Quand poser un ruban de cuivre ? Sur un rebord nu, propre et sec, donc avant la mise en culture et jamais après les premiers trous. C'est là toute la différence avec un appât : la bande n'attend pas la bonne nuit, elle peut être en place des semaines à l'avance, puisqu'elle ne se lessive pas et ne s'évapore pas. Le calendrier qui décide est donc celui de votre bac et de vos semis, avec une échéance qui revient ensuite dans la saison, le jour où le feuillage monte jusqu'au rebord.
Les semaines où un semis se joue
Un suivi mené de 2014 à 2017 sur quinze parcelles de ray-grass fraîchement semées a comparé les dégâts de peuplement aux effectifs de limaces relevés sous des abris de contrôle. Les parcelles les plus abîmées étaient celles où dix limaces et plus se trouvaient sous les abris dans les trois semaines qui ont suivi la germination. Le relevé se fait en plein champ, sur des parcelles de production de semences, et non dans une jardinière : la transposition demande de la prudence. La période, elle, ressemble à celle du potager, parce que c'est la plante qui la fixe.
Le semis n'a pas les moyens d'un plant installé. Une graine qui lève ne dispose que du contenu de sa graine et de quelques jours de photosynthèse. Un plant repiqué avec sa motte traverse mieux les nuits humides, sans être à l'abri pour autant : ses feuilles restent tendres pendant la semaine qui suit. Deux mises en culture ouvrent donc la même fenêtre, le semis et la plantation, et la bande y a la même échéance. Elle est utile dès la première nuit, donc avant que le geste soit fini.
Vingt mètres de bande représentent le pourtour de trois grands carrés de potager, ou une enfilade de pots le long d'un balcon. Le rouleau de 20 m se garde au sec, à plat, et se découpe aux ciseaux au fur et à mesure des bacs montés.
Une barrière posée après les premiers trous protège les plants qui restent, et elle ne répare rien. Ce qui est tombé ne lève plus : c'est le ressemis qui règle la question. La date de pose se cale donc sur la mise en culture, jamais sur les dégâts constatés.

Le jour se choisit sur le rebord
L'adhésif impose sa propre condition, et elle n'a rien à voir avec la météo des limaces : il faut un support sec. Le bon créneau est donc le jour du montage, du remplissage ou du rempotage, quand la planche ou la lèvre du pot est nue, avant que les plants ne s'y installent. Un rebord qui vient d'être arrosé se laisse sécher une heure ou deux, un rebord poussiéreux se dépoussière. Passé ces deux gestes, la date n'a plus d'importance : la bande peut attendre le lendemain, ou la semaine suivante.
Un détail de chantier décide souvent de la journée. Si la terre du bac doit être complétée, complétez-la d'abord : une bande collée avant le dernier ajout se retrouve à moitié enterrée sous la motte rapportée, et il faut la reprendre. Le bon ordre est donc la terre, le rebord, puis la culture, et non l'inverse.
La référence du programme IPM de l'université de Californie ajoute une précaution que peu de notices reprennent : quand on bande un bac ou une jardinière, il faut que la terre à l'intérieur soit déjà vide de limaces. Une barrière empêche une entrée, elle ne vide pas un logement. Sur un bac qui héberge déjà des animaux dans ses recoins humides, la bande posée un soir d'été ne changera rien aux dégâts du lendemain. Le moment utile est celui où le contenant vient d'être monté, ou celui où vous refaites sa terre.
Un bac récupéré, ou un grand pot resté dehors tout l'hiver, se visite avant la pose. Les limaces se logent dans l'angle du fond, sous une motte tassée ou derrière un éclat de bois, et c'est souvent le seul moment de l'année où on les voit. Videz ce que vous trouvez, refaites la terre si elle est tassée, puis collez la bande : un contenant propre au départ n'a plus besoin que d'une barrière pour le rester.

