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Test maison n° 1 : combien d’eau votre terreau garde-t-il ?

Série Tests maison. Deux terreaux peuvent demander deux rythmes d’arrosage différents pour la même plante au même endroit : voici le protocole complet pour mesurer la rétention d’eau avec une balance de cuisine, écrit pour être refait chez vous, sac contre sac.

Pourquoi mesurer ce que le sac ne dit pas

La fréquence d’arrosage ne dépend pas que du climat et de la plante : elle dépend de ce que le substrat garde après chaque apport. Un terreau qui relâche vite l’eau qu’on vient de lui donner réclame des passages rapprochés ; un terreau qui la tient espacera les tournées d’arrosage. Sur les sacs de terreau que nous avons consultés, ce chiffre n’apparaît pas : les mentions portent la composition et les conseils d’emploi, pas le comportement à l’eau.

La seule façon de le savoir est de le mesurer soi-même, sur les sacs que l’on achète vraiment. Ce premier test maison de la série installe la méthode que nous appliquons à chaque nouveau sujet : un protocole écrit dans le détail, des seuils annoncés d’avance, et de quoi noter ses propres relevés sans les arranger après coup.

Ce que cette page est, et ce qu’elle n’est pas

C’est un protocole, pas un classement de marques. La méthode est fixée d’avance, seuils compris, pour qu’elle ne puisse pas être ajustée après coup afin d’arranger un résultat, et elle tient avec du matériel de cuisine. Vous la refaites sur les deux sacs que vous hésitez à racheter, et vous obtenez une réponse valable pour votre balcon, pas pour un balcon moyen.

Un relevé obtenu ainsi se lit au niveau de preuve suivant, et jamais au-dessus : c’est une mesure domestique, pas une étude vérifiée par des pairs.

Niveau de preuve : Observationniveau que porte un relevé maison

Un constat de terrain ou de suivi, sans lot témoin. Utile pour repérer une piste et formuler une hypothèse.

Un autre facteur peut expliquer le résultat. Nous la traitons comme une piste, jamais comme une preuve.

Le protocole complet

Tout se fait avec du matériel de cuisine. Les valeurs du protocole, 500 millilitres de terreau, 300 millilitres d’eau, trente minutes de ressuyage, sont nos choix de méthode : elles fixent le geste pour que deux essais soient comparables, elles ne viennent d’aucune norme.

Le matériel

  • une balance de cuisine fidèle au gramme près
  • deux bouteilles de plastique identiques d’un litre et demi
  • des ciseaux ou un cutter
  • un filtre à café permanent, ou un carré de mousseline et un élastique
  • un verre doseur de cuisine gradué tous les 10 millilitres, ou au moins tous les 25
  • un pichet d’eau à température ambiante
  • les terreaux à comparer, un sachet par terreau
  • un carnet ou une feuille de tableur pour noter chaque essai

Avant la mesure : sécher

Étaler chaque terreau en couche mince, au sec, à l’intérieur, à température ambiante, et le laisser sécher deux jours. Peser une poignée avant et après : si le poids bouge encore, prolonger. Un terreau humide au départ fausse toute la comparaison, parce que l’eau qu’il contient déjà ne se comporte pas comme celle qu’on verse.

