Les départements et régions d’outre-mer ont prélevé 416 millions de m³ d’eau douce en 2020, selon les calculs que France Stratégie a publiés en avril 2024 dans sa note d’analyse n° 136, à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau. Ce volume ne se lit pas comme celui de l’Hexagone : il porte très peu de refroidissement industriel et beaucoup d’eau distribuée aux habitants.
Une répartition presque inverse de celle de l’Hexagone
| Usage | Part des prélèvements | Part de la consommation |
|---|---|---|
| Eau potable des ménages | 61 % | 23 % |
| Irrigation agricole | 21 % | 64 % |
| Industries, construction et activités tertiaires | 17 % | 12 % |
| Production d’énergie | 1 % | 0,1 % |
Répartition des 416 millions de m³ prélevés et des 230 millions de m³ consommés en 2020 dans les départements et régions d’outre-mer. Les parts de consommation totalisent 99 % du fait des arrondis. Source : France Stratégie, note d’analyse n° 136, avril 2024.
La production d’énergie ne pèse ici que 1 % des prélèvements, quand elle en représente 47 % en France hexagonale et en Corse. L’écart tient au parc électrique : ces territoires produisent majoritairement à partir de centrales thermiques à flamme, qui prélèvent beaucoup moins d’eau que les centrales nucléaires en circuit ouvert.
Des réseaux qui perdent jusqu’à la moitié de leur eau
Le rendement des réseaux d’eau potable y est médiocre : entre 39 % et 50 % du volume mis en distribution se perd en fuites, contre 20 % en moyenne dans l’Hexagone. Les quantités d’eau utilisées par les ménages y sont par ailleurs plus élevées qu’en France hexagonale, un constat que France Stratégie appuie sur un avis du CESE consacré en 2022 à la gestion de l’eau et de l’assainissement dans les outre-mer.
- En matière d’irrigation, 13 % de la surface agricole utile est irriguée, contre 7 % dans l’Hexagone, principalement pour la canne à sucre, la banane et les légumes frais.
- Le goutte-à-goutte, le mode le plus économe, y est particulièrement développé : 41 % des surfaces irriguées, contre 8 % dans l’Hexagone.
- La ressource reste sous tension. France Stratégie cite les conflits d’usage autour de l’eau de la rivière Blanche, en Martinique, pendant les périodes d’étiage, d’après un rapport de la Cour des comptes de juillet 2023.
Ce que ça change pour votre jardin
Ces volumes décrivent la pression sur la ressource à l’échelle des territoires, pas votre arrosage : aucune statistique publique ne publie de poste pour les jardins amateurs. Pour situer le besoin d’une parcelle, le calculateur du besoin en eau d’arrosage établit le déficit climatique mois par mois et département par département ; pour les départements d’outre-mer, il signale lui-même que la maille de la réanalyse météo ne décrit pas le relief local.
- Le détail des prélèvements et des consommations pour la France hexagonale et la Corse est dans notre fiche Les prélèvements d’eau par bassin versant.
- Les parts par usage du pays sont dans Les consommations d’eau par usage en France.
- Pour garder l’eau du toit au lieu de tirer sur le réseau, le calculateur de récupérateur d’eau de pluie simule le remplissage d’une cuve sur douze mois.
Source principale : France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, avril 2024, encadré 3, calculs menés à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau. Les volumes portent sur 2020 et sur les départements et régions d’outre-mer, sans la France hexagonale ni la Corse ; la comparaison avec les 47 % de prélèvements énergétiques de l’Hexagone vient du même document. France Stratégie s’appuie par ailleurs sur un avis du CESE d’octobre 2022 et sur un rapport de la Cour des comptes de juillet 2023 pour les rendements de réseau et les conflits d’usage.