Quand lire son thermomètre hygromètre : le calendrier des relevés qui comptent
Savoir quand lire son thermomètre hygromètre commence deux semaines avant les premiers semis, quand le boîtier apprend votre abri à votre place, et s'arrête quand les plants vivent dehors et que la porte reste ouverte. Entre les deux, deux relevés par jour portent l'essentiel, celui du petit matin avant d'ouvrir et celui de l'après-midi quand le soleil tape, plus un coup d'œil le soir avant de refermer. Le reste du temps, l'écran travaille sans vous.
Deux semaines avant les semis, le créneau qui apprend votre abri
Un thermomètre hygromètre miniature posé début février ne sert pas encore à protéger quoi que ce soit, puisqu'il n'y a rien à protéger. Il sert à mesurer une amplitude : l'écart entre la nuit, fraîche et saturée, et le plein jour, où le même abri peut se réchauffer fortement dès qu'un rayon passe. Cet écart, personne ne peut vous le donner, il dépend de votre exposition, de la couleur de votre film, de la masse thermique de vos planches. Deux semaines de relevés, matin et après-midi, notés au crayon, vous le donnent.
C'est ce créneau qui décide de la date de semis, pas le calendrier du sachet de graines. Si vos nuits de châssis descendent encore sous les bornes que tolèrent vos légumes, le boîtier vous le dit bien avant la première levée ratée. Et il vous dit autre chose de plus discret : à quelle heure, chez vous, la matinée bascule. Certains abris montent dès neuf heures au printemps, d'autres pas avant midi.
Un point avant de commencer, car il conditionne tout : la valeur lue ne vaut que si l'appareil est posé à la hauteur des plants, à l'ombre d'une planche, loin du film. Ceci réglé, la question n'est plus où le poser, mais quand le consulter.
Au petit matin, le relevé qui décide si vous ouvrez
Le chiffre du matin est le plus élevé de la journée, et ce n'est pas un accident de votre abri. L'humidité relative culmine près du lever du soleil et descend vers un minimum en début d'après-midi, un cycle que le guide d'irrigation de la FAO décrit comme la règle générale. La nuit, la température tombe, la quantité de vapeur d'eau ne change pour ainsi dire pas, et le pourcentage monte tout seul.
Ce que ce relevé du matin décide, c'est l'ouverture. Un air à 95 % à neuf heures, après une nuit entière de saturation, ne décrit plus une ambiance : il décrit une fenêtre à risque ouverte depuis la veille au soir. La pourriture grise a besoin, pour infecter, d'un film d'humidité maintenu huit à douze heures sur les tissus. Il lui faut au moins 93 % d'humidité relative et des températures entre 13 et 18 degrés, conditions que détaille la fiche de l'IPM de l'université du Connecticut. Autrement dit, le nombre d'heures que votre relevé du matin passe au-dessus de 90 % compte davantage que la valeur elle-même.
Les serres professionnelles traitent exactement ce problème en comptant en renouvellements d'air : la fiche de ventilation de l'IFAS de Floride chiffre à deux ou trois renouvellements d'air par heure, en hiver, le régime qui tient l'humidité sous le niveau dommageable. Une réserve, et elle tient en une comparaison : le renouvellement ne sert à rien si l'air appelé dedans arrive plus chargé que celui qu'il remplace. Par jour de pluie ou de brouillard, la réponse n'est donc pas la lucarne, mais la limitation de ce qui s'évapore dans l'abri.

L'après-midi, le relevé qui prépare demain
La seconde lecture utile tombe en milieu d'après-midi, au moment où la température de l'abri atteint son plafond du jour. Ce relevé-là ne décide plus rien pour la journée, le mal ou le bien est fait. Il vous informe sur la répétition : si le chiffre grimpe chaque jour un peu plus haut à la même heure, l'ombrage ou l'ouverture plus précoce de demain se décide aujourd'hui. Un écran qui affiche 31 degrés à 15 heures sous un châssis de semis en mars décrit un abri qui surchauffe, pas un après-midi exceptionnel.
C'est aussi le relevé le plus trompeur de la journée, et il faut savoir pourquoi. Derrière un vitrage au soleil, le petit boîtier clair chauffe pour son compte et affiche alors quelques degrés de trop par rapport à l'air qui l'entoure. La lecture de l'après-midi ne vaut donc qu'à l'ombre, règle qui rejoint celle de la pose. Et l'écran sans rétroéclairage se lit en plein jour : c'est le moment de vérifier d'un coup d'œil que les segments s'affichent encore entiers.
Le soir, le relevé qui décide de la nuit
La troisième lecture est la plus courte : elle ne concerne pas les plants, mais la configuration de la nuit. Un air encore chargé à la tombée du jour demande une lucarne laissée ouverte une heure de plus, un air déjà sec autorise à fermer tôt pour garder la chaleur de la journée. Sur ce point, l'écran tranche mieux que le dos de la main, qui confond la chaleur du sol et celle de l'air.
Un point où le relevé du soir ne doit pas vous entraîner : l'arrosage. Arroser le soir laisse le feuillage et la surface du terreau humides pendant toute la nuit, précisément pendant les heures où l'humidité relative grimpe toute seule. C'est au matin que l'arrosage se décide, pour que la montée du jour sèche les feuilles avant le soir. Le relevé du soir dit comment fermer, jamais quand arroser.
