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Hôtel à insectes mural en bois fixé sur une clôture, façade de compartiments garnie de bambou et de rondins percés, massif de fleurs devant
Un abri mural garni de bambou, de rondins percés et de fentes, posé sur une clôture exposée au sud-est

Mon hôtel à insectes reste vide au printemps : les causes et ce qu'il faut changer

7 min de lecture


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Un hôtel à insectes qui reste vide au printemps ne signale pas un abri raté. Dans la plupart des cas, il fait ce qu'un abri neuf fait la première année : il attend. Des nichoirs artificiels ont été posés avant l'hiver dans des sites urbains français, puis suivis deux saisons de suite. L'un des hôtes recensés ne s'est pas installé de la même façon dans un abri d'un an et dans un abri neuf. Voici les cinq causes à écarter avant de démonter quoi que ce soit.

En bref

  • Un abri neuf se peuple sur plusieurs saisons, et sa clientèle se déplace avec l'âge de la structure.
  • Des galeries occupées restent souvent invisibles : une entrée fermée de terre ou de feuilles découpées porte une ponte.
  • Une façade au nord ou constamment ombragée reste la cause la plus fréquente d'un abri désert.
  • Un hôtel ne nourrit personne : les abeilles cavicoles volent couramment 73 à 121 mètres pour trouver des fleurs.

Un abri neuf ne se remplit pas au premier printemps

Sur des sites urbains français, des nichoirs artificiels installés avant l'hiver ont été suivis deux années de suite. Le dispositif mêlait des hôtels à insectes et des carrés de sol creusés dans les mêmes sites. En tout, 54 espèces d'abeilles sauvages y ont été recensées. Mais deux abeilles maçonnes, Osmia bicornis et Osmia cornuta, ont fourni à elles seules plus de 87 % des individus hébergés dans les hôtels. Le détail intéressant est ailleurs. L'âge de l'abri ne joue pas de la même façon pour toutes les espèces : pour la plupart, l'ancienneté n'a rien changé. Une osmia fait exception, venue moins souvent et ayant laissé moins de descendants dans un abri d'un an que dans un abri neuf.

La première saison sert donc surtout à la génération déjà présente dans le voisinage, pas à celle que vous espérez. Un abri neuf demande plusieurs saisons pour se peupler, et rien ne garantit qu'il s'installe : ce qui décide, c'est le jardin alentour et la météo, pas la planche seule. La conclusion à tirer d'un premier printemps silencieux est provisoire, et le seul geste utile consiste à ne pas y toucher. Déplacer un abri entre deux saisons pour lui chercher un meilleur mur remet le compteur à zéro.

L'abri peut être occupé sans que rien ne se voie

Compter les insectes qui tournent devant la façade ne dit rien de ce qui s'y passe. Des hôtels à insectes ont été suivis trois années de suite le long d'un gradient d'urbanisation. Le modèle d'occupation a classé en tête une espèce que le simple comptage plaçait au quatrième rang, sur les six étudiées. Un relevé qui ne trouve rien confond deux situations opposées : un abri réellement désert et des occupantes passées inaperçues, parce qu'elles sortent tôt, volent peu ou nichent du côté opposé à l'observateur.

La façade se lit de près, à condition de savoir quoi regarder. Une entrée close par un bouchon de terre, de résine ou de feuilles découpées porte une cellule terminée, avec un œuf puis une larve derrière. Ne la débouchez pas : vous détruiriez la ponte. Les fentes verticales, elles, se garnissent à l'approche du froid et deviennent le refuge d'hiver des coccinelles comme des chrysopes. Un abri qui paraît vide en mars peut donc avoir servi tout l'hiver.

Vue rapprochée des tubes de bambou d'un hôtel à insectes, deux entrées refermées par un bouchon de terre et des morceaux de feuilles découpées
Deux entrées refermées par de la terre et des fragments de feuilles : ces galeries sont occupées, même si rien ne vole devant la façade.

La façade ne reçoit pas le soleil du matin

Les dispositifs de suivi scientifique posent leurs nichoirs sur des marges de champ exposées au sud, et ils les installent en mars, avant l'arrivée des premières espèces. Le protocole n'a rien d'arbitraire : les abeilles cavicoles recherchent les sites de nidification en plein soleil. Une façade tiède dès le matin se réchauffe plus vite, ce qui compte pour des larves logées dans un tube de quelques millimètres.

