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Voile d'ombrage triangulaire bleu ciel tendue au-dessus d'une terrasse, ombre nette portée sur la dalle à midi
Au cœur de l'été, l'ombre tombe droit sous la toile. Le même montage, deux mois plus tard, projette son ombre à côté de la table.

Poser un voile d'ombrage : à quelle période de l'année il sert vraiment

8 min de lecture


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Une voile d'ombrage se tend en vingt-cinq minutes et se décroche en quelques minutes, ce qui laisse croire qu'elle travaille toute l'année. Elle sert une partie de l'année seulement, plus ou moins longue selon l'endroit où vous habitez, et cette période se date sans calendrier. Pour savoir quand installer une voile d'ombrage chez vous, deux observations suffisent. La longueur de votre ombre à midi dit si le moment est venu de la tendre, et la première gelée dit quand la décrocher.

Le test qui date la saison tient dans votre ombre

Le soleil ne monte pas à la même hauteur en février et en juillet, et rien ne le montre mieux que votre propre ombre. La règle dite de l'ombre repose sur une observation d'une seconde : quand l'ombre que vous projetez sur un sol horizontal devient plus courte que vous, l'intensité du rayonnement ultraviolet est élevée. Une équipe de chercheurs a formalisé ce lien avec l'indice UV dans un article de Photochemistry and Photobiology, et le présente comme un repère de risque pour les endroits où l'indice n'est pas publié. L'exemple qu'ils développent vient d'Afrique du Sud, mais la relation décrite ne dépend pas du pays : elle compare la longueur d'une ombre à la hauteur de la personne qui la projette.

Le repère se lit à plat, debout sur la dalle, et à l'heure où le soleil est au plus haut chez vous. Attention à l'heure de la montre : elle ne suit pas le soleil, et en été le point le plus haut tombe en début d'après-midi. Prenez un sol bien horizontal, et comparez la longueur de votre ombre à votre propre taille, plutôt qu'à celle du voisin qui passe.

Servez-vous en comme d'un calendrier local. Aux premiers beaux jours, votre ombre de midi reste plus longue que vous. Le soleil est encore bas, il chauffe peu, et une toile tendue au-dessus de la table ne changerait presque rien au repas. Elle raccourcit de semaine en semaine. Le jour où elle passe sous votre taille ouvre la période pendant laquelle une voile vous rend vraiment service, et le jour où elle repasse au-dessus la referme.

Ces deux dates ne tombent ni le même jour à Lille et à Nice, ni la même semaine d'une année sur l'autre. Vous n'avez donc rien à retenir : le repère est à vous, il se lit à l'heure du déjeuner, sur la terrasse que vous voulez couvrir. Il vaut pour toutes les voiles d'ombrage, quelle que soit leur forme. Il vaut aussi pour la fin de saison : il annonce alors le moment où la toile ne fera plus rien d'utile avant l'hiver.

Deux ombres de la même cour ne protègent pas de la même façon

Avant de compter sur une toile, il faut savoir ce que vaut une ombre. Une équipe française l'a mesuré dans une école d'Antony, un 24 juillet ensoleillé, en relevant l'indice UV toutes les quinze minutes de 9 heures à 17 heures auprès de cinquante-sept enfants. L'indice a culminé à 7,2. Dans la cour couverte, l'ombre retirait 99,5 % de cet indice. Dans l'ombre des bâtiments, à quelques mètres de là, elle n'en retirait plus que 53,7 %. L'étude est parue dans les Annales de dermatologie et de vénéréologie.

L'écart entre ces deux ombres tient au ciel que chacune cache, plus qu'à leur opacité. Sous la cour couverte, la surface est pleine au-dessus de vous et le rayonnement n'arrive plus. Dans l'ombre des bâtiments, une grande part de ciel reste visible, et la lumière en descend. Le même relevé note d'ailleurs que la couleur du sol a peu joué. Une dalle claire et une surface sombre donnent des indices proches, parce que l'essentiel se joue au-dessus de vos pieds.

Une toile tendue au-dessus de la zone à protéger travaille donc comme la cour couverte. La même toile dressée de côté, le long d'un mur, travaille comme les bâtiments et vous laisse sous le ciel. Ce que vous cherchez au montage, c'est de la surface au-dessus de vous, et c'est la taille du triangle qui détermine la surface d'ombre obtenue pour une hauteur donnée.

Bande d'ombre nette d'une voile d'ombrage bleu ciel sur une dalle, limite franche entre zone ombragée et zone éclairée
La limite au sol dit ce que la toile couvre vraiment : elle se déplace au fil des heures, et se rétrécit avec la hauteur du soleil.

Ce qu'une toile tendue n'arrête pas

Il reste à comprendre pourquoi cette exigence de surface devient impossible à tenir une partie de l'année. Le rayonnement ultraviolet qui vous atteint se compose de deux parts : celle qui vient droit du disque solaire, et celle que l'atmosphère a diffusée. Une revue consacrée à cette seconde part, parue dans Photochemistry and Photobiology, en donne le trait principal : elle arrive de toutes les directions. C'est ce qui rend l'ombre imparfaite. Les auteurs notent que les protections physiques, l'ombre d'un arbre comme une structure dédiée, réduisent plus difficilement cette part diffusée que la part directe.

La même revue donne deux repères utiles sous une voile. Le partage entre les deux parts dépend des nuages, des aérosols, de la couleur du sol et de la hauteur du soleil. Et les jours de ciel voilé ou chargé de poussières, la part diffusée peut dépasser la part directe.

