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Panneau de bordure en lattes de pin brun foncé à sommet festonné, planté au bas d'un massif de vivaces, lumière de fin d'été
Un panneau couvre 102 cm de tracé : la ligne se tient par les deux pointes plantées, sans piquet ni tranchée.

Comment poser une bordure de massif en pin carbonisé, sans piquet ni tranchée

8 min de lecture


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Un panneau de pin carbonisé se plante debout au bas d'un massif : ses lames taillées en pointe descendent dans la terre, et le reste tient la ligne sans autre appui. Le colis ne contient que ce panneau de 102 cm, sans piquet ni tranchée à ouvrir. Ce qui décide du résultat se joue avant et après la pose : la forme du tracé, le sens du pli, et la surveillance d'un bois qui travaille au contact de la terre.

Un panneau articulé, pas une bande à enterrer

Le panneau fait 102 cm de long et 30 cm de haut, avec des lames de 1,3 cm d'épaisseur. Ce sont des lattes verticales taillées en pointe par le bas, retenues par un fil métallique qui court d'une latte à l'autre et fait charnière. Cette articulation donne sa souplesse au panneau : il épouse une courbe sans qu'on ait à le recouper, et se repose autrement si le tracé du massif change l'an prochain. Le colis contient un panneau, sans piquet ni accessoire.

Trente centimètres, c'est haut pour une bordure de massif. Le rouleau à base ondulée monte à 15 cm au total, et sa base enterrée en garde une partie sous terre : il n'en reste que quelques centimètres dehors. Le panneau, lui, ne s'enfonce que par ses deux pointes et garde ses trente centimètres visibles. C'est assez pour masquer le pied dégarni des vivaces et la terre nue qui reste autour des touffes.

Tracer la ligne avant de toucher au panneau

Le tracé se décide au sol. Pour une courbe, posez un tuyau d'arrosage souple le long du massif : déplacez le tuyau autant de fois qu'il faut avant que la forme ne vous plaise. Pour une ligne droite, un cordeau tendu entre deux piquets fait le travail. Reculez ensuite de quelques mètres et regardez le tracé depuis la maison. C'est de là qu'on repère une courbe trop serrée, qu'un panneau de 102 cm ne pourra pas suivre sans que les lames s'ouvrent en éventail.

Marquez toute la longueur avant de planter le premier panneau. Une bordure posée sans tracé complet se décale de proche en proche, et un décrochement de cinq centimètres se voit d'autant plus que la bordure est haute et sombre. Sur un massif déjà planté, profitez du tracé pour élargir un peu : les vivaces s'étalent, et la limite que vous voyez aujourd'hui est souvent plus large que celle d'il y a trois ans.

Le jour de la pose, choisissez un moment où la terre s'effrite au lieu de coller à la bêche. Une terre gorgée d'eau se referme en blocs autour des pointes, une terre sèche de fin d'été les refuse. Si le sol est dur, arrosez la veille au soir sur la ligne prévue : c'est le geste qui fait gagner le plus de temps.

Plier le panneau : courbe large ou angle franc

Le pli se fait à la main, panneau posé au sol. Pour une courbe, écartez légèrement les lames du côté extérieur du virage : le panneau forme alors un arc régulier, sans qu'aucune latte ne travaille seule. Pour une ligne droite, resserrez les lames au contraire, jusqu'à ce que le fil de liaison les tienne serrées les unes contre les autres.

L'angle droit se lit sur la charnière. Le fil de liaison plie le panneau d'un bloc, et l'angle se marque franchement sur une ou deux lattes qui s'écartent en éventail. C'est le seul endroit où le bois est mis à l'épreuve pendant la pose : répartissez l'effort sur plusieurs lattes, pliez un peu, vérifiez au sol, puis reprenez le pli. Un panneau forcé d'un coup sur une seule latte garde une marque blanche à l'endroit du pli.

