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Cordon conducteur qui perd sa conductivité au bout d'une saison

9 min de lecture


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Une clôture électrique qui perd de la puissance sans tomber en panne laisse peu d'indices. Le boîtier pulse toujours, l'afficheur reste rassurant, et la ligne mord pourtant moins loin qu'au premier jour. Quand le parc est tenu par un cordon tressé, le coupable se trouve souvent dans le cordon lui-même, et il ne s'agit pas d'une usure répartie : un cordon vieillit par morceaux.

Rien ne s'évapore dans un conducteur. Ce qui baisse, c'est la quantité de métal offerte au passage du courant, et cette quantité se réduit de deux façons dans la même saison. La tresse qui protège les fils se dégrade au soleil, puis l'eau entre par les ouvertures qu'elle laisse et attaque l'acier. Ces deux mécanismes se lisent sur le cordon avant de se lire au voltmètre.

En bref.

  • Un cordon ne perd pas sa conductivité d'un bloc : il perd des filaments d'acier, et sa résistance monte.
  • C'est la tresse de plastique, et non le métal, qui décide de la durée de vie du cordon.
  • Sous une enveloppe ouverte, le temps passé mouillé pèse plus que la quantité de pluie tombée.
  • Une mesure comparative, portion neuve contre portion en place, désigne ce qui a vieilli : le cordon ou ses extrémités.
  • Une tresse souple se répare tronçon par tronçon ; une tresse qui craque au pliage se remplace.

Le cordon ne se vide pas, il s'oxyde

Un cordon tressé mêle deux familles de fils qui ne jouent pas le même rôle. Les uns, en plastique, donnent la souplesse et la couleur. Les autres, métalliques, conduisent le courant. Eux seuls comptent pour la clôture, et ils sont minoritaires dans le tressage.

La résistance d'un conducteur dépend de la section de métal qu'il présente au passage. Un cordon qui a perdu une partie de ses fils ne cesse donc pas de conduire : il conduit moins, sur le même parcours. La perte se paie au bout de la ligne, là où la tension est déjà la plus basse, et se confond facilement avec un boîtier fatigué. C'est ce qui rend le diagnostic si souvent faux.

Tous les cordons ne partent pas non plus à armes égales. D'un modèle à l'autre, le nombre de fils métalliques va de trois à neuf, et rien ne les compte à l'oeil nu. Deux cordons de même diamètre peuvent transporter des quantités de métal très différentes, puis vieillir à des vitesses qui n'ont rien de comparable.

La même source compare les rubans plats aux cordons tressés et conclut que le ruban s'use plus vite. L'enveloppe explique cet écart mieux que la longueur ou le prix. C'est elle qui décide combien de temps le métal reste protégé, ce qui désigne le premier coupable : la lumière. Le cordon n'est qu'une pièce de la clôture, et les accessoires d'une clôture électrique pèsent aussi sur ce que l'animal reçoit, depuis la prise de terre jusqu'aux isolateurs.

La tresse prend le soleil avant les fils

Le plastique d'une tresse n'est pas inerte, et le polyéthylène qui la compose garde la trace de chaque été. Exposé au rayonnement ultraviolet, il subit une rupture de ses chaînes de polymère, libère des radicaux libres et voit sa masse moléculaire chuter. Ses propriétés mécaniques s'en trouvent dégradées, parfois après un délai difficile à prévoir. Un cordon peut donc traverser un été entier sans donner le moindre signe, puis fatiguer très vite l'année suivante.

Ces signes sont visibles, à condition de savoir où regarder. La tresse blanchit d'abord, puis se couvre d'une pellicule farineuse : le liant remonte en surface, et il ne part pas au nettoyage. Elle durcit ensuite, devient rêche au toucher et se craquèle lorsqu'on la plie. Un cordon qui craque au pliage a perdu l'élasticité qui lui permettait de passer sur un piquet sans dommage.

Le soleil frappe en priorité ce qui reste dehors, et sur une bobine au repos, ce sont les tours extérieurs, exactement ceux que l'on déroule en premier. Une bobine posée contre un mur d'avril à octobre sacrifie donc les mètres que vous utiliserez le plus. Le contrôle tient en un geste : prendre la bobine en main et comparer la couleur du tressage entre le tour extérieur et le tour du centre.