Quatre repères suffisent, et le premier pèse plus que les trois autres. La façade doit voir le soleil du matin, plein sud ou sud-est, sans être balayée par le vent fort ni recevoir la pluie de face. Un avant-toit ou le débord d'un balcon garde ensuite la planche sèche, ce qui compte pour des galeries qui restent ouvertes toute l'année. Pour la hauteur, visez un mètre au minimum au-dessus du sol, de façon que l'abri échappe aux prédateurs qui patrouillent au pied des postes de nourrissage. Deux mètres constituent le plafond, pour que l'inspection annuelle reste faisable sans échelle.

Si votre abri est au nord, sous un auvent sombre ou contre un mur de garage ombragé, le déplacement est la seule cause qui se corrige. Faites-le une fois, en fin d'hiver, avant les premières pontes, et choisissez le mur le plus tiède de la journée. Une fois les tubes occupés, l'abri ne bouge plus : un déménagement en cours de saison fait perdre la ponte et dérange les espèces qui hivernent à l'intérieur. Le format suspendu suit exactement les mêmes règles, seul le point d'accroche change.

Aucune fleur à moins de 150 mètres

Un hôtel à insectes ne nourrit personne, et c'est la cause qu'on oublie le plus souvent. Les distances de vol ont été mesurées sur six espèces d'abeilles solitaires de 6 à 15 mm, marquées individuellement dans un jardin urbain de 21 hectares. Bilan : 2 689 individus marqués, 450 recontrôles, et des vols moyens de 73 à 121 mètres chez les femelles, 59 à 100 mètres chez les mâles. Les auteurs en tirent une règle pratique : bandes fleuries et sites de nidification ne devraient pas être séparés de plus de 150 mètres.

Sur une pelouse tondue ras et une haie de conifères, l'abri le mieux exposé reste une chambre sans cuisine. La surface du jardin compte moins que la continuité de la floraison. Un massif qui fleurit trois semaines en mai nourrit moins qu'une succession de plantes qui se relaient du début du printemps à l'automne. Laissez monter quelques floraisons au pied de la haie et tolérez un coin de pelouse moins tondu. Un modèle à garnissages variés n'y changera rien : le choix de l'abri pèse moins lourd que ce qui pousse autour.

Le printemps a été décalé

Reste une cause qui ne se corrige pas, et qui explique bien des façades vides. Des cocons de deux abeilles printanières ont été déposés sur onze prairies dont la température moyenne différait, et les dates de sortie comparées à celles des premières floraisons. Avec 0,1 °C de plus, la sortie des mâles d'une des deux espèces avance de 0,4 jour. Les premières floraisons avancent plus vite que la sortie des abeilles : 1,3 jour par dixième de degré pour la plante suivie. Les fleurs qui devaient nourrir les abeilles à leur réveil sont déjà passées.

Une année où les floraisons prennent de l'avance, l'abri paraît désert alors que les femelles n'ont pas encore volé. Ce décalage dépend de la météo de l'année, pas de votre installation, et il n'y a rien à corriger sinon ne pas conclure trop vite. Dans cette étude, ce sont bien les plantes qui bougent les premières : la sortie des femelles n'a pas été modifiée par la température du site.

Ce qu'il faut changer, dans l'ordre

  1. Choisissez le mur avant le modèle. Mur plein sud ou sud-est, qui voit le soleil au lever, entre un et deux mètres du sol.
  2. Déplacez l'abri maintenant s'il est ombragé, une seule fois, en fin d'hiver, avant les premières pontes. Ensuite, il ne bouge plus.
  3. N'ajoutez rien dans les zones déjà garnies. Un matériau rapporté bouche les entrées de tubes et retient l'humidité dans les galeries.
  4. Laissez-le dehors tout l'hiver. Les interstices se garnissent à l'approche du froid, et les coccinelles comme les chrysopes y trouvent leur refuge.
  5. Regardez ce qui fleurit à moins de 150 mètres, et laissez monter quelques floraisons. Un abri bien posé ne compense pas un jardin nu.
  6. Notez la date de pose et refaites le point l'année suivante. Une visite annuelle, à la sortie de l'hiver, suffit : le cadre tient, les cannes de bambou restent sous le grillage, et rien ne bouche les entrées.

Un hôtel à insectes à compartiments se fixe par l'arrière, avec deux vis qui traversent la planche du fond : aucune fixation adhésive ne tient sur une façade exposée. Le modèle compte moins que son emplacement, sa propreté et les fleurs du quartier. Les cinq causes ci-dessus se ramènent donc à une question : l'abri est-il installé là où une abeille solitaire peut nicher au sec et butiner à proximité ?

Questions frequentes

Comment savoir si l'abri a été occupé, sans avoir vu un seul insecte ?