Traduisez pour une terrasse. Tant que le soleil est haut, la lumière tombe droit, et une toile placée entre lui et vous intercepte l'essentiel de ce qui vous atteignait. Quand il descend, deux choses se produisent ensemble : le rayonnement arrive de biais, donc par le côté, sous la lisière de la toile, et la tache d'ombre s'éloigne de l'aplomb de la toile. La même toile rend alors beaucoup moins, sans que rien n'ait changé à son montage.

Cette bascule se joue deux fois. Dans la journée, elle explique pourquoi la protection d'une voile diminue du matin au soir. Dans l'année, elle explique l'hiver, où le soleil reste bas du matin au soir : une toile ne peut pas se placer au-dessus d'un soleil qui ne monte pas. Si votre montage le permet, tendre la toile plus bas la rapproche de la zone à couvrir et rattrape une partie de ce que le soleil rasant fait perdre. Le déficit de saison, lui, ne se rattrape pas.

Le bon moment pour tendre la toile

La saison utile commence le jour où votre ombre de midi passe sous votre taille. Ce jour-là coïncide avec un autre changement : c'est le moment où la terrasse cesse d'être agréable à l'heure du déjeuner. Au printemps, elle reste confortable le matin et en fin d'après-midi sans rien au-dessus d'elle, et seule la tranche de midi demande de l'ombre.

Vous pouvez attendre la première semaine de chaleur pour agir, mais vous monterez alors sur l'échelle en plein soleil, au moment précis où la toile manque le plus. Mieux vaut tendre la toile à l'ouverture de la saison : vous travaillez par temps doux, sur une terrasse encore vide, sans être pressé par l'usage.

Vient ensuite la période la mieux servie, celle où le soleil passe haut au-dessus de la toile pendant les heures de repas. La fenêtre utile de la journée s'élargit avec la hauteur du soleil : en plein été, elle couvre une bonne partie de l'après-midi, alors qu'à la fin septembre elle s'est resserrée autour de midi.

Puis l'ombre se déplace. Un soleil qui descend projette l'ombre d'une toile loin de son aplomb, et la bande ombragée quitte la table pour gagner le fond de la terrasse. Rien n'a bougé dans le montage : la tache d'ombre se décale du côté vers lequel le soleil s'incline, et la toile ne s'use pas plus vite pour autant. Déplacer le mobilier de deux mètres prolonge souvent l'usage de quelques semaines, sans toucher au montage.

Ombre d'une voile d'ombrage décalée sur le côté d'une terrasse en fin de saison, table de jardin restée dans la lumière
En fin de saison, la toile est toujours tendue, mais son ombre a quitté la table pour le fond de la terrasse.

La fin de saison se décide au premier gel

Reste la date de sortie, la plus facile à manquer parce que rien ne se voit. Sur la fiche de la voile triangulaire 5x5x5, elle tient en une ligne : décrocher la toile et la rentrer pliée avant les premières gelées. Le repère est bien choisi, parce qu'il tombe après la fin de la période utile. À ce moment de l'année, le soleil est bas, les repas dehors se font rares, et la toile ne rend déjà plus grand-chose.

Le gel n'arrange rien non plus. Une toile enduite qui passe l'hiver tendue, mouillée par les pluies, est exactement la situation que la fiche demande d'éviter, et elle n'apporte rien en échange puisque la saison est finie. La décrocher avant cette première nuit la range dans l'état où elle est arrivée au printemps.

Entre ces deux moments, il n'y a d'ailleurs rien à faire, et c'est une bonne nouvelle. Une fois la période utile terminée, la toile peut rester tendue quelques semaines sans que cela change quoi que ce soit à votre usage : elle ne fait simplement plus son travail. La décrocher le jour où l'ombre quitte la table est possible, mais vous vous donnerez une tache pour rien. La date qui compte reste la première gelée, et c'est celle-là qui mérite d'être surveillée.

La gelée ne tombe pas à date fixe d'une région à l'autre, et c'est votre prévision locale qui donne le signal, quelques jours à l'avance. Un dernier point compte pour l'année suivante : la date du décrochage, notée une fois, vous donne à quelques semaines près celle de la fin de saison suivante, sur votre terrasse et pour votre climat.

Les deux dates ne demandent pas la même vigilance. Manquer l'ouverture coûte quelques déjeuners trop chauds ; manquer la fermeture coûte une toile qui passe l'hiver dehors. C'est la seconde qu'il faut surveiller.

Questions frequentes

Le mois de mai est-il le bon moment pour tendre une voile d'ombrage ?

Le mois compte moins que la hauteur du soleil chez vous. La même date ne donne pas le même soleil de midi à Nantes et à Perpignan, et une année fraîche décale encore la période. Si vous cherchez une date, prenez celle où la terrasse devient inconfortable à l'heure du déjeuner : elle ne tombe pas le même jour partout.

Quand commander la toile si je veux l'installer pour l'été ?

Avant la saison, pendant que rien ne presse. C'est le moment de choisir le format, de compter les fixations et de vérifier ce qui peut les porter. Une commande passée en pleine chaleur arrive pendant les jours où vous en avez le plus besoin, et le montage se fait alors dans les pires conditions.

Une voile posée à l'automne sert-elle à quelque chose ?

Elle peut servir de banc d'essai : une voile tendue à l'automne, c'est l'occasion de tester les points d'ancrage et la hauteur, à une saison où rien ne vous oblige à réussir du premier coup. Si le montage tient, la voile se plie jusqu'au printemps suivant. Le support est prêt, la toile n'a pas souffert.

La période utile est-elle plus longue dans le sud de la France ?

Le soleil de midi monte plus haut dans le Sud que dans le Nord, et la période utile y est plus longue aux deux bouts : elle s'ouvre plus tôt au printemps et se referme plus tard à l'automne. L'écart n'est pas énorme, mais il joue surtout à l'ouverture, quand on hésite à sortir la toile.

Sources