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L’irrigation par gravité, une pratique du sud de la France

Ce que recouvre l’irrigation par gravité, les régions où elle subsiste, ce que trois chiffres disent selon le périmètre retenu, et ce que les sources ne rattachent pas à une culture.

En bref

Où l’irrigation par gravité reste-t-elle pratiquée en France ?

L’irrigation par gravité, qui fait couler l’eau en surface par un réseau de canaux et de rigoles, reste une pratique du sud de la France : Provence-Alpes-Côte d’Azur, ancien Languedoc-Roussillon, Drôme, Pyrénées-Orientales et Corse. Elle couvre 4 % des surfaces irriguées en 2020, et 12 % des modes d’irrigation en zone de montagne contre 4 % hors montagne.

12 %
des modes d’irrigation recensés en zone de montagne en 2020, contre 4 % en zone hors montagne

L’irrigation par gravité, aussi appelée irrigation de surface, fait circuler l’eau sans pression : elle s’écoule par un réseau de canaux et de rigoles, portée par la pente du terrain jusqu’à la parcelle. Le SDES la décrit comme un procédé plus rustique que l’aspersion, davantage employé lorsque le terrain est en pente, et France Stratégie la range parmi les trois grands types d’irrigation, avec l’aspersion et la micro-irrigation.

Une spécificité du sud de la France

France Stratégie rattache l’irrigation de surface à cinq territoires : la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Languedoc, la Drôme, les Pyrénées-Orientales et la Corse. Le recensement agricole de 2020 la voit « largement présente » en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans l’ancien Languedoc-Roussillon, deux territoires où des réseaux collectifs de canaux ont été installés avant la généralisation de l’aspersion. Le SDES y ajoute les anciens périmètres de montagne et de piémont des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Pyrénées-Orientales.

64 763 ha
de surfaces irriguées par gravité en 2020
2 961
exploitations irriguant exclusivement par ce mode
29,7 ha
de surface irriguée par exploitation en gravité, contre 56,5 ha en aspersion

Trois chiffres, trois périmètres

La part de la gravité change avec le périmètre mesuré, et les publications ne retiennent pas le même. Le recensement agricole compare les surfaces réellement arrosées : 64 763 hectares sur 1,8 million, soit 4 %. France Stratégie rapporte le mode aux surfaces irrigables, celles qui sont équipées d’un moyen d’irrigation : 5 % en 2020. Le SDES mesure enfin la place du mode dans les équipements et sépare la montagne du reste du territoire.

Ce que le chiffre mesurePart de la gravité en 2020Source
Surfaces irriguées4 %Recensement agricole 2020
Exploitations irrigantes4 %Recensement agricole 2020
Surfaces irrigables5 %France Stratégie
Modes d’irrigation en zone de montagne12 %SDES
Modes d’irrigation hors zone de montagne4 %SDES

Part de l’irrigation par gravité selon le périmètre retenu, France métropolitaine, 2020. Les trois publications ne mesurent pas la même chose : le recensement agricole compte les surfaces arrosées et les exploitations, France Stratégie les surfaces équipées d’un moyen d’irrigation, le SDES la répartition des modes d’irrigation entre montagne et hors montagne. Les 4 % du recensement portent sur la gravité employée exclusivement, les exploitations qui combinent plusieurs modes étant classées à part.

Ce mode ne recule pas. Les surfaces irrigables par gravité passent de 90 500 hectares en 2010 à 129 000 hectares en 2020, soit une hausse de 42 % en dix ans, d’après le SDES. L’eau y est rarement perdue pour tout le monde : les travaux conduits sur des systèmes gravitaires du sud de la France montrent qu’entre 40 % et 80 % du volume apporté rejoint la nappe, ce qui conduit France Stratégie à voir dans cette faible efficacité une façon de réalimenter les milieux naturels là où le mode subsiste.

Ce que les sources ne disent pas

Les documents consultés décrivent la gravité par un relief et par des régions, jamais par une culture. La seule liste de cultures qu’un de ces documents associe à un mode d’irrigation, vergers, vignes, cultures maraîchères et florales et cultures sous serres, décrit la micro-irrigation. Le recensement agricole enregistre bien l’aspersion, la micro-irrigation et la gravité comme variables, mais les tableaux publiés dans ces documents croisent le mode avec la région, pas avec la culture.

Ce que ça change pour votre jardin

L’irrigation par gravité reste un mode agricole, porté par des réseaux de canaux et des parcelles en pente, et elle ne décide pas de votre arrosage. Pour votre jardin, le point de départ est le déficit de pluie de votre département, que le calculateur du besoin en eau d’arrosage chiffre mois par mois. Notre fiche L’eau d’arrosage des jardins situe le poids de cet arrosage dans la consommation d’un foyer, et Les consommations d’eau par usage replace l’irrigation agricole dans l’ensemble des usages.

Sources : France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, avril 2024, encadré 2. SDES, L’irrigation des surfaces agricoles : évolution entre 2010 et 2020, Datalab Essentiel de février 2024. Sciences Eaux & Territoires, Vers une augmentation structurelle de l’irrigation ?, n° 45, 2024, tableau 3, recensement agricole de 2020.

Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on irrigation par gravité ?
Un mode d’irrigation de surface : l’eau s’écoule par un réseau de canaux et de rigoles, portée par la pente du terrain, sans canalisation sous pression. Le SDES la décrit comme un procédé plus rustique que l’aspersion, et France Stratégie la classe comme une spécificité du sud de la France.
Où l’irrigation par gravité est-elle encore pratiquée en France ?
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans l’ancien Languedoc-Roussillon, dans la Drôme, les Pyrénées-Orientales et en Corse, d’après France Stratégie. Le SDES ajoute les anciens périmètres de montagne et de piémont des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Pyrénées-Orientales.
Quelles cultures sont irriguées par gravité ?
Les documents consultés ne rattachent pas ce mode à une culture précise : ils le rattachent à un relief, le terrain en pente, et à des régions. La seule liste de cultures qu’ils nomment, vergers, vignes, cultures maraîchères et florales et cultures sous serres, décrit la micro-irrigation.
L’irrigation par gravité progresse-t-elle en France ?
Oui, ses surfaces irrigables passent de 90 500 hectares en 2010 à 129 000 hectares en 2020, soit 42 % de plus en dix ans, d’après le SDES. Le recensement agricole compte 2 961 exploitations irriguant exclusivement par ce mode en 2020, sur 64 763 hectares arrosés.
Quelle part de l’eau apportée par gravité rejoint le milieu ?
Entre 40 % et 80 % du volume apporté selon les travaux conduits sur des systèmes gravitaires du sud de la France, cités par France Stratégie. Cette faible efficacité explique que le mode participe à réalimenter les milieux naturels là où il subsiste.

Sources

  1. France Stratégie, Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et quels usages ?, note d’analyse n° 136, calculs à partir de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (OFB) et de la synthèse SDES 2023, avril 2024.
  2. SDES, Commissariat général au développement durable, L’irrigation des surfaces agricoles : évolution entre 2010 et 2020, Datalab Essentiel, chiffres des recensements agricoles 2010 et 2020, des agences de l’eau et de la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, publié le 15 février 2024, consulté le 27 septembre 2026.
  3. Sciences Eaux & Territoires, revue d’INRAE, Vers une augmentation structurelle de l’irrigation ? Enseignements du recensement agricole de 2020, numéro 45, article 8246, tableau 3, publié le 24 septembre 2024, consulté le 27 septembre 2026.

Fiche publiée le 27 septembre 2026, mise à jour le 27 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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