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Les consommations d’eau par usage en France

Ce que la France retire réellement au milieu, usage par usage, et pourquoi le classement des consommations n’est pas celui des prélèvements.

En bref

Combien d’eau la France consomme-t-elle, et pour quels usages ?

En 2020, la France hexagonale et la Corse ont consommé 4,4 milliards de m³ d’eau, dont 62 % pour l’agriculture, 14 % pour la production d’énergie, 12 % pour l’eau domestique et 9 % pour l’industrie et la construction. Les prélèvements atteignent 30,2 milliards de m³, mais l’eau prélevée n’est pas perdue : l’énergie en prend 47 % et n’en consomme que 14 %.

62 %
de l’eau consommée en France en 2020 va à l’agriculture, irrigation et élevage réunis

Prélever n’est pas consommer. Le prélèvement est le volume retiré d’une rivière, d’une nappe ou d’un plan d’eau ; la consommation est la part de ce volume qui ne retourne pas au milieu, parce qu’elle s’est évaporée, a été incorporée à une culture ou bue par un animal. En 2020, la France hexagonale et la Corse ont prélevé 30,2 milliards de m³ et consommé 4,4 milliards de m³, selon les calculs publiés par France Stratégie en avril 2024 à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau.

4,4 Md m³
consommés en 2020, France hexagonale et Corse
30,2 Md m³
prélevés la même année, tous usages confondus
62 %
de l’eau consommée va à l’agriculture

Le classement des consommations, usage par usage

UsagePart de la consommationFacteur de consommation
Agriculture (irrigation et élevage)62 %80 %
Production d’énergie14 %4 %
Eau domestique12 %16 %
Industrie et construction9 %17 %
Canaux1 %0,3 %
Tertiaire marchand et non marchand1 %12 %
Loisirs (thermes, neige artificielle, golf)1 %32 %

Part de chaque usage dans les 4,4 milliards de m³ consommés en 2020, et facteur de consommation associé. Le facteur de consommation est la part du volume utilisé qui n’est pas restituée au milieu. Celui de l’agriculture est un agrégat pondéré entre irrigation gravitaire ou par aspersion et élevage, la micro-irrigation n’étant pas renseignée dans la base. Source : France Stratégie, note d’analyse n° 136, avril 2024.

Tout tient dans un écart de classement. L’agriculture consomme 62 % de l’eau du pays pour 11 % des prélèvements, quand la production d’énergie en prélève 47 % et n’en consomme que 14 %. Le facteur de consommation dit pourquoi : l’irrigation laisse très peu d’eau repartir vers la rivière, tandis qu’une centrale de refroidissement la rejette presque entièrement, un peu plus chaude. Une centrale nucléaire en circuit ouvert prélève ainsi 233 m³ par mégawattheure et n’en consomme que 1,9, le détail des deux circuits de refroidissement étant donné dans Les ratios d’eau du nucléaire.

L’eau domestique et l’industrie

Les prélèvements d’eau potable destinés aux ménages sont estimés entre 4 et 4,4 milliards de m³ par an entre 2012 et 2020, soit environ 14 % des prélèvements totaux. Pour des raisons de qualité, ils se font majoritairement en eaux souterraines, à 69 %, ce qui les rend moins sensibles aux étés secs que les prises en rivière. Ces volumes couvrent l’eau du réseau d’eau potable, dont environ 20 % alimentent des usagers non domestiques, entreprises et services.

Branche industrielleFacteur de consommationPart d’eau potable
Métallurgie34 %12 %
Fabrication de denrées alimentaires et de boissons27 %23 %
Fabrication de textiles, habillement, cuir et chaussure22 %8 %
Collecte, traitement et élimination des déchets17 %2 %
Industrie chimique, pharmaceutique, caoutchouc et plastique13 %4 %
Industrie du papier et du carton13 %moins de 1 %
Industrie extractive et produits minéraux non métalliques8 %moins de 1 %

Facteur de consommation moyen et part de l’eau du réseau d’eau potable dans les prélèvements des principaux secteurs industriels préleveurs, moyennés sur cinq ans, 2018-2022. Lecture : l’industrie du papier et du carton consomme 13 % de l’eau qu’elle prélève et tire moins de 1 % de son eau du réseau. Source : France Stratégie, note d’analyse n° 136, avril 2024, calculs à partir de la base IREP.