  1. Fabriquer la colonne. Couper une bouteille d’un litre et demi à mi-hauteur. Le haut, retourné goulot en bas, devient l’entonnoir ; on le pose dans l’ouverture du verre doseur, qui le maintient droit, le goulot au-dessus du fond. Garnir l’intérieur du goulot du filtre (mousseline ou filtre à café permanent), maintenu par un élastique autour du col : il retient le terreau et laisse passer l’eau. La seconde bouteille sert à monter une colonne par terreau, pour ne jamais mélanger deux substrats dans le même matériel.
  2. Remplir et tasser. Mesurer 500 millilitres de terreau sec au verre doseur, sans le tasser au moment du mesurage, puis le verser dans l’entonnoir en trois fois, en donnant à chaque fois un petit choc sur le côté pour tasser. Le geste doit être le même pour chaque essai : ni tassé à la main, ni versé de haut.
  3. Arroser lentement. Verser 300 millilitres d’eau en trois passages de 100 millilitres, espacés de cinq minutes, sur le centre de la surface, sans creuser. Si l’eau met du temps à s’infiltrer et flotte le terreau, attendre qu’elle descende avant le passage suivant.
  4. Laisser ressuyer. Attendre trente minutes après le dernier passage. C’est le temps choisi par le protocole pour que l’eau gravitaire, celle que le terreau ne retient pas, finisse de s’écouler dans le verre doseur.
  5. Lire et noter. Lire le volume écoulé dans le verre doseur, à la graduation la plus proche. La rétention de l’essai est 300 moins ce volume. Noter la marque du terreau, le lot, la date, la température de la pièce. Entre deux essais, vider la colonne, la rincer, l’essuyer jusqu’à ce qu’elle soit sèche et remettre un filtre sec identique, préalablement humidifié puis laissé à égoutter pour que l’eau qu’il retient soit la même partout : trois essais complets par terreau.

Lire son résultat

La lecture se fait en part du volume : rétention divisée par 500. Exemple de calcul, pas un résultat : si 180 millilitres sont écoulés, il en reste 120 dans la colonne, soit 24 % du volume de terreau. Les essais d’un même terreau se comparent entre eux, et les terreaux entre eux, dans les mêmes conditions le même jour.

Ce que la méthode ne dit pas : elle mesure l’eau retenue après ressuyage, pas la réserve utile, la part que la plante peut réellement pomper. Elle ne dit rien de la vitesse à laquelle la surface sèche, ni du comportement d’un terreau devenu hydrophobe, celui où l’eau file le long des parois sans mouiller la motte. C’est pour cela que la série garde trois essais par terreau, à la même température et au même rythme de versement.

La rétention n’est qu’une moitié de l’équation : l’autre est la demande de la plante et du climat. Le calculateur du besoin en eau par département donne cette seconde moitié, calculée sur les normales 1991-2020.

Ce que vous notez, et dans quel ordre

  • chaque relevé brut : marque du terreau, lot, date, température, volume écoulé ;
  • la moyenne des trois essais et l’écart entre eux ;
  • la conclusion telle qu’elle sort des chiffres, y compris si elle ne montre aucune différence entre les deux sacs : c’est alors une information utile, celle qui vous autorise à prendre le moins cher.

La méthode et ses limites sont détaillées sur la page Sources et méthode, et les instruments du jardinier qui mesurent l’eau au quotidien sont passés en revue dans le dossier Mesure et climat du jardinier.

Questions fréquentes

Peut-on tester un terreau sorti du sac, sans le sécher ?

Non, et c’est la première source d’erreur. Un terreau humide a déjà de l’eau dans ses pores : l’eau versée circule moins, percole moins, et la mesure lit un mélange de l’ancienne et de la nouvelle eau. La comparaison entre deux terreaux n’a de sens que sur des terreaux séchés au préalable, de la même façon. Peser le terreau avant et après séchage permet de vérifier que le poids ne bouge plus.

Pourquoi répéter la mesure trois fois par terreau ?

Parce qu’un seul essai est une mesure, pas un résultat. Tasser un peu plus, verser un peu plus vite, et la lecture change. Trois essais donnent une moyenne et surtout l’écart entre les essais : si deux essais du même terreau s’écartent de plus d’une trentaine de millilitres, soit trois graduations du verre doseur, le geste n’est pas assez fixé pour comparer quoi que ce soit, et il vaut mieux recommencer la série que publier ces chiffres.

Que faire du résultat une fois mesuré ?

Un terreau qui retient moins d’eau réclame des arrosages plus rapprochés, ou un paillage qui coupe l’évaporation de surface, ou un pot plus profond qui garde une réserve au fond. Un terreau qui retient beaucoup demande l’inverse : des arrosages plus espacés et un contrôle du drainage. Le calculateur du besoin en eau par département donne l’autre moitié de l’équation, celle que le climat impose.

Page publiée le 21 septembre 2026, mise à jour le 23 septembre 2026. Série Tests maison, page à adresse stable : les précisions de protocole sont ajoutées ici sans changer d’URL.