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L’irrigation, 10 % de l’eau prélevée en France

Deux chiffres circulent sur l’eau des cultures, 7 % et 10 %. Ils ne se contredisent pas : ils ne portent ni sur la même année, ni sur le même usage, ni sur le même total prélevé.

En bref

Quelle part de l’eau prélevée en France va à l’irrigation ?

En 2023, les usages agricoles, essentiellement l’irrigation, ont représenté 9,8 % des volumes d’eau prélevés en France métropolitaine, soit 2,8 milliards de m³. Ce chiffre était de 7 % pour l’irrigation seule en 2013, et l’écart ne vient pas d’une hausse du volume prélevé : il vient surtout de la baisse du total, passé de 38,5 à 29,4 milliards de m³.

Parmi les 29,4 milliards de m³ d’eau douce prélevés en France en 2023, hors production hydroélectrique, 2,8 milliards de m³ sont allés à l’agriculture, irrigation en tête. Cela représente 9,8 % du total, un chiffre que le SDES arrondit à 10 % dans son état des connaissances 2025.

9,8 %
des volumes prélevés en 2023 vont aux usages agricoles, essentiellement l’irrigation
2,8 Md m³
prélevés pour l’agriculture en 2023, France métropolitaine

Pourquoi deux chiffres circulent, 7 % et 10 %

L’Office français de la biodiversité, qui documente les prélèvements pour la gestion quantitative de la ressource, retient 7 % pour l’irrigation. Son chiffre porte sur 2013, année où la France avait prélevé 38,5 milliards de m³, et il ne compte que l’irrigation. Le SDES publie 9,8 % pour 2023 et parle des « usages agricoles » : l’irrigation d’abord, mais aussi, de façon marginale, l’abreuvement des animaux et le nettoyage des bâtiments. Trois écarts se superposent donc : l’année, le périmètre de l’usage et le total placé au dénominateur.

RepèreOFB, données 2013SDES, données 2023
Année des données20132023
Usage comptéirrigation seuleusages agricoles, essentiellement l’irrigation
Part des prélèvements7 %9,8 %, soit environ 10 %
Total prélevé, hors hydroélectricité38,5 Md m³29,4 Md m³

Le même volume d’eau agricole, rapporté à deux totaux différents, donne deux parts différentes. Sources : OFB, Quels prélèvements pour quels usages ?, données de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau pour 2013 ; SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.

Ce qui a fait baisser le total

Le volume prélevé pour l’irrigation n’a pas bondi. Sur des moyennes de plusieurs années, qui lissent les effets de la météo, il est quasiment stable entre 2008-2010 et 2020-2023, note le SDES, même si la série affiche une hausse de 8 % sur l’ensemble 2008-2023, portée par les étés secs. Ce qui a changé, c’est le reste : le total prélevé a reculé de 16 % depuis 2008, sous l’effet de la baisse de l’industrie et du refroidissement des centrales électriques. À volume d’irrigation constant, un dénominateur plus petit donne une part plus grande. Un dernier point compte pour lire ces séries : en 2023, 23 % du volume déclaré pour l’agriculture dans la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau est une estimation forfaitaire fournie par les exploitants, ce qui lisse les variations réelles d’une année sur l’autre.

Refroidissement des centrales électriques45 %
Alimentation des canaux de navigation20 %
Production d’eau potable18 %
Agriculture, essentiellement l’irrigation10 %
Autres activités économiques7 %

Part de chaque usage dans les 29,4 milliards de m³ prélevés en 2023, France métropolitaine, hors production hydroélectrique. Le refroidissement des centrales et l’alimentation des canaux restituent au milieu la quasi-totalité de l’eau prélevée. Source : SDES, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, publié le 17 juillet 2026.

