Quand couvrir son salon de jardin ? Le jour où l'ensemble ne sèche plus entre deux pluies, et ce jour-là tombe rarement à la même date d'une région à l'autre. Le froid n'entre presque pas en ligne de compte : ce qui abîme un meuble laissé dehors, c'est l'eau qu'il garde, et c'est donc le séchage qu'il faut surveiller, pas le thermomètre.
Le froid n'abîme pas le salon, l'eau si
La première gelée fait peur, et c'est une fausse alerte. Ce qui dégrade un meuble en bois n'est pas la température, c'est l'eau à l'état liquide : une revue des relations entre le bois et l'eau parue dans Applied Microbiology and Biotechnology le dit sans détour, garder le bois sec est le moyen de protection le plus efficace, parce que sans humidité aucun champignon ne s'installe. Un salon sec qui prend une nuit de gel ne souffre donc pas. Le même salon enfermé sous une toile dans un air encore doux et saturé passe, lui, des semaines dans une ambiance plus humide qu'à l'air libre.
Cette frontière n'est pas une muraille, et c'est précisément pour cela que la surveillance paie. Une eau restée dans la paroi des cellules suffit à nourrir certaines attaques : des éprouvettes d'épicéa empilées, sans le moindre apport d'eau liquide, ont été dégradées à 16 % d'humidité dans la matière, un chiffre relevé dans la même revue. Autrement dit, il n'existe pas de seuil magique en dessous duquel on dormirait tranquille. Ce qui existe, c'est une pente : plus le bois reste humide longtemps, plus les champignons trouvent leur moment.
Reste à savoir ce qui décide de cette humidité, et la réponse est l'air, pas la température. La table d'humidité d'équilibre du Wood Handbook publié par le Forest Products Laboratory donne, pour un air à 85 % d'humidité relative, un bois stabilisé autour de 18 % d'eau ; à 90 %, il atteint les 20 %. Le détail qui change tout est ailleurs : entre 1 °C et 32 °C, ces valeurs restent dans les mêmes eaux, à quelques dixièmes près. Une nuit à 0 °C ne déplace donc rien. Ce qui compte, c'est le nombre d'heures que l'air passe saturé autour du meuble.
Tant que le salon sèche tout seul entre deux averses, la pluie ne lui fait pas de mal et une toile ne lui apporte rien : elle protège de l'eau du ciel et de la poussière, pas de l'air humide. C'est le jour où le séchage cesse que la housse de protection salon de jardin devient utile, et pas un jour plus tôt. Cette référence couvre 70 x 70 x 70 cm : le relevé de votre ensemble monté, coussins rentrés, dit si elle convient.
Quand couvrir, selon la région où vous vivez
C'est ici que la carte de France décide à votre place. Les climats décrits par Météo-France pour la France hexagonale et la Corse donnent des calendriers qui n'ont pas grand-chose à voir entre eux.
Sur le climat océanique, celui des côtes bretonnes et normandes et de la façade atlantique, la pluviométrie est abondante et répartie sur toute l'année, avec un léger maximum d'octobre à février. Les fenêtres de séchage se referment donc au début d'octobre : c'est là que le signal arrive le plus tôt en France. La façade n'est pas uniforme pour autant. Plus au sud, la basse vallée de la Loire, la Vendée et les Charentes reçoivent moins de pluie, et le séchage y tient plus longtemps. Plus au sud encore, en Aquitaine, la proximité des Pyrénées renforce la pluviométrie en hiver et au printemps : la saison couverte y est plus longue qu'ailleurs.
Le climat océanique altéré, lui, sert de zone de transition. Il couvre les contreforts ouest et nord du Massif central, le Bassin parisien, la Champagne et l'est des Hauts-de-France, avec une pluviométrie plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs. Le signal y arrive donc généralement après celui de la côte.
Sur le climat semi-continental, dans le quart nord-est, la pluviométrie annuelle est élevée elle aussi, sauf en Alsace, protégée par les Vosges. Les pluies les plus marquées tombent en été, souvent sous forme d'orages : un été arrosé ne dit rien de l'automne, et celui-ci peut rester sec assez longtemps. Le déclencheur y arrive souvent plus tard, parfois début novembre.