Sous la tresse ouverte, l'acier rouille

Une tresse craquelée ne coupe pas le courant, elle ouvre une porte. L'eau s'installe dans les fissures, s'insinue entre les filaments et y reste. La recherche sur la corrosion atmosphérique insiste sur ce point : la pluie pèse sur la corrosion par le temps d'humidité qu'elle entretient. Deux cordons qui reçoivent la même averse vieillissent donc différemment, selon l'endroit où ils passent la semaine.

Un cordon couché dans l'herbe haute reste mouillé des heures après l'averse, et profite en plus de l'humidité du sol. Le même cordon suspendu à un piquet sèche au premier souffle de vent. L'écart entre ces deux situations se cumule sur toute une saison, et il se paie en rouille.

Les fils métalliques d'un cordon sont fins, donc peu épais : ils sont la première victime, parce qu'il suffit de peu de métal perdu pour amputer nettement la section. La rouille progresse ensuite sous la tresse, qui garde son diamètre et son apparence. Rien ne se voit depuis le portail : le cordon conduit simplement de moins en moins bien. Une inspection à l'oeil, même attentive, ne remplace donc jamais une mesure.

Comparer deux tronçons avant d'accuser le boîtier

Avant de condamner la bobine, il faut isoler ce qui vieillit. Le protocole tient en deux relevés, faits le même jour et sur le même parc. Débranchez le cordon à ses deux extrémités et relevez la tension à l'entrée de l'ouverture puis de l'autre côté. Remplacez ensuite le tronçon par une portion neuve de la même bobine, de longueur égale, et refaites les deux mesures.

Trois cas se présentent. Si la tension remonte franchement avec la portion neuve, la saison a bien pris quelque chose à l'ancienne : c'est la tresse et son métal qui sont en cause. Si les deux relevés restent identiques, le cordon est hors de cause, et la perte se cherche du côté du boîtier et de la prise de terre avant de revenir vers la ligne. Si l'écart se creuse surtout entre l'entrée et la sortie du même tronçon, alors que la portion neuve ne change rien, le défaut siège dans les extrémités et non dans le milieu.

Ce classement évite une erreur coûteuse : remplacer une bobine entière pour une perte qui se jouait sur dix centimètres. Il met aussi en garde contre l'ohmmètre employé seul. La résistance d'un cordon se compte en ohms par unité de longueur. Un chiffre lu sur cinq cents mètres ne dit donc rien sans terme de comparaison, et le seul qui vaille est un cordon neuf de la même référence, mesuré dans les mêmes conditions.

Quand la clôture ne mord plus du tout, la recherche commence par le boîtier et par la prise de terre, jamais par le cordon, qui n'est qu'un tronçon de la ligne parmi d'autres. Un électrificateur 12 V se juge bornes débranchées, le sol se juge à l'humidité qu'il garde, et le cordon arrive en dernier dans l'ordre des soupçons.

Ce qui se répare et ce qui se remplace

Tous les vieillissements ne se traitent pas de la même manière. Une tresse blanchie et durcie sur toute sa longueur ne se rattrape pas : le cordon continuera de perdre du métal là où l'enveloppe ne joue plus son rôle, et sa résistance grimpera saison après saison. Le remplacer coûte moins cher qu'une ligne qui faiblit sans prévenir.

À l'inverse, un cordon dont la tresse reste souple et colorée, mais qui conduit mal, cache souvent une perte localisée, à une extrémité ou sur un point de frottement. Coupez en amont de la zone abîmée, refaites l'extrémité, et le tronçon repart pour une saison. Ces réparations raccourcissent le cordon de quelques dizaines de centimètres à chaque fois, et c'est ainsi qu'une bobine de cinq cents mètres se vide sur plusieurs années. Sur une ouverture que vous franchissez à pied ou en voiture tous les jours, le montage travaille plus que la ligne, et le cordon d'une ouverture ne se choisit pas comme celui d'un parc fixe.

