dos.
Sources
- Forest Products Laboratory, 1967, Factors Influencing Decay of Untreated Wood, Research Note FPL-0154, U.S. Forest Service, U.S. Department of Agriculture.
- Jirouš-Rajković V., Miklečić J., 2021, Enhancing Weathering Resistance of Wood: A Review, Polymers, 13(12), 1980.
- Williams R. S., 2005, Weathering of Wood, chapitre 7 de Rowell R. M. (dir.), Handbook of Wood Chemistry and Wood Composites, CRC Press, exemplaire diffusé par le Forest Products Laboratory, U.S. Forest Service.
- Cassens D. L., Feist W. C., 1991, Exterior Wood in the South: Selection, Applications, and Finishes, General Technical Report FPL-GTR-69, Forest Products Laboratory, U.S. Forest Service.