Le climat méditerranéen, en Corse et dans le Sud-Est, inverse la logique. Peu de jours de pluie, mais des hivers et des étés secs, auxquels succèdent des printemps et des automnes très arrosés, qui concentrent 40 % du total annuel sur trois mois. Les épisodes méditerranéens se produisent trois à six fois par an, le plus souvent de septembre à la mi-décembre, et peuvent déposer plus de 200 mm d'eau en une journée. Retenez-en ceci : l'hiver n'y est pas la saison humide, et la pluie qui compte tombe en automne, puis de nouveau au printemps.
La règle qui vaut partout : le temps que met l'ensemble à sécher
Oubliez les dates, gardez une observation. En août, un salon essuyé par une averse est sec avant midi. Fin septembre, il l'est encore en fin d'après-midi. En octobre, il ne l'est plus avant la pluie suivante. C'est ce basculement qu'il faut guetter, et il se voit sans thermomètre : l'heure à laquelle la table redevient sèche recule de semaine en semaine.
Le repère de terrain tient en trois pluies. Après chaque averse, regardez si l'ensemble sèche en entier, plateau, accoudoirs et creux compris, avant la suivante. Tant que oui, laissez-le dehors. Le jour où trois pluies se suivent sans laisser de fenêtre sèche, l'air ne tire plus l'eau du meuble : la saison est finie, et la housse se pose dans la semaine.
Pourquoi ne pas couvrir plus tôt, tant qu'on y pense ? Parce qu'une housse posée sur un ensemble encore humide ne le protège de rien et referme tout. L'air emprisonné sous la toile ne se renouvelle presque plus, et sa teneur en eau monte. Or le bois ne fait rien d'autre que suivre l'air qui l'entoure : la même humidité d'équilibre s'applique sous une housse comme à l'air libre, à cette différence près que l'air y reste saturé bien plus longtemps. Couvrir le 15 septembre, c'est offrir des semaines de chambre humide à un meuble qui séchait très bien sans aide.

Au printemps, la même question à l'envers
Le signal se lit dans l'autre sens. Quand un salon mouillé par une averse redevient sec dans la journée, la housse a fini son travail : vous pouvez la retirer. Sur la façade atlantique et dans le nord-est, cela tombe souvent entre la fin mars et la mi-avril, parce que le maximum de pluie océanique s'achève en février et que la saison humide du semi-continental est l'été.
En climat méditerranéen, la réponse s'inverse. Le printemps y est l'une des deux saisons arrosées, avec l'automne : découvrir en mars revient à exposer le mobilier juste avant les pluies les plus lourdes de l'année. Attendez la fin des épisodes de printemps, souvent en mai, et laissez la toile en place jusque-là.
Aussi tentant soit-il, un après-midi doux de février ne suffit pas à justifier la levée. Le repère est celui du séchage, pas celui du thermomètre : tant que l'ensemble reste mouillé jusqu'au lendemain après une averse, la toile gagne à rester en place. Une levée trop précoce n'abîme pas la housse, elle expose le mobilier, et le premier épisode de pluie oblige à tout recommencer.
Entre la pose et la levée, la toile réclame un lavage et un séchage complet dans l'année : laver, sécher et remiser une housse de salon de jardin suit son propre calendrier, et mieux vaut le savoir avant d'avoir à s'en occuper.
Faut-il attendre les saints de glace ?
Chaque mois de mai ramène la même consigne : attendre les saints de glace, les 11, 12 et 13 mai, avant de découvrir ce qui a passé l'hiver dehors. Le repère est bon pour le potager. Il ne dit rien d'un salon de jardin, parce qu'il vise une température, et que la température n'est pas le critère : un salon ne craint pas trois nuits fraîches, il craint les journées humides qui s'enchaînent.
Suivre ce calendrier conduit même à l'erreur inverse. Attendre la mi-mai pour découvrir un ensemble qui séchait très bien depuis la fin mars, c'est le laisser enfermé dans un volume confiné pendant les semaines les plus douces du printemps, celles où il aurait séché le plus vite. Le bon repère reste celui de l'automne, lu à l'envers : le jour où le salon redevient sec dans la journée.
