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Trois éléments filtrants posés sur un établi : pile de disques rainurés, cartouche plissée et tamis inox côte à côte
Les trois principes réunis : une grille qui arrête en surface, des plis qui stockent, des gorges qui coincent.

Préfiltre à tamis, filtre à cartouche, filtre à disque : ce qui retient quoi sur un réseau d'arrosage

9 min de lecture


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Trois familles de filtres se partagent le travail sur une conduite d'arrosage, et la finesse de leur grille n'est pas ce qui les sépare. Un tamis arrête la saleté sur une surface plane, une cartouche plissée la stocke dans un volume, un disque la coince dans des gorges. Voici ce que chacun retient, ce qu'il laisse filer, et ce que le dépôt fait ensuite.

Une ouverture, une surface, un volume

Toutes ces pièces se choisissent sur une taille de particule. La documentation de Floride consacrée au colmatage des goutteurs décrit même le filtre à disque par la maille de tamis équivalente, tant le repère est commun aux trois familles. Mais une ouverture annoncée ne dit ni où la saleté se dépose, ni la place qu'elle trouve pour s'accumuler, ni ce que la pièce devient une fois chargée. Trois mécanismes différents se cachent derrière le mot filtre, et c'est ce que la maille seule ne montre pas.

Le tamis travaille en surface : tout ce qui ne passe pas reste sur la grille. La cartouche plissée travaille aussi en surface, mais ses plis multiplient la surface disponible et créent, entre eux, du volume. Le disque, lui, travaille dans l'épaisseur de ses gorges. Devant une même eau, les trois ne se comportent donc pas de la même façon.

Le tamis : tout s'arrête sur la grille

Un tamis est la pièce la plus simple des trois : une grille tendue dans un corps, traversée par l'eau. La documentation de Virginie le donne comme le filtre à poser quand le danger principal est physique, solides en suspension compris, et comme bien adapté aux eaux souterraines.

Sa faiblesse tient justement à sa surface, parce qu'elle est plane. Le document de Floride sur le colmatage des goutteurs est net : un tamis ne retire qu'une petite quantité de sable et de matière organique avant de se boucher et de faire chuter le débit. Il n'y a aucune réserve, et tout ce qui est arrêté s'empile sur la grille, ce qui réduit d'autant le passage offert à l'eau.

Un essai mené au MIT sur un montage goutte-à-goutte va plus loin. Les auteurs ont mesuré la perte de charge au fur et à mesure que les particules s'accumulaient. La cause principale de la baisse de débit n'était pas l'élément filtrant lui-même, mais les particules qu'il avait retenues et qui finissaient par barrer le passage. Sur un tamis, autrement dit, c'est le dépôt qui filtre, et il filtre de plus en plus serré jusqu'à étouffer le débit.

Le préfiltre à tamis amovible du rayon appartient à cette famille, avec un bocal transparent et un tamis inox qui se dévisse à la main. La transparence sert à cela : voir le dépôt et le sortir avant que le débit ne baisse. C'est le seul entretien que ce mécanisme demande, et sur une eau chargée il revient souvent.

La cartouche : de la surface pliée dans un petit volume

Une cartouche rassemble le média filtrant dans un cylindre qu'on extrait du boîtier. Quand ce média est plissé, deux effets se ajoutent, et l'essai du MIT les a mesurés tous les deux. D'abord, la surface dépliée des plis abaisse la perte de charge, parce que l'eau trouve plus d'ouvertures pour passer. Ensuite, l'espace libre entre les plis offre aux particules un endroit où se déposer à l'écart des parois, au lieu de venir les colmater.

L'écart se lit dans les chiffres. Autour d'un élément cylindrique enroulé, 500 grammes de sable ont suffi à faire monter le dépôt presque jusqu'au haut du boîtier, ce qui condamnait la surface utile. Avec la cartouche plissée, il a fallu 2 500 grammes pour remplir le même volume. La perte de charge du modèle plissé n'a commencé à rejoindre celle de l'élément enroulé qu'après 1 500 grammes de sable. Dans un même boîtier, le plissé prend donc beaucoup plus de dépôt avant de freiner l'eau.

