La figure 56 de l’enquête ADEME sur les biodéchets croise la durée de pratique déclarée avec la taille de la commune de résidence. L’étude a été conduite par l’institut Qualitest du 9 au 31 janvier 2024, sur 1 023 personnes représentatives de la France métropolitaine, avec une précision annoncée de 3,10 points de marge. Une seule question a fourni ces durées, et elle n’était adressée qu’à ceux qui déclarent composter : les parts qui suivent décrivent ce groupe, jamais les ménages français dans leur ensemble.
Quatre durées, cinq tailles de commune
| Taille de la commune | Moins d’un an | 1 à 5 ans | 6 à 10 ans | Plus de 10 ans |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 2 000 habitants | 7,9 % | 32,7 % | 24,7 % | 34,6 % |
| 2 000 à 20 000 habitants | 21,9 % | 33,8 % | 18,4 % | 25,9 % |
| 20 000 à 100 000 habitants | 18,7 % | 50,0 % | 12,7 % | 18,6 % |
| Plus de 100 000 habitants | 17,5 % | 44,7 % | 16,9 % | 20,9 % |
| Agglomération parisienne | 21,2 % | 47,2 % | 11,9 % | 19,7 % |
Durée déclarée du compostage des déchets alimentaires, par taille de commune. Chaque ligne totalise 100 %. Figure 56 de l’enquête, page 39. Source : enquête ADEME, enquête 2024.
Le gradient annoncé par le rapport est net sur la première moitié du tableau : plus la commune est petite, plus la pratique y est installée. On passe de 34,6 % de composteurs au-delà de dix ans dans le rural à 25,9 % dans les communes de 2 000 à 20 000 habitants, puis à 18,6 % dans celles de 20 000 à 100 000 habitants. La suite ne prolonge pas la pente : les communes de plus de 100 000 habitants remontent à 20,9 % et l’agglomération parisienne se situe à 19,7 %, au-dessus des villes moyennes. Le croisement porte sur cinq classes seulement, il décrit un contraste entre le rural et le reste, pas une décroissance continue.
Part des personnes qui compostent depuis plus de dix ans, par taille de commune, classées de la plus forte à la plus faible. Figure 56 de l’enquête, page 39.
Le compostage récent se lit en creux
Les débuts de pratique racontent la même géographie à l’envers. Ils ne sont que 7,9 % dans les communes de moins de 2 000 habitants, contre 21,9 % dans celles de 2 000 à 20 000 habitants et 21,2 % dans l’agglomération parisienne : le geste y est plus récent, porté par des installations collectives que le rural n’a pas attendues pour composter. La tranche des un à cinq ans est partout la plus fournie, jusqu’à 50,0 % dans les communes de 20 000 à 100 000 habitants, où les six à dix ans tombent à 12,7 %.
L’écart entre tailles de commune peut se lire avec la composition de l’échantillon, donnée en annexe : 20,8 % des répondants vivent dans une commune de moins de 2 000 habitants, 17,9 % entre 2 000 et 20 000, 14,1 % entre 20 000 et 100 000, 30,9 % dans une commune de plus de 100 000 habitants et 16,1 % dans l’agglomération parisienne. Les cinq classes sont donc inégalement représentées, et les plus petites sont les moins nombreuses dans l’enquête.
Ce que l’enquête avance pour l’expliquer
Le rapport attribue ce gradient à la présence de jardins, qu’il mesure par ailleurs : la part des répondants ayant accès à un jardin diminue à mesure que le nombre d’habitants de la commune augmente (figure 13, page 13). Il ajoute une distinction de pratique : le compostage individuel est installé de longue date, alors que le compostage partagé, plus répandu en ville, se développe depuis plus récemment. Il présente ces deux pistes comme des explications, sans les tester statistiquement.
Rien, dans ces écarts, ne change la façon de démarrer un composteur : le choix se joue sur la contenance, sur la place au jardin et sur la distance depuis la cuisine. Notre rayon composteurs regroupe les bacs à trappe comme les modèles souples. Deux fiches voisines prolongent celle-ci : l’ancienneté du compostage région par région et depuis quand les personnes qui compostent le font. Pour la pratique elle-même, la part des foyers qui compostent donne l’équipement utilisé et les motivations déclarées.