Le jour J : la météo du lendemain pèse plus que celle du matin
Reste le jour J, et il se choisit la veille. Ce qui compte n'est pas le temps du matin, mais les vingt-quatre heures qui suivent : une toile posée juste avant une bourrasque passe sa première nuit à l'épreuve, avec un cordon neuf et une retombée qui n'a pas encore pris sa forme. Repérez une fenêtre calme et couvrez la veille au soir, plutôt que de profiter du premier matin froid. Rien dans la pose ne dépend de la saison : les gestes pour couvrir un salon de jardin sont les mêmes en octobre et en janvier.
Une ligne, elle, ne se négocie pas : un ensemble mouillé au moment où la pluie arrive se laisse mouiller, puis sèche avant d'être couvert. L'eau prise sous une housse ne s'évapore plus. La règle vaut aussi en plein hiver, si vous découvrez un meuble trempé sous une toile mal serrée : attendez une journée sèche avant de la remettre en place.

Le calendrier n'a rien d'une obligation annuelle. Une arrière-saison sèche, un hiver doux et venteux, et le salon peut rester dehors des semaines de plus sans dommage : ce qui l'abîme, ce sont les journées humides cumulées, pas la date. À l'inverse, un mois d'octobre pourri impose de couvrir tôt, même si le froid n'est pas encore là. Ce sont les journées, jamais le calendrier, qui décident.
Le bon moment pour couvrir un salon de jardin n'est donc ni une date ni une température. C'est le jour où vous constatez que l'ensemble ne sèche plus entre deux pluies, et ce jour-là varie de plusieurs semaines selon le climat. Regardez l'heure à laquelle votre table redevient sèche : elle vous le dira mieux qu'un calendrier.
Questions frequentes
Faut-il couvrir le salon de jardin avant les premières gelées ?
Non. Une gelée n'abîme pas un meuble sec, et sa date ne renseigne pas sur ce qui compte vraiment : l'humidité qui reste dans l'air. Un salon couvert le soir de la première gelée passe souvent l'arrière-saison dans un volume confiné, alors qu'il aurait continué de sécher dehors. C'est la pluie qui fixe la date, pas le froid, et elle ne prévient pas au même moment selon les régions.
Peut-on couvrir le salon de jardin dès septembre ?
C'est presque toujours prématuré, sauf si l'ensemble ne sèche déjà plus entre deux pluies. Le test tient en une averse : laissez-la passer et regardez si le mobilier redevient sec dans la journée, creux et accoudoirs compris. Tant que c'est le cas, la housse ne lui apporte rien. En climat méditerranéen, septembre ouvre au contraire la saison des pluies : là, la toile se pose tôt, sur un ensemble bien sec.
Quand retirer la housse au printemps ?
Le jour où le mobilier redevient sec dans la journée après une averse, en choisissant une matinée franchement sèche, la toile comprise. Découvrir sur une rosée oblige à plier une toile humide, exactement ce qu'on cherche à éviter. Une fois la housse retirée, laissez le salon aérer jusqu'au soir avant de réinstaller les coussins.
Que faire si l'on a couvert trop tôt ?
Rien d'irréversible : découvrez à la première journée calme et sèche, laissez le mobilier respirer vingt-quatre heures, puis attendez le vrai signal avant de recouvrir. Une housse posée quelques semaines sur un meuble sec ne l'abîme pas. Ce qui pose problème, c'est un ensemble encore humide enfermé sous la toile, et c'est cette situation-là qu'il faut corriger en priorité.
Sources
- Météo-France, Le climat en France hexagonale et Corse, Météo-France.
- Météo-France, Qu'est-ce qu'un épisode méditerranéen ?, Météo-France.
- Brischke C., Alfredsen G., 2020, Wood-water relationships and their role for wood susceptibility to fungal decay, Applied Microbiology and Biotechnology, 104(9), 3781-3795.
- Forest Products Laboratory, USDA Forest Service, 2010, Wood Handbook: Wood as an Engineering Material, chapitre 4 et tableau 4-2, FPL-GTR-190.