Panneau de bordure en lattes de pin brun foncé plié à plat sur une terre nue, lames écartées en éventail à l'endroit de la courbe
Le fil de liaison sert de charnière : les lames s'écartent pour une courbe, se resserrent pour une ligne droite.

Enfoncer les deux pointes, l'une après l'autre

Posez le panneau sur la ligne marquée, puis appuyez sur le haut, juste au-dessus de la première pointe, jusqu'à ce que sa base repose sur la terre. Faites de même pour la seconde. Enfoncer les deux pointes en même temps fait basculer le panneau et laisse une pointe à moitié plantée, ce qui se rattrape mal en terre durcie. Vérifiez ensuite l'aplomb à l'œil, depuis le bout de la ligne : un panneau penché attire l'œil sur toute la longueur du massif.

Le bas du panneau doit toucher la terre, sans jour dessous. C'est cette ligne d'appui qui empêche l'herbe de passer sous les lames et qui tient le panneau d'aplomb au vent. Sur un sol irrégulier, enlevez plutôt un peu de terre sous la pointe la plus haute que de laisser le panneau flotter au-dessus d'un creux.

Posez le pied sur le haut du panneau pour finir d'enfoncer les pointes, puis tassez la terre contre les lames du bout des doigts.

Gros plan du bas d'un panneau de bordure en pin brun foncé, deux lames en pointe enfoncées dans une terre fine tassée contre les lattes
Les deux lames en pointe descendent sous les autres : le panneau se plante à la main, jusqu'à ce que son bas touche le sol.

Chaîner les panneaux bout à bout

Comptez un panneau pour 102 cm de tracé : un massif qui fait trois mètres de tour en demande trois. Amenez le panneau suivant dans le prolongement du premier, quitte à faire se chevaucher légèrement les deux derniers centimètres. Un recouvrement se voit moins qu'un jour ouvert entre deux panneaux, par lequel la terre file et l'herbe passe.

Gardez les jonctions sur les portions droites. Dans une courbe, deux panneaux bout à bout forment une cassure anguleuse que l'œil repère tout de suite, alors que la même jonction sur une ligne droite disparaît. Si votre tracé est entièrement courbe, pliez chaque panneau un peu plus et répartissez l'angle sur toute la longueur.

Sur un tracé qui tourne souvent, certaines bordures de jardin montées sur piquets évitent ce chaînage de jonctions. Elles demandent en revanche une autre préparation : les fixations prennent le relais des pointes, et le geste n'a plus rien à voir.

Un bois plus stable, pas un bois imputrescible

La carbonisation est un traitement thermique. Selon le Forest Products Laboratory, elle améliore la stabilité dimensionnelle du bois, réduit sa reprise d'eau et fonce la couleur jusqu'à un brun proche des bois exotiques. Sur une bordure, cela se traduit par des lames qui se déforment peu entre deux hivers.

Elle ne transforme pas pour autant une lame de pin en bois imputrescible. Sur ce point, les essais en champ du même laboratoire sont nets : en proximité immédiate du sol, presque tous les échantillons de bois modifié thermiquement ont échoué. Seuls ceux qui recevaient un traitement complémentaire ont tenu. La partie du panneau en pin carbonisé qui reste dehors vit donc bien, tandis que les deux pointes passent leur vie dans la terre humide. Un contrôle par an suffit, au printemps, pointe par pointe. Une pointe qui s'écrase entre les doigts se remplace : le panneau se retire et un neuf se plante à côté. Le badigeon sur un bois déjà repris n'y changera rien.

Un abri à limaces au pied du massif

Un panneau de bois planté dans la terre humide fait un abri de choix pour les limaces. Ces mollusques ont besoin d'humidité, et comme le rappelle la Cooperative Extension de l'université d'Alaska, un matériau qui retient l'eau les attire, tandis qu'un support qui sèche les laisse au large. Le bois carbonisé, brun foncé et frais au pied du massif, coche toutes les cases.