Enfin, si votre vraie question de nuit est le froid et non l'humidité, l'appareil ne mémorise rien, il ne garde ni minimum ni maximum. La parade au minimum nocturne tient dans deux relevés, un le soir tard et un au lever, qui encadrent la nuit sans l'observer.
De la levée à mi-mai, chaque lecture pèse
Une fois les graines en terre, le calendrier des relevés se resserre. Pendant la levée puis les premières semaines, la saturation nocturne est le risque dominant et le relevé du matin devient un geste de conduite, pas une curiosité. Le terreau des godets reste humide des jours durant sous un air saturé, et les semis s'enfoncent. Chaque point de pourcentage lu au petit matin oriente la lucarne du jour.
Vers la mi-mai, la question change de sens : les plants ne sont plus à protéger de l'abri, ils sont à préparer au dehors. Le durcissement se conduit sur sept à dix jours, en exposant les plants progressivement au soleil et au vent, durée que fixe la fiche de l'Iowa State University. Le boîtier vous y aide d'une façon indirecte : quand les nuits de l'abri se rapprochent des nuits extérieures, la sortie peut commencer. Un abri dont la nuit ne descend plus guère plus bas que dehors n'a plus grand-chose à apprendre à ses plants.

L'été, la saison où l'écran se tait
Viennent les semaines où le calendrier des relevés s'interrompt de lui-même. La porte reste ouverte du matin au soir, les plants vivent dehors, l'air de l'abri et l'air du jardin ne font qu'un. Les relevés se suivent, se ressemblent, et ne décident plus rien : c'est la borne de fin de saison du boîtier, et il n'y a rien à corriger. Un appareil qui ne change pas de valeur d'un jour à l'autre n'est pas en panne, il est au chômage.
Deux emplois subsistent quand même. Derrière un film laissé fermé, l'après-midi d'un jour d'orage par exemple, la lecture redevient utile, à l'ombre seulement. Et l'appareil peut changer de poste pour l'été : une cave où reposent des bulbes, un abri où sèche le linge, une pièce de la maison dont l'air vous semble lourd. La frimousse de confort reprend alors son premier métier, celui d'un coup d'œil en passant.
Quand le boîtier lui-même vous demande d'arrêter
Restent deux arrêts qui viennent de l'appareil, pas de la saison. Un affichage qui pâlit, des segments incomplets à l'écran, c'est la pile bouton qui annonce sa fin, pas la mesure qui déraille : le relevé redevient fiable dès la pile changée. Et si votre question de fond devient l'écart entre l'intérieur et l'extérieur, jour après jour, aucun appareil d'abri n'y répond. Il faut deux mesures prises en même temps : c'est le travail d'un ensemble à sonde extérieure.
Un écran aussi simple ne demande que cela : des heures justes, pas des heures nombreuses. Posé tôt et lu aux moments qui décident, il aura tout dit avant l'été.
Questions frequentes
Le relevé du matin se fait-il avant ou après avoir ouvert la porte de l'abri ?
Avant, toujours. La porte ouverte brasse deux airs en une minute, et le chiffre lu après ne décrit plus la nuit que l'appareil vient de traverser. Ouvrez, puis revenez le lendemain à la même heure pour un relevé qui se compare à quelque chose. Si vous ne passez qu'une fois par jour, faites ce relevé avant tout geste sur l'abri.
Sur une semaine de pluie, faut-il continuer à aérer le matin ?
Pas d'office, non. La règle reste de comparer les deux airs à la même heure : si le dehors est plus chargé que l'abri, ouvrir ne chasse rien, l'eau entre avec l'air appelé dedans. Le relevé du matin garde son intérêt ces jours-là, il documente combien de temps la saturation dure. Mais la réponse se joue à l'intérieur, en limitant ce qui s'évapore, et le renouvellement attend le retour du sec.
Le relevé de l'après-midi tombe toujours pendant le travail, une autre heure convient-elle ?
Oui, l'heure exacte compte moins que sa fixité. Choisissez celle où vous êtes sûrement à la maison, dix-sept heures si seize heures sont impossibles, et gardez-la toute la saison : deux relevés réguliers à une heure décalée valent mieux qu'un relevé théorique jamais fait. Le seul impératif concerne le relevé du matin, qui doit précéder la première ouverture de l'abri.
Peut-on déplacer le boîtier d'un abri à l'autre au fil de la saison ?
Oui, il tient dans la main et se pose partout sur une surface plane, c'est même son intérêt. Mais chaque abri a son amplitude propre, et un relevé ne vaut que comparé aux relevés du même endroit. Après un déménagement, laissez l'air se stabiliser et recommencez la semaine d'observation des premiers jours avant de tirer la moindre conclusion.
Sources
- Allen R. G., Pereira L. S., Raes D., Smith M., 1998, Crop evapotranspiration, chapitre 3 : Données météorologiques, FAO Irrigation and Drainage Paper 56, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.
- Université du Connecticut, Botrytis blight on greenhouse crops, fiche IPM, UConn College of Agriculture, Health and Natural Resources.
- Watson J. A., Gómez C., Buffington D. E., Bucklin R. A., Henley R. W., McConnell D. B., 2019, Greenhouse Ventilation, AE-10/AE030, EDIS, UF/IFAS, université de Floride.
- Iowa State University Extension and Outreach, Selecting, Hardening, and Planting Bedding Plants, Yard and Garden.