Le détail le plus utile est ailleurs. Dans ces essais, l'eau a été coupée à plusieurs reprises, comme un arrosage qu'on arrête le soir. À chaque arrêt, le dépôt collé aux plis s'est détaché et est descendu au fond du boîtier. À la remise en route, la perte de charge était plus basse qu'avant la coupure, alors qu'elle n'avait fait que monter pendant la marche continue. Couper l'eau ne remplace pas un nettoyage, mais cela explique pourquoi un filtre paraît plus libre après une nuit d'arrêt.

Cartouche plissée sortie de son boîtier, posée sur un linge clair à côté d'une pile de disques rainurés en plastique
Les plis de la cartouche offrent de la surface et du volume, là où les disques empilent des gorges.

Le disque : des gorges qui gardent ce que la grille laisse filer

Un filtre à disque empile des rondelles rainurées. La documentation de Floride le décrit comme une pile de rondelles qui offrent une surface de filtration à l'eau qui les traverse. Elle ajoute que, pour une même taille de boîtier, un disque présente plus de surface filtrante qu'un tamis. Sa finesse se décrit donc par la maille du tamis équivalent, comme on l'a vu plus haut.

Le document de Virginie complète le mécanisme : le disque est un hybride du tamis et du filtre à média. Ce sont les gorges microscopiques entre les rondelles qui attrapent et gardent la matière. Au rinçage à contre-courant, les disques s'écartent et se nettoient. Cette retenue dans l'épaisseur explique que le disque serve à retenir la matière physique comme la matière biologique, ce qui n'est pas le rôle d'un tamis.

Les écarts mesurés sont nets. Sur un effluent de pisciculture, une étude publiée dans Environmental Science and Pollution Research a comparé trois filtres alimentés par la même eau, chargée en matière organique. Le disque a retenu 28,88 grammes par minute et par mètre carré, contre 9,11 grammes pour un tamis classique et 7,72 grammes pour un tamis automatique. Le volume d'eau filtrée avant rinçage est encore plus parlant. Il est passé de 80,9 à 104,4 mètres cubes par mètre carré quand la pression de service montait. Le tamis classique, lui, plafonnait entre 14,1 et 16,4 mètres cubes par mètre carré. Le disque accumule donc beaucoup plus avant de réclamer un rinçage, et il profite d'une pression de service plus élevée, ce qui n'est pas le cas d'un tamis.

Le tableau : ce que chacune retient, et ce qu'elle laisse filer

Les lignes ci-dessous résument les trois mécanismes. La dernière ligne signale un chiffre mesuré sur une eau chargée, et ce que les essais publiés ne couvrent pas.

CritèreTamisCartouche plisséeDisque
Où la saleté s'arrêteSur la grille, en surfaceSur les plis, avec du volume entre euxDans les gorges, entre les rondelles
Ce que la pièce retientSable et solides en suspensionSable, matière organique et particules finesMatière physique et matière biologique
Ce qui la limiteAucune réserve : le débit baisse dès qu'une petite quantité s'est déposéeLa maille du média et le volume du boîtierLe sable qui se loge entre les disques au rinçage
RinçageManuel : le tamis se sort et se rince à l'eau claireÉlément extrait, nettoyé ou remplacéÀ contre-courant, jusqu'à 3,4 bars
Repère mesuré sur une eau chargée9,11 g par minute et par m², pour un tamis classiqueNon mesuré dans cette étude28,88 g par minute et par m²

Le filetage, la maille et les accessoires fournis ne se lisent pas dans ce tableau : ils se vérifient sur chacun des filtres d'arrosage du rayon.

Ce que votre eau décide à votre place

Le choix entre ces trois pièces se joue moins sur la finesse que sur ce que votre eau transporte. La documentation de Floride distingue deux cas : sur une eau de surface, elle prévoit un filtre à média suivi d'un tamis, tandis qu'une eau de puits se contente souvent d'un tamis ou d'un disque. Le document de Virginie ajoute que l'eau de surface réclame des dispositifs plus élaborés, média ou disque, là où l'eau souterraine reste dans le domaine du tamis.