En pratique, la date tombe à trois occasions : le jour où vous remplissez un bac neuf, celui où vous refaites la terre d'un bac en place, et la veille d'un semis ou d'une plantation. Un bac monté à l'automne pour passer l'hiver se bande ce jour-là, même si les premières salades n'arrivent qu'en février.
Le calendrier d'un potager a deux moments qui reviennent chaque année, la mise en place de fin d'hiver pour les cultures de printemps, et celle de fin d'été pour les salades et les mâches d'automne. Les deux ont un point commun, vous manipulez la terre, donc le rebord est libre. C'est là que la bande se pose sans contorsion, sur un rebord que vous avez de toute façon sous la main. Un bac qui reste en place d'une année sur l'autre se contente du contrôle : la bande est déjà là, il reste à vérifier ses jonctions et à dégager le rebord avant de semer.
Cette avance est justement ce qu'un appât ne sait pas faire. Une préparation versée sur le sol s'altère, se dilue sous la pluie, et se pose près de la nuit où elle doit travailler. La bande, elle, est un objet : rien ne s'évapore, rien ne se mange, rien ne se lessive. Vous pouvez la coller un dimanche matin de septembre et n'y plus penser jusqu'aux premiers semis d'automne. Le geste se fait bac par bac, une vingtaine de minutes pour ceinturer un bac entier, ce qui laisse le temps de finir avant de semer.
La saison de la bande est celle de la culture
Les repères qui font sortir les limaces d'un sol nu perdent de leur poids sur un bac arrosé. Vous décidez quand la terre boit, et une jardinière garde sa surface humide même en août, quand les planches de pleine terre se calment sous le soleil. C'est une déduction de jardin, pas une mesure, mais elle explique pourquoi un pot grignoté en juillet se porte aussi mal en octobre qu'en avril. Une bande n'a rien à y ajouter : elle est là où elle est, tous les soirs.
La fenêtre d'automne, elle, s'ouvre avec les pluies qui traversent le sol, et les salades semées à ce moment-là sont jeunes au pire moment de l'année. C'est là que l'avance paie. Une bande collée pendant les semaines sèches de fin d'été est en place la nuit où la pluie a suffisamment pénétré. Une bande collée le lendemain de cette nuit arrive après la première sortie.
Reste la fin de saison. Le froid ralentit les limaces, il ne les supprime pas : le même suivi parle d'une activité naturellement réduite par le froid, et rien n'indique une date à laquelle la bande perdrait son rôle. Vous ne la retirez pas en novembre, vous ne la reposez pas en mars. Ce qui change, c'est la culture, et donc le feuillage. Au fil des semaines, les feuilles basses s'allongent, dépassent la lèvre et finissent par toucher le rebord, et une feuille qui enjambe la bande rétablit le passage. La date qui revient le plus souvent dans une saison est donc celle du contrôle, pas celle de la pose. Une jonction qui se soulève se recolle, une portion arrachée se remplace : c'est l'entretien de la bande qui tranche entre les deux.
Ce qu'aucune date ne rattrape
Il faut dire ce que les essais accordent à ce métal. Une équipe suédoise a suivi des limaces espagnoles face à des bandes de feuille de cuivre, d'abord en arène, puis sur des pots réels. Le passage était retardé, jamais empêché, et une largeur de bande de trois, quatre ou six centimètres n'a rien changé. En conditions semi-naturelles, les pots ceinturés n'ont pas été épargnés davantage que les pots témoins. Le constat déplace la question de la date. Aucune période ne transforme la bande en remède qui ferait baisser les dégâts à lui seul : ce que vous choisissez, c'est le moment où elle est en place avant les semis, propre et sans pont.
Deux moments de contrôle suffisent dans une saison, et aucun ne tombe à date fixe. Après les orages, pour les jonctions et la terre projetée. Et le jour où le feuillage atteint la lèvre du bac, pour les feuilles basses à couper.

Tout l'écart entre une pose à l'heure et une pose en retard tient dans la fenêtre du semis. Trois jours après la levée, la bande arrive encore à temps pour l'essentiel, parce que les semaines décisives ne font que commencer. Trois semaines après les premiers trous, la fenêtre est refermée, et la bande prend un autre rôle, celui de protéger la culture suivante. Devant une planche clairsemée, il n'y a donc pas d'arbitrage à faire entre ceinturer et resemer : les deux gestes s'enchaînent, dans cet ordre.
Reste le cas où la bande n'a aucun rebord à ceinturer. En pleine terre, sans lèvre ni planche surélevée, le ruban ne travaille pas : le geste utile se pose au ras du sol, avec des godets enterrés que l'on relève, et il suit un autre calendrier, celui des nuits humides qui suivent la pluie.
Questions frequentes
Faut-il poser le ruban avant ou après avoir rempli le bac ?
Avant la mise en culture, sur un bac vide ou juste rempli : c'est le seul moment où le rebord est nu sur tout son tour et facile à essuyer. Un bac déjà planté se ceinture mal, et la bande finit posée sous des feuilles qui font pont au-dessus d'elle. La référence du programme IPM de l'université de Californie ajoute une condition que peu de notices reprennent : on bande un bac déjà vide de limaces, car une barrière ne fait pas sortir les animaux installés à l'intérieur.
Quelle saison pour coller la bande ?
La saison de la culture. On colle au montage du bac, au rempotage, au renouvellement de la terre, ou la veille d'un semis et d'une plantation. La bande ne se lessive pas et ne se recharge pas, ce qui autorise à la poser des semaines avant la première nuit à risque, là où un appât doit attendre son heure.
Faut-il retirer le ruban en hiver ?
Non. Le froid ralentit les limaces sans les faire disparaître, et la bande ne craint rien du gel : elle reste sur son rebord d'une saison à l'autre. Le rouleau entamé, lui, se range au sec et à plat. Ce qui se contrôle en hiver, ce sont les jonctions et les feuilles basses couchées sur le rebord.
Que faire si la bande a été posée trop tard ?
Elle protégera les plants qui restent, pas ceux qui sont tombés. Sur une planche clairsemée, le ressemis décide de la suite, et la bande posée à ce moment-là sert à la culture suivante. Elle demande alors le même contrôle qu'une pose faite à l'avance : les jonctions et les feuilles qui font pont.
Sources
- Oregon State University, 2018, Timing of slug emergence in new perennial ryegrass plantings, Seed Production Research at Oregon State University, Ext/CrS 160, p. 33.
- University of California Statewide IPM Program, Snails and slugs, UC Agriculture and Natural Resources.
- Watz, J., Nyqvist, D., 2021, Artificial barriers against arionid slug movement, Crop Protection, vol. 142, article 105525.