Regardez les entrées de près. Une galerie refermée par un opercule net, terre, résine ou rondelles de feuilles, a été cloisonnée par une femelle après la ponte. Un tube plein de débris et de poussière, à l'inverse, n'a jamais servi. Le reste de l'indice est saisonnier : une façade qui reste tiède au printemps et des entrées fermées en juin valent mieux qu'un comptage d'insectes en vol.

Un hôtel à insectes peut-il se remplir dans un jardin sans fleurs ?

Difficilement. Les femelles d'abeilles solitaires butinent à quelques dizaines de mètres, et les auteurs d'un suivi sur six espèces de 6 à 15 mm retiennent qu'un site de nidification ne devrait pas être éloigné de plus de 150 mètres des fleurs. Dans un jardin, la question n'est pas la surface plantée mais la continuité : il faut quelque chose à butiner du début du printemps à la fin de l'été, pas un massif spectaculaire en mai.

L'abri peut-il rester vide à cause d'un printemps en avance ?

Oui, et cette cause échappe au jardinier. Sur onze prairies de températures différentes, les premières floraisons avançaient plus vite que la sortie des abeilles printanières suivies, alors que les femelles n'ont pas modifié leur date d'émergence. Quand la floraison prend de l'avance, l'abri semble désert alors que les femelles ne volent pas encore. Rien à corriger cette année-là, sinon éviter de tout changer avant d'avoir vu la saison suivante.

Un abri posé à l'ombre peut-il être sauvé sans être déplacé ?

Parfois, si l'ombre vient d'une branche ou d'une haie qui a poussé : un éclaircissage rend la façade tiède au lever du jour. Si l'ombre vient du mur lui-même, d'un bâtiment ou d'un auvent permanent, aucune taille n'y changera rien et la dépose s'impose, en fin d'hiver, avant les premières pontes. Déplacer un abri déjà occupé coûte la ponte en cours et dérange les insectes qui y hivernent.

Faut-il vider les galeries anciennes pour libérer la place ?

Non. Un tube fermé l'an dernier contient une larve qui sortira au printemps suivant, et gratter l'intérieur abîme les cloisons autant que les occupants. Les galeries se libèrent d'elles-mêmes à l'émergence, et un tube obstrué deux saisons de suite est le seul cas qui mérite un coup d'œil, sans percer ni racler. Le geste utile se limite à vérifier que le grillage tient les cannes et que les entrées sont dégagées.

Un hôtel à insectes grand format ne remplit pas un jardin à lui seul, et c'est tant mieux : il indique ce qui manque autour de lui. Une façade tiède compte plus que la gamme du modèle, et les fleurs du quartier plus que le nombre de compartiments. Le reste se lit en une visite annuelle, à la sortie de l'hiver, quand les galeries livrent ce qu'elles ont accueilli.

Hôtel à insectes mural en bois fixé sur un mur clair exposé au soleil du matin, vivaces fleuries au premier plan
Un abri laissé en place, des fleurs à quelques mètres : la colonisation suit le jardin, saison après saison.

Sources

  1. Fortel, L., Henry, M., Guilbaud, L., Mouret, H. et Vaissière, B. E., « Use of human-made nesting structures by wild bees in an urban environment », Journal of Insect Conservation, vol. 20, 2016. DOI : 10.1007/s10841-016-9857-y. Licence CC BY 4.0.
  2. Gresty, C. E. A., Clare, E., Devey, D. S., Cowan, R. S., Csiba, L., Malakasi, P., Lewis, O. T. et Willis, K. J., « Flower preferences and pollen transport networks for cavity-nesting solitary bees: implications for the design of agri-environment schemes », Ecology and Evolution, vol. 8, 2018. DOI : 10.1002/ece3.4234. Licence CC BY 4.0.
  3. MacIvor, J. S. et Packer, L., « The Bees among Us: Modelling Occupancy of Solitary Bees », PLOS ONE, vol. 11, n° 12, 2016. DOI : 10.1371/journal.pone.0164764. Licence CC BY 4.0.
  4. Hofmann, M. M., Fleischmann, A. et Renner, S. S., « Foraging distances in six species of solitary bees with body lengths of 6 to 15 mm, inferred from individual tagging, suggest 150 m-rule-of-thumb for flower strip distances », Journal of Hymenoptera Research, vol. 77, 2020. DOI : 10.3897/jhr.77.51182. Licence CC BY 4.0.
  5. Kehrberger, S. et Holzschuh, A., « Warmer temperatures advance flowering in a spring plant more strongly than emergence of two solitary spring bee species », PLOS ONE, vol. 14, n° 4, 2019. DOI : 10.1371/journal.pone.0218824. Licence CC BY 4.0.

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