L’irrigation, l’usage qui consomme le plus

  • En 2020, l’aspersion couvre 87 % de la surface irriguée, la micro-irrigation et le goutte-à-goutte 8 %, et l’irrigation de surface par gravité 5 %.
  • Les pertes diffèrent selon la technique : l’aspersion laisse de 20 % à 30 % de l’eau se perdre par dérive et drainage, quand le goutte-à-goutte est considéré comme consommant la quasi-totalité de ce qu’il apporte.
  • En irrigation gravitaire, les travaux conduits dans le sud de la France indiquent que 40 % à 80 % de l’eau retourne à la nappe.

Les retenues artificielles, une consommation non comptée

L’évaporation des retenues et des canaux ne figure pas dans cette répartition : une même retenue sert à plusieurs usages, si bien que cette eau ne peut pas être rattachée à un seul secteur. Le volume, le poids des grandes retenues et celui des canaux sont détaillés dans notre fiche L’évaporation des retenues d’eau et des canaux.

Dans les outre-mer, un profil inversé

Dans les départements et régions d’outre-mer, les prélèvements déclarés atteignent 416 millions de m³ en 2020 et la structure y est inverse : l’eau potable des ménages en prend 61 %, l’irrigation agricole 21 %. Le détail de ce profil, rendements de réseau, surfaces irriguées et conflits d’usage compris, est dans notre fiche Les prélèvements d’eau en outre-mer.

Ce que ça change pour votre jardin

Ces parts situent la pression sur la ressource, pas votre arrosage : les statistiques publiques ne publient aucun poste pour l’arrosage des jardins amateurs. Pour chiffrer votre besoin, le calculateur du besoin en eau d’arrosage établit le déficit climatique mois par mois, département par département.

Source principale : France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, avril 2024, calculs menés à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, de la base IREP et de la synthèse du SDES de 2023. Les parts par usage portent sur 2020, en France hexagonale et en Corse ; le passage sur les outre-mer porte sur les départements et régions d’outre-mer la même année. Ces parts ne se comparent pas directement à celles d’autres publications : le classement des usages et le millésime diffèrent, et le SDES publie de son côté une répartition des volumes consommés sur 2010-2019.

Questions fréquentes

Quelle part de l’eau consommée en France sert à l’agriculture ?
En 2020, l’agriculture, irrigation et élevage réunis, a consommé 62 % de l’eau consommée en France hexagonale et en Corse, avec un facteur de consommation de 80 % des volumes qu’elle utilise. Elle ne représente pourtant que 11 % des prélèvements totaux. Source : France Stratégie, note d’analyse n° 136.
Pourquoi la production d’énergie prélève-t-elle beaucoup d’eau sans la consommer ?
Parce qu’une centrale de refroidissement rejette presque toute l’eau qu’elle prélève, un peu plus chaude. L’énergie pèse 47 % des prélèvements français mais 14 % de l’eau consommée, avec un facteur de consommation de 4 %. Une centrale nucléaire en circuit ouvert prélève 233 m³ par mégawattheure pour 1,9 m³ consommé.
Combien d’eau les ménages consomment-ils en France ?
L’usage domestique représente 12 % de l’eau consommée en 2020 en France hexagonale et en Corse. Les prélèvements d’eau potable destinés aux ménages sont estimés entre 4 et 4,4 milliards de m³ par an entre 2012 et 2020, soit environ 14 % des prélèvements totaux, dont 69 % en eaux souterraines.
Les départements et régions d’outre-mer sont-ils comptés dans ces parts ?
Non, les parts par usage portent sur la France hexagonale et la Corse. Dans les départements et régions d’outre-mer, 416 millions de m³ ont été prélevés en 2020, dont 61 % pour l’eau potable des ménages et 21 % pour l’irrigation agricole. Une fiche du hub est consacrée à ce profil.

Sources

  1. France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, calculs à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (OFB) et de la synthèse SDES 2023, avril 2024.
  2. SDES, L’eau en France : ressource et utilisation, synthèse des connaissances en 2022, ministère de la Transition écologique, données 2010-2019.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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