Trois filtres d'arrosage se partagent le rayon, et ils ne se comparent pas sur la finesse de leur tamis. L'un s'emmanche au bout d'un tuyau souple, le deuxième se visse sur une sortie de cuve en 1/2 pouce, le troisième se monte en 3/4 de pouce dans la ligne. Ce comparatif prend les trois pièces une par une, puis regarde ce qu'elles ont en commun : un tamis de surface, qui arrête une famille de saletés et laisse passer les deux autres.
En bref
- Deux des trois fiches annoncent une maille, 80 et 100 mesh ; la crépine n'annonce qu'une cage inox de 24 mm, sans chiffre.
- La maille la plus basse est la plus ouverte : le préfiltre à bocal laisse passer plus gros que le filtre de cuve.
- Aucune des trois ne donne la surface d'ouverture de son tamis, la grandeur qui commande pourtant la fréquence de rinçage.
- Ni le fer dissous, ni le calcaire, ni les voiles biologiques fins ne sont retenus par l'un des trois : ces fractions se traitent sur l'eau, pas dans le corps du filtre.
Ce que chacune est, pièce par pièce
La crépine est la plus simple des trois. Un corps en plastique ABS de 64 mm de haut, et une cage filtrante en acier inoxydable de 24 mm de diamètre, dévissable à la main au rinçage. Sa queue cannelée est taillée pour un tuyau souple de 14 mm. Le colis contient la pièce assemblée et son joint torique, déjà en place, sans collier.
Le filtre de cuve est la pièce intermédiaire. Un corps à filetage femelle 1/2 pouce, deux raccords en laiton cannelé de 14 mm de diamètre extérieur pour repartir en tuyau souple, et un tamis en inox 304 annoncé à 100 mesh. Deux joints de rechange accompagnent le colis, ce qui annonce la suite : cette pièce se démonte et se rince souvent.
Le préfiltre est le plus encombrant et le plus documenté. Femelle 3/4 de pouce des deux côtés, 25 mm de diamètre, un corps en PA noir et un bocal transparent en PC de 80 mm de haut sur 52 mm de diamètre. Son tamis inox 304 de 80 mesh est amovible, et une flèche moulée sur le corps donne le sens de montage. La pièce mesure 121 mm de haut, bocal compris, et 90 mm d'un port à l'autre. Son colis arrive sans collier, sans adaptateur et sans flexible.
Trois raccords, donc, qui ne s'échangent pas, mais leur usage diverge plus encore. La fiche de la crépine la destine à un tuyau souple de 14 mm posé dans l'eau d'une cuve, d'un puits, d'une bassine ou d'un bac, avant la pompe ou le réseau. C'est la seule des trois que sa fiche décrit immergée, et la seule à nommer des contenants autres qu'une cuve. Celle du filtre de cuve le place en sortie de cuve ou de citerne, sur une eau de récupération. Celle du préfiltre le veut entre le robinet et le réseau goutte-à-goutte, sur une eau de ville comme de récupération, avec un filetage mâle 3/4 de pouce en face de chacun de ses deux ports. Trois positions dans la ligne, donc, et aucune des trois pièces ne prend la place d'une autre.
Ce que chaque fiche annonce de son tamis
Deux des trois pièces chiffrent leur tamis. Le filtre de cuve annonce un inox 304 de 100 mesh, soit environ 150 microns ; le préfiltre à bocal, un inox 304 de 80 mesh amovible. Le chiffre le plus bas désigne la grille la plus ouverte : entre les deux, c'est le préfiltre qui laisse passer les grains les plus gros.
La crépine, elle, n'annonce aucun chiffre. Sa fiche décrit un tamis en acier inoxydable et une cage de 24 mm de diamètre. Ce n'est pas un manque de rédaction : la documentation de l'université de Floride consacrée aux filtres à écran décrit ce rôle pour les crépines de prise. Celles-ci tiennent les plantes aquatiques et les animaux à l'écart des tuyaux d'aspiration. Cette pièce bloque ce qui ne doit pas entrer dans une conduite ; elle ne calibre pas une taille de particule.
