Chaque été, des arrêtés préfectoraux limitent ou interdisent l’arrosage, l’irrigation et d’autres usages de l’eau dans les territoires où la ressource baisse. Le SDES a rassemblé les données du service public VigiEau pour mesurer à quelle fréquence ces épisodes reviennent, secteur par secteur, entre 2012 et 2023.
Où les restrictions reviennent le plus souvent
La carte du SDES porte sur les usages de l’eau superficielle, celle des rivières et des plans d’eau. Pour chaque secteur, elle compte les années où une restriction de niveau crise a duré plus d’un mois. Les secteurs les plus touchés se concentrent dans l’Ouest et surtout dans le Sud-Ouest : plusieurs y ont connu une crise d’au moins un mois presque chaque année. Le centre et le sud-est affichent des fréquences intermédiaires, le nord et le nord-est sont les moins concernés. Le découpage suit les secteurs de la carte, pas les limites des départements.
La carte se lit en années concernées sur douze : une zone marquée « 3 à 5 fois » a connu une crise d’au moins un mois trois à cinq années sur douze. Champ : France métropolitaine et Corse. Source : VigiEau, ministère en charge de l’écologie, données 2012-2023 traitées par le SDES en 2024.
Quatre niveaux, décidés par les préfets
- Les arrêtés préfectoraux connaissent quatre niveaux : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise.
- Au niveau crise, les interdictions d’utiliser l’eau peuvent être partielles ou totales, par exemple pour l’agriculture, afin de préserver les usages essentiels comme l’eau potable, la santé ou la sécurité civile.
- Il peut alors être demandé à la population de faire jusqu’à 50 % d’économies d’eau.
- Ces mesures limitent ou interdisent certains usages, arrosage et irrigation compris : elles sont décidées localement, selon la ressource du moment.
Les années où la France entière a été touchée
| Année | Extension des restrictions d’eau |
|---|---|
| 2014 | l’année la moins concernée des douze années 2012-2022 |
| 2019 | restrictions sur 30 % du pays |
| 2022 | 55 % du pays ; 97 % du territoire métropolitain pour l’eau de surface, dont 55 % au niveau crise ; 27 % pour l’eau souterraine, dont 14 % au niveau crise |
Années citées par le SDES dans son bilan 2012-2022. Les années 2017, 2019, 2020 et 2022 sont celles où les restrictions ont été les plus fréquentes, les plus larges et les plus longues. Source : L’eau sous tension, surtout l’été, SDES, 1er août 2025.
Rapportées à l’ensemble de la période, les restrictions ne se ressemblent pas d’une année à l’autre. Entre 2012 et 2022, elles ont été appliquées sur environ 30 % du territoire pour huit périodes différentes. Elles ont généralement commencé entre mai et juillet, avec un maximum de sévérité en septembre : le déclenchement suit le début de l’étiage, le pic arrive à la fin de l’été, quand les nappes et les rivières sont au plus bas.
Pour un jardin, ces repères disent une chose : l’arrosage se joue sur quelques semaines, celles où les demandes se croisent, et la contrainte peut revenir plusieurs étés de suite dans les mêmes régions. Le calculateur du besoin en eau d’arrosage chiffre ce besoin pour votre département et pour chaque culture, et le calculateur de récupérateur d’eau de pluie projette le remplissage d’une cuve mois après mois. Avant d’arroser en période tendue, vérifiez l’arrêté en vigueur dans votre commune sur VigiEau, le service public d’information sur les restrictions d’eau.
Les projections à 2050 vont dans le même sens. Sans inflexion des tendances actuelles, 88 % du territoire hexagonal pourraient être en situation de tension modérée ou sévère en été à l’horizon 2050, et des restrictions d’usage de l’eau pour les activités agricoles, industrielles ou pour les particuliers seraient probables sur la quasi-totalité du territoire, comme en 2022. La tension relative aux consommations serait forte dans le sud-ouest et le sud-est, du fait de l’irrigation. Source : L’eau en 2050, note d’analyse 156 du Haut-commissariat à la stratégie et au plan, 25 juin 2025.