Pourquoi mesurer ce que le sac ne dit pas
La fréquence d’arrosage ne dépend pas que du climat et de la plante : elle dépend de ce que le substrat garde après chaque apport. Un terreau qui relâche vite l’eau qu’on vient de lui donner réclame des passages rapprochés ; un terreau qui la tient espacera les tournées d’arrosage. Sur les sacs de terreau que nous avons consultés, ce chiffre n’apparaît pas : les mentions portent la composition et les conseils d’emploi, pas le comportement à l’eau.
La seule façon de le savoir est de le mesurer. Ce premier test maison de la série installe la méthode que nous appliquerons à chaque nouveau sujet : un protocole écrit et publié avant les mesures, des relevés bruts, et une publication du résultat quel qu’il soit.
Le protocole complet
Tout se fait avec du matériel de cuisine. Les valeurs du protocole, 500 millilitres de terreau, 300 millilitres d’eau, trente minutes de ressuyage, sont nos choix de méthode : elles fixent le geste pour que deux essais soient comparables, elles ne viennent d’aucune norme.
Le matériel
- une balance de cuisine fidèle au gramme près
- deux bouteilles de plastique identiques d’un litre et demi
- des ciseaux ou un cutter
- un filtre à café permanent, ou un carré de mousseline et un élastique
- un verre doseur de cuisine gradué tous les 10 millilitres, ou au moins tous les 25
- un pichet d’eau à température ambiante
- les terreaux à comparer, un sachet par terreau
- un carnet ou une feuille de tableur pour noter chaque essai
Avant la mesure : sécher
Étaler chaque terreau en couche mince, au sec, à l’intérieur, à température ambiante, et le laisser sécher deux jours. Peser une poignée avant et après : si le poids bouge encore, prolonger. Un terreau humide au départ fausse toute la comparaison, parce que l’eau qu’il contient déjà ne se comporte pas comme celle qu’on verse.
- Fabriquer la colonne. Couper une bouteille d’un litre et demi à mi-hauteur. Le haut, retourné goulot en bas, devient l’entonnoir ; on le pose dans l’ouverture du verre doseur, qui le maintient droit, le goulot au-dessus du fond. Garnir l’intérieur du goulot du filtre (mousseline ou filtre à café permanent), maintenu par un élastique autour du col : il retient le terreau et laisse passer l’eau. La seconde bouteille sert à monter une colonne par terreau, pour ne jamais mélanger deux substrats dans le même matériel.
- Remplir et tasser. Mesurer 500 millilitres de terreau sec au verre doseur, sans le tasser au moment du mesurage, puis le verser dans l’entonnoir en trois fois, en donnant à chaque fois un petit choc sur le côté pour tasser. Le geste doit être le même pour chaque essai : ni tassé à la main, ni versé de haut.
- Arroser lentement. Verser 300 millilitres d’eau en trois passages de 100 millilitres, espacés de cinq minutes, sur le centre de la surface, sans creuser. Si l’eau met du temps à s’infiltrer et flotte le terreau, attendre qu’elle descende avant le passage suivant.
- Laisser ressuyer. Attendre trente minutes après le dernier passage. C’est le temps choisi par le protocole pour que l’eau gravitaire, celle que le terreau ne retient pas, finisse de s’écouler dans le verre doseur.
- Lire et noter. Lire le volume écoulé dans le verre doseur, à la graduation la plus proche. La rétention de l’essai est 300 moins ce volume. Noter la marque du terreau, le lot, la date, la température de la pièce. Entre deux essais, vider la colonne, la rincer, l’essuyer jusqu’à ce qu’elle soit sèche et remettre un filtre sec identique, préalablement humidifié puis laissé à égoutter pour que l’eau qu’il retient soit la même partout : trois essais complets par terreau.
Lire son résultat
La lecture se fait en part du volume : rétention divisée par 500. Exemple de calcul, pas un résultat : si 180 millilitres sont écoulés, il en reste 120 dans la colonne, soit 24 % du volume de terreau. Les essais d’un même terreau se comparent entre eux, et les terreaux entre eux, dans les mêmes conditions le même jour.
Ce que la méthode ne dit pas : elle mesure l’eau retenue après ressuyage, pas la réserve utile, la part que la plante peut réellement pomper. Elle ne dit rien de la vitesse à laquelle la surface sèche, ni du comportement d’un terreau devenu hydrophobe, celui où l’eau file le long des parois sans mouiller la motte. C’est pour cela que la série garde trois essais par terreau, à la même température et au même rythme de versement.
La rétention n’est qu’une moitié de l’équation : l’autre est la demande de la plante et du climat. Le calculateur du besoin en eau par département donne cette seconde moitié, calculée sur les normales 1991-2020.
Page publiée le 21 septembre 2026. Série Tests maison, page à adresse stable : les résultats seront ajoutés ici sans changer d’URL.