Reste que la maille annoncée est une ouverture nominale, pas une promesse de retenue. La documentation consacrée aux filtres à média, dans la même série de Floride, énonce la règle générale : l'efficacité de la filtration est inversement proportionnelle au débit qui traverse le filtre. Un filtre classé pour retenir 75 microns à 23 gallons par minute et par pied carré passe à 100 microns quand le débit monte à 35. La plage de débit d'un tamis d'arrosage est plus étroite, mais la leçon tient : la finesse se dégrade quand on force le passage.
La surface, la grandeur que les trois fiches taisent
La taille d'un filtre ne se lit pourtant pas dans sa maille. La documentation de Floride la définit par la surface d'ouverture de sa grille, la somme de ses trous, rapportée à la section du tuyau qu'il équipe. Le rapport souhaitable est de 2 ou plus. Le même document prévient qu'un débit important au regard de cette surface produit des pertes de charge plus fortes, une vie plus courte et des rinçages plus fréquents.
Aucune des trois fiches ne donne cette surface. La crépine annonce une cage de 24 mm de diamètre, le préfiltre un bocal de 80 mm de haut sur 52 mm de diamètre, et le filtre de cuve aucune dimension de son tamis. Les deux premières valeurs permettent au moins d'estimer un ordre de grandeur ; la troisième oblige à faire confiance à la conception de la pièce.
C'est donc la grandeur la plus utile à comparer, et celle qui manque aux trois.
Les trois partagent le même angle mort
La FAO range les causes de colmatage d'un réseau localisé en trois familles. Les solides en suspension viennent d'abord : sable, limon, argile, matière organique, petits organismes aquatiques. Viennent ensuite les précipitations chimiques, carbonates et hydroxydes métalliques compris, puis le vivant, filaments et voiles bactériens. Les trois filtres du rayon travaillent sur la première famille, et sur elle seule.
Encore faut-il mesurer ce que cela couvre. « La cause principale du colmatage est constituée par les particules solides en suspension, mais c'est aussi le problème le plus simple à résoudre », écrit la FAO. Le document pose ensuite la limite qui vaut pour les trois pièces. « Le tamisage seul ne suffit pas à écarter le colmatage dans tous les cas, car des particules fines peuvent encore traverser les grilles. » 80 mesh, 100 mesh ou cage sans chiffre : la frontière est la même.
Les deux autres familles ne se règlent pas par une maille plus serrée. Le fer dissous le montre : la FAO rappelle qu'il passe en forme ferreuse, puis s'oxyde au contact de l'air en un précipité brun-rouge insoluble. Son tableau des seuils place une eau sous 0,1 mg/l dans la classe sans restriction, et au-delà de 1,5 mg/l dans la classe sévère. Il note aussi qu'à partir de 2 mg/l, les coûts de filtration deviennent excessifs. Aucune des trois pièces ne traite cette fraction : le remède se joue sur l'eau, avant qu'elle n'atteigne la ligne.
Le colmatage ne se répartit pas non plus comme on l'imagine. Une étude menée sur des goutteurs prélevés en exploitation a mesuré la relation entre colmatage physique et colmatage chimique. Elle est inverse, et statistiquement significative : les deux familles ne montent pas ensemble. La même étude note que, dans tous les échantillons analysés, la matière s'accumulait plus près des sorties. Ce qui bouche un réseau se dépose à son point d'émission, en aval de tout filtre posé en amont.
La FAO referme la démonstration sur une difficulté de surveillance : une ouverture complètement bouchée se remarque, une ouverture partiellement obstruée se détecte très mal.
Les trois pièces en un tableau
Les lignes ci-dessous reprennent ce que chaque fiche annonce, et signalent les valeurs qu'elle ne donne pas. Ce silence fait partie de la comparaison : les trois pièces ne publient pas les mêmes informations.