Peu de prélèvement, beaucoup de consommation

La part annuelle dit mal la pression réelle. L’OFB rappelle que l’eau prélevée pour l’irrigation est, dans sa quasi-totalité, consommée par les plantes ou évaporée, et très peu restituée au milieu, contrairement au refroidissement des centrales, qui rend l’essentiel de l’eau au cours d’eau. Le SDES chiffre ce décalage dans le temps : les mois de juin à août concentrent environ 60 % de la consommation annuelle d’eau liée à l’irrigation, au moment où les cours d’eau ne charrient que 15 % de leur volume annuel. Sur l’eau consommée, la part de l’agriculture dépasse donc largement 10 %, comme le détaille Les consommations d’eau par usage en France.

La trajectoire visée est une baisse de 10 % des prélèvements d’ici 2030 par rapport à la moyenne 2018-2020. Sur ce périmètre, qui réunit l’eau potable, l’industrie et l’irrigation, les prélèvements s’élevaient à 10,9 milliards de m³ par an entre 2018 et 2020 ; une baisse de 10 % les ramènerait à 9,81 milliards de m³ en 2030. Source : Prélèvements de ressources naturelles en France, SDES, état des connaissances 2025, publié le 6 mars 2026.

Pour votre jardin, la question se pose à une autre échelle : le calculateur du besoin en eau d’arrosage estime les litres à apporter par culture et par département, et le calculateur de récupérateur d’eau de pluie projette le remplissage d’une cuve sur l’année. Les volumes du pays, bassin par bassin et usage par usage, sont dans Les prélèvements d’eau par bassin versant.

Questions fréquentes

Pourquoi l’OFB annonce-t-il 7 % et le SDES 10 % pour la même irrigation ?
Les deux chiffres ne portent ni sur la même année ni sur le même périmètre. Les 7 % de l’OFB concernent l’irrigation seule en 2013, année où 38,5 milliards de m³ ont été prélevés en France. Les 9,8 % du SDES portent sur les usages agricoles de 2023, irrigation en tête mais aussi abreuvement et nettoyage des bâtiments, rapportés à un total tombé à 29,4 milliards de m³.
Quel volume d’eau l’irrigation prélève-t-elle en France ?
En 2023, les usages agricoles, essentiellement l’irrigation, ont prélevé 2,8 milliards de m³ en France métropolitaine. Ramenés au total prélevé cette année-là, hors production hydroélectrique, ils représentent 9,8 % des volumes.
L’irrigation consomme-t-elle toute l’eau qu’elle prélève ?
Presque. L’OFB indique que l’eau prélevée pour l’irrigation est, dans sa quasi-totalité, consommée par les plantes ou évaporée, et très peu restituée au milieu. C’est l’inverse du refroidissement des centrales électriques, qui prélève beaucoup mais rend l’essentiel de l’eau au cours d’eau.
La part de l’irrigation dans les prélèvements augmente-t-elle ?
Elle est passée de 7 % en 2013 à 9,8 % en 2023 sans que le volume prélevé bondisse : sur des moyennes pluriannuelles, les prélèvements pour l’irrigation sont quasiment stables entre 2008-2010 et 2020-2023 selon le SDES. C’est la baisse du total prélevé, de 16 % depuis 2008, qui fait monter la part.

Sources

  1. Office français de la biodiversité, Quels prélèvements pour quels usages ?, chiffres clés sur les prélèvements d’eau en France par usage et par ressource, d’après les bulletins 2013 et 2014 de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, données 2013, page consultée le 27 septembre 2026.
  2. SDES, Commissariat général au développement durable, Les prélèvements d’eau douce par usage en France en 2023, volumes prélevés par usage et par ressource, séries depuis 2008, données 2023, publié le 17 juillet 2026, consulté le 27 septembre 2026.
  3. SDES, Commissariat général au développement durable, Prélèvements de ressources naturelles en France, état des connaissances en 2025, usage de l’eau, prélèvements par usage et objectif de sobriété à 2030, édition 2025, publiée le 6 mars 2026, consultée le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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