Reste le sable, qui est le point faible du disque. La documentation de Virginie prévient qu'au rinçage, quand les rondelles s'écartent, le sable peut se loger entre elles : la maille effective du filtre baisse, et la filtration devient moins bonne. Deux réponses sont proposées. Si le sable est le problème principal, on peut écarter le disque au profit d'un filtre à média. Sinon, on garde le disque et on pose un séparateur centrifuge en amont, avant toute filtration. Ce séparateur retire 70 à 95 % des particules lourdes dont le diamètre dépasse 0,003 pouce, soit environ 76 microns. Le sable et la rouille ne viennent pas toujours du même endroit, et une eau peut porter l'un sans l'autre.

Un dernier repère ramène à l'entretien. Dans l'étude sur effluent de pisciculture, le temps de service avant rinçage est resté sous la demi-heure pour les filtres testés, y compris le disque, celui qui retenait le plus. Aucune des trois familles ne transforme une eau très chargée en eau tranquille : elle déplace le problème vers le rinçage, et le choix se joue sur la fréquence d'entretien que vous acceptez. Le comparatif des trois filtres du rayon reprend cette cadence fiche par fiche.

Aucune de ces trois pièces ne se choisit sur un chiffre d'ouverture. Ce qui les sépare, c'est l'endroit où la saleté s'arrête, la réserve dont elle dispose à cet endroit, et la façon dont on l'en sort.

La livraison demande 7 à 15 jours ouvrés, et vous disposez de 30 jours pour renvoyer une pièce qui ne convient pas. Le repère à relever avant de commander reste le filetage de la sortie à équiper, mâle ou femelle : un adaptateur oublié coûte un second envoi.

Tamis inox sorti de son corps en plastique noir, posé à plat sur un plan de travail clair près d'un bocal transparent
Un tamis se sort et se rince à l'eau claire : c'est le seul entretien de cette famille de filtres.

Questions frequentes

Une cartouche plissée filtre-t-elle plus fin qu'un tamis ?

Pas par nature. Les plis achètent de la surface et du volume de stockage, pas de la finesse : la taille des particules retenues dépend toujours du média employé, et un filtre à disque se décrit d'ailleurs par la maille de tamis équivalente. Une cartouche retient plus qu'un tamis large uniquement parce que son média est plus serré, pas parce qu'il est plissé.

Un filtre à disque peut-il se poser sur une installation sans pression ?

Pour son rinçage à contre-courant, il demande de la pression : la documentation de Virginie cite des valeurs allant jusqu'à 3,4 bars. Sur une alimentation par gravité, sans pompe ni surpresseur, cette pression n'est pas disponible, et le disque se démonte pour un nettoyage à la main. Un tamis ne connaît pas cette contrainte : il se rince à l'eau claire.

Faut-il filtrer différemment l'eau d'un puits peu profond et celle d'un puits profond ?

La profondeur change la nature du risque. La documentation de Floride note que les puits de moins de 30 mètres donnent surtout des problèmes liés aux bactéries, tandis que la précipitation chimique est plus fréquente dans les puits profonds. La même source rappelle qu'une eau souterraine arrive souvent chargée de minéraux en solution, qui précipitent plus loin et forment du tartre, le carbonate de calcium en tête. Le filtre se choisit donc sur l'origine de l'eau avant de se choisir sur sa maille.

Sur quel repère décider qu'un filtre doit être nettoyé ?

Sur la perte de charge, plutôt que sur une date. La documentation de Virginie donne un seuil pour les tamis : on les nettoie quand la perte de charge a augmenté de 3 à 5 psi, soit environ 0,2 à 0,35 bar. Une cadence fixe annoncée par une notice décrit la vitesse à laquelle une pièce est censée se charger, pas la façon dont votre eau la charge.

Sources