Un point d'honnêteté sur ce cordon en particulier. Dans les avis que nous avons lus avant de le retenir, deux acheteurs relèvent sa finesse, et l'un d'eux dit l'avoir imaginé plus gros en ouvrant la bobine. Sa finesse ne l'empêche pas de tenir une ouverture courte, l'emploi auquel il est destiné, mais elle pèse sur la durée : des fils fins montent en résistance plus vite là où ils frottent. Si votre cordon se décroche et se raccroche sans arrêt contre le même piquet, contrôlez ce passage plus souvent qu'ailleurs.

Sortir la bobine du soleil

La saison prochaine se prépare au moment où l'on range celle qui s'achève. Trois habitudes suffisent à retarder tout ce qui précède.

Rangez la bobine à l'abri et debout, posée sur ses flasques, plutôt que couchée contre un mur en plein soleil. Les tours extérieurs prennent déjà la lumière quand le cordon travaille : inutile de leur offrir en plus tout l'été.

Entre deux utilisations, suspendez le cordon à un piquet ou à un clou au lieu de le laisser courir dans l'herbe. Le temps d'humidité est le moteur de la corrosion, et un cordon qui sèche au vent dure plus longtemps qu'un cordon qui sèche au sol.

Ne pliez jamais un cordon sur lui-même pour le ranger. Un pli serré casse des filaments métalliques à l'endroit exact du pli, et le dégât ne se voit qu'au moment où la conductivité baisse. Enroulez sur la bobine, même sans soin, quitte à laisser pendre le dernier mètre. Sur un parc que vous déplacez, le montage d'un parc mobile laisse justement le brin au dévidoir entre deux poses, ce qui lui épargne les plis du rangement en vrac.

Reste le cas de l'ouverture qui sert tous les jours : un cordon décroché et remis en place du matin au soir travaille plus que le reste de la ligne réunie. C'est là qu'il faut regarder en premier, et c'est là qu'un morceau neuf remis de temps en temps fait gagner des années au reste de la bobine.

Ce qu'il faut retenir

Un cordon de clôture s'use en perdant du métal sous une enveloppe qui, elle, ne conduit rien. Tout se joue donc dans cette enveloppe, que le soleil attaque en premier. Sous une tresse fissurée, l'humidité qui s'installe fait le reste.

Un relevé comparatif, portion neuve contre portion en place, tranche la question en quelques minutes et évite de remplacer un cordon qui n'a rien. Tant que la tresse reste souple, raccourcir le tronçon suffit presque toujours. Quand elle craque au pliage, aucune réparation ne rendra au cordon le métal qu'il a perdu.

Questions frequentes

Un cordon peut-il perdre sa conductivité sans être coupé ?

Oui. Le métal d'un cordon tressé s'amincit par endroits sous l'effet de la corrosion, et la partie qui transporte le courant rétrécit sans que rien ne rompe. Le symptôme est une tension plus basse au fond du passage, alors que le boîtier débite normalement. Un cordon qui conduit mal n'est donc pas forcément un cordon coupé.

Le soleil peut-il vraiment abîmer un cordon de clôture ?

Oui, et c'est même son principal facteur de vieillissement. Le rayonnement ultraviolet casse les longues molécules du plastique, ce qui durcit la tresse et la fait craquer au pliage. Une bobine laissée dehors d'avril à octobre arrive à l'hiver avec des tours extérieurs cassants, quand les tours du centre, restés à l'ombre les uns des autres, sont encore souples.

Comment savoir si la perte vient du cordon ou du reste de la ligne ?

En comparant, dans les mêmes conditions, le tronçon en place et un morceau neuf de la même bobine. Si la tension remonte avec le morceau neuf, le cordon a vieilli ; si rien ne bouge, cherchez ailleurs. Le relevé se fait cordon débranché à ses deux extrémités, sans quoi la mesure mélange le cordon et le reste du montage.

Faut-il jeter un cordon dont la tresse a blanchi ?

Pas systématiquement. Un blanchiment léger, qui laisse la tresse souple, accompagne un cordon encore bon pour plusieurs saisons. Ce qui le condamne, c'est une enveloppe dure qui craque quand on la plie : à ce stade, le métal n'est plus protégé et les réparations s'enchaînent. Un contrôle à la main, sur un mètre déroulé, suffit à trancher.

Sources