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Tri des déchets alimentaires : les personnes sans activité professionnelle pèsent 25,1 % de celles qui ne trient pas

Ce que l’enquête ADEME 2024 dit vraiment des catégories socioprofessionnelles, et pourquoi elle ne permet pas de classer les trieurs par profession.

En bref

Quelle catégorie socioprofessionnelle trie le moins ses déchets alimentaires ?

L’enquête de l’ADEME ne publie aucun taux de tri par catégorie socioprofessionnelle. Elle montre en revanche que, parmi les 12,7 % de répondants qui ne pratiquent aucun geste de tri de leurs déchets alimentaires, les personnes sans activité professionnelle sont surreprésentées : elles forment 25,1 % de ce groupe, contre 16,6 % de l’échantillon.

12,7 %
des répondants ne pratiquent aucun geste de tri de leurs déchets alimentaires
25,1 %
des personnes concernées sont sans activité professionnelle
16,6 %
poids de cette catégorie dans l’échantillon interrogé

Ces chiffres viennent de l’enquête nationale 2024 de l’ADEME sur le tri à la source des biodéchets, réalisée en ligne par l’institut Qualitest en janvier 2024 sur 1 023 répondants représentatifs de la population française majeure, avec une marge d’erreur annoncée inférieure à 3,10 %. L’activité professionnelle compte parmi les variables de quota et de redressement, comme le sexe, l’âge, la région ou la taille de l’agglomération. La répartition retenue va de 0,8 % d’agriculteurs exploitants à 27,1 % de retraités, la catégorie « autre, sans activité professionnelle » pesant 16,6 % du panel.

Ce que l’enquête croise, et ce qu’elle ne croise pas

La pratique du tri des déchets alimentaires est croisée avec l’âge, le logement, la région, ainsi qu’avec la taille de la commune. Elle ne l’est jamais avec l’activité professionnelle : aucun taux de tri par catégorie socioprofessionnelle n’est publié, et personne ne peut dire, à la lecture de ce document, que les cadres trient plus que les ouvriers. La catégorie apparaît ailleurs, dans trois tableaux de profils, où l’enquête ne liste que les modalités significativement surreprésentées dans un sous-groupe donné. Ces pourcentages décrivent la composition d’un groupe de répondants, pas un taux de pratique : les deux se lisent différemment.

Le portrait du groupe qui ne pratique aucun geste de tri

CaractéristiqueModalité surreprésentéePart de ce groupe
Activité professionnelleAutre, sans activité professionnelle25,1 %
LogementAppartement59,1 %
JardinAucun jardin63 %
Taille de communeAgglomération de plus de 100 000 habitants40,6 %
DiplômeAucun diplôme10,7 %
Connaissance des solutionsN’en connaît aucune20,2 %

Groupe étudié : les 12,7 % de répondants qui déclarent ne pratiquer aucun geste de tri de leurs déchets alimentaires, soit 88 personnes. Chaque pourcentage est la part de ce groupe qui présente la caractéristique, et non une part de la population française. Source : enquête ADEME, enquête 2024.

Deux lignes de ce tableau se comparent à la population, parce que l’annexe de l’enquête donne la composition du panel. Les personnes sans activité professionnelle forment 25,1 % du groupe qui ne trie pas, contre 16,6 % de l’échantillon : elles y sont donc environ une fois et demie plus présentes. Les personnes vivant dans une commune de plus de 100 000 habitants suivent le même mouvement, 40,6 % du groupe contre 30,9 % du panel. Sur les autres lignes, l’enquête ne publie pas la composition de référence, et la comparaison n’est pas possible.

Deux autres tableaux où la catégorie apparaît

Groupe de répondantsCatégorie socioprofessionnelle surreprésentée
Pratique inchangée sur les douze derniers mois (37,4 %)Autre, sans activité professionnelle (22,4 %)
Ne jetaient pas leurs déchets alimentaires avant et ne le font toujours pas (19,6 %)Retraités (36,5 %) ; agriculteurs exploitants (4 %)
Incités par une prise de conscience écologique (48,3 %)Cadres, professions intellectuelles supérieures (13,4 %)
Incités par les informations des médias (11,3 %)Artisans, commerçants ou chefs d’entreprise (10 %)

La part entre parenthèses dans la première colonne est le poids du groupe dans l’ensemble des répondants ; celles de la seconde colonne sont la part du groupe concernée par la catégorie. Les questionnaires portaient sur l’évolution de la pratique, puis sur les incitations à mieux trier. Source : enquête ADEME, enquête 2024.

Ces surreprésentations ne classent pas les professions par volume de tri. Elles disent, par exemple, que les cadres et professions intellectuelles supérieures pèsent 13,4 % des trieurs qui citent une prise de conscience écologique, pour 9,9 % du panel, et que les retraités forment 36,5 % du groupe qui triait déjà et continue, pour 27,1 % du panel. L’enquête souligne de son côté que l’écologie est un moteur plus présent chez les catégories les plus diplômées, sans en tirer de taux. Pour agir, la même enquête montre que l’accès à un extérieur compte plus que la profession : notre fiche sur le tri selon le type de logement donne 69,8 % de trieurs en maison contre 41,0 % en appartement, et nos composteurs de jardin couvrent les modèles qui tiennent dans un jardin comme sur un balcon.

Questions fréquentes

L’enquête ADEME mesure-t-elle le tri par catégorie socioprofessionnelle ?
Non. Le document croise la pratique du tri des déchets alimentaires avec l’âge, la région, la taille de l’agglomération et le type de logement, jamais avec l’activité professionnelle. La catégorie socioprofessionnelle sert de variable de quota et de redressement, et elle réapparaît dans trois tableaux qui listent les profils surreprésentés d’un sous-groupe, pas des taux de pratique.
Quelle part des personnes sans activité professionnelle ne trie pas ses déchets ?
Cette part n’est pas publiée, et il faut se garder de la déduire. Ce que l’enquête établit, c’est la composition du groupe des non-trieurs : les personnes sans activité professionnelle représentent 25,1 % des 12,7 % de répondants qui ne pratiquent aucun geste de tri, alors que cette catégorie pèse 16,6 % de l’échantillon.
Que veut dire « surreprésenté » dans les tableaux de l’enquête ?
Cela veut dire qu’une modalité pèse plus lourd dans un sous-groupe que dans l’ensemble du panel, de façon statistiquement significative. Les tableaux ne montrent que ces écarts, et ils affichent la part de la modalité dans le groupe concerné, pas la part du groupe dans la population.
Les retraités trient-ils leurs déchets alimentaires plus régulièrement ?
L’enquête les montre surreprésentés parmi les répondants qui ne jetaient pas leurs déchets alimentaires avec les ordures ménagères avant et qui ne le font toujours pas : 36,5 % de ce groupe de 135 personnes, contre 27,1 % du panel. La même analyse relève 33,9 % de personnes de 65 ans et plus dans ce groupe.

Sources

  1. ADEME, Enquête nationale sur le tri à la source des biodéchets, sondage 2024 des pratiques grand public, ADEME et Qualitest, 61 pages, enquête 2024, édition avril 2025.

Fiche publiée le 28 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. Une incohérence, une source plus récente ? Écrivez-nous à contact@jarditips.fr en citant la fiche et le chiffre. Notre façon de choisir et de dater une source est décrite sur la page Sources et méthode.

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