| Critère | Crépine de bout de ligne | Filtre de cuve 1/2 pouce | Préfiltre à bocal 3/4 de pouce |
|---|---|---|---|
| Raccord | Queue cannelée, tuyau souple de 14 mm | Femelle 1/2 pouce, deux raccords laiton cannelés de 14 mm | Femelle 3/4 de pouce des deux côtés, 25 mm |
| Tamis annoncé | Aucun numéro de maille, cage inox de 24 mm | Inox 304, 100 mesh, environ 150 microns | Inox 304, 80 mesh, amovible |
| Surface d'ouverture | Cage cylindrique de 24 mm | Dimension non donnée par la fiche | Bocal de 80 mm sur 52 mm |
| Corps | Plastique ABS | Plastique noir, bocal transparent, raccords laiton | PA noir, bocal PC transparent, joint silicone |
| Encombrement | 64 mm de haut | Non donné par la fiche | 121 mm de haut, 90 mm de large |
Ce qui reste à trancher sur votre installation
Les trois fiches ne suffisent pas à choisir, parce qu'elles ne décrivent ni votre installation ni votre eau. Le raccord, vous le mesurez sur la sortie à équiper. La charge, elle vient de ce que l'eau charrie : sable et rouille arrivent souvent par la même buse sans venir du même endroit. L'entretien de la crépine se cale sur cette charge plutôt que sur le calendrier.
La cadence d'entretien annoncée par une fiche, remplacement conseillé tous les trois mois pour le filtre de cuve, aucun consommable pour les deux autres, reste un repère de conception. Elle dit la vitesse à laquelle la pièce est censée se charger, pas le rythme que votre eau imposera. Si le filtre doit précéder une pompe, ou alimenter un réseau de goutteurs, les montages possibles se lisent séparément : la place dans la ligne compte alors plus que la pièce.
Aucune des trois ne rend l'eau meilleure. Toutes retardent le moment où le dépôt arrive au bout de la ligne, et ce délai dépend surtout de ce que vous leur donnez à retenir.

Comptez 7 à 15 jours ouvrés entre la commande et la livraison, un retour possible sous 30 jours, et la garantie légale de deux ans sur ces pièces. Une pièce qui ne se monte pas sur votre sortie d'eau se renvoie dans ce délai, mais elle coûte un aller-retour : relevez le diamètre de votre raccord avant de commander.

Questions frequentes
Un de ces trois filtres peut-il faire le travail d'un autre ?
Non. Leurs raccords diffèrent, mais c'est leur rôle qui les sépare : la crépine bloque ce qui entre dans un tuyau, les deux autres filtrent un débit qui traverse la ligne. La pièce à remplacer est donc celle dont la fonction manque, pas celle dont la maille est la plus fine.
La crépine a-t-elle une équivalence en microns ?
Aucune ne peut être annoncée. Sa fiche ne donne ni numéro de maille ni diamètre d'ouverture : elle décrit un tamis en acier inoxydable et une cage de 24 mm de diamètre. Un chiffre en microns supposerait de connaître la maille et le diamètre du fil employé, deux valeurs que le produit ne publie pas.
Un tamis de 80 mesh laisse-t-il passer plus qu'un 100 mesh ?
Oui, et le chiffre le plus bas est le plus ouvert : la maille compte les ouvertures par pouce linéaire, donc 80 ouvertures laissent passer des grains plus gros que 100. Entre le préfiltre à bocal et le filtre de cuve, la pièce la plus permissive est donc le préfiltre.
Que faut-il avoir en main avant de commander ?
Deux choses : le diamètre de la sortie à équiper, relevé sur l'installation et non sur une fiche, et de quoi compléter le colis. Le préfiltre arrive seul, sans collier ni adaptateur ; les deux autres sont mieux fournis sur ce point, mais aucun des trois n'est livré avec un tuyau.
Sources
- Ayers, R. S., Westcot, D. W., 1985, Water quality for agriculture, chapitre 5.7 Clogging problems in localized (drip) irrigation systems, FAO Irrigation and Drainage Paper 29 Rev. 1.
- Haman, D. Z., Zazueta, F. S., Screen Filters in Drip Irrigation Systems, University of Florida, IFAS Extension, publication AE61/WI009.
- Haman, D. Z., Zazueta, F. S., Media Filters For Trickle Irrigation In Florida, University of Florida, IFAS Extension, publication AE57/WI008.
- Ramachandrula, V. R., Kasa, R. R., 2020, Non-destructive characterization of physical and chemical clogging in cylindrical drip emitters, Heliyon, vol. 6, n° 10, e05327.