Le reste est une question de moment. Les limaces sortent surtout la nuit, et les gros dégâts surviennent par temps humide persistant, sur les jeunes plants d'abord. La parade tient dans une tournée matinale le long de la bordure, au moment où les limaces sont encore sous les lames. Débarrassez aussi le pied du panneau des feuilles et des débris végétaux qui gardent la fraîcheur, et tenez le paillage à quelques centimètres des lames au lieu de le coller contre elles.

Ni barrière à rhizomes, ni raccourci pour le tracé

Une bordure plantée par deux pointes ne contient pas un rhizome. Pour un bambou ou une graminée qui court, la barrière se pose autrement : un film enterré verticalement, sur 76 à 91 cm (30 à 36 pouces selon la fiche de l'université du Maryland). Une partie de ce film reste hors sol, pour montrer les rhizomes qui arrivent. Cette fiche range d'ailleurs le bois parmi les matériaux à écarter pour cet usage, avec le béton et la tôle, parce qu'ils se percent et cèdent avec le temps. Le panneau que vous plantez là n'a donc rien d'une barrière : il tient la ligne du massif, il ne bloque pas ce qui pousse dessous.

Le geste est simple, presque trop. Ce qui fera la différence dans deux ou trois saisons, c'est la ligne tenue d'un bout à l'autre du tracé et la façon dont le bois vieillit au bas des plantes, bien avant le veinage.

Deux panneaux de bordure en lattes de pin brun foncé alignés bout à bout au bas d'un massif, jonction posée sur une portion droite du tracé
La jonction entre deux panneaux se garde sur une portion droite : dans une courbe, la cassure se lit tout de suite.

Deux tournées par an, et une brosse

Une tournée au printemps, une autre à la fin de l'été, et le reste du temps rien. Le contrôle d'hiver et de printemps vaut pour toutes les bordures, celle-ci comprise. Renfoncez les pointes qui ont bougé et redressez les panneaux que le gel a fait pencher. En fin d'été, regardez le bas des lames : une latte qui se détache du fil de liaison au niveau du sol annonce une pointe qui a travaillé. Déposez au passage les feuilles et le paillage accumulés contre le bois, parce que c'est là que l'humidité s'installe.

Le bois se nettoie à la brosse, sans produit. La teinte s'éclaircit sur les lames les plus exposées, et une huile de bois sans solvant redonne la profondeur du veinage. Le contrôle qui compte reste celui des pointes, sous la ligne de terre.

Questions frequentes

Peut-on plier le panneau dans les deux sens ?

Oui. Le fil de liaison qui relie les lattes fait charnière dans un sens comme dans l'autre : le panneau se creuse autour d'un massif arrondi et se bombe autour d'un massif en pointe. Pliez progressivement, en répartissant l'effort sur plusieurs lattes plutôt qu'en forçant sur une seule, qui marquerait le bois.

Faut-il un maillet pour enfoncer les pointes ?

Non. Le panneau descend sous la pression du pied posé sur son haut, ou des deux mains appuyées au-dessus des pointes. Le sommet festonné est la partie la plus mince de la latte : un coup de maillet l'écrase ou le fait éclater, et la latte marquée ne se redresse plus.

Le panneau peut-il rester planté tout l'hiver ?

C'est prévu pour. Les pointes passent la saison dans la terre, et la partie visible reste dehors sous la pluie et le gel. Relevez la ligne au début du printemps, quand le sol se travaille encore : une pointe qui a bougé se renfonce en quelques minutes, alors qu'un panneau laissé de travers pendant une saison entière se repose mal.

Que faire si une latte se détache du fil de liaison ?

Regardez d'abord de quel côté la latte a glissé. Une latte sortie du fil au bas du panneau peut se remettre en place à la main, en la réalignant sur ses voisines avant de renfoncer la pointe. Une latte cassée en travers, elle, ne se répare pas : le panneau se remplace, et la portion de tracé se reprend avec un panneau neuf posé bout à bout.

Sources